‹ Journal de Louis XVIChapitre 78 sur 78 · XXIV. — CURIOSITÉS DU TRÉSOR · texte numérisé non relu

XXIV. — CURIOSITÉS DU TRÉSOR

Le comte d'Artois n'est pas moins avide; on lui délivre trois fois une ordonnance de 2,600,000 livres, et un beau jour on lui envoya une ordonnance de 4 millions.

Le conseil de S. A. R. avait représenté que Monseigneur devait 14,600,000 livres, 74,640 1. de rentes constituées, et go8,700 1. de rentes viagéres, et que les créanciers étaient d'autant plus exigeants que les dettes étaient exigibles.

La munificence du roi s'étend jusqu'aux dettes des princes étrangers. Ordonnance de 400,000 1. pour le prince de Salm; ordonnance de 945,018 livres pour Pacquittement des dettes du prince Maximilien des Deux-Ponts á qui le roi a bien voulu préter cette somme.

On na pas des favoris pour rien. Donc ordonnance de 1,200,000 livres pour Pengagement de la comté de Fenestrang, accordé a M: le duc de Polignac. PS

On ne lésine pas ayec les ministres qu'on estime et qu'on aime. M. de Maurepas s'est contenté de 60,000 livres pour son établissement; sa veuve demande et obtient 166,666 livres

nm.

13 sols et 4 deniers pour sé consoler. On passe 100,000 livres pour frais d'établissement á M. de Miroménil et autantá M. de Vergennes, qui avait ey, une ordonnance de 50,000 livres pour ses frais de voyage depuis la Suéde ou il était ambassadeur. M. de Lamoignon, garde des sceaux, recoit une gratification de 200,000 liyres; on délivre une ordonnance de 200,000 livres á M. de Sartines pour Paider á se libérer de ses dettes.

On secourt volontiers les malheureux. Donc ordonnance de 100,000, livres pour secours á M. le comte d'Angivilliers; ordonnance de 200,000 livres pour secours accordé á M. de Saint-Priest fils, adjoint de son pére a PIntendance du Languedoc.

Aprés ce feu d'artifice de millions et de centaines de mille livres qui éclairent la nuit si obs= cure du déficit du régne et de la banqueroute du siécle, il ne reste plus de contention d'esprit pour les abus des gratifications ou des augmentations de traitement inférieures,ou supérieures á 15,000 livres. e

Toute illusion tombe devant ces «milliers de pages qui ont été dépouillées, analysées ou co-

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