JOURNAL
de mes pas et démarches dans le diocèse de Hartford au sujet de la question de Danielson, par le Rev. J. B. Proulx, curé de St. Lin.
Lundi, 11 août 1596.
Entre 7 et 8 heures P. M. étant parti le matin de Montréal, j'arrive à Hartford.
Mardi, 12 août.
À 10 heures À. M., je me rends chez Sa Grandeur Mgr l'évêque de Hartford, il est absent, Un prêtre me dit de revenir le lendemain, à la même heure.
Dans l'après-midi, j'écris à M. le Dr Leclaire, pour lui annoncer mon arrivée à Hartford, Hartford Hotel. (Voir Document N° I).
Mercredi, 13 août.
À 10 heures À. M., chez Mgr l'évêque de Hartford, à qui j'envoie, sur une carte de visite, ma demande d'audience. (Document N.° II). Conversation d'une demi-heure, dans laquelle l’évêque voulut bien me faire, à vol d'oiseau, l'historique de la question. (On trouvera un résumé de mes paroles dans les Documents N.* III et IV).
Enfin l'évêque me dit: “ Dans ces conditions, il m'est impossible de rien entendre des rebels de Danielson. , Je ne comprenais pas très bien. Ne pouvait-il rien entendre d'un agent officieux? Me fallait-il une délégation officielle? Tant que les paroïissiens ne se seraient pas soumis, C'est-h-dire n'auraient pas payé leurs bancs (car on ne m'a signalé aucun autre acte de rébellion actuelle), ne pouvais-je être reçu ni en l'une, ni en l'autre qualité? Ne pouvais-je être admis du tout à parler de nouveau de la question? Il m'importait d'éclaircir ce point. Comme je me levais poux partir, je dis à l'évèque: “ Monseigneur,
vous ne serez pas surpris si je vous envoie par écrit à peu près la teneur des paroles que je viens de vous dire. — Au nom de quelle autorité? — D'aucune. — Alors, je ne puis vous répondre, — Si vous daignez me répondre, je serai très heureux; si vous ne me répondez pas, je saurai à quoi m'en tenir. Dans l'un et l'autre cas, croyez à ma haute considération. ,
Je comprends que, en écrivant, je forçais un peu la note; mais je voulais le faire, et je le fis, avec tout le respect possible, Ma lettre du reste eut l'effet voulu. Je sus clairement que, dans la pensée de l'évèque, je ne pouvais être admis à traiter la question ni comme agent officieux, ni comme délegué officiel, mais bien comme prètre ami qui se présentait convenablement. On ne voulait ni de près ni de loin, dans les conditions présentes, paraitre traiter avec Danielson.
À 7 heures du soir, à l’occasion de la revision de mon celebret, je revis l'évêque un instant. Je fui présentai une lettre, il refusa de la prendre,
Vendredi, 14 août.
À 8 heures A. M, je fis enregistrer, à la poste, ma lettre adressée à Sa Grandeur Mgr M. Tierney, évèque de Hartford. (Voir Documents N. HT et IV). À 2 heures P. M. je partis pour Danielson.
A S heures du soir, chez M. le Dr Leclaire, assemblée du Comité de la Paroisse de Danielson, où je suis nommé délégué officiel, chargé de présenter certaines propositions à Mgr l'évèque de Hartford, (Voir Document N° V).
Samedi, 15 avût.
A 10 heures A. M., venant de Danielson, j'arrivais de nouveau à l'Hôtel de Hartford. On me dit qu'on avait téléphoné de l'évêché, la veille, une heure environ après mon départ, Je fis répondre de suite, également par le téléphone, que j'étais de retour.
À 7 heures P. M, chez l'évèque, il était absent. Je lui laisse une lettre, où je lui dis que je crois apporter de bonnes nouvelles de Da-
nielson. (Voir Document N.° VI).
Dimanche, 16 acût.
À ÿ heures A. M. je reçois de M. McGark, signant comme secrétaire, une lettre dans laquelle il me dit que l'évêque me renvoie ma communication enregistrée, et qu'il est d'avis qu’il est inutile d’avoir
des relations officielles avec moi, comme je ne représente personne. (Document N.° VII).
À 11 heures, je réponds au secrétaire que maintenant je représente quelqu'un. (Document N.° VIII).
À 1 heure P. M. lettre au Docteur Leclaire, pour lui suggérer, en cas de besoin, de m'envoyer une délégation en termes plus précis. (Voir Document N.° IX).
Lundi, 17 août.
À 10 heures À. M. j'envoie une carte de visite à l'évêque, disant que j'ai à lui faire des propositions autorisées. (Voir Document N.° X). Il est absent, on me dit de revenir à 12 l/> heures,
À 10 heures A. M. je reçois de Danielson la nouvelle délégation.
À midi et demi, Mgr l'évêque, quand je me présentai chez lui, envoya pour le représenter M. William J. McGark. Il ne pouvait recevoir aucun délégué des mécontents de Danielson. Je lui répondis : “Quand je me présente sans délégation, vous ne pouvez traiter avec moi, parce que je ne représente personne; quand j'ai une délégation, vous ne voulez pas traiter davantage! — Nous vous recevrons comme un ami qui veut discuter la question. , Je lui fis remarquer que je ne voulais pas disputer sur les mots; mais que, comme je ne venais aucunement dans mes intérêts, du moment que j'étais admis à discuter la question, je ne pouvais me considérer autrement que comme agent oflicieux, au moins. Après une discussion d'une demi-heure, je le quittai en lui disant que je reviendrais à 5 heures voir, si c'était possible, l'évèque lui-même.
À 5 heures P. M. la portière me dit que l'évêque était absent ; et elle m'offrit d'elle-même, sans que je Je lui demandasse, de voir Father McGark; j'en conclus qu'elle avait des ordres à cet effet. Elle revint me dire qu'il était sorti, mais qu'il serait de retour certainement à 7 heures.
À 7 heures P, M., conversation d’une heure avec M. McGark. Toutes les bonnes paroles qui avaient été dites, au milieu d'autres
choses, dans les entrevues précédentes, revinrent. Je lui offris d'en faire une rédaction et de la lui soumettre, pour m'assurer qu'elle était exacte, Il accepta,
de
Mardi, 18 août.
À 1 heure P. M. je portai à M. McGark la rédaction en question. Après l'avoir vue, il dit: al right! (1). (Voir Document N.° XII).
Mercredi, 19 août.
Sur le train entre Hartford et Putnam, je rédige, pour les membres du Comité de la Paroisse de Danielson, le récit abrégé de mes démarches auprès de leur évêque, avec le résultat auquel elles ont abouti. (Voir Document N.° XII). °
Sur le même train, vers 3 heures P. M., j'écris une lettre de remerciements à M. McGark. (Voir Document N.° XIV).
Tel est le récit complet de mes pas et démarches, calme, fidèle, sans réflexions aucunes. Je vous le devais, Messieurs les Membres du Comité de la paroisse de Danielson, ayant accepté d'agir em votre nom, d’abord officieusement, puis ofliciellement. Cet écrit devient votre propriété, conjointement avec la mienne, dont je ne prétends pas me départir.
Danielson, 19 août 1896.
J. B. Prourx Pre.
(1) C'est bien.