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II. — HiSTORIQITB

1. M. E. Becquerel a observé que, si des dissolutions d'azotate de cuivre et de monosulfure de sodium sont séparées, par la fêlure d'un tube, une membrane poreuse, ou, en général, une cloison [à espaces capillaires, on voit, après an certain temps, du cuivre métallique apparaître sur la face de la cloison baignée par la dissolution cuivrique.

D'autres dissolutions métalliques, convenablement choisies, permettent, par remploi de ce procédé, d'obtenir les métaux suivants : platine, or, argent, ètain, plomb, cobalt, nickel, etc.

Si les dissolutions réagissantes [(Az03)2Cu et Na^S dans le cas étudié], sont directement en contact, on ne voit jamais se produire de dépôt métallique. Cela prouve donc nettement l'action de la membrane.

Pour M. Becquerel, l'apparition du métal est le fait d'un courant électrique qui, naissant de l'action chimique des deux liquides, se ferme dans la fêlure du

* H. BoRDiBR. Actions moléculaires dans Forganisme, p. 53-5i.

• E. Onimub. Traité d'électricité médicale, 1888, p. 258.

tabe ou les canaux, les pores de la membrane — d'où le nom de « courant électro-^îapillaire • — par Tintermédiaire de la paroi de la cloison jouant le rôle cTun conducteur holide.

Quand la paroi n'existe pas, quand il n*y a pas de membrane (contact direct des liqueurs), le circuit n'est plus fermé, il n'y a pas de courant électrique, ni de dépôt métallique.

Cette intéressante expérience — dont une explication rationnelle basée sur les propriétés des ions fut donnée par M. W. Ostwald * — conduisit son auteur à un grand nombre de recherches relatées dans une série de mémoires sur les phénomènes électro-capillaires^.

En particulier, M. Becquerel fait Texpérience suivante qui touche directement à notre élude.

Du papier à dialyser sépare deux liquides : eau et dissolution saline ou bien des dissolutions de sels différents, d'acide et base, etc.. Deux morceaux de platine convenablement préparés plongent respectivement dans les liquides, et sont réunis à un galvanomètre sensible. Dans ces conditions, on constate l'existence d'une force électromotrice dans le circuit ; elle se modifie dans le temps, varie par agitation de la membrane avec une baguette de verre et reprend, par le repos, sa valeur antérieure.

2. Plus tard, M. E. Doumer, dans son excellent travail sur Tosmose des liquides, recherche expérimentalement si ce phénomène s'accompagne d'une manifestation électrique particulière.

Il monte une expérience analogue à celle de M. Becquerel, remplaçant legalvanomètre par un électromètre capillaire, le papier à dialyser par de la baudruche. Dans ces conditions, l'auteur constate aussi l'existence d'une force électromotrice dans le circuit.

Une autre expérience est instituée où le septum qui provoque l'osmose est supprimé. Un phénomène électrique apparaît encore dans cette simple expérience de diffusion libre.

H. Doumer relate que c l'intensité relative du courant électrique (de l'osmose) paraît être à peu près la même que celle produite par la diffusion » et que la légère différence quelquefois constatée c semble tenir à l'action chimique des substances (dissoutes) sur la membrane ».

L'auteur, faute d'outillage suffisant, n'a pu, comme il le déclare lui-même^, faire de mesures précises. Ces résultats ne permettent pas de trancher catégoriquement la question des phénomènes électriques de Tosmose *.

* Propriétés électriques des membranes hémiperméables {Zeiischrifl fur physikalischn Cbemie, 1890, p. 71 à 82.

Le contact des : (AzO*)*Cu et Na*S dans les espaces capillaires de la cloison donne nais-

sanoe à une couche de CuS perméable à l'ion AzO'— ; mais imperméable à l'ion Gu. L'ion AzO*^ au contact de Na'S agit ainsi :

2AzO> + aNa«S =2AzO»Na f Na« S* «(-) 4(+)4(-) 2(-) 2(+) 2(+-)2(-)

La formation du disultaro — prouvée par la coloration jaune du liquide — amène donc "* +4-

la libération de 9 charges ioniques négatives. Ces 2(— ) neutralisent les 2(4-) de Tion Gu,. iiTété par la membrane; l'ion Cu neutralisé déchargé passe à l'état d'élément chimique. 11 y a dépôt de cuivre.

' Mémoires de TAetidémie des sciences, t. XXXVI, XXXVIII, XL et XLI.

* M. E. OouHBR. Tiièse de Médecine de Bordeaux, 1881, p. 80.

* M. Ghanoz. Note préliminaire sur les phénomènes électriques de l'osmose (Socivlv médicale des hôpitaux de Lyon, juin 1905.

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3. Et cependant, sans nouvelle expérimentation^ à ma connaissance du moins, on admet, comme je l'ai dit, que les phénomènes électriques de Tes-' mose apparaissent dans l'organisme. On va m^me jusqu'à donner une explication de ce phénomène électrique non nettement constaté, c ... Le courant électrique * que Ton peut mettre en évidence pendant Tosmose est le résultat, des actions capillaires dont la membrane est le siège pendant que les molécules l'imbibent ; ces actions capillaires consistent surtout en des variations dé tension superficielle subies par l'un et l'autre liquide à travers le septum poreux. Il sufHt pour comprendre la production d'électricité par ces actions capillaires, de rappeler l'expérience suivante : si on fait coulei" par un tube de verre très effilé plongeant dans de l'eau acidulée du mercure goutte àgoutteet que l'on relie l'eau acidulée et le mercure du tube à un galvanomètre très sensible, on voit, au moment où une goutte de mercure se forme à l'extrémité du tube effllé, se produire une déviation du galvanomètre : cette déviation est le résultat d'une modification de la tension superficielle du mercure. »

Or, on admet en physique que deux liquides très miscibles au contact sont séparés par des couches de transition. Ils ne présentent pas de surface commune, nette, rigide, douée de polarité par couche double d'Helmholtz; ils sont donc absolument incapables de pouvoir engendrer le phénomène classique deLippmann présenté par le mercure dans les liquides ou un liquide dans un autre liquide non miscible, ainsi que l'a, dans ce dernier cas^ constaté M. KrouchkoU*.

Et l'auteur précité, parlant des phénomènes électriques de l'osmose insuffisamment caractérisés, aurait donc eu doublement raison en ne disant pas que « ... ce sont les variations de la tension superficielle des liquides qui entraînent la production du courant électrique (de l'osmose) » '.

m. — Recherches personnelles

A. — But du travail

Je me suis proposé de rechercher : 1^ si pendant l'osmose ordinaire des liquides avec membrane perméable, apparaît un phénomène électrique; et 2* si ce phénomène varie de signe, d'intensité avec le flux de liquide constaté dans l'expérience, flux qui est, on le sait, la résultante des eflets d'endosmose et d'exosmose.

B. — Principe de la recherche

Dans leurs essais avec membrane, MM. Becquerel, Doumer, faisaient en somme la chaîne suivante :

Pt I H20 I solution | Pt

ayant en (1) la membrane considérée.

Indépendamment du soi-disant « phénomène électrique de Tosmoee », le

* M. H. Bord 1ER. Loc, oit,

* Kbouchkoll. Variations de^ constantes capiUaires des surfaces: eau, éther^ 6tc.,.aoU5 riiifluence d'une force électromotrice. 4ourntLl de Physique, 2* série, t. III.

* M. H. BoRDiER.- Loc. cit.

circuit possède les diSérences de potentiel suivantes : Pt | solution ; HH) I solution; solution | Pt. C'est la somme de ces quatre quantités que Ton mesure. Mais si cette somme n'est pas nulle — et les auteurs ont constaté qu'elle ne Tétait pas — cela n'implique pas nécessairement l'idée que le premier facteur c phénomène électrique de Tosmose » est différent de zéro. Pour le savoir, il faudrait déterminer d'autre part ou annihiler l'influence des trois autres facteurs.

Une deuxième expérience faite sans membrane donnerait théoriquement évidemment Veïïèt delà membrane par différence entre les résultats des deux expériences : de simple diffusion et d'osmose. Mais, en particulier, l'emploi du platine ne permet pas toujours dans des expériences distinctes de compter sur la constance des différences de potentiel : Pt | solution ; Pt | H*0 ; qui varient avec l'état de polarisation du métal.

Pour résoudre la question, je m'étais tracé le programme suivant : faire la

chaîne

Solution I H^O | solution (1) (2)

symétrique pour les concentrations, réunie à un appareil de mesure par des électrodes liquides impolarisables convenablement choisies ; vérifler qu'aucune force électromotrice < n'apparaît dans la ligne quand les liquides sont directement en contact en (1) et (2) ; introduire alors la membrane d'un côté de la chaîne, en (1) par exemple.

Le phénomène électrique, constaté à ce moment, mesurerait, dans les conditions de ^expérience, Teffet de la membrane intercalée.

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