VI. — Le phylloxéra
Nous n'avons pas appris que le phylloxéra ait fait de nouvelles invasions; l'essaimage est maintenant pyssé, et les effets nuisibles qu'il produira ne seront reconnus qu'un peu plus tard. Quant à présent, on ne peut discuter que sur les mêmes questions qui ont été tant de fois discutées dans le Journal. Une vérité nous paraît seulement de plus en plus évidente, c'est qu'il est possible de combattre ce funeste ennemi
de nos vignobles. C'est ce que démontre encore une brochure récente publiée sur ce sujet par M. Paul Oliver, vice-président du Comité central d'études contre le phylloxéra dans les Pyrénées-Orientales. Cette brochure renferme le rapport que M. Oliver a présenté au congrès international de viticulture de Lyon sur les résultats obtenus par l'emploi du sulfure de carbone; elle constate les succès obtenus soit dans le Midi, soit dans le Libournais, succès qui permettent désormais d'avoir confiance dans l'avenir.
Vil. — Les vignes sauvages du Soudan.
A l'occasion de la note que nous avons publiée, dans un précédent numéro, sur les vignes sauvages du Soudan découvertes par M. Lécart, nous recevons de M. Léon de Lunaret, la lettre suivante ;
Montpellier, 15 octobre 1880.
« Mon cher directeur, j'ai publié, il y a quelques jours, dans nos journaux de Montpellier, une note sur la vigne africaine, découverte dans le Soudan, par M. Lécart. Les personnes qui ont lu cette note, n'ont pas songé à me demander des graines et des tubercules, car rien n'indiquait que j'en eusse à ma disposition. La vérité est que je n'en ai malheureusement pas.
« Mais voilà que depuis cinq ou six jours, j'ai reçu plus de cent lettres dans lesqu elles on me demande des graines, et un de mes correspondants s'appuie sur une annonce de votre Journal qui l'autorise à penser que je dois en avoir.
ce Outre le travail matériel que me procure la grande publicité de votre excellent Journal, il m'est fort désagréable de répondre par un refus forcé à d'honnêtes gens qui m'accablent de compliments.
« Je viens donc vous prier de faire cesser au plutôt cette avalanche de demandes, en annonçant , que je n'ai jamais vu ni une graine ni un tubercule de la vigne de Soudan, que si j'en avais, je serais très heureux de leur en oflrir; que je désirerais en avoir et surtout voir se réaliser tout ce que nous annonce M. Lécart, mais que malheureusement je n'en ai pas.
« Je ne cherche pas à me soustraire à une peine qui serait bien compensée par la grande satisfaction que j'éprouve à être utile, et je vous prierai d'user de votre grande influence pour obtejiir des graines et des tubercules dès que M. Lécart aura pu en faire parvenir; je m'engage à les cultiver et à les propager gratuitement, ainsi que je l'ai fait pour bien d'autres plantes que j'ai eu la bonne fortune d'introduire dans mon pays. « Léon de Lunaret. »
Dans la dernière séance de TAcadémie des sciences, M. Dumas, secrétaire perpétuel, a annoncé qu'il avait reçu, soit directement, soit par l'intermédiaire du ministère de l'agriculture ou du ministère de l'instruction publique, un certain nombre de lettres dans lesquelles des viticulteurs demandent à être compris dans la distribution qui pourra être faite des plants ou graines envoyés par M. Lécart. Il a ajouté que ces demandes, ainsi que celles qui pourraient être faites ultérieurement, seront réunies par la Commission du phylloxéra, et qu'il y sera fait droit dès que l'envoi annoncé par M. Lécart sera parvenu à l'Académie. C'est donc à celle-ci que les demandes des viticulteurs devront être adressées.