‹ Journal de l'agriculture (volume 4)Chapitre 603 sur 737 · IX. — Les diiens de berger · texte numérisé non relu

IX. — Les diiens de berger

Dans notre précédente chronique (page 806), nous avons reproduit les renseignements qui nous ont été envoyés par M. Emmanuel Boulet, sur un concours de chiens de berger annexé au prochain concours régional de Chartres. A cette occasion, nous recevons la lettre suivante que nous nous faisons un devoir d'insérer :

« Monsieur et cher confrère, rendons à César ce qui appartient à César : sans vouloir nier les efforts de M. Boulet, d'Elbeuf, pour faire organiser des concours de chiens de berger, ce n'est certes pas lui qui en a eu le premier l'idée. Voilà très longtemps que le directeur de ï Eleveur réclame en faveur de nos excellents auxiliaires de l'agriculture. Depuis la fondation de son journal qui remonte k douze ans, M. Pierre Mégnin a publié de nombreux articles sur ce sujet. M. Boulet ne s'occuj)ait alors que du fameux griffon d'arrêt à poil laineux, dit griflon textile, qui a fait sa réputation. Puis, M. Milne-Edwards, le savant directeur du Muséum, en tant que président du Comice agricole de Nogenc-le-Rotrou, est venu à la rescousse, et le premier en France, a fait admettre le chien de berger dans les concours agricoles. Lorsque M. Boulet n'eut plus à s'occuper de ses griffons, il prit en main la cause des chiens de berger, mais il serait injuste d'oublier ses prédécesseurs.

« Je ne veux pas discuter la manière d'organiser un concours sur le terrain ; mais vous qui connaissez si bien les choses agricoles, vous me permettrez de vous faire remarquer que cette époque est assez mal choisie, et que l'automne est bien préférable ; en outre, faire concourir des chiens sur un espace de 300 mètres, c'est peu.

« Je me permets de vous faire parvenir une brochure publiée en 1893 par

M. Pierre Mégnin, brochure qui avait fait auparavant l'objet d'une communication à la Société nationale d'acclimatation. A la page 39 vous trouverez le programme complet d'un concours sur le terrain tel qu'il se pratique eu Belgique.

« J'ai eu l'occasion d'en voir plusieurs à l'automne dernier et je puis vous assurer qu'on ne peut rien faire de bon sur 300 mètres.

« Puisque vous annoncez le Club des amateurs de chiens de berger, je vous serais reconnaissant, monsieur et cher confrère, de bien vouloir annoncer également notre Réunion des amateurs de chiens d'utilité français dont M. Tisserand est le président d'honneur et qui s'occupera non seulement des chiens de berger, mais des chiens de garde.

« Je vous prie d'agréer, etc. Paul Mégnix.

La brochure signalée par notre correspondant renferme, en effet, outre une étude très intéressante sur les chiens de berger, des détails complets sur les concours de chiens importés d'Ecosse en Belgique, ainsi que sur les conditions de ces concours. L'auteur conclut ainsi : « On devrait vulgariser le plus possible ce genre de sport, qui n'offre aucun danger, qui est intéressant et utile tout à la fois et nous voudrions le voir inscrit au programme de toute solennité agricole de quelque importance. » Cette brochure remonte à 1893; mais pour rester dans la vérité, nous devons constater qu'en 1892 nous avons publié (Journal au 25 mai 1892, p. 986) une lettre de M. Boulet à l'occasion de l'introduction des chiens de berger dans les concours du Comice de Rouen.

En ce qui concerne la nouvelle société dont il est question dans la lettre de M. Paul Mégnin, voici la note qui donne des détails sur son organisation :

« Un club d'amateurs de chiens de berger vient de se constituer sous le nom de Réunion des amateurs de chiens d'ulilité français. M. Tisserand, directeur de l'Agriculture au Ministère, en a accepté la présidence d'honneur et, parmi lee membres du Comité, nous trouvons : M. Milne-Edwards, de l'Institut, qui 1premier, a fait admettre les chiens de berger au concours agricole de Nogent-le- Rotrou le duc de Chartres, Emile Zola, Pierre Mégnin, de l'Académie de médecine, Eugène Thome, comte de Yillebois-Mareuil, le marquis de Gherville, le baron de Vaux, Gindre-Malherbe, le peintre Weisser, le général Gherif-Pacha.

« Le secrétaire général est noire confrère Paul Mégnin, qui enverra les statuts à toute personne qui en fera la demande. Siège social : 12, boulevard Poissonnière.

« A l'automne, la Réunion organisera des concours sur le terrain, pour chiens de berger, comme cela se pratique déjà en Angleterre et en Belgique. Nous pouvons aussi annoncer que, grâce aux démarches de la nouvelle Société, l'année prochaine, une classe de chiens de berger et de bouvier sera créée dans les concours agricoles, régionaux et généraux. Ils seront là tout à fait à leur place, au milieu des animaux de la ferme dont ils sont les protecteurs dévoués et intelligents. «

Nous ne pouvons qu'applaudir aux résultats constatés par le dernier alinéa de cette note.

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