‹ Journal de l'agricultureChapitre 284 sur 527 · LE RATEAU AMÉRICAIN A CHEVAL · texte numérisé non relu

LE RATEAU AMÉRICAIN A CHEVAL

rangées de dents opposées. Cette tige est portée par deux roues auxquelles elle sert d'essieu. A l'aide des mancherons, le faneur fait incliner vers le sol un côté du râteau, puis, en abaissant brusquement ces mancherons, il le relève et forme ainsi l'andain. D'ailleurs la construction et la marche de l'instrument sont clairement expliquées dans la figure 9 ci-contre.

Le râteau américain à cheval n'effectue pas seulement le ramassage des fourrages dans les prairies naturelles, où son travail représente celui de vingt ouvriers; il est aussi employé avec avantage pour le fanage des luzernes, trèfles, ray-grass et autres fourrages foliés, dont il forme de gros andains sans briser les feuilles. Les ouvriers qui se servent de cet instrument, en disent : « C'est un bon outil. » Voilà le meilleur éloge que l'on puisse faire d'un engin agricole. Aussi est-il peu de

Kig. 9. — RAleau américain ;\ cheval

régions en France, en Angleterre, en Belgique, où le râteau américain ne se soit introduit et ne tende à se propager. On le trouve chez M. Gaud, constructeur à Juvisy (Seine-et-Oise),

A. Ferlet.

Mathieu de Domhasle , par M. Villeumé. Chez Ch. Douniol. Paris. Brocb. in-S, kO p.

On vante beaucoup les progrès accomplis en France, depuis un certain nombre d'années, par l'agriculture, mais on oublie trop quelquefois ceux qui ont été les promoteurs de ces progrès. « Cherchons donc, dit M. Villermé, à raviver le souvenir d'un homme dont on commence à ne plus parler assez; et faisons-le, malgré la profonde aduiiratiou que nous inspire sa mémoire, sans rien cacher de ses fautes, sans rien

diminuer de ses imperfections. Le respect ne doit jamais exclure la irancliiï^e. » Dans ce travail intéressant et instruclit, AI. Villernié raconte la vie, apprécie les œuvres et détermine l'influence de Mathieu de Dombasle. Ditasta.

COURRIER DE BELGIQUE

Bruxelles, 28 mars 1867.

Le ivphus (les bêles à cornes paraît enrayé en Hollande. Dans la semaine du 24 février au 2 mars, on a compta 1248 cas nouveaux; il y en a eu 1363 dans la semaine suivacle, du 3 au 9 mars; il ne s'en est plus produit que 1076 dans la semaine qui s'est écoulée du 10 au 16 mars. Le gouvernement néerlandais parait décidé à lairo de grands eûbris pour combattre enfin l'épizootie. Une somme de 2 millions vient d'être votée pour subvenir aux dépenses qu'entraîneront les mesures adoptées. La circulatiou du bétail a été interdite d'une manière absolue à l'intérieur des cordons sanitaires; un personnel spécial et nombreux est organisé pour venir en aide aux vétérinaires; partout les bourgmestres ont été invités h. se tenir prêts afin de répoudre h tous les besoins, pour l'abatage, la désinfection, l'enfouissement, etc., etc.

Depuis les cas constatés à Zèle, parmi les moutons, l'épizoolie n'a plus été obsen'ée en Belgique.

Les att'aires en grains sont toujours très-difficiles; il n'y a point de confiance dans la hausse. On écrivait d'Anvers ûernièreuient :

Céréales. — Marché sans changement dans les prix , toutefois avec quelques affaires pour les besoins courants de la consommation. Eu froment, on a fait le roux de Wolgast à 36 fr.; le roux de Stettiu sous voiles de 34 fr. 50 à 35 Ir.; le roux et le blanc des polders de 33 fr. 50 à 34 fr. par 100 kilog.; seigle indigène 21 fr. 25; orge du Danube 23 fr. 25 à 23 fr. 50.

EUG. BOURSON.

REVUE COMMERCIALE {D:.LXIÈME QUINZALNE de MARS).

Céréales et farines. — Le temps, pendant cette quinzaine, a été presque froid et désagréable dans la plupart des parties de la France. Dans le rayon de Paris, on a eu quelques jours de soleil qui ont avancé la végétation. Les aclieteurs ont été rares en général, à cause de l'attente du beau temps, et à cause de la liquidation du mois de mars, qui a été très-difficile sur nos grandes places. Les offres faites en blés par le commerce ont été de peu d'importance, et la culture, occupée par les travaux de mars, s'est abstenue aussi de son côté. A Paris, les blés de choix se sont vendus de 35 à 36 fr.; ceux de première qualité ont atteint 34 fr.; ceux de deuxième qualité ont oscillé entre 32 et 33 fr.; ceux de troisième qualité entre 31 fr. et 32 fr 50, et les sortes courantes sont restées à 32 fr. Ces prix ne sont pas très-différents de ceux de la quinzaine précédente. Le tableau suivant montre aussi que les prix moyens n'ont que peu varié dans chaque région de la France.

BI^ Al' QUINT.VL.

^ — - — l'IU.K MOYE.N DU QUINTAL.

Prii Sur la quinî'.. préc. m — i i —

Régions. mojens. Hausse. Baisse. Seigle. Orge. Avoine.

— fr. fr. fr. fr. fr. fr.

Nord-ouest 33.80 » 0.08 21.76 21.19 21.66

Nord 33.63 » 0.20 20 85 22.1.) 21.26

Nord-est 32 94 " 0 17 22. IR 21.3.=> 20.33

Ouest 33.85 » 0.81 21.87 22.69 22.68

Centre 33.50 0.48 » 21.78 21. ■iO 21.:').i

Eil 33.11 » 1.32 21.62 21. 6K 20.03

Sud-ouest 34.28 • " 20. (il 2l.0.'i 23.'i'J

Sud 33.40 • 0.3B 20.72 20.6.S 21.77

SuJ-esl 32.17 0.06 " 2fi.'iS 20.44 21.30

Moyennes 33.42 " « •2\ .'si 21. 4u 21. .'16

Moyennes de la quinzaine priccdeiilc... 33.69 "' • 21.38 Î1.7I 21.48 Sur la 15" ( Hausse... » » » » • 0.08 pr^c^denle. ( Baisse 0.27 » • 0.06 0.31 »

La fari'-e de commerce a été l'objet de quelques spéculations qui ont d'abord donné quelque animation à la vente, à Paris. Quelques jours après, elle est retombée dans une situation Irès-calme. La farine de consommation s'est toujours placée lentement. Dans la capitale, comme dans toutes les autres villes de l'empire, la boulangerie s'abstient de faire des provisions. Elle n'achète qu'au jour le jour, et de là le peu d'activité que nous avons à constater dans les transactions de farines de consommation.

II est difficile de se faire une idée exacte de l'état des marchés de l'Anstleterre si l'on ne consulte les chiffres. C'est dans les chiil'res que sont les éléments véritables d'une statistique légitime, et les opinions exprimées par les rédacteurs n'ont à côté de ce critcrlum qu'une valeur secondaire. Le marché de Londres est aujourd'hui dans un état plus satisfaisant pour les grains que pour les bestiaux. Le chiffre des importations mérite toujours ae lixer l'attention. Les comtés du royaume sont toujours dans une infériorité de production notable relativement à l'importation de l'étranger. Dans la quinzaine qui vient de s'écouler le rapport a été de 4 pour l'Angleterre à 12 pour l'étranger. La moyenne de l'année 1866 était de 4 à II et dans les années précédentes elle ne s'était pas élevée au-dessus de 4 à 10. On voit qu'il y a une incessante augmentation de l'importation étrangère et celte augmentation ne saurait être rapportée qu'au.x souffrances de l'agriculture. Le marché de Londres dans les quinze derniers jours a présenté une physionomie peu animée. Les demandes étaient modérées, et comme la vente était ferme comme il arrive à cette époque de l'année, les aflaires ont été assez restreintes. Les blés de France, d'Espagne et de Russie étaient moins demandés que les blés d'Essex, de Sussex, de Norfolk, etc. Les prix ont subi une hausse. légère. En Irlande, à Gork, où les marchés se font avec assez de facilité en dehors du mouvement insurrectionnel, la persistance de la pluie, de la neige et du gros temps a causé une gêne remarquable. Le marché était mal approvisionné et l'absence d'acheteurs nous empêche d'établir sur l'état commercial de cette ville une statistique qui puisse compter.

Le nord de l'Angleterre d'ailleurs est assez cruellement éprouvé par un retour imprévu des grands froids, et les marchés de Dublin, de Newcastle, sur la Tyua, de Lynn et de Stonehaven s'en sont manifestement ressentis.

Sur les autres marchés de l'Europe, .Amsterdam, Hambourg, Cologne, Berlin, Odessa, etc., et en Italie et en Autriche, les différentes nouvelles que nous avons reçues de ces pays, peuvent se résumer dans le mot : grand calme. Les transactions sont lentes, mais continues, et nous n'avons aucun fait intéressant à porter à la connaissance de nos lecteurs.

Vins, eaux-de-vie, alcools. — Les vins nouveaux ont continué, malgré la crue des eaux de la Seine, à arriver en assez grande quantité à Bercy et au Port aux vins. Les transactions cependant ont été lentes pour le commerce en gros. Mais le commerce de détail à Paris a conclu des achats assez considérables pendant cette quinzaine en vue de l'affluence prochaine des visiteurs de l'Exposition universelle ouverte depuis le 1^"" avril. La Bourgogne, le Cher et la Moselle ont fait de grauds envois. Le Midi est resté indifférent. Dans tous les pays de production on e.xécute activement les premiers travaux de la vigne. Le temps pluvieux a empêché jusqu'ici la bonne préparation des vignobles, mais le temps perdu sera vite compensé par l'activité déployée par les viticulteurs dès qu'un rayon de soleil brille à l'horizon.

Les eaux-de-vie ont donné lieu à des achats de la part des détaillants. Les marchés et les entrepôts ont seul travaillé pour cette cause; les pays de production n'ont pas encore été atteints; mais le mouvement va s'y décider bientôt, car il va falloir que les entrepôts se regarnissent. A Montpellier les eaux-de-vie se sont vendues en. moyenne 60 fr. Dans l'Armagnac, elles ont atteint 7Û et 75 fr. Les Cognacs selon l'âge et la provenance ont suivi les prix de 120, 150, 200, 250 et 300 fr.... Le tout à l'hectolitre.

Les alcools pour le Nord, ont subi des changements imprévus pendant cette quinzaine. Calmes au 15 et 20 mars, ils ont haussé tout d'un coup, sans qu'on ait pu prévoir ce mouvement. Le disponible a été mis îi 63 fr. et le livrable sac avril a été laissé à 63 fr. 50. Dans le midi la situation n'a pas changé durant tout le mois de mars. Le 3/6 Languedoc est resté à 87 fr. L'hectolitre à 86 degrés. Le 3/6 Béziers a baissé pour rester Ji 72 fr.

Huiles et graines oléagineuses. — Les huiles de colza se sont vendues en baisse. Le disponible s'est cuté d'abord 94 et ensuile 93 fr. Malgré le temps pluvieux, les colzas en terre ont toujours une magnifique apparence, et, le commerce actuel se ressent des promesses de la culture. Les huiles de lin se sont bien vendues avec hausse Ei 98 fr. pour le courant de mars; avril et mai ont atteint 93 i'r. 50. Les graines oléagineuses ne font pas l'objet de transactions assez étendues pour que nous prenions note des rares achats efl'ectués.

Suifs. — Les suifs de boucherie n'ontjainais à supporter à Paris comme dans les grands centres de population que des différences de prix peu sensibles. Ce sont des oscillations et non des mouvements de hausse ou de baisse véritables. Ils se sont vendus en moyenne 115 fr. dans Paris et 108 fr. au dehors. La chandelle dans Paris est restée à 133 fr. Au dehoi's, l'oléine s'est vendue 95 fr. et la stéarine 180 fr. — Le tout par quintal.

Sucres. — Les marchés de sucres européens sont inquiets. Les affaires ont été difficiles. Chacun a des aspirations dont il voudrait la prompte réalisation, et la formation de l'unité des peuples trouble le commerce. En Allemagne et en Hollande, tous les marchés se ressentent de celte inquiétude, et les affaires se font mal. A I^aris les sucres bruts indigènes ont été d'une vente paisible. Le disponible, type bonne 4« u" 12 au droit de 42 fr. est resté coté 51 fr. Les sucres raffinés ont été aussi lourds et les transactions se sont difficilement conclues aux prix de 124 îi 127 fr. — Le tout par 100 kilogr.

Bestiaux. — IjBs bestiaux se sont mieux vendus ([u'au commencement de mars. A Sceaux et à Poissy, les intermédiaires se sont porli's de préférence sur les bœufs et les vaches. Les moulons ont haussé et ont été pris plus difficilement. Sur les marchés de nos départements, les nouvelles successives que nous avons reçues d'un '^rand nombre de points, nous permettent de juger que l'animaliou a été vive et continue sur le plus grand nombre des marchés. Ceux, où pour les causes de vila'm temps, de défaut d'acheteurs, de conduite insuffisante d'animaux, les transactions ont été rares, sont en petit nombre. Les bestiau.x commencent à redonner au marché de Londres sou caractère des anciens jours, mais les affaires sont encore assez molles et hésitantes, et il faudra sans doute encore plusieurs années pour que le contre-coup du cattle-plague soit entièrement effacé. Toutefois le chift're des importations étrangères semble devoir diminuer, on peut croire que le pays s'approche du moment où il pourra aussi largement que par le passé contribuer à l'approi'isionnement du marché de la métropole et des autres villes. Ainsi dans la dernière quinzaine, l'importation totale s'élevait à environ 18,000 têtes de bétail et dans la quinzaine correspondante de l'année précédente, elle était de 26,500 têtes, ce qui donne une diminution sérieuse de 8,5U0. Ces chiffres ont une grande valeur et la perspective d'une nouvelle amélioration explique l'état peu mouvementé du marché de Londres. Los arrivages de Norfolk, de Sufl'olk, d'Essex et de Gambridgeshire ont été assez considérables. Le bœuf de qualité première s'est peu vendu, mais les sortes inférieures ont été plus demandées; les affaires eussent été fort belles sans les prétentions exagérées des vendeurs. A York, il y a eu la semaine dernière une remarquable exposition de moutons gras, ce qui n'a pas fait baisser les prix de la quinzaine précédente.

Georges Barral.

mX COURANT DES DENRÉES AGRICOLES (2- quinz. de mars).

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