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LE « NON DOSE » ORGANIQUE DE L'URINE M

Nous avons, au contraire, protité de ces déterminations pour vérifier^ chemin faisant, Inexactitude de ce coefficient.

Le poids des matériaux solides a été déterminé par evaporation d'environ 2 ce. d*urine dans le vide sulfurique. L*évaporation a été faite dans de petits vases cylindriques plats (flacons à tare), en verre mince, munis d*un bouchon rodé, ayant environ 45 mm. de diamètre et 25 mm. de haut, et ne pesant pas plus de 25 gr. Trois pesées successives sur la balance de précision donnaient donc très exactement le poids d'urine employé et le poids du résidu sec ^. A l'aide de la densité, on calculait ensuite le volume de l'urine évaporée. La dessiccation a été prolongée pendant 48 heures, le vase étant placé sous la cloche avec deux larges cristallisoirs garnis d'acide sulfurique, et disposés l'un au-dessus et l'autre au-dessous de l'urine à dessécher. Le fond de chaque cristallisoir était couvert de grosses perles de verre que la couche d'acide ne recouvrait pas entièrement, et après 24 heures on avait soin, en remuant les perles, de renouveler la surface du liquide desséchant. Après 48 heures l'acide était chaque fois renouvelé. Dans ces conditions la dessication est toujours achevée au bout de 48 heures, à condition que la quantité d'urine à évaporer (c'est-à-dire le nombre de flacons d'urine disposés sous la cloche) ne soit pas trop grande par rapport aux surfaces d'acide sulfurique. Voici les résultats de quelques-unes de nos opérations :

Poids do résida sec

Poids de rarine. après S4 h. après 48 h. après 73 h.

1^,9994 cf,0574 0^,0573 O^'obli

Nous avons donc toujours arrêté la dessiccation au bout de 48 heures. Ajoutons que deux opérations faites sur la même urine. donnent des résultats très concordants. Nous citons ci-après ceux qu'ont donné les cinq premières d'entre les urines dont il sera question plus loin. Les résultats sont rapportés à la quantité totale des 24 heures.

gr gr gr gr gr

Poids des matières minérales. — Le poids des matières minérales a été déterminé par incinération en suivant les indications de Neubauer et Vogel ^. La méthode, très laborieuse, consiste à évaporer l'urine au bain-marie, jusqu'à départ presque complet de l'eau, à achever l'évaporation au-dessus d'une très petite flamme (un bec Bunsen ne brûlant que par sa veilleuse), puis à carboniser le résidu en veillant à ce que le fond du creuset ne devienne rouge que tout à fait transitoirement. On lave ensuite le charbon à l'eau ohaude dix à vingt fois de suite, et on concentre ces eaux de lavage dans une capsule de platine. Pendant ce temps on rajoute au charbon obtenu le filtre, avec le charbon que ce dernier a retenu, on dessèche à l'étuve à 100**, puis on calcine jusqu'à cendres blanches. On rajoute au résidu obtenu, et sans pertes, les eaux de lavage concentrées, on évapore, et le résidu est calciné très doucement au-dessus et assez loin de la veilleuse d'un Bunsen. La flamme . ne doit pas être assez forte pour rougir le fond du creuset, mais presque assez forte. En chauffant ainsi très doucement, pendant 1 heure et môme davantage, on obtient un résidu bien blanc, sans perte de chlorurés.

Pour raccourcir un peu ces opérations, nous n'avons lavé le charbon que 10 fois. On constate, en effet, qu'au sixième épuisement l'eau n'abandonne plus par evaporation qu'environ un demi-milligramme de résidu. Voici les

* Le résidu est très hygroscopique, c'est pourquoi il est indispensable d'opérer la dessiccation dans des vases pouvant être bouchés pendant la pesée. ' Neubaubr et VoGEL. Analyse des HarnSy 10*-édit., par Huppert. Wiesbaden, 1898, pi 703.

S2d G. DONZE ET E. LAMBUNG

résultats d*unc série de déterminations parallèles. Ils sont exprimés en grammes et pour 1 litre d^urine :

gr gr wr gr gr

Ajoutons qu'en multipliant les épuisements et en procédant à la carbonisation et à la calcination finale, avec une extrême lenteur, on arrive à des résultats plus rapprochés encore.

Matières organiques. — On les a calculées en retranchant le poids des matières minérales de celui des matières solides.

Azote total. — Nous avons employé le procédé de Kjeldahl tel qu'il est décrit par Huppert dans la neuvième édition du traité de Neubauer et VogeH. Voici les résultats de quelques dosages parallèles, empruntés à un autre travail fait au laboratoire à Taide de cette méthode. Ils sont exprimés en grammes d'azote pour un litre d'urine :

Notons encore que ces résultats ne changent pas quand on porte le temps de chaufife habituel d'une demi heure à cinq heures ^.

Urée et ammoniaque, — L'urée a été dosée au moyen de la méthode de Folin, combinée pour le dosage simultané de l'ammoniaque, avec celle de Schlœsing 3.

Acide urique. — On a employé ici le procédé de Folin (précipitation de Tacide urique au moyen du sulfate d'ammoniaque et de Tammoniaque et .titrage de Tacide au moyen du caméléon), tel qu'il a été modifié récemment par Folin et Shaffer*. Une série de dosages faite en double d'après cette méthode pour une dizaine d'urines ont donné chaque fois des résultats identiques. La concordance avec les résultats fournis par la méthode classique de Saikowski-Ludwig est également satisfaisante, comme le montrent les résultats ci-après, exprimés en grammes d'acide urique pour 1000 ce. d'urine :

D'après Folin et Shaffer 0^551 0^,'^732 0^506

D'après Saikowski-Ludwig 0,542 0,690 0,485

On voit que pour le procédé de Folin et Shaffer, les résultats sont toujours plus forts que pour celui de Sallvowski-Ludwig, ce qui s'explique par ce fait, que dans la méthode au permanganate de petites quantités d'autres matières réductrices sont précipitées par le sulfate d'ammoniaque et oxydées avec l'acide urique, tandis que, dans le procédé à l'argent, l'oxydation d'un peu d'acide urique par l'oxyde d'argent et des pertes par le lavage du produit final sont inévitables. Ajoutons que dans le calcul de ces résultats nous n'avons fait intervenir aucun coefficient correcteur 5.

Corps xanthiques. — Ils ont été dosés par différence entre les corps uroxanthiques et l'acide urique déjà dosé. On détermine à l'aide de la méthode cyano-argentimétrique de Denigès ^, la quantité d'argent précité par les corps

* Neubauer et VooEL. Analyse des Harnsy 9* édit., par Huppert et Thomas. Wiesbaden, 1890. p. 504.

' Ce laps de temps d'une demi-heure sufût, parce que Toxydation est faite en présence de l'oxyde de mercure; bien entendu, on opère ensuite la précipitation du métal par un sulfure alcalin, afin de détruire les combinaisons ammoniées du mercure.

' Voy. dans ce même numéro le travail de M. Sallerin : Sur le dosage de Vurée dans rurinc, p. 259.

* Folin et Shaffer. Zcilscbr. f. pbysioL Chem.^ t. XXXII, p. 552.

* Voy. Deroide. Contribution à Tétude dos procédés de dosage de l'acide urique {Thèse de Lille, 1891). — Folin et Shaffer, loc. cit.

*" Dbnigès. Précis de chimie analytique» Lyon» 1898, p. 727.

LE . NON DOSÉ b ORGANIQUE DE L'URINE S29

uro-xanthiques (acide urique et corps xanthiques) de Turine. On calcule, d'autre part, le poids d'argent qui correspond à Tacide urique en partant de ce fait que dans la précipitation par la liqueur argento-magnésienne, une molécule d'acide urique Rxe un atome d'argent, c'est-à-dire que 1 gr. d'acide urique correspond à 0»',643 d'argent. En retranchant du poids d'argent précipité par l'ensemble des corps uro-xanthiques, le poids d^argent qui correspond à l'acide urique, on a par différence le poids d'argent fixé par les bases xantliiques. Enfin on transforme ce poids en xanthine en tenant compte dç ce fait qu'une molécule des bases xanthiques fixe deux atome$ d'argent, c'està-dire que 1 gr. d'argent correspond à 0»',704 de xanthine ^.

L'exactitude de ce dosage dépend évidemment de la précision avec laquelle on détermine les deux termes de cette différence. On a dit plus haut ce qu'on peut attendre à cet égard du procédé que nous avons employé pour l'acide urique. Pour ce qui concerne la détermination des corps uro-xanthiques, deux dosages parallèles donnent le plus souvent des résultats identiques. Le procédé est donc d'une exécution très sûre et très commode et, d'autre part, le principe de l'opération est resté jusqu'à présent à l'abri de toute critique sérieuse.

Toutefois nous ne nous sommes pas dissimulé combien notre détermination des corps xanthiques peut être fautive. Le dosage de Tacide urique d'après Folin et Shaffer comporte une incertitude de 1 à 3 milligrammes pour la quantité d'acide fournie par 100 ce. d'urine. Pour la quantité d'urine des 2i heures, cette oscillation est donc de 1 à 3 centigrammes. Or, le poids des corps xanthiques a varié pour nos huit urines entre 0»',03 et 0»',08. L'erreur qui pèse sur ce résultat est donc énorme en valeur relative. I^ substitution du procédé de Salkowski-Ludwig à celui de Folin et Shaffer n'aurait pas amélioré les choses, car si deux opérations parallèles faites à l'aide de ce procédé, plus précis, peuvent coïncider à moins de 0,5 milligr. près, il n'en reste pas moins acquis que le procédé comporte une certaine perte. Ainsi Deroide ^ a adopté une correction additive de 1,7 milligr. pour l'acide urique de 100 ce. d'urine et a justifié ce coefficient par une série de dosages effectués dans les eaux de lavage. D'autres coefficients ont encore été proposés, mais de telles corrections sont évidemment approximatives et impliquent nécessairement une erreur telle que la précision de notre dosage des corps xanthiques n'eût gagné que peu de chose à la substitution du procédé très fastidieux de Salkowskî-Ludwig à celui de Folin et Shaffer, infiniment plus commode.

Au surplus l'erreur commise est très faible en valeur absolue et tout à fait négligeable par rapport au poids du c non dosé » que nous nous proposons de déterminer.

Creatinine. — Le procédé employé a été celui de Salkowski ^ avec cette différence qu'au lieu de peser le précipité de chlorure double de creatinine et de zinc,. on y a dosé l'azote à l'aide du procédé de Kjeldahl et on a transformé ensuite par le calcul le poids d'azote obtenu en creatinine. Voici les résultats de quelques dosages parallèles, exprimés en grammes et pour 1000 ce. d'urine. On voit qu'ils sont acceptables, si l'on tient compte des difficultés que comporte ce dosage et que connaissent bien ceux qui l'ont quelque peu pratiqué :

ir25

iTsi

Disons en terminant que tous les dosages ont été faits en double et qu'on les a recommencés chaque fois qu'ils présentaient un écart qui ne fut pas acceptable. L'urine a été recueillie directement dans des flacons bien propres, et renfermant quelques cristaux de thymol.

* Neubauer cl VooEL. Analyse des Harns, 10« édil., par Hupperl. Wiesbaden, 1898, p. 831.

' Deroide. Loc. cit.^ p. 35.

» Salkowski. Practicum der physiol, Cbem.^ %• édil. Berlin, 19QP, p. 1862.

G. DONZE ET E. LAMBLING

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