CONCOURS BZ FERMES DANS L'AVEYRON. J
Voici l'extrait du rapport pour ce qui concerne le prix cultural :
M. Pierre Soulié exploite directement dans la commune de Luc, le domaine du Gros dont il est propriétaire depuis 1871. Sur une contenance de 38 hectares et demi, 1 hect. 50 seulement en nature de bois taillis ne sont pas cultivés; le reste de l'exploitation est occupé par des terres labourables, des prairies naturelles, ou par des jardins et les bâtiments d'exploitation.
A Tépoque, où le concurrent prit la direction de la culture, la récolte en grains s'élevait à 1 80 hectolitres environ et le domaine ne nourrissait que huit bêtes à cornes et une trentaine de brebis.
Aujourd'hui, on produit au Gros, pour ne citer que les récoltes principales, une moyenne de 240 hectolitres de grains, 200 hectolitres de pommes de terre; on y entretient trente-six bêtes à cornes, une jument poulinière et quelques portées de petits cochons.
Pour arriver à produire ces transformations, M. Soulié a exécuté une série d'améliorations que je vais successivement passer en revue :
Tout d'abord un champ de 5 hectares situé au-dessus de l'exploitation tut assaini par des fossés couverts et les eaux de drainage furent recueillies dans un petit réservoir et de là dirigées à l'aide d'une canalisation souterraine dans la cour de la ferme et dans les étables. Un second réservoir situé au-dessous des bâtiments, fut construit pour recueillir ces mêmes eaux chargées de purin après leur passage dans la cour et dans les étables où on les utilise tout d'abord pour l'abreuvement des animaux. Il fut alors possible à l'aide de ces eaux bienfaisantes convenablement distribuées d'améliorer 3 hectares de prairies naturelles que le concurrent venait de créer à côté d'un hectare existant déjà. L'eflet produit dans cette prairie fut si sensible que M. Soulié n'hésita pas à en augmenter la superficie en y ajoutant une nouvelle parcelle de 3 hectares.
La Gommission a vu ce dernier travail en cours d'exécution et l'année prochaine le pré situé au-dessous des bâtiments comprendra en tout 7 hectares. L'action des eaux fertilisantes fut complétée par des transports de terre : afin d'englober dans le pré quelques petites parcelles primitivement en champ, on dut en effet détruire quelques haies vives, des randals, au pied desquelles la bonne terre s'était petit à petit accumulée de façon à former des tertres plus ou moins importants : en répandant ces bonnes terres en excès sur les parties sèches, le concurrent produisit du même coup deux améliorations, il fertilisa ces parties maigres et nivela la surface de son pré.
Deux autres prairies comprenant ensemble 3 hectares, situées loin des bâtiments d'exploitation et sur lesquelles il n'était pas possible de conduire des eaux enrichies par le purin furent améliorées d'une autre façon : le concurrent pratiqua sur les parties marécageuses 500 mètres de fossés couverts, utilisa de la manière la plus convenable par les rigoles bien comprises, les eaux dont il avait la jouissance et compléta l'action de ces eaux nécessairement peu fertilisantes par des applications de phosphates, de superphosphates ou de boues de la ville de Rodez t^elon le cas. La commission a pu voir les bons effets produits par ces diverses améliorations et a parcouru ces prairies au moment où elles portaient encore sur pied une superbe récolte de foin ne laissant rien à désirer au point de vue de la quantité et de la qualité.
Les champs n'ont pas été négligés et portent les traces de nombreuses améliorations : tous ont été chaulés au moins une fois, plus de 10 hectares ont reçu des superphosphates ou des boues de la ville dont l'action est venue s'ajouter à l'effet produit par une grande quantité de fumier; enfin de nombreux transports de terre et des soins de culture donnés au moyen d'un bon outillage les ont amendés notablement.
Aussi la Gommission a pu admirer partout des récoltes très belles ; elle a remarqué que les froments étaient vigoureux et propres, que les pommes de terre étaient bien alignées et convenablement binées, que toutes les cultures en un mot (avoines, trèfles, maïs, etc.) ne laissaient rien à désirer au point de vue de la netteté et de la vigueur.
Autour des champs, des haies d'aubépines bien entretenues, autour des prés, des lignes de beaux chênes, véritables joyaux du domaine, enfin dans quelques terres des plantations de pommiers attestent de l'intérêt que le propriétaire porte à son exploitation.