III. — Vœux des associations agricoles
Comme nous l'avons dit déjà, un grand nombre d'associations agricoles ont envoyé des adresses de félicitations à M. Méline, à l'occasion de son élévation à la présidence du Conseil des ministres. Il eut été difficile de publier toutes celles qui nous ont été communiquées par leurs auteurs; toutefois, il est utile de faire connaître les vœux que quelques-unes renferment. Tel est le cas pour la lettre suivante du Syndicat agricole de la Haute-Garonne, qui rappelle quelques-uns des principaux vœux formulés par les agriculteurs :
« Monsieur le Ministre, les cultivateurs du sol Français, en vous voyant prendre la direction des affaires et surtout garder le Ministère de l'agriculture en même temps que la présidence du Conseil, ont senti renaître leurs espérances.
ce Le Syndicat agricole de la Haute-Garonne (jui compte 2,300 membres et a été l'un des premiers à se fonder en France, joint sa voix à toutes celles des associations agricoles qui se félicitent de votre arrivée au pouvoir.
« Nous espérons que vous serez dans le Ministère ce que vous avez été comme leader du monde agricole, rôle dans lequel vous nous avez si vaillamment défendus.
« Notre association émet chaque année des vœux qu'elle a le regret de voir rester stériles la plupart du temps.
« Vous voyant chargé des destinées de l'agriculture française, elle espère être plus heureuse et se permet d'appeler votre attention sur la crise terrible des céréales.
« Bien que provenant de causes complexes, elle serait allégée si l'on remédiait aux abus et fraudes provenant des admissions temporaires et des entrepôts fictifs et du jeu des acquits-à-caution. Elle vous fait observer qu'il y a là une véritable prime accordée aux blés étrangers au détriment de la production nationale.
« Nous croyons aussi, monsieur le Ministre, devoir vous signaler l'audace impunie des falsifications et fraudes des vins et surtout le danger que fait courir à nos vignes à peine reconstituées à grands frais, la fabrication des vins de raisins secs ou soi-disant tels aussi nuisibles à la santé publique qu'aux viticulteurs.
« Nous espérons que l'entrée dans le cabinet que vous présidez de M. Turrel contribuera au vote de la loi qu'il a déposée à la Chambre et que nous voudrions voir appliquée avant la prochaine récol'.o.
« Qael que soit le régime de boissons voté par le Parlement, les fabrications frauduleuses doivent être arrêtées.
« Vous nous avez promis à votre avènement au pouvoir cette représentation légale si longtemps attendue. Nous vous la demandons sincère et réellement ag-ricole. Nous la voudrions analogue à celle des Chambres de commerce. De mùme que celles-ci ne renferment que dos commerçants nommés par des commerçants, nous la désirons composée d'agriculteurs élus par des agriculteurs.
« Confiants, monsieur le Ministre, dans le désir que vous avez d'être l'appui .le la production nationale, nous rappelant les luttes du passé où vous avez toujours défendu brillamment l'agriculture au Parlement, nous vous prions d'agréer, etc. Le Président : Tuéron de Montaugé.
Il ne paraît pas douteux que les questions indiquées dans cette lettre devront figurer dans le programme de travail que le Gouvernement présentera' au Parlement, dès la fin des vacances actuelles. IV. — Le transport des produits agricoles et horticoles.
Dans le Journal du 28 mars (page 487), nous avons fait connaître les termes de l'arrêté du 16 mars réglant les conditions nouvelles de transport des produits agricoles et horticoles en France. La Feuille d'informations du Ministère de l'agriculture fait connaître les instructions données pour rendre au commerce de l'horticulture la liberté d'action qui lui est nécessaire. Voici les principales parties de ces instructions :
« Désormais, tous les produits de l'agriculture et de l'horticulture, quelle que soit leur provenance, pourront circuler librement dans toute l'étendue du territoire français, sans qu'il soit nécessaire de les faire accompagner d'un certificat d'origine. Cette disposition s'étend aux raisins de table et de vendange, aux pépins de raisins et marcs de raisins. Seuls les plants de vigne, ainsi que les sarments, boutures et autres débris de la vigne, continueront à être soumis aux prescriptions de l'arrêté du 13 juin 1882, relatif à la circulation en France des plants, débris et produits de la vigne.
ce Comme par le passé, les raisins de vendanges et les marcs de raisins, s'ils sont à destination d'arrondissements phylloxérés, ne devront être accompagnés d'aucun débris de vignes, feuilles ou sarments de vignes.
« Les articles 3, 4, 5, 6 et 7 de l'arrêté du 15 juin 1882, relatifs à la circulation en France des produits de l'agriculture et de l'horticulture, sont rapportés; par conséquent, les pépiniéristes cessent d'être tenus de se munir d'une autorisation pour l'expédition de leurs produits sur un point quelconque de la France. »
Ce nest pas seulement en ce qui concerne le commerce intérieur que les horticulteurs et les pépiniéristes sont dégagés. des anciennes entraves. Une convention qui remonte déjà à 1889, mais qui n'est pas suffisamment connue, a supprimé le certificat d'origine exigé naguère dans les échanges entre la France et la plupart des pays d'Europe. Il suffit, pour être dispensés de ce certificat, que les pépiniéristes se fassent porter sur les listes dressées par le Ministère de l'agriculture ; ils peuvent se faire inscrire en adressant une demande au préfet de leur département, avant le 1" octobre de chaque année. V. — Le millénaire de la Hongrie.
La Hongrie célèbre, cette année, le millième anniversaire de sa constitution, par une série de fêtes qui encadrent une grande exposition nationale ouverte depuis le commencement de mai et qui durera pendant cinq mois. L'agriculture, qui tient la principale place dans la production hongroise, occupe naturellement un rang important et brillant dans cette ex^position ; c'est ce que constate la brochure inté-
SQit CHRONIQUE AGRICOLE (23 MAI 1896).
ressante publiée sous le titre: Le millénaire de la Hongrie, à Budapest, par M. Maurice Gelléri.
D'un autre côté, une dépêche du Ministre d'agriculture de Hongrie nous apprend que l'exposition millénaire de bétail d'élevage sera inaugurée le 25 mai et qu'elle durera pendant huit jours; 2,500 bêtes à cornes de toutes races y seront exposées. C'est évidemment une occasion unique qui se présentera pour étudier le bétail hongrois sous toutes ses faces.
Au mois de septembre prochain, aura lieu un congrès international d'agriculture sous la présidence de M. Daranyi, ministre de l'agriculture. Ses séances se tiendront du 17 au 20 septembre, et elles seront suivies de plusieurs excursions agricoles.