LE PETIT MÉNAGE
ouis XVI fait tout avec poids et mesure, comme la sagesse. Il se rend compte de tout ce qu'il regoit et de tout ce qu'il dépense; il tient sa caisse comme un. commis de banquier ou de boutique; il connait la tenue des livres, comme s'il avait été élevé pour le commerce et les affaires. Il n'y a pas de famille dont le livret de ménage puissé' ¿tre comparé á l'exactitude et á ordre de son Journal de petit ménage..
ll est Dauphin, mais il a son petit ménage á régler. Il a dú commencer de bonne heure a
écrire les comptes de sa maison, si l'on en juge par les cahiers des derniéres années qui restent.
- Voici un cahier, ayant encore les dimensions du grand Journal connu, vingt et un centimétres de haut sur dix-sept de large. On économise le papier, car on met ordinairement á la page cinquante-cing lignes, et quelquefois soixante. On partage la page en deux colonnes, séparées par une raie. Une raie seulement divise les mois et les années. Jamais on r'a écrit plus fin; mais cest si lisible qu'il n'y a pas un nom propre qu'on ne puisse deviner. Ce n'est pas báclé au jour le jour; 'on a.transcrit plusieurs mois de suite ; la perfection et la netteté de ce Journal . enlevé du méme coup pour la saison, proyvent - qu'il était rédigé d'aprés des feuilles volantes de
brouillon.
La premiére feuille de ce Journal de ménage a pour- titre : Comptes 1772, 1773. Le premier cahier est consacré á ces deux années et remplit
quatorze pages; un second cahier était réservé á -1774., il finit avec les comptes du mois de mai,
et n'a que quatre pages pleines et:une colonne
d'employées.