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MACHINES DE FILOQUE POUR BATTRE LES PETITES GRAINES

pouillées de leur écorce, tombent au bout des grilles du ventilateur et sont remontées, au moyen d'une chaîne à godets, pour repasser au batteur.

Le prix de celte machine est de 1,800 fr. Une médaille d'or a été

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Fig. 4. — Machine de M. Filoque pour battre les petites graines.

attribuée à son constructeur au concours régional d'Evreux en 1 879.

G. Gaudot.

L'INCIDENT D'ANGERYILLE

Dans sa dernière chronique, le directeur du Journal a donné un aperçu sommaire de ce qui s'est passé au concours du Comice de Seine-et-Oise, à Angerville. Un grave incident s'est produit : Le nom de M. le ministre de l'agriculture a été hué par un groupe qui paraissait obéir à un mot d'ordre, et qui a oublié jusqu'aux principes de la civilité la plus élémentaire. M, le maire d' Angerville a été interrompu au moment où il proposait, dans son toast, de remercier M. le ministre des allocations et des médailles dont il a si libéralement doté le Comice, et qu'on venait de décerner solennellement.

Le fait a eu un grand retentissement, il a été diversement apprécié ; il importe de lui donner sa véritable signification.

Est-ce, comme l'a avancé un journal agricole, une manifestation des paysans, « éternels exploités, » contre un ministre qu'il qualifie de fanion de discordes et de haines implacables ?

Est-ce, suivant un communiqué adressé à un autre organe de l'agriculture, et qui provient évidemment du président ou du bureau du Comice, un incident purement local auquel le Comice est absolument étranger? ^ Non. Surchauffés par les discours alarmistes du président, les sentiments des vieux partis ont fait explosion et se sont manifestés par ces huées intolérantes.

C'est en invoquant le spectre de l'Amérique, en se déclarant, au nom du Comice, partisan des droits de douane sur les blés étrangers, tant que les cours n'atteindraient pas le prix de 24 francs l'hectolitre, en faisant, sous prétexte de boire à la santé de M. le président de la République, un tableau navrant de la situation de l'agriculture, que M. Pluchet a préparé les esprits à cette intempestive algarade.

« Je n'ai pas l'intention, dit-il à la distribution des prix, de refaire devant vous l'historique de la production agricole des divers pays qui viennent aujourd'hui sur nos marchés taire à nos grains et à tous les produits de nos cultures et de nos fermes une concurrence qu'il nous est impossible de soutenir.

l'incident D'ANGERVILLE. 71

« Si l'opinion publique eût été éclairée en particulier sur la véritable position de la plupart des fermiers et sur les causes qui maintiennent le plus souvent le prix du pain hors de proportion avec le prix du blé, peut-être eût-on cherché ailleurs un moyen plus juste de satisfaire le consommateur, sans faire peser sur l'agriculture de fâcheux soupçons et des pertes répétées depuis plusieurs années et qui ont mis tant de gène parmi ceux qui font travailler la terre. »

Est-il juste, est-ce le fait d'un esprit patriotique de jeter le cri d'alarme, de parler du profond découragement de l'agriculture au moment où elle paraît renaître à l'espoir, quand les pouvoirs publics, comme l'ont si bien fait remarquer M. le préfet de Seine-et-Oise et M. le député Dreyfus, étudient avec soin les moyens de donner satisfaction aux intérêts agricoles? Ces doléances extrêmes sontelles fondées, quand on entend le rapporteur delà visite des fermes venir, immédiatement après le président, faire un tableau saisissant de la pi'ospérité des exploitations de l'arrondissement d'Etampes, le moins favorisé du département sous le rapport de la qualité du sol et de la facilité d'écouler les produits. Huit jours plus tôt, le rapport de la prime d'honneur au concours régional de Melun démontrait que les concurrents obtenaient de leur capital un intérêt de 17 à 18 0/0 et que le lauréat de la coupe, qui avait commencé dans des conditions très modestes, avait conquis une véritable fortune sous l'empire des traités de 1860.

Ce contraste entre les faits et les assertions du président est frappant, il prouve que les agriculteurs doivent se défier des entraînements subits, des excitations malsaines, et ne rechercher le remède aux difhcultés du moment que dans l'étude sérieuse des lois économiques.

Ils reconnaîtront alors qu'à l'époque de chemins de fer^ de navigation à vapeur, de correspondance électrique où nous vivons, il est impossible de revenir à l'antique système de chacun chez soi, chacun pour soi.

Nous sommes en présence d'une révolution, dit M. le président du Comice de Seine-et-Oise. — Gest vrai, elle est fatale, inévitable ; elle est le résultat naturel de la multiphcation des rapports internationaux et de la rapidité des transports. Vouloir y mettre une barrière, c'est s'exposer à être renversé. Il faut suivre le courant, envisager la situation avec toutes ses conséquences, et étudier les transformations à apporter à l'industrie agricole, au lieu de se borner à réclamer des droits impolitiques, qui augmenteraient le prix des denrées de consommation sans protéger l'agriculture. Jules GtOdefroy.

Un des résultats des plus pratiques de l'exposition de pisciculture de Berlin est d'avoir donné la note de ce qu'elle est à peu près dans l'Europe, et même le monde^ puisqu'on sait que le Chinois, qui n'est peut-être pas ce qu'un vain peuple pense, en était ; se faire aimer des bêtes à ce point d'en faire les intermédiaires de ses besoins et de ses plaisirs, n'est pas si ordinaire que cela semble; qui a domestiqué la loutre et le cormoran, qui est à la veille de trouver le chien cVecm? ce rêve de notre vieil ami Toussenel, ose bien se montrer à ceux qui dans la science officielle n'ont créé que la race des mulots sans oreilles, rêvé de larves, d'anguilles, ou annoncé le poisson à un sou la livre !

Les équipages de loutres et de cormorans des grands seigneurs chinois en valent beaucoup d'autres de notre connaissance, et leurs marchands ambulants de . frai de poissons l'emportent de beaucoup sur les nôtres, puisqu'ils n'existent pas encore.

Tant d'autres choses apportées à Berlin, par les fils du ciel, aussi curieuses que pratiques, ne doivent pas être passées sous silence; nous nous en tiendrons à cet énoncé, quitte à y revenir à notre heure.

Le but dudit entretien est la pisciculture russe, laquelle, avec l'exposition des travaux de M. Cirio au golfe de Tarente, eut un succès si mérité.

La supériorité des Italiens, ils sont de haute race ces fils des créateurs de Commachio et des pêcheries de la Tresa (ces pêcheries dont nous parlerons un jour sont entre les lacs de Lugano et Maggiore) n'a rien

qui doive nous étonner; mais la Russie dont presque personne ne se doutait, les pas de géants qu'elle a faits, ce qui du reste nous fût prédit en 1859 par notre ami Jourdier, lors de sa mission agricole dans ce vaste empire, le point où elle vient d'arriver si brillamment, sera Tobjet du présent.

De tels faits économiques, nés des pratiques de la science la plus intelligemment appliquée, ne peuvent être ignorés des lecteurs de cette Revue. C'est à un travail de M. Sonda Keviez, que nous allons nous adresser d'abord.

L'établissement d'Huningue n'est qu'à l'état d'enfantement si on le compare actuellement à celui de Nikolsky, sous la direction du ministère de l'agriculture russe, dit il en commençant, on voit que d'entrée le début promet. Continuons donc.

Le principal but des directeurs est de fournir aux eaux russes quelques espèces de poissons dont elles manquent. Cet établissement est situé entre les lacs de Pestow et de Velio et la rivière Pestowka, qui reliant ces lacs, alimente ses bassins; de par ce fait il est donc exactement à cbeval sur Timmense bassin du Volga d'un côté et le lac de Ladoga de l'autre. Sa longueur est d'environ 100 pieds sur 40 de large, tout en bois sur fondations de pierre.

Jusqu'ici je ne vois pas une grande différence avec notre ancien Huningue.

L'intérieur est divisé en plusieurs bassins dont chacun contient une espèce de poisson incubée à part. Plus, 8 grands bassins en pierre, à eau filtrée, passent des réservoirs à travers des boîtes contenant les graviers de filtration. L'eau en sort tellement limpide qu'à l'œil nu on en peut découvrir la moindre impureté.

Là sont des œufs fécondés dans des caisses à jour, ainsi que la petite... friture. Nous pensons qu'il faut lire feuille ou alevins, la friture ne nous paraissant là pas tout à fait à sa place.

L'établissement peut incuber de 9 à 1 0 millions d'œufs et avoir 600,000 alevins qu'on élève jusqu'à un an, le lavaret surtout pour lequel on fait de grands efforts d'acclimatation et de multiplication.

C'est en 1871 que les directeurs commençaient la vente des œufs, qui prit aussitôt dans toute la Russie un développement énorme; en 1 873, les 9 millions d'œufs ne suffisaient déjà plus, car, seule, l'école forestière de Pétrowsky en recevait plus de 2,000 par jour.

Un second établissement fut donc créé dans le gouvernement de Sawalki près la ville du même nom, oii l'on élève surtout truites et saumons, les salmonidés indigènes, en un mot, et autres, lescorégones surtout, dans la description desquelles nous ne nous lancerons ; car, pour le pisciculteur sérieux, c'est un bridant terrain sur lequel on attendra que la science pure se mette d'abord d'accord. 15 lacs dudit gouvernement ont déjà été empoissonnés par cet établissement et de 1860 à 1869, le produit de la pêche avait été augmenté de 7 pour 100. Nous pensons qu'il y a là une petite erreur de chiffres qui doit être établie ainsi : 1 870 à 1 879.

L'initiative privée n'est non plus restée en arrière de ce grand mouvement officiel et le nom de M. Zermern et de ses magnifiques saumonnières à quelques lieues de St-Pétersbourg est en effet justement connu au delà des frontières de l'empire.

L'inspecteur général des pêches, M. Holmberg, a spécialement installé

pour la truite les établissements de Stockfors et d'Abortorfs dans les gouvernements de Viborg, Newland, etc., sur les rivières débouchant dans le golfe de Finlande surtout.

Dans tous ces établissements le système humide dans la fécondation a fait place depuis 1 8G3 à la fécondation sèche trouvée, comme on le sait, par M. le professeur Vrasky.

Nous n'avons rien à ajouter à ce que nous avons dit à nos lecteurs de ces procédés Vrasky, qui, tout en ayant notre complète approbation, ne nous feraient cependant pas lui sacrifier notre bonne vieille manière de gloser le père, qui nous donnait de 90 à 95 pour 1 00 de réussite. (Détails au n° f)51 de la collection du Journal).

Le prix des œufs de truite est de 9 fr. 75 le mille ; pour les embryons, 9 fr. 75 le cent ; les alevins à 6 mois, 31 fr. le cent et pour les truitons de 18 mois, 98 fr. le cent.

Tel est donc l'état du mouvement piscicole russe, on s'explique du reste pourquoi cet empire si vaste a embrassé cette question avec tant d'ardeur.

Les pêcheries du Volga n'étaient-elles pas seules, même dans l'état rudimentaire et si dangereux (la terrible épidémie de peste noire chez les riverains du grand ^fleuve ne date-t-elle pas d'hier) un produit de quelques millions de roubles, 1 2 ou 1 3 millions de francs croyions-nous ? Or, sous l'impulsion des Holmberg et autres pisciculteurs chargés de l'inspection générale des pêches dont nous avons parlé dans cette Revue il y a longtemps; à quels résultats n'arriveront-ils pas, le jour où la science, dirigeant une pratique intelligente, présidera à l'utilisation et à la direction de si immenses ressources.

Il y aurait là pour nous des chiffres que la plus haute fantaisie ne craindrait pas d'énoncer mais que nous laissons à la plume compétente du jeune écrivain auquel nous devons cette intéressante communication. — Un de nos lecteurs nous demande quelques explications sur le chiffrede 13, 000 bateaux de pêche annoncé par nous dans notre dernier entretien, n" 583 du Journal.

Cette demande de renseignements a une forme si aimable et si compétente que nous aurions mauvaise grâce à ne pas essayer de satisfaire une aussi légitime curiosité.

Ce chiffre est pris du remarquable rapport de M. de Forcade La Roquette, suivant les décrets du 2 mai 1862 et autres, signés deChasseloup-Laubat, qui apportaient des modifications si profondes aux règlements de la marine.

Ce point de fait vidé, nous prendrons la liberté de continuer, afin qu'à l'avenir notre correspondant n'ait plus son étonnement mis à pareille épreuve. L'Irlande avec ses 9 millions d'habitants avant 1846, avait 20,000 barques de pêche, réduites à 6,000, il est vrai, après la famine et l'émigration qui suivirent, pour remonter à 12,000 en 1863, époque de la grande enquête parlementaire sur la pisciculture.

Actuellement les 3 îles sœurs n'ont pas moins de 5,000 barques, montées par 500,000 moissonneurs de la mer qui chaque matin partent prendre le poisson, lequel vendu le soir même à des agents spéciaux aux cent points de débarquement, arrivent par les 1 00 voies qui y aboutissent aux grands centres de l'intérieur.

Seule, la ville de Manchester en consomme 20,000 tonnes! Voir pour plus de détails les n°' 405 et 532 du Journal.

Que noire honorable abonné nous permette à notre tour une petite interroû;ation. Pourquoi la l'Yance, avec une population de un cinquième plus grande (mali>ré la perle de nos chères provinces) n'en pourrait-elle avoir autant, puisqu'elle aussi a ses 2,700 ou 2,800 kilomètres de côtes.

Il se constate, il est vrai, à notre grande joie, une diminution dans la pêche Imulurière^ on avance même que le coefticient en serait de 22 pour 1 00 tous les 3 ans, et cela en correspondance avec l'augmentation du matériel et des produits de la pêche côtière.

De là les lamentations de tous nos armateurs qui, n'osant pourtant pas se plaindre de la diminution de nos inscrits qui suit naturellement la même progression, se récrient sur les malheurs du temps et peignent bien noirs les diables à la paroi !

Pauvres armateurs, comme nos filateurs, nos maîtres de forges, tous ruinés, mais toujours millionnaires, comme le leur disait au parlement, il n'y a que quelques jours, notre ministre de l'agriculture, M. ïirard, dans son langage aussi clair que précis. La direction du Journal avait les observations qui précèdent trois semaines avant les intéressants discours de MM. Rouher et Perrin sur les primes à la marine marchande; séance de la Chambre des députés, 28 et 29 juin 1880.

Ne pas rappeler à ce propos les belles pages qu'il y a plus de trente ans, notre cher Toussenel consacrait à cette barbarie officielle: qui grâce à nos raillions de subvention, sous prétexte du recrutement des équipages de la flotte fait disparaître tous les jours davantage baleines, phoques, lamentins, tous ces grands nettoyeurs volontaires de la haute mer, ce serait plus qu'un oubli.

La pisciculture qui renaissait chez nous à cette même époque, comprenant aussitôt quel emploi, autrement profitable à la nation, on pourrait faire de ces millions, et, au nom de la science, joignit aussitôt sa voix à celle de notre si spirituel ami, et dit : mais donnez-les à vos commissaires de la marine, ces millions; faites-les directement parvenir aux marins, aux navigateurs de nos côtes, sous forme de subventions, de prêts, etc.

De là en acheminement, le premier décret cité plus haut prenant en 1 SG9 nos richesses maritimes à 9,300 barques montées par 40,300 marins et les laissant, en 1876, à 20,582 barques montées par 68,31 7 marins; ces chiffres sont officiels.

Espérant que ces quelques chiffres qui nous ont entraîné plus loin que nous ne voulions, satisferont notre honorable lecteur-correspondant, nous prendrons, en finissant, la liberté de les recommander à l'attention de ceux dont les décisions sont si impatiemment attendues pour la solution des grands intérêts dont en ce moment même ils ont accepté la responsabilité. Chabot-Karlen,

Thun (Suisse). Correspondant de la Société nationale d'agriculture de France.

REVUE GOMERCIiLE ET PRIX-COURANT DES DENRÉES AGRICOLES

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