‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 664 sur 752 · uùhnfi · texte numérisé non relu

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Azote organique et ammoniacal 3. 30 pour 100. "J^»~"JVvf

Un échantillon, prélevé avec moins de précautions et parvou%|i%^

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Humidité 15.70 - <• „.,•

Sable 11.20 • - ^ WÇIMV

Acide phosphorique 23 60 qq &[t3

Azote 3.20 r

Ces déterminations qui, je m'en suis assuré, étaient en accord avec celles elTectuées depuis longtemps déjà sur le chargement Mohur établissaient donc nettement la composition moyenne et l'homogénéité de l'engrais mis en vente.

Examiné à un point de vue tout spécial et sur la demande for-

melle d'un acheteur, au laboratoire agronomique de Mettray, le même guano a offert à l'analyse :

Acide phosfifionqne soluble dans l'eau Traces.

Azote — — 1.57

Potasse — — 3.02

En transmettant ces résultats, le directeur du laboratoire de Mettray n'a pas eu pour but de donner une indication s'appliquant soit à la valeur commerciale du guano soumis à son examen, soit à son action dans le sol ; il a purenient et simplement répondu avec clarté à la question qu'un acheteur lui soumettait.

L'application peu fondée des chiffres ci-dessus au cas qui vous concerne, motive la préoccupation bien légitime dont vous me faites part, et je n'hésite pas à vous donner sur ce point un avis auquel toute personne compétente se rangera, je n'en doute pas.

La vente du guano naturel provenant des gisements péruviens s'est toujours faite sur renonciation de sa richesse en acide phospkorique total Pt en azote total. Ce renseignement a été souvent complété par le dosage de la potasse à Vétat de sel soluble.

Les agriculteurs dans leurs achats, les marchands dans leurs transactions, la Banque de France dans ses négociations relatives au Warrantaoe, enfin, les agronomes dans leurs écrits, ont toujours pris pour base de leurs évaluations le tant pour cent des principes chimiques que je viens de citer; aussi les tarifs de vente ont-ils été dressés en donnant : à l'acide phosphorique, un prix de 0 fr. 50 à 0 fr. 60 le kilogramme : à l'azote, un prix de 2 fr. 40 à 2 fr. 50 le kilogramme; les matières utiles complémentaii^es étant comptées, d'autre part, comme représentant en moyenne une valeur de 1 fr. 50 à 2 fr. Pourquoi ce mode d'évaluation ? parce qu'une longue expérience a démontré que, soluble ou non soluble dans l'eau, le phosphate basique renfermé dans le guano a une action satisfaisante sur la Mégétation ; il est assimilable en un mot, et la simple observation des faits parle cultivateur a depuis longtemps fixé l'opinion sur cette vérité. Les chimistes n'arrivent à constater sur les phosphates fossiles qu'une insignifiante solubilité dans leurs réactifs. Le noir d'os usé des sucreries, le noir résidu des rafïïneries offreùt bien peu de principes attaquables par l'eau et par le citrate d'ammoniaque. Le guano péruvien enfin n'a donné au laboratoire de Mettray que des traces d'acide phosphorique soluble dans l'eau; en résulte-t-il que ce puissant réactif qui s'appelle le sol arable, et au sein duquel de mystérieuses actions chimiques et physiques s'accomplissent dans des conditions si variables, n'attaque pas parfaitement, au grand avantage des plantes, ces différents engrais?... C'est là une question résolue par l'agriculture depuis longtemps. La solubilité dans la terre peut donc exister en présence de l'insolubilité relative dans les réactifs employés jusquà ce jour par le chimiste.

Cela ne ve ut pas dire que, pour des cultures particulières et dans certaines circonstances, il ne soit pas logique et profitable d'acidifier un phosphate basique ou un guano naturel en vue d'une assimilation plus rapide, d'une homogénéité désormais assurée ou de tout autre avantage à rechercher. La vente du guano dissous, celle des superphosphates comportent nécessairement une indication de l'acide phosphorique soluble soit dans l'eau, soit dans le citrate

d'ammoniaque, et c'est seulement à l'aide de telles ressources que le commerce peut justifier la surélévation des prix de l'acide phosphorique, qui de 50 à 60 centimes — taux auquel il est coté dans le guano péruvien naturel — s'élèvera de 90 centimes à 1 fr. 10 dans les superphosphates oii sa solubilité est devenue maxima.

Ces raisons me semblent très sérieuses et je ne comprendrais nullement qu'une vente de guano péruvien — dont tous les principes solubles ou insolubles sont cependant assimilables — fût l'objet de contestationSj parce que l'eau employée pendant quelques minutes ou pendant quelques heures aura été sans action appréciable sur eux.

Ici surtout apparaît cet inconvénient grave que j'ai si souvent signalé dans mes publications et qui consiste à appeler assimilable ce qu'on devrait se borner à appeler : soluhle^ en indiquant le véhicule employé. Le chimiste remarque que, dans ses appareils, un réactif enlève un certain poids d'acide phosphorique dans un temps déterminé. Cela est au mieux et la science en pareil cas a fourni un renseignement ; mais l'agriculteur, de son côté, consulte l'opinion du végétal et enregistre f/es rendements. L'agronomie, appelée à conclure, a pour véritable mission de rapprocher ces données obtenues dans des circonstances diverses, d'apporter dans son œuvre une grande somme de réserve et de modestie, et de ne pas trop confondre le terrain offert à ses investigations avec celui d'une science pure. La vérité — à mon sens du moins — est dans cette manière d'interpréter le rôle de la chimie appliquée à l'agriculture.

Encore une fois. Messieurs, les difficultés que l'on soulève contre vous ne me paraissent fondées, ni en principe, ni en fait.

Veuillez agréer, etc., le Directeur du laboratoire,

A. BOBIERRË.

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