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M. le docteur RoKée écrit de Clermont (Oise), le 7 mai : Le mois d'avril a été tempétueux; il a présenté des perlurbalions atmosphériques très-variables. Nous avons observé 2 jours (le gelée blanche, le l"etle 12; 17 jours de temppte et 7 jours de vents très viole'jts Le 8, t mpète de l'ouest pendant 24 heures; la couche inférieure des nuages venait du sud-ouest avec une vitesse rapide; pluie, 9 millira. Le 1 1 , tempête de l'ouest dans la soirée, jusqu'à deux heures du matin; plaie, 2 millim. Les 6, 9, 12, 14, 15, 20 et 21 , vents violents du sud-ouest, de l'ouest et du nord-ouest. Le 14, grand halo lunaire. Le 19, éclairs le soir sur plusieurs points de l'horizon. Le 20, averse, .=> millim. Le 21, giboulée de pluie mêlée de grêle, 4 millira. 8. Le 23, toncerre lointain. Le 24, à 5 h. 15 min. du soir, orage venant du sud-ouest et se dirigeant vers l'est-sud-est; fin à 5 h. 25 rnin.; vitesse des nuages tiès-rapide; pluie mêlée de grêle, 8 millim. ; arc-en-ciel. I>e 27, vent nord-ouest le ma'in, sud est l'après-midi ; direction de la couche inférieure des nuages, sud-ouest. Le 20, vent sud est le malin, sudouest r.Tprès-raidi; direciion de la couche moyenne des nuages, sud-est, de la couche inférieure, ouest; vitesse des nuages rapide; giboulée de pluie mêlée de grêle le soir, 16 millim. Le 29 et le 30, brouillard, pluie; le 30, arc-en-ciel. Tel est le bilan météorique du mois d'avril. — • Le baromètre a oscillé entre 761 mill. 4 maximum, vent nord-ouest, le 1" du mois, et 734 mill. 4 minimum, vent sudouest fort, le 20; moyenne, 746 mill. 75. Sous l'influeDce des vents de l'ouest et ses composés, qui ont régné pendant toute la durée du mois, il est presque toujours resté entre 740 et 750 millim. — Nous avons entendu le chanl du coucou le 20. Les hirondelles ne sont arrivées chez nous que le 22; elles ont été de dix à douze jours en retard sur les années précédentes.
M. Perrey écrit de Dijon (Côte-d'Or), le 5 mai :
J'ai recueilli 91 mill. 7 d'eau dans ma cour. — Pluie les 2, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 15, 16, 17, 19, 20, 21, 23, 2Ï, 26, 27, 28, 29 et 30. — Orage le SO ; il vient du S. 0. De 3 à 4 heures 1/2 du soir, fort tonnerre, éclairs vifs et fréquents, avec pluie qui dure jusqu'à 5 h. — Le 24, éclairs à 9 h. du soir; diverses personnes affirment avoir entendu le tonnerre. — Le 29, petite grêle à 1 1 h. du matin. Pas de tonnerre. — Nuit du 8 au 9, tempête. Vent très-fort avec bourrasques et rafales les 14, 15, 20, 21 et 22. — Prédominance remarquable des vents 0. et S.
La moyenne de la température a été en avril :
De 184.ià 1866. En 186"/. De 18i5à lfiG6. Enl867.
9 heures du mat: n Il«.l il». 6 9 heures du soir 9».8 10°.5
Midi 13.4 13.6 Maximum moyen l.i.4 16.2
4 heures du soir 13.7 li.2 Minimum moyen 6.5 8 0
Maxim, abs. dep. 22 ans. . 2ô''.5 le 25, en 1865. Minim. abs. dep. 22 ans. -2°. 2 le 19, en 1849.
La moyenne hauteur du baromètre a été en avril :
De 1845 à 1866. En 1867. De 1845 11866. En 1865.
Milhni. Millim. .Millim. Millira.
9 heures du matin 739.47 740.08 4 heures du soir 738.44 730 36
Midi 739.04 739 89 9 heures du soir 739.17 739.58
Maxim, abs. dep. 22 ans.. 752'°"'.28 le4,en 185i. Minim.ab3.dep.22 ans.. 7 15"''. 92 le 2, en 1847,
La moyenne de l'humidité relative a été dans le même mois :
De 1845 à 1866. En 1867. De 1845 à 1866. En 1867.
9 heures du matin 65 69 4 heures du soir 54 60
Midi 56 58 9 heures du soir 69 70
Eau tombée et eau évaporée en avril, depuis 22 ans :
Millim. Millim.
Maxim, de l'eau tombée. .. 131 .0 en 18.-.6 Maxim, de l'eau évaporée.. 93.0enl852
Minim. — ... 9.5enl862 Miiiim. — ... 36,0enl853
Les observations sont faites à une altitude de 245 mill. 60.
M. Bossin écrit d'Hanneucourt (Seine-et-Oise), le 9 mai :
Mes plantations de pommes de terre faites en février dans le but constant de soustraire les tubercules à la maladie, marchent à ravir, leur belle végétalion me fait espérer, que cette année encore, ma récolte sera dans ma cave. Lorsque le fléau viendra s'abattie dans les champs de mes voisins. En effet, pendant que les tiges de mes pommes de terre ont de 20 à 30 centimètres, en ce moment de hauteur, plusieurs cultivateurs de ma commune, plantent encore aujourd'hui. — Nos pois, dont la blancheur des fl.urs couvrent une partie ee nos côtes, se présentent
assfz bien jusqu'à préfent ; Peiilement le soleil un peu brûlant de ces derniers jours pourrait compromeilre la rrucfification, fi cela durait quelques temps. L'an- Df^e dernière nos cultivateurs ont payé leur terre avec le produit du grain vendu en mai et en juin à la Halle de Paris, et il se pourrait qu'il en soit de même cette année si rien ne vient contrarier leurs bellps espérances ; — les seigles souffrent également de ces premières chaleurs brûlantes, dans nos terrains légers. Par les tenpps d'humidité les tiges s'étaient allongées; les épis étaient beaux, mais iiier en visitant les champs, j'ai cru m'apperçevoir, que les feuilles se desséchaient en se contournant sur elles-mêmes.
M. de Villiers de l'Isle-Adam écrit de Sar^é (Sarlhe), le 1 1 mai : Pendant le mois d'avril 1867, la température a été généralement peu élevée et le ciel souvent couvert, les vents se sont maintenus presque constamment entre le sud et l'ouest. Les pluies ont été fréquentes (13 jours) mais peu abondantes, sauf le 28 et le 29. Il y a eu deux orages : le 20 à 6 b. du matin et le 30 à 5 h. du soir
M. Trénel écrit de Septème (Isère), le 14 mai :
Du 19 avril an 2 mai, des pluies abondantes ont pu faire craindre un moment à un véritable d'saftre agricole; tout soutïrait de Cftte humidité prolongée; mais du 2 au 12 mai, le veut du sud modéré avec une chaleur moyenne de 25 degrés centigrades nous a rendu l'espérance. — Toutes les récoltes ont reçu de cette température une impulsion vigoureuse et promettent de bons résultats; la vigne surtout, qui n'avait donné qu'une végétation étiolée a poussé des je's chargés de raisins. Les arbres à fruits ont souffert, beaucoup les ont perdus. — Les colzas sont très-beaux. — L'enlèvement des fourrages est commencé ; ils sont toujours à vil prix , celui des bestiaux est toujours élev^.
M. Félizet écrit d'Elbeuf (Seine- Inférieure), le 8 mai :
Nos prévisions n'ott malheureusement pas été exactes : en dépit des cinq mois de pluies diluviennes et glaciales qu'ils ont eu à subir, et grâce à leur imperméable coque de bave et de limon qui les a garantis, partout les mans sont d'une vigueur désespérante. Partout ces hideuses larves qui nous ont causé tant de dégâts l'été dernier, grouillent dans chaque sillon qu'ouvre la charrue el, par la promesse d'un fléau certain de hanneton pour l'année prochaine, elles semblent déjà se venger des mauvais souhaits que nous leur avons adressés Cttle année-ci. En attendant et comme pour nous consoler, nos colzas sont en floraison magnifique et d'une uniformité qui fait concevoir les plus belles espérances. Les seigles en plein épiage sont de toute beauté. Les blés retardés par les dernières intempéries ne demandent qu'un peu de douceur printanière pour reprendre leur luxuriante végétation primitive. Les orges, les avoines lèvent à souhait ; les trèfles, qui ont bien pris l'an passé, sont assez beaux. Les luzernes, les sainfoins montent bien et promettent ricne récolte. Siuf dans les bas-fonds où l'eau a trop longtemps séjounré, les prairies naturelles 1 artout annoncent un rendement insolite. Dans les champs, comme dans les vergers, les pommiers tout blancs de fleurs, sauf de graves contre-temps, vont se charger de frui's.
M. de Presle écrit de Saint-Martial (Dordogne), le 13 mai :
Le mois d'avril a été un mois désolant pour les agriculteurs. Les pluies continuelles ont encore entravé les travaux déjà si en retard. On peut dire que les ouvriers qui ont voulu travailler ont eu constamment la pluie sur les épaules; — heureusement que depuis le 1" mai un changement s'est opéré. Les blés qui étaient souffrants reprennent une couleur vert foncé de bon augure ; mais ils sont infectés d'herbes et les bras manquent pour les en débarrasser. En général ils ont très-peu tallé. — On sème les haricots, les maïs et les betteraves que la crainte des limaces et autres insectes a j'etardés. — On commence le repiquage des tabacs. Les vignes n'ont pas encore toutes reçu leur premier labour. — Les arbres fruitiers qui avaient fait concevoir les plus belles espérances ont perdu une grande partie de leurs fruits. Les pluies en ont favorisé la coulure. — Les prairies naturelles sont superbes.
M. Delatte écrit de Ruffec (Charente), le 15 mai :
Si la température du mois d'avril a été généralement belle, celle du mois de mai semble jusqu'ici être par trop humide; cependant, à la veiile de commencer la fau-
chaison et les nombreuses opérations qui s'y rattachent, de beaux jours seraient à souhaiter; la qualité des fourrages s'en ressentirait d'abord, et ensuite le travail se faisant plus rapidement, les cultivateurs pourraient reprendre immédiatement ceux de leurs travaux qui sont restés en arrière; les céréales sont belles presque partout, les froments sont sur le point d'épier, et les plantes sarclées se trouvent Bien des pluies qui se sont succédé depuis quelques jours. — La vigne, dont on attend la floraison, a traversé le mois d'avril sans souÔrir des gelées qui accompagnent ordinaireaientla lune rousse. En présence de l'apparence actuelle des récoltes pendantes, une baisse de I fr. 50 s'est produite sur le froment à notre dernier marché.
M. de Bronsvick écrit de Mirecourt (Vosges), le 1 5 mai ;
L'aspect général de la végétation, qui était loin d'être satisfaisant au mois d'avril, a complètement changé depuis quinze jours; aussi le mois de mai est magnifique. Depuis le 3, un ciel serein et sans nuage a persisté jusqu'au 1 1, et la température a varié de 20 à 25 degrés. La quantité innombrable d'insectes continue, il est vrai, de faire ses ravages, mais la végétation est si vive que les végétaux échappent en partie aux dents voraces de ces rongeurs, en ce que 1 extrémité des plantes ne reste pas longtemps ras de terre. La vigne montre ses jeunes grappes; les fleurs des arbres fruitiers sont complètement tombées et les fruits sont très-nombreux sur les poiriers. Les fruits à noyaux manquent beaucoup. Les cultures fourragères continuent à présenter un magnifique état de végétation. Les chevaux et les bêtes h. cornes sont irès-cliers amis très-recheichés sur nos foires. Le blé et le pain ont diminué sensiblement. En résumé, l'année agricole sera bonne si le beau temps persiste.
M. de Galber t écrit de la Baisse (Isère), le 13 mai :
La lune rousse a été clémente, ou plutôt brûlante depuis sa naissance. Le beau temps était bien nécessaire après d'aussi longues pluies. Les blés et les vignes jaunissaient, et l'on ne pouvait faire aucun des travaux de la saison. Hier, nous avons éprouvé une véritable tempête, mais sans aucune pluie. L'ouragan a renversé des arbres, brisé les jeunes tiges et arraché des feuilles en quantité. Les noyers sont particulièrement afl'ectés, ainsi que les arbres fruitiers précoces. Le vin maintient son prix; les foins sont moins chers que la paille; les bestiaux sont recherchés. Notre plus belle richesse d'autrefois, les vers à soie, sont plus malades que jamais. C'est la plus triste nouvelle que je puisse vous donner.
M. Villeroy écrit de Rittershof (Bavière rhénane), le 1 1 mai : A l'hiver a tout à coup succédé l'été. Le 1" mai il a encore plu ; le 2, le vent a passé à l'est, et nous avons eu le plus beau temps. Le 7, le vent a repassé à l'ùuesl, mais la chaleur a augmenté et tous les jours, le thermomètre placé à l'ombre, au nord, marque à deux heures 19 à 20 degrés R. Ou sème encore de l'avoine, mais beaucoup de champs ne pourront pas être rnsemencés; la terre y est devenue tellement dure qu'on ne peut pas y faire entrer la charrue. Il n'y a encore que peu de pommes de terre plantées. Partout où l'eau a séjourné, les grains d'hiver ont souffert. Les prés naturels et artificiels promettent une abondante récolte.
Le mois d'avril a été pluvieux presque partout. Ce n'est que dans les derniers jours que le soleil s'est mcnlré daris tout son éclat. L'évaporation a été relativement forte. La comparaison des deux phénomènes est facile au moyen du tableau placé ci-dessous :
Eau tombée.
Eau évapoi
■ée.
Eau toml)ée.
Eau évaporée.
niillim.
luillim.
millim.
millim.
Lille . . . .
Nantes . . .
Paris . . . .
Bordeaux . .
Vendôme . .
Jt
Alger. . . .
âb.OO
lil.OO
Dijon 83.50 50.00
Toutes nos correspondances signalent de fréquents orages en avril, quelquefois accompagnés de grêle, mais n'ayant pas causé de désastres. Les vents de l'O. et du S. 0. ont soufflé avec force et se sont maintenus pendant la plus grande partie du mois.
J.-A. Barral.
LA PRIME D'HONNEUR DE LOIR-ET-CHER. 3ô9
L'agriculture a créé les nations ; la charrue a fait le propriétaire. Cet art de couvrir les champs de récoltes, de modifier la nature, pour la rendre plus utile à l'homme, a devance tous les autres. Et cependant cette science si haute, si féconde en résultats, a été négligée pendant des siècles et abandonnée avec une sorte de mépris. Ceux qui portent l'épée passent avant ceux qui tiennent la bêche. Pendant tout le moyen âge, sauf à quelques rares moments, sous Cliarlemagoe et saint Louis, par exemple, la condition du laboureur est triste et précaire. Toutes les charges pèsent sur lui. La lutte est sans trêve sur tous les points du pays : comment l'agriculture aurait-elle pu prospérer? La paix seule lui permet de vivre et de grandir. Au seizième siècle, époque de transformation sociale, elle reprend faveur. Olivier de Serres écrit son livre si curieux et si bon à consulter, même aujourd'hui; Sully et son illustre maître, le cœur navré par les misères qui affligent les campagnes, déclarent que cet art si méprisé est digne de tous les respects, et que les Elats ne restent forts qu'en s'appuyant sur lui. Ce retour aux idées saines et vraiment gourvernementales dure peu; les désordres politiques arrêtent ce salutaire élan. Un écrivain contemporain a raconté, dans des pages qui émeuvent et font irissonner, les misères de notre pays au temps de la Fronde. Foulés aux pieds par des bandes armées, les cliamps restent en friche. Quand le calme est revenu, quand l'ordre a succédé à toute cette agitation mauvaise , les splendeurs de Versailles éblouissent tous les yeux et cachent la véritable situation du royaume. Quelques esprits plus clairvoyants en sont douloureusement frappés, et La Bruyère, cet implacable peintre de portraits, trace des paysans d'alors la terrible esquisse que vous savez. La détresse est profonde, et l'on court à l'abîme. Cependant le dix-huitième siècle vient de s'ouvrir; toutes les intelligences sont en travail; on se préoccupe avant tout de réformes sociales; l'économie politique est créée. Ou comprend que l'agriculture a un rôle important à jouer dans cette réorganisation de la société que l'on rêve, et à laquelle on met la maiu avec tant d'ardeur et d'inexpérience. Des comices sont institués, et dans les assemblées provinciales qui, à la veille de la Révolution avaient déjà posé les premières assises du monde moderne, assemblées dont un publiciste émment a raconté les travaux et la trop courte existence, l'état des campagnes est la première des questions qu'on discute. Il y a de grands maux; chacun cherche avec nonne foi le remède. Depuis, l'agriculture a fait son chemin. liCS progrès ont été lents peut-être, mais rien n'a pu les arrêter. Elle s'est développée énergiquement en tous sens, elle a été respectée et encouragée. Elle a conquis enfin la place qui aurait toujours dû être la sienne. Ou s'est senti honoré de lui appartenir, et un maréchal de France, qui est une des grandes figures contemporames, a pu prendre, aux applaudissements de tous, cette simple et noble devise ; Elise el.aralro.
Sans rien répudier des conquêtes du passé, et tout en acceptant le legs glorieux qu'il nous a fait, soyons fiers, messieurs, de notre temps. Il aura rempli dignement sa tâche, et le feuillet qu'il laissera dans l'histoire ne sera pas, après tout, un de
1. Rapport fait au Concours régional de Blois par une Commission ainsi composée : MM. BûiUel, inspecteur général de l'agriculture, premier vice-président du jurj', président de la section.
Le marquis de Montlaur, propriétaire-agriculteur à Cognat-Lyonne (Allier), rapporteur de la
Commission.
Masquelier, propriétaire-agriculteur à Saint-Maur (Indre). De Laville Le Roulx, propriétaire-agriculteur, à Montbazon (Indre-et-Lbire). Lecorbeiller, propriétaire-agriculteur à Cung (Indre). Noblet, propriétaire-agriculteur à Château-Renard (Loiret). Millot, propriétaire-agriculteur à Maulaix (Nièvre). Marquis de Montgon, propriétaire-agriculteur à Lezoux (Puy-de-Dôme). Douville de Fransu, propriétaire-agriculteur à Fransu (Sommej. Foulhiade, propriétaire-cultivateur à Montraient (Lot). Léon Serre, propriétaire à Saint-Vitte, prrs Saint-Aoïand (Cher). Heuzé, adjoint à l'inspection générale, secrétaire.
ceux que les générations qui se succèdent tournent rapidement et sans s'y arrêter. S'il a eu ses défaillances à certaines heures, il a aussi sa grandeur, et ce serait se montrer prufondément injuste que de la méconnaître. Sans parler des immortelles inventions du génie moderne, qui ont transformé la face du monde, quand donc le bien-être a-t-il été plus général? Quand doue les c'asses laborieuses ont-elles été miiiux protégées? Quand donc a-t-uu montré autant de sollicitude pour leurs souffrances et leurs besoins? Les habitants des campagnes ne soni-iis pas mieux vêtus, mieux nourris, mieux logés? Eu regardant eu arrière, nous ne trouverons pas à signaler un mouvement aussi général, un aussi ardent désir d'atteindre à toutes les améliorations possibles. Les champs n'ont plus été délaissés comme autrefois, et l'on a vu des hommes d'une haute valeur, dont le noji est sur toutes les lèvres, consacrer leur vie à développer la fertilité du sol, à rechercher les moyens d'augmenter notre production nationale.
Les concours régionaux, eu éveillant une généreuse et louable émulation, ont aidé puissamment à ce réveil éclatant, à cette restauration d'une science dont on connaît enfin tuut le pris. Propriétai, ts, fermiers, métayers, se sont rencontrés, et en échangeant leurs idées, out appris à s'apprécier. Ben des malentendus ont disparu, bien des ranc.mes ont été oubliées. La routine enfin a été baitue en brèche, et l'un a marché résolument en avant. Le cultivateur, auparavant isolé, ne parvenait pas à défendre entièrement ses intérêts ; il lui a été permis d'élever la voix et de se faire entendre Le gouvernemeni, fier de tous les progrès et les sollicitant, a ordonné cette enquête solennelle qui vient de se terminer, et dont l'agriculture ne peut que se féliciter ; car elle a trouvé d'éléquents avocats pour défendre la plus juste des causes. Autsi l'institution des concours a-t-elle acquis une légitime popularité. Le nombre des concurrents grandit chaque année. Les prix sont disputés avec ardeur, et la récompense suprême, la prime d'honneur, est l'objet des plus grands efforts ; elle excite une ambition vraiment f'conde. Ces encouragements donnés avec tant de libéralité ont beaucoup fait pour le développement de notre agriculture. La France en est arrivée à produire bien au delà de ses besoins. Il y a quelques années, il fallait avoir recours à l'importation, aujourd'hui l'exportation est devenue une nécessité, et elle augmente sans cesse. Ce ne sont pas seulement nos céréales que nos vaisseaux et nos chemins de fer introduisent chez l'étranger, en Angleterre surtout, qui, malgré sa riche agriculture, ne peut combler son déficit; ce sont nos bestiaux qu'on vient nous demander et qui franchissent nos frontières de terre ou de mer. Le nombre des têtes exportées pendant l'année qui vient de s'écouler a été quadruple de celui de 1864; il en a été de même pour le froment. Presque toutes les autres denrées ont suivi la même piogression. Et si notre débouché extérieur s'est élargi à ce point, on a pu constater à l'intérieur un accroissement aussi considérable. La consommation de la viande par les ouvriers des campagnes s' accroît trèssensiblement. Cet un fait économique très-important à signaler; il faut nous en applaudir, car n'est-ce pas la preuve que ^ai^ance se généralise et que, d'un autre côté, la culture qui améliore succède à la culture qui épuise? N'oublions jamais, nous tous agriculteurs, que ces revenus plus élevés qui sont la conséquence de nos travaux mieux diiigés, de notre élevage mieux compris, c'est sur notre sol qu'il faut les répandre sans parcimonie, j'allais dire avec prodigalité.
Nous serons largement in lemuisés de n-js avances ; plus on donne à la terre, plus elle rend. Sans doute, le prix de la main-d'œuvre s'est élevé d'une façon presque inattendue, mais le sol bien ameubli, enrichi, fertilisé par les engrais de toutes sortes, permettia d'acquitter ce surcroit de dépenses. D'ailleurs, ce n'est qu'avec des salaires en rapport avec le-i besoins actuels, que l'on retiendra aux champs les ouvriers trop prompts, ]jar malheur, à les quitter, au grand dommage de l'agriculture et des mœurs. Les tiavaux si cousidérables des concuirents à la prime d'honneur, que nous allons passer en revue devant vous, attestent suffisamment qu'ici on a bien compiis cette vérité, base de tout progi es agricole. En parcourant votre département en tous sens, depuis la lisière du département du Cher jusqu'aux limites des départements de la Sarthe et d'Eure-et-Loir, la commission a été vivement impressionnée parles transformations qui se sont si heureusement accomplies. Neuf années se sont écoulées depuis le dernier concours régional, qui se tenait ici pour la première fois en 1858, et ce laps de temps si court, car en af,'riculture rien ne s'improvise, a été, disons-le hautement, bien rempli. On avait à lutter contre de sérieux obstacles sur bien des points; ou a triomphé complètement des uns, ou a bien amoindri les
LA PRIME D'HONNEUR DE LOIR-ET-CHER. o7I
autres. Peu de contrées sont aussi curieuses à étudier que le déparlement de Loiret-Cher, aucune ne présente une culture aussi variée. Formé parle Blaisois, le Vendômois, le Perche et une partie de l'Orléanais, compreuaiit la Sologne, il oli're à l'observaleur bien di s sujets d'étude. Ici, la culture des céréales ; là, les bois; plus loin, l'élcvage ; aux bords de la Loire, ce beau fleuve, tout à la fois votre orgueil et votre dan^'er, la culture intensive. C'est en Sologne surtout que le progrès est le plus sensible et Irappe les regards même les plus distraits. Abandonnée pendant si longtemps, elle a été favorisée tout particulièrement par le gouvernement de l'Empereur, qui, selon l'heureuse expression du rapport de MM. Stourm et Godelle en 1852, en a entrepris la conquête pacifique. Les propriétaires ont répondu par un généreux élan à ces encoui agemeuts et à ces bienfaits. Les étangs sont en grande parties desséchés ; les défricheurs sont à l'œuvre et remplacent les bruyères par de belles moissons. Le curage des cours d'eau a assaini cette contrée où les fièvres paludéennes ne cessaient pas de sévir ; les transports de maine facilités et s'exécutant à peu de frais, ont rendu fécoudes les terres argileuses. Eafin le décret du 15 octobre 1861 a classé de nombreuses routes qui ne sont pas encore terminées, nous le regrettons avec vous, mais qui porteront la vie sur tous les points. Dans ces dernières années, la population s'est accrue en Sologne : symptôme heureux qui donne contiance dans l'avenir. Quelques mots encore, messieurs, avaut de répondre à votre bien légitime impatience, et de vous dire le jugement porté sur les diverses exploitations que nous avons eu à examiner.
Uu deuil inattendu tst venu attrister pour nous cette journée de lète. La Commission chargée de décerner la prime d'honneur ne se présente plus tout entière devant vous ; la mort a frappé dans ses rangs un de ses membres qui, l'an dej'nier, à pareil jour, à Châteauruux, remportait celte haute récompense si justement enviée, M. Masquelier, vient de mourir. Ce rude travailleur est tombé plein de force encore, et ne croyant pas sa lâche terminée parce qu'il ava.t cunqiiis la palme du vainqueur. Sa mort a laissé d'unanimes regrets dans le déparlement de l'Indre, dont il était le digne et glorieux représentant dans l'industrie agricule.
Neuf concurrents se sont présentés; sept pour disputer la prime d'honneur, deux dans l'espoir d'obtenir les médailles accordées pour des ir^-vaux concernant une spécialité.
Chez tous, reconnaissons-le, nous avons pu noter d'excellents résultais, et nous les remercions des eflbrts qu'ils ont faits, des salutaires exemples qu'à des degrés divers Us ont donnés. Aces neuf candidats il faut ajouter M. Ménard, le lauréat de la piime d'honneur de 1858, qui, ne pouvant concourir, avait cependant demandé que le jury vint constater sa persévérance et ses succès non interrompus.
M. Poulain exploite la ferme des Bordes, près Pontlevoy. Ses cultures fourragères sont remarquables, et plusieurs de ses champs présentent ce magnifique aspect qu'on n'est Ixabitué à rencontrer que sur des terres d'une fertilité supérieure. Sa vacherie contient des croisements durham manceaux bien conformés; sa bergerie renferme un troupeau appirtenant à la race charmoise, cette belle création de M. Malingié. Plusieurs prix obtenus dans les divers concours régionaux l'ont déjà bien payé de son zèle et de son activité. Qu'il continue ainsi ; il est déjà désigné comme l'un des me.beurs cultivateurs de la contrée qu'il habite. Une médaille d'argent lui est déceinée.
M. Mojon aime l'agriculture avec passion : il n'épargne ni les sacrifices ni les fatigues puur atteindre le but qu'il s'est prooosé, c'esl-à-dire la iransfurmation d'une terre qu'il a trouvée dans un état complet d'épuisement et d'abandon. Il est jeune, insiruit; aucune difiiculié, si grande qu'elle suit, ne le décourage ; c'est ainsi qu'on arrive au succès. Il y touche presque ; le temps seul lui a fait défaut.
Devenu proprupriétaire de Seillac, dans le canton d'IIerbault, en 1859, il n'y trouva ni pailles, ni fourrages, ni fumiers. Les bâtiments étaient insuffisants et complètement dégradés. Le bétail était médiocre et bien peu nombreux; on ne comptait guère qu'une tète pour 7 hectares. Il y avait donc tout à créer.
A la tin de 1865, M. Mojon avait agrandi ou reconstruit la ferme, et il nourrissait presque une tète de gros bétail à l'hectare, avec les racines et le fom récoltés sur son domaine. Pour en arriver là , il lui fallut modifier complètement le sol, au moyen du drainage, du marnage et des diverses sortes de fumures.
Il n'a pas non plus négligé la viticulture qui, depuis quelques années, a pris un grand développemet dans le département, et dont nous aurons bientôt à parler plus
longuement, k propos de deux autres concurreats. Il a adopté la culture en ligne sur fils de fer, méthode propagée avec tant de zèle et de talent par M. le docteur Jules Guyot. Les vignes sout trop jeunes pour avoir donné des produits, mais la vigueur des ceps, l'aspect très-satii- faisant de cette plantation peuvent faire bien augurer de son avenir. M. Mojon n'aura pas à regretter la dépensa assez considérable qu'elle lui a occasionnée.
Pour former son troupeau, il a croisé des brebis berrichonnes avec des béliers southdowns. Les produits sont très-homogènes et d'un facile engraissement.
Il est donc incontestable que le domaine de Seillac a beaucoup gagné à tous les points de vue; qu'on y a appliqué avec discernement les nouveaux systèmes de culture; mais les améliorations ne datent guère que d'hier, et il n'est pas certain que l'entreprise soit encore lucrative. Elle le deviendra bientôt, nous ne saurions en douter. Le jeune agriculteur persistera dans la voie où il s'avance avec tant de courage et de bonne volonté. Tout en augmentant son revenu, il répandra autour de lui de salutaires exemples, qui seront .suivis, car le succès dans ce monde est la meilleure des leçons. Qu'il reçoive, lui aussi, une médaille d'argent; il ne tiendra qu'à lui d'obtenir mieux un jour.
Sortons maintenant de l'arrondissement de Blois , traversons Vendôme sans nous y arrêter, nous y reviendrons bientôt, et gagnons les limites du département. Nous sommes dans le Perche, enclavé aujourd'hui dans quatre départements, et dont une partie, celle où nous venons d'entrer, comprend tout le côté ouest de l'arrondissement de Vendôme. Peu de pays sont aussi charmants à parcourir, bien qu'il n'ait pas auprès des touristes, qui vont chercher au loin ce qu'ils trouveraient à leur porte, la réputation qu'il mérite. Pas de vastes plaines, mais une multitude de collines que coupent d'étroites vallées, arrosées par de nombreux ruisseaux, et où une excellente herbe pousse vigoureusement. Le sol est argileux, reposant d'ordinaire sur un sous-sol calcaire. La propriété y est assez divisée. Les champs y sont entourés de haies. Les prairies anilicielles y sont très-répandues et, grâce aux soins qu'on leur prodigue, permettent de nourrir une population chevaline considérable, qui, on le sait, a fait la fortune de ce pays k toutes les époques. Depuis cinquante ans surtout, l'élevage, bien loin de diminuer, s'est développé, car les demandes arrivent de toutes parts, et il faut y répondre. Nulle part l'espèce chevaline ne s'élève dans des conditions meilleures. L'air est vif, le climat est sain, l'eau très-pure. Aussi il n'est pas nécessaire de parler des qualités précieuses de la race qu'on y rencontre, propre à tant de services, et que tout le monde connaît.
D'est au milieu de cette contrée, où l'induslrie de l'élevage est florissante, dans le canton de Mondoubleau, que M. Landron exploite depuis neuf ans (il y est entré en 1857) la ferme appelée le Grand Guériteau, dans la commuue de Ghoue. Aidé par sa famille et par quelques ouviiers à gages, il cultive 78 hectares. Bien Tue ses terres soient maigres et argileuses, il u su en obtenir des produits qui suffisent à l'entretien d'un cheptel assez important. Il a diminué la largeur des haies ; il a créé d'excellents pâturages de ray-grass et de lupuline, et a profité de la liberté d'action que lui laissait son propriétaire et d'un bail de vingt années, pour exécuter de sérieuses réformes. S'il n'y a rien à dire de ses bêtes à cornes de la race du pays, qui laissent à désirer, et auxquelles il n'accorde qu'une médiocre attention, en revanche, les animaux de l'espèce chevaline qu'il entretient dans son écurie, ont tous les caractères qui distinguent les meilleurs sujets de la race percheronne. Ils ont les membres saints et nets, une grande force musculaire, une certaine éb-gance et une taille assez élevée. Les produits de ses juments proviennent d'étalons de mérite et se vendent un prix satisfaisant. La Commission, pour lui témoigner combien elle apprécie les efforts qu'il ne cesse de faire pour améliorer son élevage, lui accorde une médaille d'or.
Le canton de Droué touche à celui de Mondoubleau, que nous quittons. C'est là qu'est située la terre de la Fontenelle, appartenant à M. Bournet-Verron. Deux cnoses ont attiré parliculièremeat l'attention de la commission pendant la visite qu'elle y a faite : la ferme entièrement construite par le propriétaire, sur un plan assez vaste, et les prairies naturelles qu'il a créées, en recueillant et dirigeant sur les champs inférieurs les eaux de diverses sources. L'opération à laquelle s'est livré M. Bournet-Verron, aidé par son représentant M. Daveine-Hallier, a été d'autant plus avantageuse, qu'auparavant les terres ainsi transformées ne produisaient que
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des bois de peu de valeur. Quelques-unes de ses prairies exigeraient cependant des engrais plus abondants, que le propriétaire pourrait leur concéder s'il enlrelenait un nomme d'animaux mieux en rapport avec l'étendue de la terre de Fonlenelle. C'est, là le côté faible de celte exploitation, qui, sans cela, aurait obtenu une place meilleure parmi celles qu'il nous a été donné d'apprécier, et sur lesquelles nous avons à dire noire avis. Quoi qu'il en soit, les travaux exécutés par M. Bournel- Verron ont assez d'importance pour qu'une médaille d'or lui soit décernée. Il a paru à la commission qu'il s'en était rendu digne.
Il nous faut de nouveau traverser tout le département, et des frontières du département d'Eure-et-Loir revenir sur les confins de celui du Loiret, aux Bignons, chez M. Adrien Gillet, qui nous attend.
Nous voici dans cette Sologne, où la misère autrefois était proverbiale, et qui, favorisée par une intelligente protection qu'il faut bénir, grâce au courage de quelques hommes énergiques, à qui l'estime publique restera pour toujours acquise, se réhabilite rapidement, et a offert dans certaines parties aux membres du jury nu spectacle bien inattendu. M. Adrien Gillet est un de ces hommes de cœur qui ont entrepris la régénération de la culture dans ce coin si désolé de la France centrale.
La ferme des Bignons est assez étendue ; elle compte 274 hectares. Lorsque, il y a 26 ans, le propriétaire actuel y entra, il se trouva en présence d'un immeuble à peu près improductif, car le revenu n'atteignait guère que le chiffre de mille francs, et les impôts étaient à sa charge. Bien décidé à faire cesser celte déplorable situation, il n'hésita pas à immobiliser un capital considérable. C'était un remède énergique, mais il faut bien que les agriculteurs que le hasard place dans des conditions semblables, le sachent, et ne se fassent pas d'illusions, il n'en existe pas d'autre. Ce capital a-t-il été dépensé utilement tt les résultats obtenus sont-ils en rapport aveclui? Nous n'hésitons pas à répondre affirmativement. M. Gillet a eu recours simultanément à l'écobuage, au marnage, au chaulage et au drainage. Il a apporté à ce sol pauvre les principes calcaires qui lui manquaient, et y a répaudu d'uce main libérale les engrais dont il avait été si longleinps ou sans doute toujours privé. Nous disons toujours, car l'affirmation de l'historien du duché d'Orléans nous trouve un peu incrédules lorsqu'il écrit, en 1648, que la Sologne » est abondante en prairies, étangs, futaies et terres à blé. d Les vaillants pionniers de ce temps-ci, messieurs, se sont chargés de justifier cette assertion, qui n'était alors, croyons-nous, qu'un rêve, et qui va devenir bientôt une réalité. M. Gillet a sa place parmi eux, et si son labeur a été rude, ajoutons tout de suite qu'il a été bien payé de ses sueurs. L'état de ses céréales est très satisfaisant, et il serait difhcile de reconnaître dans ces champs bien amendés, retournés profondément par la charrue, assainis avec tant de persévérance, les landes qui lors de son arrivée attristaient le regard. Le cheptel est nombreux, et la masse considérable d'engrais qu'il produit vient chaque jour augmenter la fertilité, réalisant ainsi les espérances du courageux propriétaire. Peu d'efforts restent à faire pour que l'entreprise soit achevée; quelques bâtiments à reconstruire, un bétail amélioré à introduire dans des élables mieux disposées. M. Gillet a donc presque toujours réussi, et on est en droit de signaler ses belles cultures et ses succès économiques. La médaille d'or qui lui est décernée lui rappellera que le jury s'est vivement intéressé à sa tentative.
Nous parlions, il y a quelques moments, de l'influence des bons exemples : sans diminuer le mérite de M. Gillet, n'est-il pas à croire que le voisinage de la ferme de Huppemeau, dirigée avec tant de savoir par M. Ménard, le lauréat de 1858, a été favorable à celle des Bignons. Ces deux fermes se touchent en effet, et les bonnes méthodes adoptées dans l'une n'ont pas tardé à être suivies dans l'autre. Ce sont là des leçons dont il faut féliciter aussi bien celui qui les donne que celui qui les reçoit et sait les mettre en pratique. Nous n'avons pas à raconter de nouveau devant vous l'œuvre importante couronnée de succès de M. Ménard; une voix plus autorisée que la nôtre s'est fait entendre à la même place que nous occupons aujourd'hui, et vous •l'a lait apprécier dans tousses détails. Disons seulement que la Commission, en se transportant chez M. Ménard, pour répondre au désir qu'il avait manifesté, désir que tous ses membres partageaient de leur côté, a pu se convaincre que le fermier de Huppemeau ne s'était pas cru en droit de se reposer, qu'il ne s'était pas arrêté un seul jour et n'avait vu dans la décision prise à son égard, par le jury de 1858, qu'une obligation de servir avec la même ardeur qu'au début la cause du progrès agricole. Les améliorations qu'il avait entreprises ont été continuées et menées à
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bonne fin. Les terres de Huppemeau sont aiijourJ'liui complètement assainies, la culture résineuse rapporte de sérieux bénéfices, et par un système ingénieux, que nous engageons très-fort les propriélaires de Sologne à aller étudier et à appliquer à leur tour, il a 'iétruit le principe acide de s:s eaux, qui traversaient les bois ou bruyères, et modifié heureusement ainsi la nature de plusieurs de ses prairies. On peut encore signaler certains procédés nouveaux qu'il a trouvés pour simplifier la fabrication des Iromages. En somme, répétons-h, M. Ménard reste, comme il y a neuf ans, parmi ce petit groupe d'hommes d'élite qui poussent le départfmeut à développer tous les éléments de prospérité qu'il renferme dans son sein, et qui ont réussi déjà à lui faire faire un si grand pas en avant.
Sur les quatre concurrents dont il nous reste à parler, trois ont été désignés pour la médaille d'or grand module; récompense très-haute et dont ils doivent être fiers, car elle n'est accordée qu'à ceux qui occupent le premier rang parmi les agriculteurs français.
C'est d'abord M. Salvat, qui se présente devant le jury comme créateur de la vacherie de Nozieux dans le t-anton de Blois, Cette étable, célèbre aujourd'hui par les nombreuses couronnes qu'elle a obtenues dans les gr.^nds Concours, est composée, comme personne ne l'ignore, d'animaux appartenant à la race pure de Durham. Tous ceux qui, parmi nous, ont introduit dans leurs écuries des reiroducleurs de cette race, ont entendu parler de la vacherie de Nozieux, l'ont même visitée, et plusieurs sont venus lui demander quelques-uns de ses produits En sollicitant les suffrages de la Commission, M. Salvat a désiré obtenir la confirmation des doctrines qu'il applique, et faire constater que son élevage, qui lui obtenait un médaille d'or en 1858, s'est maintenu dans la situation brillante uii il était alors, malgré les rivalités redoutables qui surgissent de tous côtés.
C'est en 1843 qu'a été fondé l'établissement de Nozieux, par l'importation d'un certain nombre de taureaux et vaches de cette race de Durham, que nos voisins déclarent sans hésitation la première de toutes, et dont la précocité mervedleuse, l'aptitude incroyable à l'engraissen.ent, la puissance d'assimilation ne peuvent plus être mises en discussion. Deux importaiions successives eurent lieu, et enrichirent retable, en donnant une perfection noiable aux produits. Dès 1854, les premiers prix étaient obtenus dans les Concours, soit régionaux, soit de boucherie, par les animaux que présentait M. Salvat. Sa réputation était faite, et les reproducteurs qu'on lui demandait allaient régénérer les meilleures étables de plus de douze départements, dont (juel([ues-uns assez éloignés. C'est en vue du développement et du maintien des conditions favorables de celte vacherie que M. Salvat a organisé sa culture. Elle est en quelque sorte le pivot de l'exploitation. La nourriture qu'il peut donner à ses animaux est toujours abondante et régulière, condition indispensable pour mettre à profit les qualités supérieures qu'ils possèdent. Il a pu de la sorte, et l'un des premiers, présenter à Poissy des sujets ayant à peine cinq ans et pesant déjà plus de 1,000 kilog. En 1863, il a fait une nouvelle importation : quatre sujets très-remarquables, nés chez deux éleveurs distingués d'Angleterre, ont ajouté de nouveaux éléments de succès à ceux que Nozieux possédait déjà. Sans entrer dans des détails, que les trop courts instants qui nous sont accordés ne permettent pas, il suffira de dire, pour montrer l'impoi'tauce et la haute valeur de l'élevage de M. Salvat, qu'il a obtenu 67 prix, donnant un chiffre de 46,000 fr.
Bien qu'il s'occupe d'une manière toute spéciale de sa vacherie, M. Salvat ne néglige pas pour cela, tant s'en faut, la culture de son domaine. Il vient tout récemment de renouveler un vignoble, en employant le palissage en fils de fer au lieu de l'échalassemeut. Il évite ainsi des frais toujours élevés de main-d'œuvre et obtient des résultats avantageux. La Commission a été trè^-frappée par tout ce qu'elle a vu à Nozieux: une agriculture intensive, ïin élevage dont notre pays doit être fier et dont les bons effets ont été ressentis au loin. 11 lui a semblé que la médaille d'or grand module était légitimement due à M. Salvat. Elle viendra s'ajouter à celte haute distinction qui, l'an dernier, a couronné ses constants efforts et ses longs succès.
M. Riverain-Collin, lui aussi, a été bien souvent vainqueur dans ces luttes pacifiques auxquelles l'agriculture convie ses disciples. L'autre jour encore, à Billancourt, son nom était proclamé avec honneur. La Commission, en visitant la ferme d'Areisue, n'a pu qu'applaudir à l'élégance et à l'aménagement bien entendu des bà imenls. Il serait difficile de trouver uue ferme mieux conduite et où règne un
ordre plus parfait. Que Mme Riverain-Gollin, dont la modestie égale l'intelligence, veuille bien uous permettre de lui adresser pabliquement nos sincères compliments pour l'habile direction qu'elle sait imprimer aux travaux d'mtérieur. La bergerie est vaste, bien a'rée; la porcherie très-commudément installée. Les agriculteurs qui auront de semblables bâiiments à construire ne pourront mieux faire que d'appliquer chez eux des plans aussi bien étudiés.
L'outillage de la ferme est au complet, et il n'y a pas un instrument dont l'utilité ait été généralement reconnue, que le fermier d'Areisne ne se soit procuré. En amenant au milieu de sa firme les eaux de la petite rivière de la Houzé et créant ainsi une force de dix chevaux, qui fait marcher un moulin à deux paires de ineuLs et divers instruments soit pour battre les récoltes, soit pour préparer la nourriture deb animaux, il a fait une opération vraiment digne d'éloges. Cette création a nécessité sans doute une dépense assez élevée, mais il n'a pas à la regretter, car les avantages qu'il en relire sont incontestables. Le cheptel est important et présente un remarquable ensemble. La vacherie ne contient que des croisements durhamcotentins, les formes de quelques-uns d'entre eux laissent peu à désirer et attestent l'heureuse influence des taureaux pur sang durham, dont M. Riverain-Gollin a su faire choix. Le troupeau se distingue par son uniformité; il a été formé par l'accouplement de brebis du Berry avec des béliers southdowns. La réussite est aujourd'hui complète. Il eu est de màme de la porcherie, dont les sujets très-nombreux ont été empruntés aux races reconnues les meilleures et donnant les plus hauts bénéfices, les races craonnaise, new-leicester et berkshire. Entrepreneur de messageries, le fermier d'Areisne dispose d'une masse très-considérable de fumiers, qui ont singulièrement augmenté la fertilité de ses terres, il faut le reconnaître. Avec des moyens aussi puissants, il n'est pas douteux qu'il n'arrive à produire de riches récoltes, qu'il semblait au début impossible d'obtenir sur une moitié au moins de son domaiue. N'oublions pas non plus que la comptabilité est régulièrement tenue par son fils, jeune homme plein d'avenir, et que M. Riverain-Gollin peut se rendre compte, à chaque fin d'année, de la situation de son entreprise agricole. L'arrondissement de Vendôme, qui suit avec beaucoup de sympathie des expériences si utiles, applaudira, nous en sommes certains, à la décision du jury qui lui décerne la médaille d'or grand module.
Retournons maintenant dans la partie la plus déshéritée du département, qui fait de si courageux etforls pour se relever, en Sologne, et cette fois pour n'en plus sortir. Ily a bientôt 28 ans que M. Jullien achetait dans la commune de Selles- Saint-Denis, canton de Palbris, la terre des Anges, d'une étendue de plus de 700 hectares, et venait s'y fixer. Il ne se dissimulait pas qu'il allait avoir à entamer une lutte saus trêve contre une nature ingrate et rebelle à toute amélioration; qu'une vie d homme ne serait pas trop longue pour triompher de toutes les difhcultés qui se montraient à chaque pas qu'il faisait sur sjn infertile domaine; qu'entinil fallait faire appel à touie l'énergie dont il se sentait doué pour ramener la fécondité sur un sol qui semblait frappé à tout jamais de stérilité.
La terre des An^es, lorsqu'il y arriva, était aux mains de métayers, qui, ne pDSsédant aucun capital, ne récoltaient qu'un peu de seigle et de sarrasin, et n'élevaient qu'un bétail de mince valeur, vivant ou plutôt mourant de faim au milieu de vastes bruyères. Ljur situation était précaire, et le revenu du propriétaire presque insignifiant. Bien d'autres, et des plus hardis, auraient reculé devant une tâche aussi rude k accemplir; M. Jullien persista. Qu'il en soit remercié, au nom de tous les agriculteurs. L'opération la plus urgente était l'assainissement des terres et l'écoulement des eaux presque partout stagnantes , la petite rivière de la Rère, qui traverse la propriété, fut aussitôt curée et redressée. M. Jullien ht plus, il éleva des digues, bordées de contre-fossés parallèles, et creusa, pour recevoir les eaux de tous les fossés un canal de plus de deux kilomètres. Cet indispensable et coûteux travail achevé, le propriétaire put alors s'occuper de transformer une culture jusq ne-là forcément rudimentaire. Pour ne pas entreprendre au delà de ses forces, il ne se chargea de faire valoir qu'une partie de sa propriété; c'était de la prudence, et il faut l'en louer. En agissant autrement, il était fort à craindre qu'il ne compromît le succès. Un amendement précieux lui vint en aide, la marne. Elle se rencontre en abondance sur la propriété même. Il en profita, non-seulement pour sa réserve, mais encore pour les autres domaines qu'il avait att'ermés. La culture du seigle et du sarrasin ne tarda pas à être réduite de beaucoup, et les rendements ea froment
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el en avoine s'élevèrent rapidement et dans une proportion inespérée. Des prairies aitiiicielles furent semées, et il établit une prairie permanente, qui lui donna des fourrages de bonne qualité, s'étant appliqué avec succès h détruire l'acidité des eaux. Les betteraves, les topinambours, les pommes de terre remplacèrent les genêts.
Les bâtiments étaient à demi écroulés et trop restreints pour le nombre de bestiaux qu'il convenait d'entretenir sur la terra, si l'on voulait produire les fumiers indispensables ; ils furent reconstruits et aménagés avec intelligence. Ils contiennent aujourd'hui de nombreuses vaches du pays.^cotentines ou bretonnes, et quelques animaux de la race d Ayr, provenant de l'École impériale de la Saulsaie. En outre, il achète autour de lui, à bon compte, des bœufs qu'il engraisse. Cette écurie d'engraissement s'accroît chaque année ; de quatre animaux il en est arrivé à cinquante. Son troupeau est composé de bêtes solognotes.
La porcherie est très-importante, elle renferme plus de 150 tètes.
M. JuUien a planté en bois les terres situées dans la partie la plus élevée de sa propriété ; ces bois ont bien réussi, et donnent aujourd'hui des coupes régulières qui augmentent sensiblement le revenu. Nous en avons assez dit pour faire comprendre le mérile de Mj JuUien. Il a été tout à la fois prudent et persévérant. Sans éprouver un seul instant de découragemen;, il a poursuivi son œuvre eu homme de cœur et do devoir. Toute une contrée gagne à posséder des caractères aussi énergiques. Les exemples qu'ils donnent, repoussés d'abord par les uns que la routine relient immobiles, admis par quelques bons esprits, ne tardent pas à se propager ; leur sphère d'action s'agrandit bien vite. Ils prouvent aux indifférents que l'agriculture est une source de jouissance, qui en valent bien d'autres, qu'elle est aussi une industrie profitable pour ceux qui la pratiquent. Les membres de la commission, en lui décernant une médaille d'or, grand module, ont à cœur de lui témoigner en quelle estime ils le tiennent.
Nous venons d'examiner devant vous les titres des divers candidats, nous vous avons dit nos impressions et le jugement qu'a]irès de mûres réflexions nous avons cru devoir porter sur chacun d'eux. Tous, vous le voyez, ont lutlé avec courage, tous ont aidé dans la mesure de leurs foi ces au développement de l'agriculture dans le département, et l'enseignement qu'ils ont ainsi donné ne sera pas perdu. Pour être choisi le premier parmi de tels rivaux, il faut être un de ces hommes qui, comprenant le rôle que la Providence leur a assigné, se dévouent corps et âme à la contrée qu'ils habitent, entreprennent une sorte d'apostolat, prêchent avec ardeur une croisade contre lignorance et les préjugés, et mêlent au service de leurs concitoyens le savoir qu'ils ont acquis et la fortune que Dieu leur a accordée. Ayant étudié à fond, tout à la fois, les ressources et les besoins de leur pays, ils s'efforcent de l'éclairer, et le font marcher résolument avec eux dans la route du progrès véritable.
La commission a eu l'heureuse chance de rencontrer un de ces hommes et d'être appelée à juger ses travaux. Vous l'avez déjà nommé avant moi, c'est M. le marquis de Vibraye.
La terre de Cheverny est une de ces vastes propriétés dont le nombre décroît chaque jour en France, qui nécessitent des capitaux élevés pour être mises en valeur. Entre les mains d'un propriétaire qui joint à une grande fortune une intelligence supérieure, elles fournissent la preuve, trop longtemps méconnue, que l'agriculture est le meilleur des placements.
Il y a aujourd'hui 38 ans que M. de Vibraye est devenu propriétaire de Cheverny. Il comprit, dès le début, qu'il y aurait impossibilité pour lui de transformer en terres arables une propriété d'une telle étendue et dans une condition aussi misérable, La culture lui parut avec raison devoir être restreinte, et ne se développer que successivement. Il consacra ses premiers soins à la sylviculture. Eu agissant ain.si, il montrait qu'il avait envisagé sous toutes ses faces le problème qu'il avait à résoudre. Il était nécessaire d'abord d'assainir le sol; pour cela, il creusa des fossés, cura les cours d'eau, et pratiqua le drainage sur une grande échelle. Ces opérations préliminaires terminées, il entreprit des semis de bois, accordant une large place aux conifères dont la réussite, on en avait acquis la preuve, était assurée. Désireux d'enrichir la contrée et d'augmenter notre richesse nationale, aux risques de s'imposer des sacrifices sans compensation, il essaya la naturalisation d'espèces nouvelles. 12û espèces ont été ainsi introduites par lui ; sur ce nombre, 25 ont réussi complètement,
se sont naturalisées sans peine, et ont pu être répandues, offrant la certitude d'une reproduction facile. Dans les livres d'abord, dans ses voyages ensuite, qui complétèrent son instruction de naturaliste, M. de Vibraye a étudié tout particulièrement les conifères. Ou peut voir dans les bois et le parc de Gheverny des sujets trèsvigoureux de ces gigantesques espèces de la Californie et des Montagnes Rocheuses, dont l'introduction sur le sol français est une heureuse conquête aujourd'hui réalisée.
Utilisant les anciennes terres en culture, pratiquant de larges défrichements, le propriétaire de Gheverny a semé en bois près de 850 hectares. La commission, qui a vu ces semis, devenus aujourd'hui des bois d'une rare vigueur, peut affirmer que. si importants que soient les capitaux immobilisés, jamais opération financière n'aura été plus fructueuse.
La création des prairies permanentes vint ensuite; sans elles, en effet, ses projets de régénération ne pouvaientaboulir 11 les prépara par plusieurs années de culture, et s'occupa de les irriguer. Il put enfin se consacrer entièrement à la culture des terres qu'il n'avait pas converties en bois. Mais pour ne pas entreprendre au delà de ses moyens d'action, il s'est borné à l'exploitation directe de l'une de ses fermes, d'une contenance de 157 hectares; les autres suivront à leur tour. C'est en agriculture surtout qu'il faut marcher d'un pas mesuré; la précipitation peutcauser d'irréparables désastres. Il a adopté l'assolement de Norfolk ; les cultures sont dans un excellent état ; les terres, bien préparées, reçoivent tous les engrais et amendements dont elles ont besoin. M. de Vibraye s'est procuré tous les instruments dont la supériorité et l'utilité ont été bien constatées. Plus aisément que bien d'autres, il aurait pu élever de ces bâtiments qui attirent les regards et exercent une certaine fascination sur l'esprit des visiteurs, mais dont le prix de revient est trop souvent un obstacle à la réussite d'une entreprise agricole. Il s'est servi des bâtiments anciens, se bornant à les modifier, suivant les besoins nouveaux. Nous nous plaisons à reconnaître qu'il en a lire un excellent parti. Ils sont vastes, heureusement groupés et le cheptel y est à l'aise.
Il ne l'ouvait songer à introduire aussitôt dts animaux de races améliorées ; il y arrive cependant peu à peu. Il croise aujourd'hui ses brebis solognotes avec des béliers sonthJowns, provenant de la bergerie célèbre de Villars, et ses vaches des races cotentine et mancelle avec un taureau durham, acquis plus récemment, qui a obtenu un premier prix h l'un de nos derniers concours régionaux.
Depuis quelques années, il demande à la viticulture une nouvelle source de produits. Frappé de la situation critique où se trouvait la culture de la vigne par suite de causes que nous ne pouvons développer ici, il propose l'introduction des cépages fins et propage de toutes ses forces celte idée qui sera pour le pays un précieux moyen de salut. Il cultive avec succès les cépages de Bourgogne et les cépages blancs de Sauterne; son exemple fera des prosélytes, et il y a tout lieu de croire qu'on s'en trouvera bien.
Des tentatives si variées, s'exécutant sur une si grande étendue, ont exigé sans doute un capital important; nous avons eu à nous rendre compte de son judicieux emploi et des résultats acquis. C'est là en effet le critérium auquel doit être soumise toute exploitation agricole.
Une comptabilité très-clairement tenue nous a donné toute satisfaction. Nous ne pouvons apporter ici des chiffres et les grouper devant vous, comme nous l'avons fait, entre nous, dans le silence du cabinet. Nous nous bornerons à dire que la plusvalue de la terre de Gheverny, depuis l'époque où a commencé sa transformation radicale, est telle qu'elle dépasse toutes les espérances qu'on avait pu concevoir. Et qu'on veuille bien le remarquer, les vignes dont la plantation est encore trop récente, ne figurent pas dans les comptes, et les bois sont loin d'avoir atteint la valeur énorme que les années leur donneront.
Le présent répond éloquemment même à toutes les exigences, les plus sévères du programme, et va bien au delà; l'avenir sera plus brillant encore.
Il aura été donné à M. de Vibraye d'écrire une belle page dans l'histoire de l'agriculture en Sologne. Quand on sait de quelle noble ardeur pour le bien il est animé, on ne peut être surpris d'un aussi éclatant su:cès. Apôtre infatigable de la science, debout sur la brèche quand il s'agit de combattre les faux systèmes, il précède tous les autres et s'avance d'un pas ferme quand il faut propager quelque heureuse découverte. Président du Gomice de Riois, membre de la Société impériale et cen-
traie d'agriculture, membre correspondant de l'Institut, vous l'avez vu, lorsque, l'an dernier, l'enquête agricole s'est ouverte parmi vous,' modeste et dévoué toujours, faire profiter la commission de son expérience et de ses recherches, et dresser le bilan de Votre situation agricole. Il n'a jamais voulu de ces faciles loisirs dont un poëte immortel de la vieille Rome remerciait Auguste. Le travail est sa vie : le travail, cette nécessité des temps modernes à laquelle nul n'a le droit de se soustraire!
En lui décernant la prime d'honneur à l'unanimité, le jury sera le fidèle interprète de l'opinion publique qui s'était déjà prononcée en sa faveur. Et ce n'est pas seulement ici, parmi vous, que M. le maïquis de Vibraye est un initiateur est un. maître : dans le déparlement de l'Aube, qui se préoccupe avec raison de ses richesses forestières, l'an dernier, la Société d'agriculture et le conseil général ont ouvert un concours entre les divers propriétaires qui ont aidé au reboisement. L'Empereur, toujours soucieux des destinées du généreux pays qu'il guide de sa puissante main, a envoyé une grande médaille d'or; au moment même où nous parlons, le jury de l'Aube l'attribue à M. de Vibraye; et ce nom que vos applaudissements viennent de saluer, on l'acclame aussi là-bas.
L'agriculture s'acquitte noblement aujourd'hui envers ceux qui la défendent et l'aiment, et personne ne l'a mieux servie, ne l'a plus aimée que vous, monsieur de Vibraye. Ce que la France guerrière a fait depuis trois quarts de siècle, il n'est pas nécessaire de le rappeler; le monde en est-encore ébloui. Bien imprudents seraient ceux qui pourraient l'oublier, car à nos triomphes d'hier s'ajouteraient encore nos victoires de demain. Si, dans les travaux aussi glorieux et plus féconds de la paix, elle a pris la première place en Europe, c'est aux hommes tels que vous, monsieur, qu'elle le doit. Venez donc recevoir la légitime récompense d'une vie de dévouement et d'incessantes études. Acceptez-la et soyez-en fier. Le département tout entier vous la donne.
Marquis de Montlaur.
Blois, 12 mai 1867.
Un des caractères saillants du concours régional qui vient de se tenir à Troyes, du 5 au 12 mai, a été le manque d'animation. Malgré la belle exposition chevaline que la ville y avait annexée, malgré les deux exhi bitions flot-ales organisées par les Sociétés d'horticulture troyennes, l'empressement des visiteurs a été minime, et les populations rurales ne semblaient pas avoir pris autant d'intérêt que de coutume à la grande solennité agricole de la région. Seul, le concours de maréchalerie a fait sortir le public de sa réserve ; il a été très-bien accueilli et a excité vivement l'attention.
Et cependant le concours de Troyes était parfaitement installé et organisé par l'administration; l'emplacement choisi était vaste et bien situé, quoique on y eût désiré un peu plus d'ombrage pour atténuer l'ardeur d'un soleil brûlant comme aux jours les plus chauds de la canicule. Le nombre et la qualité des animaux, des instruments et des produits exposés étaient suffisants et au delà pour constituer une belle exhibition et pour offrir encore des sujets d'étude. D'oîi vient donc l'abstention du public agricole? On en attribue une partie à la co'incidence des concours régionaux de cette année avec l'Exposition universelle; d'autres disent, avecquelque raison, que l'institution des concours demande des réformes sérieuses. Il ne nous appartient pas d'examiner en ce moment cette question difficile. Contentons-nous de tracer rapidement le tableau de ce qu'était le concours de Troyes.
En tête de l'exposition de l'espèce bovine, qui était représentée par 295 animaux, brillaient les races fénieline et charolaise. On sait à quel point de perfection les éleveurs des départements de la partie orientale de la région ont porté ces races, la seconde surtout, qui en est presque arrivée à n'avoir rien à envier aux meilleures races anglaises. C'est dans la Cùte-d'Or qu'elle se trouve principalement. Presque tous les animaux primés appartenaient à des exposants de ce département, MM. Cortot (Pierre et Simon) et Cbâlon (Jacques et Henri).
La race fénieline a pour centre d'élevage la Haute-Saône et leDoubs, mais c'est dans le premier de ces départements qu'elle est le {dus répandue et le mieux conduite. La liste des prix l'atteste : tous les exposants récompensés sont de la Haule-Saône. Ce sont MM. Mamy, de Conflans, le comte de Lenoncourt, Vernier père et Ois, de Lure, Falatieu, de Pontdu-Bois, noms que du reste on est habitué à entendre parmi les vainqueurs des concours de la région.
La catégorie des races françaises diverses pures était assez bien fournie; la normande dominait dans les vaches, et les comtoise et alsacienne dans les taureaux. Les animaux alsaciens de M. Auguste Vernier étaient remarquables, mais ce sont les seuls parmi les races diverses du pays qui aient obtenu des récompenses; ces races ont été battues par les bœufs et vaches normands exposés par M. Casimir Périer et par Its jolies bêles bretonnes sortant des étables de MM. Pruneau et le baron Walckenaer.
La race durham est en honneur dans la région. Elle sert avec beaucoup de succès aux croisements avec la race charolaise, et l'on voyait à Troyes un assez bel exemple de ces croisements; c'étaient eux qui faisaient le fonds de la catégorie des croisements durham. Les plus beaux appartenaient à M3L le comte de Massol, Lacour, Pruneau, Faucompré, de Vogué, Garola. Les exposants étaient à peu près les mêmes pour les durhams purs; mais nous devons citer en plus M. le comte de Massol, qui avait amené le jeune taureau auquel a été justement décerné le premier prix. Les races étrangères diverses autres que les races durham étaient exclusivement composées de hollandais, de schwitz et d'ayrshire; elles semblent mériter à un égal degré les soins et les prédilections des éleveurs du Centre-Est, car elles se sont partagé les prix à peu près également. Elles réussissent aussi bien quand on les croise entre elles qu'avec nos races françaises; on a beaucoup remarqué les deux taureaux exposés par M. le commandant Faucompré) et qui ont obtenu les deux pi'emiers prix des mâles de la catégorie.
Espèce ovine. — Nous sommes ici en plein pays d'élevage de moutons, et l'on connaît la réputation universelle du Châtillonnais pour la production des types de races pures. Néanmoins, l'exhibition de l'espèce ovine n'est pas aussi nombreuse qu'on aurait pu le croire. Hâtons-nous d'ajouter qu'elle rachète la quantité par la qualité. Les races mérinos et métis-mérinos fournissent, à elles seules, plus de la moitié des animaux exposés; l'ensemble en est très-remarquable. Nous ne voulons pas citer de noms d'exposants; la liste des prix en fait connaître le plus grand nombre : nous pouvons dire que tous ont un mérite égal, et que le jury a dû être souvent très-embarrassé pour établir
l'ordre de valeur des huit lots qui ont mérité les prix dans chaque section.
La race southdo\vn faisait une très-bonne contenance à coté des mérinos. Ici les premiers prix, des mâles et des femelles étaient des animaux tout à fait hors ligne; ils étaient exposés par M. Lacour, de Saint-Fargeau (Yonne) ; mais ils étaient nés chez M. Nouette-Delorme, à Ouzouer (Loiretj, dont les produits ont eu un succès mérité au premier concours de Billancourt. La race suisse était la seule race étrangère que l'on remarquât à côté des southdowns. Parmi les croisements divers, il faut signaler les dishley- mérinos, heureuse combinaison qui a valu tous les prix de la catégorie aux agriculteurs qui en ont exposé : MM. Walckenaer, Iluot et de Launay, tous trois habitants du département de l'Aube.
Espèce porcine. — Le porc craonnais tend à se répandre de plus en plus, et c'est justice, car il est susceptible d'acquérir un embonpoint remarquable, en même temps que sa chair conserve un goût supérieur à celui des races anglaises. De l'Ouest, le voici qui se répand vers l'Est, et il Ogurait en grand nombre à Troyes, dans la catégorie des races indigènes, où il a remporté la plupart des prix. Les races étrangères pures montraient de beaux spécimens, mais peu nombreux, ainsi que les croisements.
Animaux de basse-cour. — On sentait, dans cette partie de l'exposition, l'influence du voisinage de la Bresse, car c'était le département de la Haute-Saône qui avait fourni le plus grand nombre d'exposants et les plus beaux lots. Toutes les autres volailles venaient des bassescours du département de l'Aube, qui sont, en général, peuplées -de beaux canards.
Produits agricoles. — La tente des produits nous a paru mieux remplie qu'on ne la trouve d'habitude. Les principaux agriculteurs de l'Aube, pour la plupart concurrents à la prime d'honneur, avaient voulu montrer la variété et la beauté des productions de leur pays. Ce sont eux qui ont remporté les premières récompenses. La collection de M. le comté de Launay, les toisons de M. Huot, les lins rouis et teilles de M. Herbo-Prévost, les céréales et farines de M. le baron Walckenaer attiraient l'attention à juste titre. Mais, à côté, l'on remarquait aussi l'exposition d'apiculture de la Société d'agriculture de l'Aube; les balles de houblon séché de M. Jourdheuil, de la Côte-dOr; l'exposition de sériciculture hors concours de Mme la baronne de Pages, montrant des insectes producteurs de fibres soyeuses de toute nature, et leurs produits en cocons, en fils et en tissus; les collections de variétés de blé, seigle, orge, avoine, maïs, pois, haricots, pommes de terre du frère Rénaux, directeur du pensionnat de Reims. Ces dernières collections, rangées et étiquetées méthodiquement pour l'étude, ont obtenu une médaille d'argent, et méritaient peut-être mieux que cela. On ne saurait trop encourager les moyens d'instruction agricole; dans un concours, le mérite d'un classement exact n'est pas indifférent. C'est pourquoi nous signalons encoi'e la belle collection de cinquante espèces de graminées pour champs et prairies, exposée par M. Weber, de Barsur-Aube, présentant chaque espèce en graines, en herbe et en tiges. N'oublions pas, enfin, de parler du remarquable lot d'arbres verts ré-
sineux de MJM. Baltet frères, (Jui a valu une médaille d'or à ces émiuents horticulteurs. Un des mérites de MM. Baltet frères est aussi l'étiquetage exact de leurs lots dans les expositions, et cela leur a valu souvent des récompenses. Ces exposants présentaient en même temps un groupe de pins ébourgeonnés, c'est-à-dire dont tous les bourgeons du verlicille annuel sont enlevés, excepté celui du centre, pour donner à la tige une sève plus abondante, éviter les nœuds, et lui assurer un développement rapide en même temps qu'une rectitude parfaite.
Instruments et machines. — Les charrues, les coupe-racines, les hache-paillc et les pressoirs formaient la plus grande partie de celte exposition. Nous citerons parmi les premières les charrues vignei'onnes deM.Robert, à Auxerre, dont lasimplicité et lasolidité ne laissaient rien à désirer. Quant au genre de charrue employé dans le pays pour la culture ordinaire, c'est la grande charrue à avant-train. On en voyait beaucoup de ce modèle, présentant une foule de modifications et de variations dans las détails, mais dont le principe restait invariable. Nous devons cependant citer pour leur bonne construction les instruments de MM. Mangin, à Bossuet (Marne) ; Converset Debrie, à Châtillon-sur- Seine ; Gérard, à JuUy-surSarce (Aube) ; Hurtu, à Nangis (Seine-et- Marne). Tous les autres instruments d'extérieur n'offraient rien de nouveau, si ce n'est la collection d'engins aratoires, exposée par M. le comte de Launay, qui avait envoyé sur le champ du concours son matériel de ferme perfectionné par lui. C'est là un bon exemple à suivre, et nous avons surtout remarqué dans ce lot intéressant une charrue bi-soc champenoise et une charrue Parquin, avec fouilleuse pour les défoncements.
En examinant les instruments d'intérieur, on était frappé du grand nombre de coupe-racines, hache-paille, tarares, trieurs, secoueurs, concasseurs, broyeurs, etc., rangés en bataille. C'est que la région compte plusieurs fabricants spéciaux de ces instruments : MM. Paulvé- Nillot, de Troyes; Paul François, de Vitry-le-Francois ; Harter aîné, de Bar sur-Aube, et Harter jeune, de la Haute-Marne. Il y avait là à choisir dans toutes les dimensions et dans tous les modèles. Un trieur à avoine exposé par M. Pélissard, de Dijon, offrait une disposition neuve, de peu d'importance il est vrai, mais ingénieuse et utile. L'avoine est très-difficile, on le sait, à séparer des autres grains. M. Pélissard a tapissé son trieur à l'aide d'une toile à laquelle les grains s'attachent par leur pointe aiguë, tandis que les autres céréales, les grains ronds, les vesces, passent sur la toile sans s'y arrêter. Une tringle disposée à cet effet détache les grains d'avoine et les force à tomber dans un conduit spécial. Cet instrument a obtenu une mention honorable ; en le perfectionnant il pourra mériter une plus haute récompense.
Le concours de Troyes présentait une belle réunion de pressoirs de toutes formes. Nous y avons remarqué ceux de MM. Jully-Degrond et Lemonnier, de Châtillon-sur-Seine , ainsi que les presses hydrau-liques à huile de M. Mannequin, à Troyes.
En résumé le concours de Troyes méritait;, croyons-nous^ plus d'empressement de la part du public qu'on n'en a constaté. Il a pu mettre en relief la nécessité de quelques réformes qui ont été signalées par
M. Lenibezat dans le discours prononcé à la distribution des prix. Pour cette raison nous jugeons utile de reproduire in extenso les paroles de l'inspecteur général qui s'est exprimé en ces termes :
« Mesdames et Messieurs, mon intention n'était pas de prendre la parole devant vous, dans la circonstance qui nous réunit, car je savais à l'avance qu'une voix bien connue et bien plus autorisée que la mienne se ferait entendre. Je ne puis toutefois résister au vif désir qui m'anime, de remercier ici chaleureusement M. le préfet de l'Aube et M. le maire de Troyes de tout ce qu'ils ont fait pour rendre ma tâche facile dès le début de l'organisation du concours régional. Le succès de cette fête agricole leur revient entièrement, et je ne saurais le dire trop haut. Seulement, ce que je ne saurais exprimer en termes assez profondément sentis, c'est le charme des relations aussi sympathiques qu'agréables que j'ai trouvées avec M. Salles et M. d'Argence, charme que vous connaissez, sans aucun doute, bien mieu.x que moi, mais que certainement vous n'appréciez pas davantage.
0 Et maintenant, mesdames, je vous demande la permission d'avoir un petit entretien personnel avec les honorables agriculteurs qui me font l'honneur de m'écouter.
« Vous savez, messieurs, qu'un concours est plus qu'une solennité, et que c'est en même temps un enseignement où viennent puiser ceux qui savent lire les faits et ceux qui savent les apprécier. Chaque année voit se perfectionner l'éducation agricole des hommes intelligents qui suivent les concours, non au point de vue mesquin de certains intérêts privés, mais avec le sentiment plus élevé de réaliser un progrès nouveau ou d'afiirmer une amélioration déjà dans le domaine public, mais encore discutée.
« C'est envisagés sous ce point de vue par les natures de cœur et d'élite (et elles ne manquent pas dans l'agriculture), que les concours ont rendu et rendront encore de si grands services au progrès agricole, et-^iar contre à la société tout entière. Pour avoir la preuve de ce que j'avance, que tout homme sans prévention jette ses regards vers un passé encore bien près de nous ; qu'il compare les produits agricoles de toute espèce d'aujourd'hui à ceux du passé, et qu'il prononce! E(!it-il été possible, il y a quinze ans, par exemple, de réunir une collection d'animaux aussi remarquables, sous tous les rapports, que celle que vous avez pu étudier sur le champ du concours? Eijt-on entendu, en passant près des groupes, discuter en cnnuaissance de cause et d'après les meilleurs principes de zootechnie, les qualités et les défauts de tel animal ou de telle race?
« Si nous entrons dans l'enceinte des instruments, nous trouvons un ensemble d'outils complet et varié très-généralement en rapport ave' les besoins de la région, mais construits avec solidité, fabriqués dans des usines plus ou moins importantes, qui peuvent le livrer à meilleur compte que le petit fabricant ou le charron de village.
« Quand je réfléchis atout ce que je vois, il m'est impossible, messieurs, d'accepter l'idée qu'un certain nombre d'hommes ont voulu faire prévaloir, en disant que l'agriculture devenait ruineuse pour l'exploitant, et que si les choses duraient encore quelques années dans le même état, nous marchions à une catastrophe imminente.
« En agriculture, il en est comme de l'industrie : une opération peut être bonne ou mauvaise suivant la manière dont elle est conduite. A côté des succès .«aillants que l'on constate dans l'inJustrie ou dans les affaires, les statistiques des tribunaux de commerce enregistrent chaque année les ruines et les sinistres des malheureux ou des imprévoyants.
« L'agriculture a ses victimes, mais beaucoup moins nombreuses toutefois, et je dirai même qu'il est étonnant qu'il n'y ait pas plus de sinistres, quand on pe' se à l'insuftisance des connaissances spéciales dont manque le plus souvent l'agriculteur. Une des conditions les plus défavorables à l'agriculture et qui la mettent bien au-dessous de l'industrie, c'est cette espèce d'horreur instinctive que le cultivateur éprouve pour se rendre compte avec des chiffres, en un mot, avec une comptabilité de sas opérations.
« Un ancien professeur d'économie rurale, M. Briaune, disait : «Lacomptabilité, « est le flambeau de l'exploitation. » Et il avait raison. Si les cultivateurs pouvaient seulement soupçonner les lumières qu'une comptabilité simple et régulièrement tenue apporterait dans leur entreprise, ils n'hésiteraient pas à faire un effort pour
organiser ce détail vraiment capital, et dont les conséqnences sont inialculables. Si j'insiste sur ce point, c'est que les Commissions chargées de décerner la prime d'honneur se moatrent de plus en plus sévères à ce sujet.
CI J'aurais, messieurs, bi"en des choses sur lesquelles je pourrais appeler votre attention ; mais vraiment, ce serait cruel de ma part, que de prolonger outre mesure une séance qui sera déjà suffisamment remplie. Je vous dirai cependant encore quelques mots qui peuvent intéresser plus spécialement les exposants d'animaux. La Commission chargée déjuger la classe des bêtes bovines a constaté une grande amélioration dans les espèces i'émeline et charolaise, sur l'exposition d'Auxerré.
et Je suis toujours heureux de signaler un succès et un progrès. Le nombre des beaux et bons animaux, dans toutes les section?, est considérable, et l'on n'aurait que l'embarras du choix s'il s'agissait de faire une énumération. Pour expliquer, aux yeux du pubhc, quelques jugements de la Commission, qui pourraient ne pas être compris, je dois vous dire, messieurs, que dans quelques sections, des animaux du premier mérite ont été écartés, comme ne représentant pas des types sufiisamment purs des races sous les noms desquelles ils étaient désignés. Cette sévérité est nécessaire pour ne pas induire en erreur les cultivateurs qui viennent chercher sérieusement une instruction au concours. J'engage vivement MM. les exposants à tenir compte de l'enseignement que la Commission a eu l'intention de leur donner.
i Je signalerai encore un détail qui a une importance relative, mais sur lequel j'insiste néanmoins. Les taureaux, d'après le règlement, doivent toujours être munis d'un anneau nasal. Cette précaution est d'autant plus nécessaire que l'animal est plus âgé ou d'un caractère plus difficile". La Commission, en présence des dangers sérieux qui pouvaient arriver, en sortant de leurs stalles certains animaux qui paraissaient intraitables, n'a pas pu les apprécier ce qu'ils valaient probablement. Je prie MM. les exposants, dans leur intérêt, de tenir compte de l'observation que je leur adresse.
<• Je m'arrête, messieurs, et je vous donne rendez-vous à Châlons pour l'année prochaine, où j'espère encore avoir à constater de nouveaux progrès et k récompenser surtout de nouveaux efïbrts. »
Après ce discours, qui a été précédé d'une allocution de M. le préfet de l'Aube et suivi de quelques paroles prononcées par l'é vêque de Troyes, la distribution des prix a eu lieu dans l'ordre suivant. M. le baron Walckenaër, lauréat de la prime d honneur, et M. le comte de Launay, son plus sérieux concurrent, ont été vivement applaudis par l'assistance.
Prime d'honneur. — Une coupe d'argent de la valeur de 3,500 fr., et une somme de 5,000 fr. à M. le baron Walckenaër, au Paraclet, commune de Quincey, canton de Rumilly, arrondissement de Nogent-sur-Seine , dont l'exploitation, comparée aux autres domaines ruraux du département de l'Aube, inscrits par leurs propriétaires, a été reconnue la mieux dirigée.
Récompenses pour des améliorations agricoles déterminées. — Médailles d'or grand module. MM. Baltet frères, horticulteurs, à Troyes, pour leur remarquable établissement d'horticulture; Herbo-Prévost, à Eclances, canton de Soulaines, arrondissement de Bar-sur-Aube, pour introduction de la culture et de la préparation industrielle du lin ; le comte de Launay, à Gouroelle-sur-Seine, par Saint-Parres-les- Vaudes, canton de Lusigny, arrondissement de Troyes.
Médaille d'or. M. Trusson, à la Voie-Mazée, commune de l'Huître, canton de Ramerupt, arrondissement d'Arcis-sur-Aube, pour culture productive sur terrains crayeux.
Médaille d'argent grand module. M. Michon, à la Saulsotte, ferme de la Cour, par Nogent-sur-Seine, canton de Villeneuve-la-Grande , pour sa bonne vacherie bien tenue.
Récompenses aux serviteurs ruraux de V exploitation ayant obterm la prime d'honneur. MM. Jeanson, maître charretier, 21 ans de services, 60 fr. et médaille d'argent; Garnier (Pierre), berger, 9 ans de services, 60 fr. et médaille d'argent; Languillat (Louise), ménagère, 12 ans de services, 60 fr. et médaille d'argent; Jeanson fils (Alexandre), charreti-er, 15 ans de services, 50 fr. et médaille de bronze; Languillat, charretier, 12 ans de services, 5.0 fr. et médaille de bronze ; Boutteville (Jean), charretier, 14 ans de services, 50 fr. et médaille de bronze; Beaujard, cal-
vanier chef, 12 ans de services, 50 l'r.; Dautigny (Alexandre), jardinier, 40 fr. ; Alphonse, charretier, 25 fr.; Marie, fille de basse-cour, 20 fr.; Eusèbe, aide-berger, 20 fr.; Vaillant, journalier, 15 fr.
!'■' catégorie. — Race fémelinc. — Mâles. — l" section. — Animaux nés depuis le l"' mai 1865 et avant le 1" mai 1866. I" prix : 600 fr., M. Mamy, à Gonflans (Haute-Saône); î,', 500 fr., M. le comte de Lenoncourt, à Bussières (Haute-Saône); 3% 400 fr., M. Vernier père, à Roye (Haute-Saône) ; 4% 300 fr., M. Vernier (Ferdinand), à Lioffans (Haute-Saône); mention honorable : M. Grappe, îi Gharmoille (Haute-Saône). — 2' section. — Animaux nés avant le 1" mai 1865. 1" prix ; 600 fr., M. Grappe; 2% 500 fr., M. Vernier (Auguste), à Lure (Haute-Saône); 3% 400 fr., M. Falaiieu, à Pont-du-Boia (Haute-Saône); 4% 300 fr., M. Mauguier, à Anjeux (Haute-Saône) ; mention honorable : M. Marie, à Arc (Haute-Saône). — Femelles. — 1" section. — Génisses nées depuis le 1" mai 1865 et avant le 1" mai 1865, n'ayant pas encore fait veau. 1" prix : 300 fr., M. Mamy; 2% 200 fr., M. Grappe; 3% 150 fr., M. Richard, à Baujeux (Haute-Saône); 4% 100 fr ; M. Falaiieu. — 2' section. — Génisses nées depuis le l"'' mai 1864 et avant le 1" mai 1865, pleines ou à lait. 1" pris : 400 fr., M. Vernier (Ferdinand); 2% 300 fr., M. Renard, à Colombey-les-Ghoiseul (Haute-Marne); 3% 200 fr., M. Grappe; 4% 100 fr., M. Vernier (Auguste); mention honorable : M. Marie. — 3" section. — Vaches nées avant le 1" mai 1864, pleines ou à lait. 1" prix : 400 fr., M. Grappe; 2% 300 fr., M. Renard; 3% 200 fr., M. Pernot, à Chargey (Haute-Saône); 4», 100 fr., M. le comte de Lenoncourt.
2» catégorie. — Race charolaisc. — Mâles. — 1'" section. — Animaux nés depuis le 1" mai 1865 et avant le l" mai 1866. 1" prix : 600 fr., M. Cortot (Pierre), à Bierre (Côte-d'Or); 2% 500 fr., M. Châlon (Jacques), à Pouilly-en-Auxois (Gôted'Or); 3% 400 fr., M. Pleige, à Saint-Beury (Gôte-d'Or). — 2" section— Animaux nés avant le l''' mai 1865. l" prix : 600 fr., M. Ghâlon (Henri), à. Gros-bois-en- Montagne (Gôte-d'Or) ; 2% 500 fr., M. Gortot (Pierre); 3% 400 fr., M. Gortot (Simon), à Millery (Gôte-d'Or). — Femelles. — 1" section. — Génisses nées depuis le 1" mai l865 et avant le 1"' mai 1866, n'ayant pas encore fait veau, l"' prix : 300 fr., M. Ghâlon (Jacques); 2', 200 fr., M. Lacour, à Saint-Fargeau (Yonne); 3', 100 fr., M. Cortot (Simon); mention honorable : M. Ghâlon (Henri). — 2' section. — Génisses nées depuis le 1"' mai 1864 et avant le 1" mai 1865, pleines ou k lait, l"- prix : 400 fr., M. Gortot (Simon); 2% 300 fr., M. Ghâlon (Henri); 3% 200 fr., M. Cortot (Pierre); mention honorable : M. Pleige. — 3" section. — Vaches nées avant le 1" mai 1864, pleines ou à lait 1" prix : 400 Ir., M. Châlon (Henri); 2% 300 fr., M. Cortot (Pierre); 3% 200 fr., M. Lacour; mention honorable: M. Gortot (Jean-Baptiste), à la Gour-d'Arcenay (Côte-d'Or).
3' catégorie. — Races françaises diverses pures. — Mâles. — 1" section. — Animaux nés depuis le )'•' mai 1865 et avant le l" mai 1866. l" prix, 600 fr., M. Michon, à la Saulsotte (Aube); 2", 500 fr., M. Pruneau, à Bléneau (Yonne).— 2^' icction. — Animaux nés depuis le 1" mai 1865. 1" prix : 600 fr., M. Casimir Périer, à Pont-sur-Seine (Aube) ; 2% 500 fr. , M. Vernier (Auguste). — Femelles. — I'" sec lion. — Génisses nées depuis le 1" mai 1865 et avant le 1«" mai 1866, n'ayant pas encore fait veau. l'-'prix : 300 fr.,M. le baron Walckenaër; 2% 200 fr., M.tksimir Périer. -^ V section. — Génisses nées depuis le 1" mai 1864 et avant le !"■ mai 1865, pleines ou à lait. 1" prix: 400 fr., M. Vernier (Auguste); 2% 300 fr., M. Feuillette, à Saint-Dizier (Haule-Marne). — 3'' section. — Vaches nées depuis le 1" mai 1864, pleines ou à lait. 1" prix : 400 fr., M. Casimir Périer; 2=, 301) fr., M. le baron Walckenaër; 3% 200 fr., M. Houette, à Bléneau (Yonne); mention honorable : M. Guenin-Gautrot, à Troyes (Aube).
4' catégorie. — Race durham pure (short liorned improved). — Mâles. — 1" section. — .\nimaux nés depuis le 1" mai 1865 et avant le 1" mai 1866. 1" prix : 600 fr., M. le comte de Massol, h Southey (Gôte-d'Or); 2% 500 fr., M. Lacour. — 2" section. — Animaux nés avant le 1"' mai 1865. 1" prix : 600 fr., M. le comte de Launay, à Glérey (Aube); 2", 500 fr., M. Pruneau; mention très-honorable : M. le comte de Massol; mention honorable : M. Lacour.. — Femelles. — 1" section. — Génisses nées depuis le l"' mai 1865 et avant le 1" mai 1865, n'ayant pas encore fait veau. 1"' prix : 300 fr., M. Lacour; 2% 200 fr., M. Pruneau. — 2" sec-
tion. — Génisses nées depuis le 1" mai 1864 et avant le 1" mai 1865, pleines ou à lait. l"prix : 400 fr., M. Lacour; 2", 300 fr., M. le comte de Massol. — 3' seclion.
— Vaches nées evant le 1" mai 1864, pleines ou à lait. 1" prix : 400 fr., M. le comte de Massol; 2°, 300 fr., M. Pruneau; mention honorable : M. Poupart, à Guerchy (Yonne), n° 169.
5' catégorie. — Races étrangères pures autres que la race de durham. — Mâles.
— 1" section. — Animaux nés depuis le 1" mai 1865 et avant le 1" mai 1866. 1" prix : 500 fr.,M. Barillon, à Gheny (Yonne); 2% 400 fr., M. Feuillette; 3% 300 fr., M. Mamy, à Gonflans. — 'i' section. — Animaux nés avant le l"mai 1865. 1" prix: 500 fr., M. Houette, 2", 400 fr., M. Martenot, à Gruzy-le-Châtel (Yonne); 3% 300 fr.,M. Feuillette; 4% 200 fr., M. Faucompré. — Femelles. — V<' section.
— Génisses nées depuis le l" mai 1865 et avant le l" mai 1866, n'ayant pas encore fait veau, l" prix : 300 fr., M. Petit (René), à Vellexon (Haute-Saône); 2% 200 fr., M. Martenot; 3', 100 fr., M. Beauvais, à Avrolles (Yonne). — 2" section.
— Génisses nées depuis le 1"' mai 1864 et avant le 1" mai 1865, pleines ou à lait. 1" prix : 400 fr., M. Houelle; 2^ 300 fr., M. Christ Graber, à Goulhenances (Hautp-Saône); '6', 200 fr., M. Beauvais. — 3' section. — Vaches nées avant le 1" mai 1864, pleines ou à lait, l^prix: 400 fr., M. Saviniat, à Montiéramey (Aube); 2% 300 fr., M. le comte de Lays, à Barberey-Saint-Sulpice (Aube); 3% 200 fr., M. Huot; 4«, 100 fr., M. Vernier père.
6' catégorie. — Croisements durham. — Mâles. — 1" sectio7i. — Animaux nés depuis le 1" mai 1865 et avant le 1" mai 1866. l" prix : M. le comte de Massol; 2% 300 fr., M. Faucompré. — 2' section. — Animaux nés avant le 1" mai 1865. 1" prix : 400 fr., M. Lacour; 2% 300 fr., M. Petit René. —Femelles.— 1" section.
— Génisses nées depuis le l"mai 1865 et avant le l^inai 1866, n'ayant pas encore fait veau, l'^prix : 300 fr., M. le comte de Massol; 2", 200 fr., M. Lacour; 3% 100 fr., M. Houette. — 2" seetioii. — Génispes nées avant le 1" mai 1864 et avant le l"'iiiail865, pleines ou à lait, l" prix: 400 fr., M. lecomte de Massol; 2%300fr., M. le comte de Vogué, à Gomarain (Gôte-d'Or) . 3°, 200 fr. , M. Lacour; mentions honorables : M. le comte de Massol et M. Garola, à Ghatonrupt (Marne). — 3' section. — Vaches nées avant le 1" mai 1864, pleines ou à lait, f'prix : 400 fr., M. Pruneau ; 2% 300 fr , M. le comte de Massol; 3% 200 fr., M. le comte de Vogué ; 4% 100 fr, M. Guénin-Gautrot.
7* catégorie. — Croisements divers. — Mâles. — 1" section. — Animaux nés depuis le 1" mai 1865 et avant le 1" mai 1666. 1" prix : 300 fr., M. Faucompré; 2% 200 fr., M. Gortot, Jean-Baptiste, à la Gour-d'Arcenay (Gôte-d'Or). — ^'section.
— Animaux nés avant le 1" mai 1865. 1" prix : 300 fr., M. Faucompré ; 2", non décerné. — Femelles. — l" seclion. — Génisses nées depuis le i" mai 1865 et avant le 1" mai 1866, n'ayant pas encore fait veau. 1" prix : 200 fr., M. Petit (René); 2% 100 fr., M. Therrillon-Lemoine, à Châtillon-sur-Seine. — 2' section.
— Génisses nées depuis le l" mai 1864 et avant le 1"' mai 1865, pleines ou à lait. 1" prix : 300 fr., M. Feuillette; 2% 200 fr., M. Faucompré. — 3' section. — Vaches nées avant le 1" mai 1864, pleines ou à lait. 1" prix : 300 fr., M. le comte de Launay ; 2% 200 fr., M. le comte de Massol.
1" catégorie. — Races mérinos et métis-mérinos. — Mâles. 1" prix : 300 fr., M. Montenot-Beau, à Nesle (Gôte-d'Or); 2% 275 fr., M. Gamus-Pitoux; à Berzieux (Marne); 3'. 250 fr., M. Guilleminot, à Rancey (Gôte-D'Or) ; 4", 200 fr., M. Martenot, à Gruzy-le-Chàtel (Yonne); 5% 175 fr., M. Jappiot-Gotton. à Ghâtillon-sur-Seine (Gôte-d'Or); 6% 150 fr., M. "Therrillon-Lemoine, à Châlillon-surtSeine (Gôte-d'Or); 7% 125 fr., M. Noël, h Remicourt (Marne); 8% 100 fr., M. Rouhier-Chaussenot, à Dijou (Gôte-d'Or). — Femelles. 1" prix, 300 fr., M. Maitre, à Saint-Souplet (Marne); 2% 275 fr., M. Japiot-Gotton; 3% 250 fr., M. Gamus-Pitoux ; 4", 200 fr., M. Ghevalier, à Braux-Sainte-Gohière (Marne) ; 5% 175 fr., M. Martenot; 6% 150 fr.. M, Noël; 7% 125 fr.,-M. Oudinot, à Saint- Amand (Cher) ; 8«, 100 fr., M. de Larquelay, à Ramrupt (Aube).
2' catégorie. — Race de Mauchamp. — Pas d'animaux présentés.
3' catégorie. — Race south-dqwn pure. — Mâles. 1" prix : 300 fr., M. Pruneau; 2% 200 fr., M. Bois, à Fresne-Saint-Mamès (Haute-Saône); 3% 150 fr., M. Petit (René), k Vellexon (Haute-Saône); 4% 100 fr., M. Barillon, à Gheny (Yonne).,
— Femelles. 1" prix: 300 fr.,M. Pruneau; 2% 200 fr., M. Bois; 3% 150 fr., M. Lacour, à Saint-Pargeau (Yonne).
4' caléijorie. — Races étrangères diverses pures. — Mâles, l" prix : 300 fr., M. Boulay, à Jonvelle (Haute-Saône) ; 2% 200 fr., M. Bois. — Femelles. 1" prix: 300 fr., M. Petit (René) ; 2% 200 fr., M. Berlin, à Bourbevelle (Haute-Saône).
S" calégorie. — Croisemenls dkers. — Mâles, l" prix : 300 fr., M. le baron Walkenaér, à Quincey (Aube); 2«, 200 fr., M. Huot, à Saint-Léger (Aube) ; mentions honorables, M. le comte de Launay, à Glorey (Aube) et M. Bois. — Femelles, l" prix : 300 fr., M. le baron Walkenaër; 2", 200 fr., M. le comte de Launay ; mention honorable, M. Huot.
l''' catégorie. — Races indigènes pures ou croisées entre elles. — Mâles. 1" prix, 250 fr., M. le comte de Launay ; 2% 200 ir , M. Drouot, à Laubressel (Aube) ; 3% 100 fr,, M. Vernier père, à Roy (Haute-Saôue). — Femelles. 1" prix; 200 fr., M. Vernier père; 2% 150 fr., M. le comte de Launay ; 3% 100 fr., M. Drouot.
2' calégorie. — Races étrangères. Mâles. 1" prix : '250 fr., M. Lacour ; 2% 200 fr., M. Teriillon-Lemoine, à Châtillon-sur-Seine (Côte-d'Or); 3«, 100 fr., M. Casimir Perier, à Pont-sur- Seine (Aube). — Femelles. 1" prix : 200 fr., M. Terrillon-Lemoine ; 2% 150 fr., M^ Casimir Perier; 3", 100 fr., M. Lacour.
3' calégorie. — Croisemenls divers. — Mâles. 1" prix : 150 fr., M. Huot; 2", non décerné. — Femelles. 1" prix : 150 fr., M. Huot; 2% 100 fr., M. Lacour.
QUATRIÈME CLASSE. — ANIMAUX DE BASSE-COUR
Médailles d'argent et 50 fr., Mme la comtesse de Launay, à Quincey (Aube); Mme Mamy, à Gonflans (Haute-Sj;.ône) ; M. Vernier, Auguste, à Lure (Haute- Saône) ; médailles de bronze et 60 fr. : M. Vernier père, à Roye (Haute-Saôue); 20 fr.. M, Maguet, à Delain (Haute-Saôue); 20 fr., M. Petit, k Vellexon (Haute- Saône); 10 fr., M. Drouot, à Laubressel (Aube) ; 10 fr., M. Gibert, k Viâpres-le- Grand (Aube) ; M. Buxiorf, à Troyes (.Aube); M. Huot, à Saint-Léger (Aube); M. Lambert-Bossuot, à Troyes (Aube) ; M. PiUost, à Troyes (Aube).