‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 537 sur 752 · IV. — Les vins de raisins secs · texte numérisé non relu

IV. — Les vins de raisins secs

A propos de la circulaire de M. Audibert, directeur général les

N* 604. — Tome IV de 1880. — 6 Novembre.

douanes, que nous avons signalée dans notre ouméro du 23 octobre, nous avons reçu de M. Gréa la lettre suivante :

« RoUlier (Jura),, 2(» octoJjre 1880.

« JSfonsieur et honoré collègue, je lis dans le dernier numéro du Journal de V Aiiru'/uhia e <]ue, par une récente décisioc de M. le directeur général das contribution? indiieftes, les vin« de raisins secs ne seront plus nsstijetlis à la tîéclaration de leur origine pour la circulation et la vente. An nom des vignerons de ma contrée, qui sont unanimes a ce sujet, je tiens à protester contre cette me^'ure qui me paraît aussi tiuneste pour le! consommateur que pour le producteur. Nous n'admi-ttronh" jamais que les boisions fabriquées soient assimilées au vin et en reçoivent pour ainsi dire oflicielleraent le nom. Nous n'empêchons personne d'en faiie et d'en vendre, mais à la cnnditian de ne pas tromper l'acheteur sur la qualité de la marcliandise vendue. En cela, nous sommes con>plètement d'accord avec le Co''e pénal et avec les circulaires de M. le ministre de la justice. Nous espérons que nos récoltes ne seront pas toujours aussi mauvaises et, quand nous pourrons de noyveau avoir du vin à vencLre aux Français et aux étrangers, il ne îaut pas que nos produits viennent se confondre avec les tristes boissons que la nécessit(é iopce d'accepter aujouixl'hui.

« Je vous serais obligé, monsieur et bonoré collègue,, de faire paj-t de csea observations à vos lecteurs.

« Veuillez agréer, etc. « E. Gréa,

Correspondant de la Société nationale, ppésident du Comice de Lons-le-Saulnier.

Il nous paraît difficile de déclarer que du vin fait avec du raisin sec n'est pas du vin au même titre que celui fait avec du raisin frais, car ce serait amener la loi à s'occuper des procédés de fabrication. Par quels motifs reposant sur une vérité quelconque pourrait-on empêcher un propriétaire de dessécher tout ou partie de sa vendange avant de faire du\in. s'il y trouvait un avantage? Mais ce qui nous paraît juste^ c'est d'imposer le raisin sec arrivant de l'étranger d'un droit équivalant à celui que paie le vin même introduit en France. Par exemple, s'il est bien démontré qu'avec lOO kilog. de raisins secs on fait trois hectolitres de vin, il faut faire payer aux raisins trois fois le droit fixé sur le vin.

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