LES FORÊTS DE L"AUTR1CHE
L'accroissement moyen est de 3 mètres cubes par hectare. Voici comment se répartissent les forêts :
Etat 658,633 hectares 7,2 pour 100
Communautés catholiques 32,970 — 0,3 —
Communautés grecques.. 234,777 — 2,5 —
Communes 1,273,799 — 14 —
Propriétés seigneuriales. 1,193,625 — 13 —
Propriétés particulières. 5,788,816 — 63 —
En France, l'Etat possède plus de 10 pour 100 de la superficie boisée; en Autriche, à peine 7 pour 100. Ainsi que je l'ai dit au début de cette notice, cette infériorité est due à la mauvaise gestion des finances autrichiennes. Déjà sous l'empereur François l"", on opéra d'importantes aliénations au détriment de la nation. D'après un dicton de cette époque, il fallait, pour s'enrichir rapidement, acquérir des domaines de l'Etat.
De 1 81 8 à 1 848 on vendit en Autriche pour 1 4,2 millions de florins, et en Hongrie pour 12 millions de florins. En 185.5 l'Etat possédait encore près de 3 millions d'hectares; les ventes continuèrent jusqu'en 1872, époque à laquelle l'administration des forêts passa du ministère des finances à celui de l'agriculture. Cette réorganisation amena d'excellents résultats ; elle arrêta les aliénations et améliora la gestion. En peu d'années l'administration forestière s'est relevée.
Le trafic des forêts aliénées a été l'objet de la création de nombreuses Sociétés par actions. Ces Sociétés ont donné lieu à une spéculation eff'rénée ; à l'excepùon d'une seule, elles ont toutes sombré dans la grande catastrophe financière de 1873, le Krach.
Les propriétés seigneuriales sont très importantes; elles ont toujours été bien administrées. L'empereur possède personnellement 125,952 hectares; l'archiduc Albert, 1 12,570; le prince de Lichtenstein, 136,103; l'archevêque d'Olmiitz, 39,967.
Dans les forêts de l'Etat, les recettes s'élèvent annuellement à 4,354,479 florins ou 6 fl. 6 par hectare, et les dépenses à 3,625,232 ou 5.5 par hectare. Le revenu net est de 729,247 ou 1 .1 par hectare; le revenu net est 17 pour 100 du revenu brut. 11 faut y ajouter le revenu de la chasse qui est d'environ 2 millions de florins pour toute l'Autriche. Les forêts sont très giboyeuses. On abat, année moyenne, 31,000 chevreuils, 800,000 lièvres, 70,000 faisans, 700,000 perdreaux, 1 ,700 sangliers dans la Cisleithanie.
Le commerce de bois est considérable. Pour toute F Autriche- Hongrie, l'exportation atteint 52,859,000 florins, et l'importation 10,951,000. L'excédent d'importation est donc de 41,908,000 florins. On exporte surtout du bois de construction. Cette exportation s'est élevée, de 1 million et demi de florins en 1832, à 11 millions en 1852 et a dépassé 40 millions en 1877. La Suède et la Russie seuls possèdent un commerce d'exportation plus considérable. Paul Muller,
Correspondant de la Société nationale d'agriculture.