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Nord de l'Espagne, d' Sai'agosse à .Madrid, d' Portu^iis. d'
Est.Obl. 3 0/or. à SOOf.d" 383. su
Midi
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Ouest.
Paris-Lyon-Méditer.
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CHRONIQUE AGRICOLE o octobre
Félicitations adressées à M. Chevreul pour le 94* anniversaire de sa naissance. — Le crédit agricole. — Volume publié par les soins de l'adminihlration de l'agriculture. — Historique des enquêtes et des travaux entrepris sur le crédit agricole. — Travaux dont est saisie la Commission actuelle. — Emiuête sur l'état sanitaire du bétail. — Circulaire du ministre de l'agriculture aux préfets. — Sur remploi des engrais complémentaires du fumier de ferme. — Conférences faites dans la Seine-Inférieure, par M. Eugène Marchand. — Arrêté du ministre de l'agriculture déterminant les départements dans lesquels des concours d'irrigation auront lieu en 1881, et les conditions de ces concours. — Le phylloxéra. — .\ote de M. Mares sur l'emploi du sulfocarbonate. — Extension du phylloxéra dans l'Aude. — Traitement des vignes attaquées. — Les effets du dégrèvement des sucres. — Les rapports entre les agriculteurs et les fal>ricants de sucre. — Rapport de M. Boucard sur les désastres causés par le froid dans les forêts de la Sjlogne. — Evaluation de ce désastre. — Publication du troisième volnn-,c des Annales de l'Institue agronomique. — Principaux travaux qu'il renferme. — Examens d'admission à l'Institut agronomique. — Liste des élèves admis à l'Ecole nationale d'horticuliurp de Versailles. — Examens de sortie et d'admission à la ferme-école de la Corrèze. — Sériciculture. — Nouveau tour pour tirer la soie des cocons. — Concours spécial de la race bovine du Mézenc. — Achat détalons de gros trait par la Société d'agriculture de la Nièvre. — Nécrologie : M. Jules Aubin. — Une nouvelle vigne. — Situation des récoltes dans les Pays-Bas et dans les Indes néerlandaises.
I. — Le 94* anniversaire de la naissance de M. Chevreul. Le 31 août dernier, à l'occasion du 9V anniversaire de la naissance de M. Chevreul, l'illustre président de la Société nationale d'agriculture, l'Association américaine pour l'avancement des sciences, réunie dans sa 29" session à Boston, a envoyé à l'illustre doyen de la science dans le monde entier un télégramme pour lui présenter ses vives félicitations, avec l'espérance que sa vie et ses travaux pourront être prolongés au moins jusqu'à la fin du siècle. Ce sont des vœux auxquels s'associent tous les amis de la science dans tous les pays. M. Chevreul vient d'achever, pour la cinquantième fois, au Muséum, son cours de 40 leçons de chimie appliquée à l'étude des êtres organisés.
Il vient d'être publié, par ordre de M. le ministre de l'agriculture et du commerce, un volume intéressant sous le titre : JSote sur le Crédit agricole mobilier. C'est à la demande de la Commission chargée de 1 étude de la question du crédit agricole que cette note a été rédigée. Elle commence par rappeler les anciennes études faites sur la question, études qui ont pour origine un vœu émis par le Conseil général de l'agriculture, des manufactures et du commerce dans sa session de 1840-41. Ce vœu a eu pour résultat pratique la mission donnée à Royer de se rendre en Allemagne pour faire connaître dans tous leurs détails le mécanisme des Sociétés et banques de crédit foncier, ainsi que des caisses de crédit et de prévoyance aboutissant à un crédit mobilier qui existait chez nos voisins d'outre-Rhin. Le rapport de Royer a été publié. Peu de temps après, une enquête fut faite sur la situation de la propriété immobilière au point de vue des hypothèques; elle venait d'être publiée parle ministre de la justice lorsqu'éclata la Révolution de 1 8-^18. Dès que M. Tourette eut pris possession du ministère de l'agriculture, il s'empressa d'étudier la question, et il présenta à l'Assemblée nationale, le 18 décembre 1848, un projet de loi sur les avances ta l'agriculture par l'Etat. Les événements politiques empêchèrent ce projet d'aboutir. Le décret du 25 février 1852, en instituant des Sociétés de crédit foncier, n'avait résolu qu'une partie du problème; il restait à s'occuper du crédit agricole mobilier. L'administration de l'agriculture décida de faire faire une enquête sur le mécanisme des institutions étrangères et de créer une Commission qui étudierait tous les systèmes. L'enquête faite à l'étranger a donné lieu à un rapport de M. Léonce de Lavergne, qui était resté jusqu'à
N» 600. — Tome IV de 1880. — 9 Octobre.
présent inédit, et à un volume de M. Josseau, qui est classique et qui est intitulé : TraiLé du crédit foncier. Le rapport de M. de Lavergne s'occupe surtout des banques d'Angleterre et d'Ecosse, et de deux caisses de crédit aj^ricole existant en Westphalie et en Hanovre; il conclut à la création de comptoirs d'escompte ouverts aux propriétaires et même aux simples cultivateurs dans chaque chef-lieu d'arrondissement. Depuis lors, l'étude de la question a été soumise à des commissions successives : en 185G, à une Commission composée de MM. Suin, Josseau, Cornudet, de Germiny, Grellet el Leroy; en 18G6, à une autre commission composée de MM. Suin, de Germiny, Cornudet, Lepelletier dAulnay, Guillaumin, de Raynal, Josseau, de Monny de Mornay, Alauzet et Leroy. Enfin, en 1 S8i>, une nouvelle commission a été nommée. Depuis la mort de M. Victor Borie et la démission de M. Joigneaux, elle est ainsi composée : MM. Bozérian, Denormandie, Garnier, Labiche, Bethmont, Christophle, Drumel, Proust, Tisserand, Dufrayer, d'Esterno, Mauguin, secrétaire.
La nouvelle Commission se trouve saisie de mémoires, projets ou systèmes présentés par MM. Tremoulet, Granié, Félix Charnay, Grandidier, Huart, Davin, Le Boutteux, d'Artigues, Couture, Cattin, Léon Camel, Leveau, Méresse, Billette, Dauphin, Romain Bonnet, Lempreur, D.imourette, Paillard, Desprès, Dubost, Jacques Valserres, le comte d'Esterno, Leduc-Vie, un anonyme, un économiste qui a pris le pseudonyme d'unrt??u" de V agriculture, et par le projet du rapport de M. de Lavergne. La Commission a, en outre, reçu plusieurs communications, écrites ou orales, de MM. Riverain-PoUet, Daudin, Giraud, Lucet, Lepelletier de Sainl-Rémy, Copin, Josseau.
Le volume qui vient d'être publié donne, soit intégralement, soit par analyse, tous les projets, toutes les communications orales ou écrites, que la Commission a reçus. En outre, il renferme les réponses faites par 66 Conseils généraux aux questions que M. le ministre de l'agriculture leur a adressées par sa circulaire du 30 juillet 1879 que nous avons insérée l'an dernier, ainsi que les rapports de 45 agents consulaires à l'étranger.
D'après cet exposé, on voit que le volume nouveau sur la question du crédit agricole contient un grand nombre de documents, mais ne fournit aucune donnée sur ce que pense la Commission ni sur les projets qui peuvent sortir de ses délibérations.
IIL — Enquête sur l'état sanitaire du bétail.
Ainsi que nous le disions dans nos dernières chroniques, la fièvre aphteuse a pris, depuis quelque temps, une grande extension dans beaucoup de départements. A ce sujet, M. Tirard, ministre de l'agriculture et du commerce, a adressé aux préfets la circulaire suivante :
« Paris, le 20 septembre 1880.
« Monsieur le préfet, je suis informé que la fièvre aphteuse ou cocotte s'est déclarée dans plusieurs départements et a même acquis, sur certains points, une intensité inquiétante. Sauf quelques exceptions, mon administration n'a pas été officiellement informée de l'apparition de cette affection coQtasjieuse ; non seulement je ne sais quelle est la gravité du mal, mais encore j'ignore si quelque chose a été tenté pour arrêter sa mirche. J'ai malheureusement lieu de crainlre que les règlements sanitaires ne soient trop oubliés, ou tout au moins appliqués trop mollement; il m'est revenu en effet de divers côtés que les autorités 1 cales font preuve à cet égard d'un laisser-aller des plus regrettables; l'article 459 du Gode
pénal qui prescrit la déclaration des cas de maladie contagieuse n'est pas partout observé, et il serait nécessaire de réagir contre la tendance à s'alifranchir de cette obligaiion qui est comme la pierre angilairede la police sanitaire.
« Le service des é[)izooties est con>titué d ^n^^ un grand nombre de départements et, dans ceux où cette organisation exisie, MM les préfets doivent être tenus au courant de la situation et posséder des renseignements précis sur l'état sanitaire du bétail; dans les départements où le service des épizooties n'a pas encore été créé, je suis persuadé qu'il ne serait pas l'ait en vain appel au concours des vétérinaires
a Je viens donc vous prier, monsieur le préfet, de vouloir bien procéder à une enquête générale sur l'état sanitaire actuel du bétail dans votre département, et m'en transmettre les résultats dans le plus bref délai Je vous serai obligé de me faire connaître en même temps, et s'il y a lieu, les mesures sanitaires que vous auriez prescrites et celles qui seraient en projet. A ce sujet, j'exprimerai le désir d'être tou|Ours consulté en pareille circonstance; par ce moyen, il serait possible d'établir une uniformité, d'ailleurs nécessaire, entée les mesures à preu'lre, pour la même maladie, sur les différents points du territoire et, en outre, de donner à ces mesures le degré de rigueur que comporte la nature du mal. »
« Recevez, etc. Le minùtre de i'agricuUure et du commerce^
« P. TlRARD. »
Nous ne cesserons de demander que la loi sur la police sanitaire des animaux domestiques arrive enfin en discussion et soit volée. C'est seulement par des mesures d'ensemble que l'on arrivera à faire disparaître les maladies contagieuses qui prennent trop facilement de l'extension en France, grâce à la manière insuflisante dont le service sanitaire est aujourd'hui organisé et pratiqué.
W. — Les engrais.
Pour accroître les rendements des récoltes et assurer la prospérité d'une exploitation agricole quelconque, il n'est pas de procédé plus suret plus efficace que l'emploi des engrais appropries; nous ajouterons : des engrais employés surtout à l'automne, au moment des grands et forts labours, avant les seu'ailles bien plutôt qu'en couverture, les cultivateurs qui peuvent ajouter à leur fumier 300 à 400 kilog. par hectare de bons engrais, tels que le guano du Pérou, le phospho-guano, le guano dissous, les tourteaux de graines oléagineuses, le sulfate d'ammoniaque, le sang desséché, les débris de laine, les phosphates et superphosphates, les matières fécales, les nitrates de soude et de potasse, etc., suivant les terrains et les circonstances économiques, ne doivent pas hésiter un seul instant à le faire. Us trouveront là le meilleur placement qu'ils puissent faire de leur argent ou de celui que peuvent leur procurer, dans le présent ou dans l'avenir, les institutions de crédit. Pour s'éclairer sur la valeur des engrais, au double point de vue de ceux qui conviennent le mieux à un sol ou à une récolte déterminée, il n'y a rien de mieux que d'avoir recours à des expériences, pourvu que celles-ci soient bien faites.
Comme ce n'est pas un art toujours facile de bien expérimenter, il est bon que des indications à cet égard soient données aux agriculteurs. M. Eugène Marchand, dont nous avons plusieurs fois analysé les travaux, a fait sur ce sujet, cette année, dans douze cantons des arrondissements du Havre et d'Yvetot, une conférence que nous nous plaisons à signaler. Nous n'aimons pas beaucoup le nom d'engrais chimiques dont M. Marchand se sert, à l'imitation de beaucoup d'autres personnes, car il ne donne qu'une idée fausse ou inexacte. Le nitrate de soude et le phosphate de chaux, par exemple, diffèrent-ils
lorsqu'on les prend dans la nature ou bien lorsqu'on les fait sortir d'une fabrique de produits chimiques? Evidemment non. Pour apprécier tous les engrais, quels qu'ils soient, il faut des connaissances chimiques. De même nous repoussons l'appellation d'engrais chimique complet, parce qu'il n'y a que des engrais complémentaires. Mais, à part ces réserves et quelques autres, il faut approuver l'ensemble des leçons données par M. xMarchand et applaudir à l'esprit de progrès qui anime son enseignement.