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SUR L'INFLUENCE

de la

DIMINUTION DE L'OXYGÈNE DU SANG Sur les phénomènes thermiques normaux de la contraction musculaire ,

Par M. J. TISSOT

(Travail du laboratoire do M. Cbauveau, au Muséum.)

Dans des mémoires précédents, j'ai montré quelle était Tinfluence du refroidissement passif des animaux sur les phénomènes thermiques de la contraction. J'ai montré que la présence d'un phénomène de refroidissement permanent pendant toute la durée de l'état d'activité d'un muscle n'exclut pas la possibilité d'une production de chaleur. Ce refroidissement permanent est dû au refroidissement spontané ei passif des muscles et s'observe lorsque la contraction ne développe pas suffisamment de chaleur pour le neutraliser. Il n'a, en somme, aucune relation directe avec les phénomènes d'activité du muscle et aucune signification au point de vue thermodynamique. Son caractère passif indique qu'il ne peut avoir aucune relation avec certains phénomènes anaérobies dont l'existence est encore à démontrer.

A. Broca* rapportant et interprétant les résultats d'expériences antérieures, dit :

« Nous avons pu observer que, dans l'asphyxie ou l'anémie, le muscle étant en tétanos, c'est-à-dire soutenant un poids sans travail extérieur, produit un refroidissement qui atteignait, après 3 ou 4 minutes, un demi-degré ou même plus. 11 suffisait d'ailleurs de rendre l'oxygène ou le sang pour voir revenir le réchauffement. »

Je reproduis ce paragraphe parce qu'il démontre que le phénomène observé dans ce cas est le refroidissement passif des muscles et non pas un refroidissement dû à un phénomène d'activité. L'arrêt de la circulation augmente le refroidissement passif des muscles par suite de la suppression de l'apport de la chaleur par le sang. En conséquence, il fait paraître plus intense et plus prolongé le refroidissement actif du début; si le refroidissement passif est très rapide et la production de chaleur pendant la contraction assez faible,

* A. Broca. Aperçu sur la thermodynamique du muscle (Congràs de Nantes,

le muscle ne s'échauffe pas, mais continue à se refroidir. J'ai indiqué à quels signes on peut cependant reconnaître la production de chaleur ^.

Le retour du sang provoque le réchauffement pendant la contraction, parce qu'il supprime la cause du refroidissement passif des muscles et permet plus facilement aune production de chaleur de se manifester par une ascension thermique. Il est lui-même une cause d'échaulTement pendant la contraction .

L'explication que je donne, concernant un phénomène de refroidissement de longue durée pendant la contraction, n'implique pas de ma part une confirmation du fait. On peut exceptionnellement l'observer. Mais la règle est l'apparition d'échauffement survenant pendant la contraction, après un refroidissement variable. On observe les mêmes phénomènes chez l'animal mort, c'est-à-dire lorsque la circulation est totalement supprimée.

J'ai voulu savoir si, pendant Tasphyxie de l'animal, la diminution de l'oxygène du sang peut changer le sens ou la nature des phénomènes thermiques de la contraction. J'ai fait une série d'expériences dont je vais reproduire quelques-unes. L'asphyxie a été déterminée dans tous les cas par l'oblitération de la trachée au moyen d'une pince.

Exp. I (mai 1901). — Chien de 12 kiiogr., morpliinisé. maintenu en état d'anesthésie pendant 6 heures. I/asphyxie dure 8 minutes 2.

Température rectale, 3(>» ; température du gastrocnémien au début de l'asphyxie, 29°85; température du gastrocnémien au moment de la mort, 28*>,9.

Le galvanomètre montre un écliauffement notable du muscle à chaque convulsion asphyxique.

Exactement au moment de la disparition des battements du cœur, on excite le muscle chargé de 500 grammes pendant une minute. Il s'échauffe immédiatement (iig. 1).

Au bout d'une minute sa température avait monté de 28°9 à 29®. Le galvanomètre a indiqué, en premier lieu, Tarrèt Fig. 1. du refroidissement passif, en second lieu de réchauffement.

L'excitation était de trop longue durée, le muscle ne répondant plus à l'excitation après cette observation.

Je fais remarquer dès maintenant que le muscle se fatiguant rapidement, on pourrait attribuer réchauffement au relâchement et à la chute du poids; mais on observe au galvanomètre l'arrêt du refroidissement passifdès le début du raccourcissement et réchauffement a déjà commencé à se produire avant que le muscle se relâche.

Exp. II (mai 1901). — Chien de 12 kiiogr. normal. — Température rectale au début : 39^*2; température du gastrocnémien droit, 37°, 7 (fîg. 2).

L'asphyxie dure 6 minutes. Température rectale après ces 6 minutes, 39«».

Température du muscle pendant l'asphyxie, au début : 37s7 — (1') 37®,5 — (l'30") 37°,4 — (l'34'O 37«,3— (2'5O'0 37",1 — {A') 36«,9— (4'45'0 36%8— (0') 36«,5 ;

* Le refroidissemenl permanent se voit cxceplionnellemcnt et dans des conditions déterminées. On le voit le plus facilement sur un muscle épuisé et incapable do fournir un tétanos prolongé. — Le tétanos n'a pas eu dans ce cas une durée assez longue pour donner un échaufTcmont suffisant à neutraliser le refroidissement passif.

* Pour le dispositif expérimental, se reporter au premier mémoire (p. :i8oi.

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