VI. — Ecole praiique d'agriculture de Saint-Remy
Le compte-rendu annuel fait par M. Gordier, sur la situation de l'Ecole pratique d'agriculture qu'il dirige à Saint-Remy, dans le canton d'Amance (Haute- Saône), a été publié il y a quelque temps. Nous devons le signaler, comme nous le faisons chaque année, parce qu'il renferme un grand nombre de faits intéressants. Ce compte rendu s'applique à l'exercice 1879-1880 (l^"" mars 1879 au*29 février 1880),
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tant pour l'école elle-même que pour le domaine qui y est annexé.
Tout d'abord, en ce qui concerne l'école, elle est dans un état de prospérité absolue, puisqu'elle est au complet, c'est-à-dire qu'elle renferme le nombre d'élèves qu'elle peut contenir. Les examens de sortie, qui ont eu lieu au mois d'avril dernier, ont donné un très bon résultat; 20 élèves ont obtenu leur certificat d'instruction. Aux examens d'admission, sur 34 candidats, 30 ont été reconnus admissibles.
Quant au domaine, il est dans une situation qui n'est pas moins prospère. En effet, il résulte des comptes publiés par M. Gordier que, pour le dernier exercice, l'excédent des recettes sur les dépenses a été de 1 9,608 fr. 89, dont 15,416 fr. 95 pour les cultures et 4, 191 fr. 94 pour le bétail. Le total des terres productives est de 78 hectares 44 ares ; c'est donc un bénéfice de 249 fr. 98 par hectare. Ce résultat mérite d'appeler l'attention, d'autant plus qu'il n'est pas du à des cultures industrielles. Sur ces 78 hectares, 24 sont en prés, 9 en luzerne, 20 en cultures de céréales i^dont 13 en blé), 4 en pommes de terres, 7 en vignes, 2 en jardins, et le reste en cultures fourragères. Les étables renfermaient, au 1'"' mars dernier, 10 chevaux, 8 bœufs de trait, 6 bœufs de rente, 43 vaches, 103 moutons et 61 porcs. Les rendements par hectare ont été de 19 hectol. 46 pour les blés, de 26 hectol. pour l'avoine, de 125 hectol. pour les pommes de terre, de 20,000 kilog. pour les carottes, de 36,500 kilog. pour les betteraves, de 5,654 kilog. pour les prés, de 7,686 kilog. pour les luzernes, de 25,652 kilog. pour les vesces en vert, et de 59,438 kilog. pour le maïs fourrage en vert, enfin de 14 hectol. de vin seulement pour les vignes. Si nous citons ces chiffres, c'est afin de montrer ce qu'une bonne culture permet d'obtenir, même dans une année aussi médiocre que l'année 1879. — En même temps que les tableaux des résultats de ses cultures, M. Gordier donne des détails sur les phases de la végétation, ainsi que sur les expériences auxquelles il s'est livré. Quelques-unes de ces expériences offrent un grand intérêt, notamment celles sur les céréales ; nous en reproduirons les résultats dans un prochain numéro.
VIL — Le mouvement agricole en Angleterre.
La crise agricole a sévi en Angleterre comme en France; les Soeiétés agricoles se sont occupées des moyens d'y trouver des remèdes. Plusieurs d'entre elles ont mis au concours la question des moyens à employer. Un de ces concours vient de se terminer par l'attribution d'un premier prix accordé à M. Robert Bruce pour son essai, intitulé : Comment V agriculture peut-elle être rémunératrice en Angleterre, 11 est inté- .ressant de rechercher quelles en sont les conclusions, car elles ont été évidemment approuvées par la Société qui l'a couronné. Tout en affirmant que, devant les grandes ressources de l'Amérique et l'activité progressive de ses fermiers, il n'a pas grande confiance dans l'avenir du fermier anglais, il se garde bien de demander une protection douanière; mais il ajoute qu'il est convaincu que l'agriculteur peut lutter en adoptant de plus en plus les progrès de la science, en augmentant son instruction, en obtenant de plus grandes libertés, en travaillant plus et en économisant davantage. Il récapitule dans les termes suivants, les différents moyens par lesquels le fermier anglais peut rendre sa profession lucrative : 1 ° en attachant une plus grande attention à ses méthodes de culture, en travaillant la terre plus qu'il
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ne le fait, imitant en cela ce que fait le jardinier; 2" en prenant plus de soin dans le choix de la qualité de ses semences, et en observant attentivement les effets du sol et du climat sur les sortes qu'il emploie; 3" en faisant tous ses efforts pour ne garder que des bestiaux de ijonne qualité, en élevant un plus grand nombre de bons reproducteurs; en les tenant avec plus de soins, et les préparant jeu nés pour l'abattoir; 4° en donnant plus d'attention aux produits de la laiterie et delà fromagerie, en tirant le plus possible, et en n'obtenant que des produits delà meilleure qualité; 5" en portant ses soins sur les plus petites choses, telles que les fruits, les volailles et les abeilles ; 6° en faisant abroger les lois qui entravent sa profession; 7° en obtenant la liberté de la moisson ; 8" en obtenant la liberté de disposer au mieux de son avantage du produit de ses récoltes. Sauf sur ces deux derniers points, oi^i la liberté règne chez nous, ne dirait-on pas qu'il s'agit de répondre à une enquête sur l'avenir de l'agriculture française?
VIII. — Concours de la Société royale d'agriculture d'Angleterre. Le concours annuel de la Société royale d'Angleterre se tiendra, en 1881 , à Derby. Comme les années précédentes, il aura lieu au mois de
juillet.