Journal de physiologie
Travail du laboraloirc de chimie organique et physiologique de la Faculté de médecine,
Université de Lille.
Dans son Traité de Chimie physiologique, Bunge * fait remarquer qu'à sa connaissance on ne trouve pas, dans la littérature physiologique, d'analyse complète de rurine dans laquelle tous les matériaux normaux aient été déterminés sur une seule et même urine, et il cite à ce propos deux analyses efTecluées par lui sur l'urine des 24 heures d'un jeune homme bien portant après une alimentation de viande, puis de pain. Les dosages ont porté sur l'urée, l'acide urique, la creatinine, la potasse, la soude, la chaux, la magnésie, le chlore, l'acide sulfurique et l'acide phosphorique. Bien que l'urine contienne encore un grand nombre d'autres substances, il est difficile de pousser l'analyse plus loin, le dosage des autres matériaux, organiques ou minéraux, que Ton pourrait encore déterminer dans l'état actuel de nos connaissances (bases xanthiques, acides hippurique, oxalique, etc.) exigeant un volume d'urine d'autant plus considérable que ces substances sont contenues dans Turine en quantité plus faible. Et cependant il serait intéressant de savoir quelle est l'importance quantitative globale des matériaux ainsi laissés au dehors de l'analyse, surtout en ce qui concerne les matières organiques non dosées, c'est-à-dire l'ensemble des corps que l'on réunit d'ordinaire sous la rubrique de matières extractives *.
* Bu.NGE. Physiol. Chcm.y k* édit., Leipzig, 1898, p. 347.
' Cette expression, dont nous nous servirons dans la suite pour nous conformer à Tusage adopté partout, n'est pas très heureuse. Elle semble impliquer que les matières extractives sont des corps unis par le lien de quelque parenté chimique, ou que la marche de Tanalyse groupe naturellement ensemble. En réalité un corps sort de ce groupe ou y rentre, selon
Journal de phtsiol. et de pathol. génkr., 1903. 15
226 G. DONZÉ ET E. LAMBLING
On trouve, à la vérité, dans les traités d'urologie, des indications sur les quantités moyennes que Turine contient d'ordinaire pour chacune de ces substances, ou du moins pour beaucoup d'entre elles, mais ces indications sont souvent assez discordantes, et d'ailleurs elles ont été réunies sur tant de types d'urine différents, qu'il serait bien artificiel de vouloir les rapprocher pour constituer, en les alignant toutes, le tableau d'analyse de l'urine en général. Enfin Turine contient des matériaux qu'on ne connaît encore que qualitativement.
Nous nous sommes proposé de déterminer d'une manière p^écise l'importance quantitative de la partie organique du « non dosé », c'est-à-dire des matières extractives en mettant à profit des analyses d'urine déjà assez étendues, faites en vue d'autres recherches, et que nous avons complétées par le dosage d'autres matériaux, aussi nombreux que le permettait le volume d'urine des 24 heures. Les urines provenaient de trois adultes habituellement bien portants, ayant une alimentation mixte ordinaire et se livrant à des travaux de laboratoire. Elles sont désignées dans les tableaux qui suivent par les lettres D, L et S. Voici quelques renseignements sur les trois sujets : D. . . , 24 ans, poids brut 70 kilogr., taille 1",78; L. . . , 44 ans, poids brut 63 kilogr., taille 1™,63; S. . ., 27 ans, poids brut 80 kilogr., taille 1»,80.