‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 164 sur 752 · CHARRUE POUR LA CULTURE DE LA CANNE A SUCRE · texte numérisé non relu

CHARRUE POUR LA CULTURE DE LA CANNE A SUCRE

La nouvelle charrue de M. DebaiQs se compose d'un bâti triangulaire porté sur trois roues, dont une plus petite à l'avant. Sur la partie antérieure du bâti sont fixés des socs de scarificateurs qui coupent la terre à une profondeur de 20 centimètres environ. En arrière, au milieu de l'axe des deux grandes roues, est fixée une première butteuse qui rejette à droite et à gauche, une partie de la terre, et prépare ainsi le

passage d'une deuxième plus puissante qui fouille jusqu'à 40 centimètres. Les côtés de cette butteuse se prolongent en deux ailes en acier qui s'écartent en arrière, de manière à rejeter à droite et à gauche la terre remuée par le soc qui les précède. L'écartement de ces ailes peut varier, grâce à un mouvement de vis, de O'^ÎÔ à 1™20;,le sillon peut donc avoir, à volonté, une largeur comprise entre ces deux extrêmes. La charrue est tirée par le câble de la machine à vapeur et marche avec une régularité absolue. La quantité de travail produite varie de 2 à 4 hectares par jour, suivant la profondeur du labour et la résistance de la terre. Henry Sagmer.

Séance du 4 août 1880. — Présidence de M. ChevreuL

M. Alexandre Adam, correspondant, envoie les réponses faites par la Société d'agriculture de Boulogne -sur-Mer, à l'enquête ouverte devant la Société sur les dégâts causés aux produits agricoles par l'hiver.

M. de Lespinatz envoie des notes sur les résultats des principales cultures à Séreilhac (Haute- Vienne). Les froments sont médiocres; les seigles sont bons, ainsi que les avoines ; quant aux foins, la récolte est mauvaise.

M. le président de la Société liispano -portugaise de Toulouse transmet le Bulletin de cette Société formée récemment, en vue d'accroître les relations de la France avec la péninsule ibérique.

M. Carvé, président du Comice d'Orgelet (Jura), envoie des tiges de froment atteintes d'une maladie caractérisée par des taches noires dans la paille, et le rétrécissement du grain. M. Duchartre estime que cette maladie est la rouille, et qu'on peut la combattre par le sulfatage des semences et par l'alternance des cultures.

M. Léon Biollay, inspecteur général des perceptions municipales de la ville de Paris, envoie une brochure qu'il vient de publier sur les origines et les transformations du factorat dans les marchés de Paris. Dans cette brochure, il fait ressortir les avantages qui sont résultés de la liberté du factorat.

M. Léon Gillet envoie plusieurs chenilles blanches que l'on rencontre en grande abondance sur les épis de blés, dans beaucoup de champs autour de Meung-sur-Loire (Loiret). Les chenilles ont été soumises à l'examen de M. Blanchard qui a reconnu que c'étaient des noctuelles du blé (Liiperina infesta) ; il recommande de ne pas laisser tomber sur le sol les noctuelles des épis, de ne pas garder en tas les grains attaqués, et d'avoir recours à l'alternance des cultures. Après cette explication, plusieurs observations sont échangées entre M. Ghevreul et M. Blanchard sur les phénomènes singuliers que présentent souvent les insectes qui s'écartent de leur habitat ordinaire et des lieux où ils sont nés.

M. Dailly fait une communication sur les importations et les ventes de bœufs américains. Il serait arrivé, depuis le 21 juin, 1,066 bœufs américains au marché de la Villette, et ils se seraient vendus dans de bonnes conditions. Ces bœufs offrent, en général, les caractères de croisements durham.M. Dailly pense qu'il faut signaler ce fait à l'attention des cultivateurs. Ces observations sont appuyées par M. Pluchet et M. Bella. Mais M. Barrai fait observer combien il faut se défier des imformations qui ne reposent pas sur des données absolument précises; or, celles-ci se trouvent dans les tableaux sur l'importation du bétail publiés par l'administration de l'agricuUure qui démontrent que, pendant les six premiers mois de cette année, les importations en France de bœufs américains ont été presque nulles. Nous ajouterons que les chiffres donnés par M. Dailly sont empruntés à un de nos confrères. Pour montrer combien ces chiffres sont sujets à caution, nous dirons seulement que, d'après ses informations, le marché de la Villette aurait reçu pendant le seul mois de juin, 442 bœufs améri-

cains, c'esl-à-dire plus qu'il n'en est entré en France pendant les six premiers mois de l'année; en effet, le total des importations de ces six mois s'est élevé à 413 bœufs, dont 282 pendant le mois de juin. Quant à l'objection de l'importation des bœufs d'Amérique par les frontières de terre, elle ne peut porter que sur quelques têtes isolées, ee qui ne change pas la physionomie du commerce. — M. Mangon ajoute quelques détails sur les mauvais résultats obtenus dans le CoLentin, de l'importation de bœufs d'Amérique destinés à l'engraissement. — M. Muret signale, de son côté, l'importation croissante du bétail vivant d'Amérique en Angleterre. Mais elle se maintient sur le même pied depuis environ deux ans; le Journal la signale chaque semaine; ainsi on lira, dans la revue commerciale de ce numéro, apie^ durant la semaine dernière, il est arrivé à Londres 2,560 bœufs venant de New-York.

M. Laliman fait une communication sur le phylloxéra et les moyens employés pour le combattre. On sait que M. Laliman n'admet pas l'origine américaine du puceron. Il signale l'extension croissante du fléau, et il croit qu'il serait urgent de vulgariser, par tous les moyens possibles, la connaissance, chez les vignerons, des cépages qui sont réellement résistants. Sa communication est renvoyée à la Section des cultures spéciales.

M. Bouley revient sur les expériences faites par M. Toussaint, professeur à l'Ecole vétérinaire de Toulouse, relativement à l'inoculation préventive des moutons contre le charbon. M. Toussaint n'avait pas fait connaître jusqu'ici spn mode d'opérer. Il vient de le décrire. Le liquide vaccinal qu'il emploie est le sang d'animaux charbonneux, porté à la température de 50 degrés pour y détruire les bactéridies qu'il renferme. Ce liquide est injecté dans les parties du corps qui renferment les vaisseaux ganglionnaires. Tous les essais d'inoculation du charbon, après la vaccination avec ce liquide, ont complètement échoué. Les moutons vaccinés de la sorte se sont tous montrés réfractaires au charbon. Il est même arrivé qu'un agneau provenant d'une mère ainsi vaccinée s'est montré lui-même réfractaire au charbon. M. Bouley insiste sur l'intérêt que présenteraient des expériences faites, non seulement dans le laboratoire, mais sur une grande échelle. Il y a là, dit~il, un fait qui paraît incontestable, mais dont l'explication échappe encore complètement. Quelques observations sont ensuLte présentées par M. Chevreul sur l'incertitude qui règne relativement à la nature et à l'action de ce liquide vaccinai ; il insiste, en outre, sur la nécessité de bien constater les faits, en les dégageant de toutes les interprétations provenant d'idées ou de théories préconçues auxquelles on peut chercher à les rattacher.

Henry Sagnuir.

REYUE COfflERCIALE ET PRlX-COURÂNT DES DENRÉES AGRICOLES

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