NOMS DES
LOCALITÉS
Nantes
La Châtre..
Bourg
Nantua . . . .
Salers
Lavallade. . .
Le Puy. . . .
Bordeaux. .
Beyrie
Berthaud.
Rousson.. .
Régusse. ...
Montpellier.
Brignoles. .
NOMBRE DE JOURS de vent.
\E E SE S IsO 0 XO
M. de Villiers de l'Isle-Adam écrit de Sargé (Sarthe), le 1 2 décembre :
Pendant le mois de novembre qui vient de s'écouler, la température a été trèsdouce; nous n'avons eu que 5 jours de petite gelée, les 18, 20, 21, 29 et 30. J'ai compté 1 1 jours de pluie, mais ces pluies ont été très-peu abondantes. Les vents se sont constamment maintenus entre le N. etl'O.
M. Alexis Perrey écrit de Dijon (Côte-d'Or), le 2 décembre :
J'ai recueilli 62'"'". 2 dans ma cour. Pluie les 8, 9, 11, 12, 13, 14, 16, 17, 18, 19, 23, 24, 25, 26 et 27. Grésil ou même petite grêle le 17, à 1 heure un quart de l'après-midi, et le 23, à 7 heures du soir; cette dernière a donné 0"''".4 d'eau. Mouches de neige le 18. Brouillard les 1, 2, 3, 4, 6, 7, 8, 22, 23 et 25; il a été très-intense et a généralement duré tout le jour, surtout au commencement du mois. Le l", vers 7 heures 40 min. du soir, bolide magnifique. Le mauvais temps m'a empêché d'observer les étoiles filantes du 1 1 au 14. La température a présenté deux inversions remarquables. Le 18, après un premier maximum de 6°.0 dans le jour, le thermomètre a remonté et donné un second maximum de 7°. 2 dans la ■ nuit, dont je n'ai pas pu déterminer le minimum. Le 23, premier maximum de 3''.0 seulement dans le jour, et second maximum de 7°. 8 la nuit suivante.
La moyenne de la température a été en novembre :
Del845àl865. En 1866. Del84.5àl865. Enl866.
9 heures du matin .¥.2 e'.O 9 heures du soir 5'. 4 5°. 7
Midi 7.0 7.7 Maximum moyens 8.3 9.1 ^
4 heures du soir '. 6.7 6.9 Minimum moyens 3.4 4.3
Maxim, ahs. dep. 21 ans. . 18».7 le 4, en 1859. Mmim. abs. dep. 21 ans. . 9". 2 le 30, en 1849.
La moyenne hauteur .du baromètre a été en novembre :
De 1845 à 1865. En 1866. De 1845 à 1865. En 1866.
Millira. Millim. Millirn. Millim.
9 heures du matin 740.65 742.74 4 heures du soir 739.85 741.76
Midi 740.25 742.19 9 heures du soir 740.46 742.51
Maxim, aljs. dep. 21ans.. 755"'".671e 10,enl859. Minim.abs.dep.21 ans.. 718"'". 271e 15,enl864. La moyenne de l'humidité relative a été en novembre :
De 1845 à 1865. En 1866. De 1845 à 1865. En 1866.
9 heures du matin 85 83 4 heures du soir 81 81
Midi 78 80 9 heures du soir 85 85
Quant au maximum et au minimum de l'eau tombée et de l'eau évaporée depuis 21 ans, ils ont été en novembre :
Millim. Millim.
Maxim, de l'eau tombée. . . 102. 5en 1858 Maxim, de l'eau évaporée. : 42.0enl850
Minim. — ... 19.0enl855 Minim. — ... 1.0 en 1854
M. du Peyrat écrit de Beyrie (Landes), le 3 décembre :
Le temps a continué d'être beau jusqu'au 9 novembre; à partir du 10 la pluie a commencé; nous avons eu 12 jours de pluie jusqu'au 18 inclus, qui ont fourni au pluviomètre 40 mill. 75; ces pluies continues ont été faibles puisque la moyenne générale du mois de novembre, pendant les 16 dernières années, a été de 78 mill. 86. Il y a eu trois gelées, les 21, 22 et 30; la plus forte, le 22, a été de 2". 50; le maximum de la température, le 2, a été de 17°. 60, et la moyenne du mois de 10°. 375, tandis que la moyenne générale de ce mois, à Beyrie, n'est que de 9°. 167. Le vent du sud-ouest amène toujours la pluie dans cette contrée,, et le nord-est a amené les gelées du 21 et du 22 du mois.
M. Laupies écrit de Rousson (Gard), le 8 décembre : -- Les rigueurs de l'automne se sont fait vivement sentir pendant deux ou trois jours;
mais la température a été élevée pendant le restant du mois ; aussi le mercure ne s'est pas sensiblement abaissé au-dessous de la moyenne ordinaire.
M. le D' Piffard écrit de Brignoles (Var), le 4 décembre :
Je ne parlerai pas du singulier phénomène météorologique des étoiles filantes ; je me bornerai à signaler le vent impétueux du N. 0. , véritable ouragan qui lui a succédé le 14. Les vents, à partir de cette époque, ont régné bon nombre de jours sans cesser avec une certaine violence. Dans la nufl du 20 au 30, un orage de neige a éclaté sur une étendue d'une vingtaine de kilomètres, à douze kilomètres ouest de notre ville. La neige pendant quelques jours a couronné le sommet des montagnes. Le baromètre a eu d'assez fréquentes variations entre 747 et 761 millimètres.
M. Hipp. Trénel écrit de Septème (Isère), le 16 décembre :
Du 1 7 au 22 novembre, le vent du nord nous a amené un abaissement du thermomètre, et dans la nuit du 21 au 22, 4 degrés au-dessus de zéro. Du 23 au 30 alternativement, vent du nord et du sud avec pluies légères. Le l" décembre abaissement du thermomètre à — 3 degrés, puis du 2 au 10, vent du sud avec pluie et une moyenne de 14 degrés de chaleur; du 1 1 jusqu'à ce jour, vent d'ouest, pluie continue qui menace de durer, même température douce et baromètre à variable.
Les pluies ont été fréquentes dans presque toute la France, Je sud-est seul en a été presque exempt; Ces chutes d'eau nombreuses ont donné en plusieurs endroits des quantités considérables à l'udomètre; mais en général l'eau recueillie reste à peu près égale à la quantité moyenne ordinaire. L'évaporation a été plus faible que la pluie reçue.
Eau tombée Eau évaporée Eau tombée "Eau évaporée
miUim. millim. ' miUim. millira.
Lille 74.94 " 28.78 Nantes. . . . 36.00 42.00
Paris 31.25 34.01 Bordeaux. . . 54.40 28.00
Dijon 57.00 11.00 Alger. . . . ff5.70 69.40
En résumé, le mois de novembre n'annonce pas un hiver rigoureux. Il y a eu peu de neige , mais de fréquents et épais brouillards, avec G à 8 jours de gelée en moyenne. Les vents dominants ont soufflé du nord et de l'ouest. Le ciel a été presque constamment couvert dans tout le nord de la France.
J.-A. Barral.
M. Robinet a offert à la Société le cinquième rapport de la commission des logements insalubres du département de la Seine, dont il a l'honneur d'être membre ; il a fait remarquer que ce compte rendu pourra, en plusieurs points, intéresser ses collègues, et notamment en ce qui touche la ventilation des fosses d'aisances et la conservation des matières fécales. Divers systèmes sont simultanément expérimentés dans les écoles publiques du département, les uns installés à nouveau dans les constructions neuves, les autres comme amélioration dans les bâtiments anciens. On ne saurait déterminer encore celui qui paraît le plus efficace et en même temps le plus économique.
M. le président Ghsvreul a remarqué avec plaisir l'importance attribuée ajuste
titre à cette question. Son ami, feu M. Ampère, inspecteur général de l'instruction publique, ne manquait jamais, dans ses tournées, de faire constater l'état de propreté et la disposition de ces lieux qu'il appelait le thermomètre de la civilisation.
M. Robinet donne de nouveaux renseignements sur la dérivation des eaux de la Vanne. Ge n'est pas cette rivière même que l'administration municipale a acquise pour l'amener tout entière à Paris, mais bien seulement quelques sources qui se trouvent dans un marais, en dessous du premier tiers environ du parcours de la véritable source. La ville de Paris a acheté un moulin à blé situé sur la Vanne et qui servira désormais à élever l'eau de quelques-unes de ces sources, à un niveau tel qu'un aqueduc puisse les conduire sur les hauteurs de Montrouge. Les sources acquises convertissaient en marais une partie de la vallée, et leur suppression rendra à la culture une certaine superficie d'excellentes terres.
Au commencement de la séance du 21, M. Payen informe la Société que l'un des ouvriers de M. Champonnois a trouvé, par hasard, un moyen fort simple de débarrasser les lames de la râpe à betteraves des incrustations dont nous avons parlé plus haut. Ge moyen consiste à jeter de temps en temps dans la cavité interne de l'instrument des cendres chaudes ou quelques morceaux de coke en ignition ; l'élévation de température provoque le retrait de la matière incrustante, en grande partie composée de tissus organiques, et qui se détache alors d'elle-même, sans qu'on ait besoin d'en démonter les lames. Cette indication pourra être fort utile aux agriculteurs qui emploient la râpe dans leurs fabriques de sucre ou d'alcool.
M. Florent Prévost donne lecture d'un mémoire sur la conservation des oiseaux de proie nocturnes, dans l'intérêt de l'agriculture. Il a observé, en effet, que le hibou et la chouette consomment, pour se nourrir, une grande quantité de mulots et de campagnols ; le chat-huant et l'orfraie, de rats et de souris ; la petite chevêche et le scops, d'insectes de toutes sortes. Tous ces oiseaux, en général, détruisent les noctuelles (du blé) et les hannetons, et délivrent les cultures et -les récoltes de leurs plus .dangereux ennemis. Il serait donc urgent de veiller à la conservation de ces espèces que les enfants poursuivent par instinct de destruction et que les chasseurs tuent par désœuvrement. . ^
M. Gareau fait ensuite une communication verbale fort intéressante sur l'agriculture de l'ile anglaise de Jersey, et s'occupe particulièrement de la nature du sol et des engrais, du capital foncier et d'exploitation, et enfin de l'organisation du crédit.
M. de Lavergne, en 1854, et nous-même en 1859', avions déjà signalé plusieurs de ces particularités. On sait que le sol de l'île est granitique, et qu'on y cultive pourtant le sainfoin ; la fécondité du territoire, non-seulement s'entretient, mais encore s'accroît. M. Gareau l'attribue surtout à l'emploi des warechs verts ou incinérés. Mais il a été étonné de voir que le warech de printemps se vend quatre fois plus cher que celui d'automne ; leur composition chimique serait-elle différente ? C'est ce que nous apprendront les analyses chimiques dont M. Barrai a bien voulu se charger. Mais il pourrait y avoir là aussi une question de débouché, le warech étant plus recherché, plus demandé pour les semailles de printemps, époque oîi sa récolte est plus difficile et moins abondante. Ce que peut, dès à présent, affirmer M. Barrai, c'est que tous les varechs contiennent une notable proportion de chaux.
Nous avions constaté déjà, dans l'île, en 1853, des rentes locatives de 500 et 700 francs par hectare ; ce chiffre s'est encore élevé, d'après M. Gareau, jusqu'à 8 et 900 francs exceptionnellement, et jusqu'à 400 francs en moyenne. Les plus grandes fermes ont 12 à 15 hectares de superficie, et entretiennent le plus ordinai^ rement deux tètes de bétail par hectare, ce qui donne une idée, à la fois, de la richesse du sol, de l'intensité de la culture et du capital qui lui est consacré.
1. Essai sur l'état présent de l'agriculture en Europe, à propos de l'exposition universelle. — Compte rendu d'un voyage fait en 1853 à l'île de Jersey. — Von- Annales de V agriculture française. — Paris, chsz iVIme Vve Bouchard-Huzard, 1859.
M. Gareau n'a pas vu sans étonnement, sur une île de 16,000 hectares environ de superficie et peuplée de 50,000 habitants, soixante-treize banques d'émission dans la capitale, fonctionnant en même temps comme banques de prêt et de dépôt. Ces banques sont fondées par des associations paroissiales, par des quartiers de la ville, par des particuliers ; elles émettent du papier ayant cours amiable, et le plus grand nombre sont à responsabilité limitée. Les simples particuliers peuvent émettre aussi de ces billets à vue et au porteur pour des entreprises privées, pour la fondation d'une industrie, la construction d'un moulin, etc. Un quartier de la ville frappe des billets pour l'édification d'une église ou d'une fontaine, etc. M. Gareau a rapporté trente-sept de ces billets qu'il fait passer sous les yeux du bureau.
MM. de Lavergne et Wolowski prient M. Gareau de vouloir bien donner quelques explications sur le mécanisme et le fonctionnement de ces banques. La plua grande partie de ces renseignements se trouvent contenus dans une brochure en anglais , publiée par M. Lecornu, vice-président de la Société d'agriculture de Jersey, brochure que M. Moll propose de faire traduire pour qu'elle puisse être étudiée, ainsi que la communication de M. Gareau, par la section d'économie et de législation rurales.
M. Robinet entretient la Société d'un fait important eu e'gard à J'hygiène de l'homme et des animaux. On avait observé à LiUe, dans ces derniers temps, des cas de plus en plus nombreux du ténia chez l'homme. L'administration s'en est émue, et a nommé une commission qui, à la suite d'une enquête, a fait un rapport, d'où sont sortis les faits suivants. Jusqu'à l'année dernière, Lille s'approvisionnait de porcs dans les Flandres Belges et la Hollande, pays renommés par la propreté proverbiale de leurs habitants. Là, l'engrais humain est soigneusement recueilli, les étables à porcs sont minutieusement nettoyées, la ladrerie est très-rare. Depuis l'invasion du typhus, depuis que l'importation du bétail est prohibée, Lille s'est approvisionnée de porcs dans le centre de la France, oîi les engrais humains sont abandonnés aux environs des fermes, lelong des chemins ou dansles champs, et où les porcheries ne sont, trop souvent, que des cloaques fangeux. Or, on sait que le cysticerque ladrique ingéré par l'homme avec la viande du porc, se transforme dans l'organisme en ténia, et que, réciproquement, le ténia de l'homme introduit dans l'estomac du porc s'y transforme en cysticerque. Grande leçon d'hygiène et de zootechnie pour les Berrichons, les Limousins, les Solognots, les Beaucerons, et tutti quanti, bien que le rapport n'ait voulu nommer personne.
Enfin, M. Magne communique à la Société une carte du département d'Eureet-Loir sur laquelle des teintes diverses indiquent les circonscriptions naturelles de la production et de l'élevage du cheval percheron. Le conseil général du dépar tement avait ouvert un Concours sur cette question de production de la race indigène; trois mémoires ont été présentés, mais le Concours a été prorogé en y maintenant les trois concurrents. C'est la carte, fort intéressante, dressée par l'un d'eux, que l'honorable membre présente à ses collègues.
A. GOBIN