SUR LES CÉPAGES RÉSISTANT AU PHYLLOXERA
plaint d'avoir été induit en erreur au sujet des millions de Concords, qui avaient été recommandés et importés en France, et dont la courte existence avait fait reculer de dix ans la question des vignes résistantes, .l'ai même reçu plusieurs lettres de félicitations, depuis le congrès, au sujet de ma sincérité, sans laquelle plusieurs viticulteurs allaient planter des Clinton et des Concords.
Enfin dans les quelques minutes qui m'ont été accordées, j'ai pu protester contre cette mode, qui s'infiltre jusque dans les vignes et qui fait que l'on s'engoue tous les ans d'un cépage exotique, qui n'a que la durée des roses, ainsi qu'on le verra pour certains Riparia avant peu.
Bref, j'ai dit : que les cépages américains que Ton nous signalait naguère comme des piliers de résistance, mouraient depuis G et 8 ans en Amérique au fur et à mesure que le vastatrix envahit, comme en Europe, certaines contrées. Il y avait même dans l'assemblée, un viticulteur de l'Illinois qui, depuis G ans, a dû renoncer à la culture des cépages américains, en Amérique. J'ai en ma possession assez de documents pour prouver que, seuls, les Herbemont et les Scuppernong résistent aux Etats-Unis aux piqûres du vastatrix, les Américains ne cultivant pas, ou ne possédant plus les Solonis, les York, les Gaston Bazile, le Vialla et même le véritable Jacquez.
Si ces faits, sur lesquels je demande une enquête, se vérifient, vous comprendrez, monsieur le Directeur, que la discussion dépassera de beaucoup, entre moi et l'honorable M. Planchon, les limites du Clinton ; c'est peut-être ce que l'on a redouté en me prêtant le rôle de figurant, que j'aurais tenu au congrès; mais ce rôle est emprunté au code du bon plaisir. Je vous l'affirme.
Veuillez agréer, etc. L. Laliman.