ACTION DE LA STROPHANTINE SDR LE COEUR
forme au début. Avant l'injection on compte 9 pulsations en 10 secondes, la valeur moyenne de la pression est de 43 centimètres Eg. Après l'injection intraveineuse de 3 milligr. et demi de strophantine le nombre de pulsations n'est plus que de 5, la pression monte & 15 centimètres Hg, le stade de ralentissement du pouls ne dure que 2 minutes, brusquement se produit le stade d'accélération et d'élévation de pression (27 pulsations en 10 secondes ; la pression atteint 22 centimètres Hg) . Ce dernier stade dure 4 minutes ; on peut y distinguer encore une période de régularité et une période d'irrégularité du pouls à la fin de laquelle la pression tombe subitement au zéro.
Dans d'autres expériences, pratiquées dans les mêmes conditions, mais avec des doses phis faibles, l'animal ne meurt pas ; il se comporte comme ceux d'entre les chiens qui avaient survécu à la dose de teinture.
Voici, relatée brièvement, une de ces expériences :
Chien de 15 kilogr. Avant l'injection, qui est d'un milligr. et demi, on compte 12 pulsations en 10 secondes; la pression est de 12 centimètres Hg. Pendant le stade de ralentissement du rythme cardiaque : 6 pulsations en 10 secondes, pression de 14 centimètres Hg. La phase d'accélération, avec élévation de pression, arrive brusquement au bout de 6 minutes. Il y a alors 19 pulsations en 10 secondes ; la pression s'élève à 10 centimètres Hg. Cette phase dure 25 minutes, puis le pouls se ralentit ; la pression baisse trois quarts d'heure après l'injection, le pouls n'est pas encore redevenu normal : il est trigéminé. Nous comptons 12 pulsations en 10 secondes, la pression n'est plus que de 40 centimètres Hg.
En somme, nous ne voyons pas de grande différence entre le mode d'action de la teinture de strophantus et de la strophantine.
m. — Rôle des pneumogastriques dans les modifications du rythme DU pouls survenant pendant l'intoxication par le strophantus
Nous avons vu, dans l'historique, que les auteurs ne sont nullement d'accord sur le rôle du pneumogastrique dans les modifications du rythme du pouls survenant pendant l'intoxication par le strophantus.
Delsaux ' constate que chez un chien vagotomisé il se produit, après 4 injections de teinture de strophantus, A la dose de 5 gouttes chacune, une diminution notable du nombre des pulsations du cœur . et une augmentation très nette de leur ampleur.
Popper * a réalisé deux expériences instituées dans les mêmes conditions : la première de ces expériences ne lui permit pas de constater de ralentissement du rythme des contractions cardiaques; la seconde, au contraire, lui fît voir les choses telles qu'elles se passent quand les vagues sont intacts. Popper, se basant sur ces deux expériences contradictoires, croit néanmoins que le maintien des pneumogastriques est requis pour pouvoir observer le ralentissement du rythme du cœur.
Kochmann ', chez un chien ayant subi la double vagotomie au cou, constate que l'injection intraveineuse de 3 milligr. de strophantine accélère légèrement le rythme du cœur. Chez le chien à vagues intacts, au contraire, une dose analogue diminue considérablement la fréquence du pouls.
1 Dblsauz. Ir. «.
* Poppsa. Ir. c,
* Kochmann. L, «.
ACTION DE LA. STROPHANTINE SUR LE COEaR
L'injection de 3 milligr. de stropbantine en solution au millième fait monter rapidement et graduellement la pression ; pendant i minute le rythme des pulsations ne se modifie guère (32 pulsations) ; puis la tachycardie devient extrême (42 pulsations), la pression atteint 28 centimètres Hg. Cette dose tue le chien en 6 minutes .
Cependant si l'on vient à donner à un chien vagotomisé des quantités de teinture beaucoup plus fortes, quatre fois par exemple ce qui était donné d'habitude, c'est-à-dire 4 c. c. par kiiogr. d'animal du mélange pratiqué, ainsi qu'il a été dit plus haut, on constate que, une demi-minute environ après l'injection, il se produit un ralentissement du rythme du pouls assez marqué, pouvant durer une minute.
Cette dernière expérience nous indique que la teinture, à dose massive, ralentit les battements du cœur d'un chien dont les pneumogastriques sont coupés au cou. Elle explique peut-être certaines contradictions qui existent entre différents auteurs qui se sont occupés de la question.
Les expériences qui viennent d'être décrites montrent que la teinture de strophantus et la strophantine ne diminuent les battements du cœur du chien que par Tintermédiaire des pneumogastriques, puisque, sauf lorsqu'on emploie des doses très considérables de teinture, chez les chiens vagotomisés les médicaments que nous étudions accélèrent le rythme des contractions du cœur.
L'expérience suivante montre également bien que l'intégrité des pneumogastriques est nécessaire pour que le strophantus puisse diminuer le nombre des pulsations du cœur.
FiG. 3. — Chien mâle, 12 kiiogr. ; 6 centigr. de morphine. Manomètre à mercure eo relation avec l'artère fémorale. Sphygmoscope en relation avec la carotide. Tracé pris 2 minutes après la Gn de l'injection intraveineuse de 1,2 c. c. de teinture de strophantus B. W. + moment de la double vagotomie cervicale.
Si, chez un chien ayant reçu une injection intraveineuse de teinture de strophantus, on sectionne les deux pneumogastriques au cou pendant la période de ralentissement du pouls, on voit, conmne il est représenté graphiquement sur la figure 3, la bradycardie faire place à une tachycardie considérable ; la pression s'élève en même temps brusquement et très notablement. On ne saurait, à notre avis, montrer d'une façon plus évidente que la diminution de fréquence des contractions cardiaques, produite par le strophantus, est sous la dépendance des pneumogastriques.
SM GH. LIAGRE
Nous avons vu plus haut qu'assez fréquemment on voit survenir, conséeitivement à Taction du strophantus, un passage brusque entre le stade « rareté et le stade d'accélération du pouls. Or, si l'on compare la figure 1, qa nous représente ce passage brusque entre les deux premières phases deFiatoxication par le strophantus et la figure 3, qui montre l'influence de la section des deux pneumogastriques pratiquée chez un chien pendant la période de ralentissement du rythme du cœur, on voit que les deux figures sc^ absolument comparables.
Cette constatation nous autorise à croire que chez le chien intoxiqué p^ le strophantus, au moment où survient l'accélération du pouls il se prodc: une paralysie des pneumogastriques, soit à leur origine, soit à leur terminaison.
Certains physiologistes, qui ont étudié l'intoxication par le strophantca ont recherché si ce médicament paralyse les terminaisons du vague ; mm les résultats auxquels ils ont abouti sont contradictoires.
Après injection de teinture de strophantus, Delsaux ' avait conclu i h conservation de l'excitabilité du bout périphérique du pneumogastrique. Pv contre Popper • déclarait que l'excitation électrique du vague ne provoqœ pas de ralentissement du rythme cardiaque, mais diminue la pression. Df cette expérience. Popper concluait à la paralysie des extrémités intracâidiaques de ce nerf, car il pensait que l'abaissement de la pression généni pouvait s'expliquer par une constriction des vaisseaux pulmonaires conmct tive à l'excitation électrique.
Gunther' conclut, avec Popper, à la paralysie des pneumogastriques, quoique cependant le courant électrique puisse d'après lui déterminer qk arythmie que je n'ai, pour ma part, jamais constatée. Il déclare encore que le strophantus paralyse le vague sans l'exciter au préalable.
La figure 4 montre les résultats d*une série d'excitations électriques du bout périphérique du pneumogastrique droit réalisée chez un chien intoxiqué par le strophantus. En I nous voyons les résultats d'une excitation obtenue au moyen éa chariot de du Bois Reymond avec un écartement de 8 centimètres entre les bobiaeL ce chien n'ayant pas encore reçu de strophantus.
Ed excitant avec un même courant électrique 86 secondes après la fin de ^iIlje^ tion (fîg.4, II), alors que le médicament a déjà ralenti considérablement le pottk.k pression baisse légèrement, le ralentissement des pulsations est faible. J'ai contiDcék exciter le pneumogastrique pendant le stade de ralentissement qui a duré 5 minutes. Les effets de l'excitation se faisaient de moins en moins sentir au fur et à mesorr que l'on s'écartait du moment de la pénétration du médicament dans le sang. Aiss une excitalion électrique d'une intensité équivalente aux deux premières, pratiq&èe 156 secondes, comptées toujours à partir du moment de l'injection, n'a donsé qu'une diminution de pression inférieure à ce qu'elle était en II et, excité cocwe une minute plus tard, le pneumogastrique ne réagissait plus. Si l'on excite pendsct la période d'accélération avec des courants de même intensité ou d'intensité beiscoup plus forte (fîg. 4, III), il ne se produit ni ralentissement du pouls, ni dimiiition de pression. L'écartement des bobines en III était de 5 centimètres. DansccC^
1 Dblsaux. L. €,
* Poppsa. L. e.
* GuNTBER. Zur Eenntnis der Strophantus Wirkung. (Thirap. 1904, t XVin, p.