QUANTITÉ
de
fibrine de battage
enlevée
FIBRIxNE DE CAILLOT 1 ponr 1 .000 gr. de sang 1
âTânt la taignée
aprèi U saignée
plasieors heara après
13 kg.
13 kg.
13 kg.
10 kg. 500
10 kg.
1 gr. 435 0 gr. 53 lgr.23 lgr.40
0 gr. 636
Carotide :4gr.06 Carotide :8gr.67 Carotide :3gr.49 Carotide : Sgr.26 Carotide :3gr.ll Jagaiaire:3gr.02
3 gr. 85
2 gr. 10
4gr.27iixkMraipni.
2gr.57nihcirrsaii^. 5gr.04Matnb>Bnsaffk 7 gr. 90 f lift-^ulre keinia|fii
VI. — Defibrination totale du sang, — Régénération de la fibrine.
L Données antérieures. — Magendie (1837) a eu Tidée d'enlever à un animal toute la fibrine circulante. A cet effet il pratique à des chiens une saignée, dépouille le sang de sa ûbrine par battage et réinjecte le sang défibriné. Il répète cette expérience tous les jours, ou tous les deux jours et constate qae la fibrine se reforme et dépasse considérablement le taux initial. Toutefois les animaux opérés par Magendie résistaient mal; ils étaient tristes et finissaient par succomber dans un état de maigreur extraordinaire. L'auteur a noté une tendance aux hémorragies.
Dastre (1893) s'est également proposé d'extraire du sang d'un animal toute la fibrine qu'il peut fournir et de restituer à cet animal le sang ainsi débarrassé de fibrine et devenu incoagulable. Le procédé de l'auteur consistée pratiquer^ dans une seule séance, une série de saignées successives alternant avec les réinjections du sang défibriné. Les chiens sur lesquels il opère su^ vivent, mais un temps plus ou moins long suivant le taux de la soustraction sanguine effectuée à chaque prise. La fibrine reparaît d'abord lentement, puis la production s'accélère au point qu'en 24 heures, dans un cas, la teneur en fibrine avait dépassé d'un tiers la quantité initiale. Bizsozeroj en 1891, avait précisément, dans un but particulier d'études sur les plaquettes du sang, exécuté la même opération et vu que l'animal continuait à vivre; en cinq jours la fibrine dépassait son niveau primitif.
2. Defibrination combinée à des ablations d'organes. — A,Malhews{{^^s 1900) a pratiqué la defibrination totale sur des chats, dans le but de rechercher par des ablations d'organes consécutives le lieu de fornaation do fibrinogène. L'auteur, suivant le procédé de Dastre^ défibrine la totalité du sang en une seule séance^ au moyen de prises et de réinjections successives. Ses animaux survivent très bien ; la fibrine se reforme en quelques heures et même^ 24 heures après l'intervention^ dépasse de plus d'un tiers son taux primitif. D'après Mathews, la régénération n'a plus lieu après l'ablation de l'intestin.
il. Doyon, CL Gautier^ A. Morel (1906) ont combiné la defibrination totale ayec l'extirpation complète du foie chez la grenouille. Après avoir débarrassé par section de l'extrémité distale d'une patte antérieure le système circulatoire de l'animal de son contenu, ils y font circuler du sang de grenouille défibriné, saignent à nouveau et recommencent l'opération jusqu'à ce que le sang recueilli ne présente plus trace de coagulation. A ce moment, ils pratiquent une dernière injection et suturent avec 9oin toutes les plaies. Ceci pour les témoins. Lorsqu'on fait simultanément l'ablation du foie, il faut isoler par des ligatures placées à quelque distance du bile une grande partie des lobes. On défibrine alors comme précédemment^ puis on rapproche du bile les ligatures. La totalité du foie est ensuite réséquée. — L'animal se remet parfaitement. Douze à 24 heures après l'opération, la fibrine est régénérée chez les animaux de la première catégorie, elle ne l'est pas chez les animaux privés de foie.
3. Résultats personnels concernant la defibrination totale chez le chien. - La defibrination était pratiquée en une seule séance suivant le procédé de Dastre. Les prises étalent effectuées dans une artère fémorale; le sang était défibriné aussi vite que possible au moyen d'un faisceau de baguettes de verre, mis quelques instants à l'étuve à 40*, puis réinjecté dans une veine fémorale. La réinjection était faite au moyen d'un entonnoir spécial muni d'un tube de caoutchouc et d'une canule en évitant l'évaporation. La fibrine de chaque prise était récoltée, jetée dans de grands cristallisoirs pleins d'eau distillée, lavée et séchée à poids constant.
Chez des chiens de 20 kilogr. environ auxquels on enlève à chaque prise 300 gr. à 400 gr. dans les conditions précitées, la fibrine décroît rapidement; après une douzaine de prises, il ne reste en général que des quantités très faibles de fibrine. Très rapidement la fibrine réapparaît et 10 heures après l'opération peut dépasser déjà fortement le taux initial. La fibrine néoformée présente, comme Magendie et Dastre l'avaient déjà constaté, des caractères spéciaux; elle apparaît plus molle, plus gélatineuse et cela dès les dernières prises. Elle est plus soluble. Dastre^ en tenant enfermée de la fibrine régénérée dans des nouets de très fine étamine placés dans de l'eau courante pour enlever les globules et l'hémoglobine, avait, le lendemain, trouvé vides les nouets. Il faut donc réduire au minimum la durée des opérations de lavage; nous nous sommes appliqués à ne jamais faillir à cette condition.
Tableau III.
Defibrination totale. Déci^oissance graduelle de la fibrine et régénération de cette substance.
Chaque prise de sang était de 300 gr. dans les expériences ^, d^, 4*, 5**, 6"* et T; de 400 gr. dans les expériences pour le chien 1". Par suite d'une erreur, la première prise faite au chien ^ a été de 400 gr. et la septième faite au chien 6** de 550 gr. La durée de la defibrination a été : de 1 h. 12 pour le chien l**, de 1 h. 43 pour les chiens 2* et 3*, de 1 h. 35 pour le chien 4'', de 2 h. pour le chien 5*^ de 1 h. 55 pour le chien &* et de 1 h. 18 pour le chien 7%
OOYOS^ MOREL ET KAREPF
Poids du chien. .
22 Icilogr.
23 Icilogr.
23 kilogr.
23kUogr.
24 kilogr.
26kaii^22Jûl.30o|
NUMÉRO 111 LA PRXSB
FIBRINE DE BATTAGE 1 enleTée par chaque prise 1
0 gr. 840 Ogr. 452 0 gr. 335 Ogr. 318 0 gr. 210 0 gr. 144 0 gr. 056 0 gr. 029
0 gr. 4172 0 gr. 2536 0 gr. 2093 0 gr. 1600 0 gr. 0976 0 gr. 0433 0 gr. 0270
Ogr. 274 0 gr. 204 0 gr. 154 Ogr. 112 0 gr. 084 Ogr. 061 0 gr. 058 0 gr. 033 0 gr. 023 0 gr. 017 0 gr.0115
Ogr.4186 0 gr. 3327 0 gr. 2117 0 gr. 1273 0 gr. 0834 0 gr. 0621 0 gr. 0539 0 gr. 0415 0 gr. 0352 0 gr. 0281
0 gr. 0212
1 gr. 0905 0 gr. 7275 0 gr. 6139 Ogr. 5222 0 gr. 4610 0 gr. 3721 Ogr. 2519 0 gr. 1633 0 gr. 0872 Ogr. 0663 0 gr. 0481 0 gr. 0312 0 gr. 0225
0 gr. 0191
Ogr. 2875 0 gr. 2009 0 gr. 1334 Ogr. 1201 0 gr. 0615 0 gr. 0533 0 gr. 0429 Ogr.0345 0 gr. 0312 Ogr. 0285 Ogr. 0221
0 gr. 0197
lgr.3959
0^.4414 Ogr.3905 Ogr- 3182 Ogr. 2417 Ogr. 1733 Ogr. 1215 Ogr. 0912 Ogr. 0736 Ogr. 0522 Ogr. 0314 Ogr. 0265 Ogr. 0197
0 gr. 0130
MOMEiNT
DB LA PRISB
FIBRINE DE CAILLOT pour 1,000 grammes de sang
Avaat la déûbrinatioQ
Quelques minutes après —
Plusieurs heures aorès
3 gr. 30
1 gr. 46
après.
1 gr. 31
Ogr. 05
lKr.81
20 heures
après.
2gr.47
Ogr. 04
2gr.74
après.
1 gr. 36
0 gr. 07
1 gr. 67 9 il. 15
après.
3gr.54
Ogr. 35
8Ti. 30 après.
1 gr. 49
Ogr. 11
1 çr. 80 9 h. 30 après.
2gr.78
0 gr. 14
10 neures
après.
VII. — > Teneur comparée en fibrine du sang artériel et des sangs veineux après la saignée et la defibrination totale^ .
/. Données antérieures. — Les données comparatives concernant la teneur en ûbrine du sang, dans les différents territoires vasculaires, sont peu nombreuses..
Claude Bernard^ en 1848, annonce qu'il n*a pas trouvé de fibrine dans la veine rénale.
Lehmanny en 1851 et 1855^ soutient, d'après des expériences sur des che* vaux et des chiens, qu'il n'existe pas de fibrine dans le sang des veines sushépatiques. Le foie serait, d'après cet auteur, l'organe destructeur de la fibrine; cette destruction rendrait compte de la formation hépatique du sucre du sang. Lehmann soutient aussi que le sang des petites veines contient une proportion notablement plus grande de fibrine que le sang artériel.
Broum-Séquard, dès 1851, dans des recherches qu'il ne publia que plus tard, en 1858, trouve que le sang défibriné qu'il fait circula à travers des
TËNBUR COMPARÉE DU SÀN6 EN FIBRINE 789
membres excisés entratne un peu de fibrine et que certains sangs veineux sont plus riches en cette substance que le sang artériel correspondant.
Broum-Séquard^ Mac Donnelt (1863), admettent que le sang des veines sushépatiques ne contient pas de Ûbrine et considèrent comme Lehmann que la destruetion de cette substance a lieu dans le foie.
Dastre, en 1891» a comparé la teneur en fibrine du sang, avant et après le poumon. L'auteur conclut que le poumon se montre tantôt destructeur, tantôt formateur de fibrine. En outre, Dastre^ comparant la fibrine totale et la fibrine artérielle, a vu que, chez le chien, le sang artériel est plus riche en fibrine, que l'ensemble du sang veineux pris en masse.
D'après Mathews (1893) le sang de la veine cave inférieure, au-dessous et au-dessus des reins, est plus pauvre en fibrinogène que le sang artériel; par contre, le fibrinogène se trouve constamment en plus grande quantité dans le sang des veines mésentériques que dans le sang artériel. Pour l'auteur américain, c'est l'intestin qui est l'organe formateur du fibrinogène et de la fibrine.
2. RésaUats personnels. Réserves sur leur interprétation, — Le sang artériel contient plus de fibrine que le sang veineux correspondant, soit à l'état normal, soit pendant la période de régénération de la fibrine, après la saignée ou la defibrination totale. D'une manière générale, le sang de la veine sus-hépatique contient après la saignée ou la defibrination totale plus de fibrine que le sang artériel, que le sang de la veine porte ou de tout autre vaisseau.
Remarquons à ce propos que la méthode des dosages comparatifs ne peut évidemment pas conduire, au moins dans un grand nombre de cas, à des conclusions irréfutables concernant la localisation de la fonction fibrinogénique. Il faudrait pouvoir tenir compte de toutes les conditions capables de modifier la concentration du sang.
Dans la plupart de nos expériences nous avons comparé le sang de l'artère fémorale au sang de la veine fémorale et non le sang carotidien au sang jugulaire. Nous estimons que les glandes salivaires par leur fonctionnement peuvent être la cause de perturbations difficilement appréciables. Néanmoins, même dans ce dernier cas, les résultats sont en majorité favorables à notre thèse. La teneur plus élevée du sang porte par rapport au sang artériel peut, dans certains cas, s'expliquer par une evaporation consécutive à l'ouverture du ventre ou une concentration au niveau de l'intestin. Ces causes d'erreur sont d'autant plus importantes qu'il est difficile d'éviter pendant les prises la stase sanguine dans la masse intestinale; l'eau expulsée est fournie par une masse de sang limitée et immobile.