ACTION D£ LA STROPHANTINË SUR LE COEUR
Pour inscrire lès contractions cardiaques, j'introduis dans la pointe du cœur un crochet en acier, fixé à un grand tambour, relié par un tube en caoutchouc k un tambour à levier plus petit, mais très sensible, placé sur l'appareil enregistreur de Hering.
J'ai étudié l'action de la teinture de strophantus et de la strophantine en injectant une certaine dose du médicament dans le tube en caoutchouc qui reliait le serpentin à la canule en r*
Dans la plupart des expériences, j'ai préféré cependant rechercher les effets du strophantus en irriguant le cœur au moyen du liquide nourricier chargé du médicament. Pour réaliser cette expérience, deux vases de Mariotte sont placés au même niveau. L'un contient le liquide pur, l'autre le mélange. Deux tubes en caoutchouc partent de ces vases et aboutissent aux deux branches symétriques d'une canule en Y, la branche médiane conduisant le liquide au serpentin. En plaçant alternativement une pince de Péan sur l'un ou l'autre de ces deux tubes en caoutchouc, le cœur est irrigué par l'un ou l'autre de ces deux liquides.
FiG. 5. — Circulation artiûcielle de liquide de Locke dans le cœur extrait du corps d'un chien de 7 kilogr. Tracé des contractioos cardiaques : la ligne du graphique descend à chaque systole. — I. Le cœur est irrigué par du liquide de Locke. — II. Le cœur est irrigué depuis 2 minutes par du liquide de Locke additionné de 2 c. c. de teinture de strophantus B. W. par litre. — III. Le cœur est irrigué depuis 4 min. 1/2 par du liquide de Locke additionné de 2 c. c. de teinture de strophantus B. W. par litre (Cette Ûgure est réduite de 1/3.)
La figure 5 représente graphiquement les résultats obtenus chez le chien. La première partie de la figure montre les contractions du cœur lorsqu'il est irrigué par le liquide de Locke La seconde partie a été obtenue 2 minutes après le début de l'irrigation par le liquide de Locke additionné de 2 c. c. de teinture. On constate une très forte augmentation de l'amplitude des contractions sans modification notable du rythme. Ce stade dure 3 minutes. La troisième partie de la figure montre une forte accélération des contractions avec renforcement considérable. Ce stade dure 6 minutes. Une courte période d'accélération, avec irrégularité du rythme, précède la mort.
En employant des doses plus faibles (1 ce. de teinture pour 1 litre de liquide de Locke) il ne se produit ni renforcement, ni accélération appréciable, mais, alors que l'amplitude des contractions cardiaques avait une certaine tendance à décroître pendant l'irrigation par le liquide de Locke seul, elle devient absolument constante, pendant tout le temps que dure l'irrigation par le liquide de Locke additionné de teinture.
Des doses très fortes (5 & 6 c. c.) se comportent différemment : au moment où le liquide chargé de cette dose de teinture commence à irriguer le cœur, on observe pendant 1/2 minute à peu près, une diminution légère de son pouvoir contractile. Cette phase me paraît être due à l'action dépressive de l'alcool qui déjà, comme l'a
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montré Kochmann \ à des doses de 3 pour 1,000 diminue retendue des pulsatioca sans toutefois produire un ralentissement. A cette période succède un stade de ra- : forcement de courte durée et bientôt un ralentissement très net se montre, coino- 1 dant ou non avec de l'allorjthmie.
Je crois que Ton peut attribuer le ralentissement des contractions di ; cœur à la grande toxicité de la dose employée; en e^et, nous avons ti précédemment que, chez le chien à pneumogastriques coupés, lorsqo a ; injecte une dose de teinture de strophantus 4 fois supérieure à la â(m '. généralement mortelle, on voit survenir aussi pendant un court espace et ".. temps un ralentissement des contractions du cœur.
L'irrigation du cœur de chien par le liquide de Locke^, additionné de dœ& de 4, 5^ iO milligr. de strophantine cristallisée par litre^ présente eoeotc à considérer : 1" une période de renforcement sans accélération notable i tractions cardiaques; 2* une période de renforcement avec 3* une période d'irrégularité. Ces trois périodes me paraissent rapportées à ce que Ton observe chez des animaux à pneumogastriqoM i
En injectant, au moyen d'une seringue de PraTaz, dans le tube en caoufciMMiCfL va du serpentin à la canule en y placée dans le cœur, 1, 2, 4, 5, 10 c. c. d'une sotetion de teinture (1 partie de teinture diluée dans 9 parties de liquide phjsiologiqBei on observe une action dépressive très nette due à l'alcool. Loeb*, Kochmann*, Pfciraier^ ont déjà signalé la diminution d'amplitude et de fréquence des contraetiaB du cœur consécutivement à l'action de ce corps. Toutefois cette action est très fugace ; au bout de quelques secondes le cœur se contracte plus fort et plus raifi' dement.
Si l'on injecte par exemple 10 c. c. à la fois on constate, avant même que riDJ*> tion ne soit achevée, une diminution progressive de l'énergie du cœur qui fiiit même par s'arrêter pendant 7 à 8 secondes, puis les contractions reprennent etfo: voit alors succéder un stade de renforcement avec légère accélération. Si les doss injectées sont plus faibles, la période de dépression et la période de renforcemesl sont moins marquées. Si l'on injecte 1/4, 1/2 ou 1 milligr. de strophantine, il n'j t pas de phase dépressive ; le renforcement se produit 10 à 15 secondes après le marnent de l'injection. Le rythme est peu modiûé, mais n'est jamais ralenti. Le ^enfo^ cernent est très net*.
Chez le chat des doses plus faibles de teinture, 1/2, 2, 3 c. c. du mélange deldsture et de liquide physiologique, tout comme des doses inférieures de strophantiBe 1/10, 2/10, 3/10, 5/10 de milligr injectées prés du cœur, suffisent & produire un itcforcement doublant ou triplant l'étendue de l'inscription des contractions. IcieneKt le nombre des pulsations se trouve légèrement augmenté, jamais diminué Dt même des doses de 1 c. c. de teinture par litre de liquide de Locke, pour rirrigatkis
> Kochmann, Die Einvirkung des AIkohoIs auf das Warmblûterherz. (Archiv. inUrêt de Pharmacod. et de Thérap., 1904, t. XIII, p. 329-377.)
* LOEB. L. c.
* Kochmann. L. e.
^ Plumier. L. c.
* Au cours des expériences qui viennent d^étre mentionnées il n'a jamais été adminisàt de chloral. J'ai néanmoins fait un certain nombre d'expériences préliminaires dans lesq«ilM les chiens sacrifiés en recevaient une certaine dose par la voie intrapéritonèale saLvut k technique indiquée par Lapicque et Mme Gatin-Gruzewska.
Dans ces conditions, le cœur isolé réagissait beaucoup moins bien vis-à-vis de lateiotsit de strophantus et vis-à-vis de la strophantine. Au surplus je n'ai pas trouvé ploi ec» pliqué de me passer de chloral.