heures après
74 heures après..
De ces chiffres, on doit conclure que la quantité des leucocytes diminue progressivement, mais la leucocytose reste tout de même très accentuée^ surtout si l'on prend en considération que le sang devient de plus eu plus pauvre en éléments figurés. Cette anémie progressive atteint en certains cas un degré élevé. A mesure que les erythrocytes disparaissent du sang, on observe une diminution de l'hémoglobine. La diminution de l'hémoglobine en certains cas n'est pas proportionnelle à la diminution de la quantité des hématies (lapin 3).
B) Ligature de Varetère. — Tandis que la néphrectomie unilatérale est facile à supporter pour les animaux, tandis qu'elle ne provoque pas de résultats dangereux, on ne peut affirmer la même chose au sujet d'une autre opération : la ligature de l'uretère.
La possibilité du développement d'une hydronéphrose aux dépens d'une stase dans l'écoulement des urines est encore mise en doute. Depuis Cohnheim, on est d'avis que le développement d'une hydronéphrose considérable dépend toujours d'un obstacle à l'écoulement des urines se développant très lentement, ou même d'un arrêt périodique entrecoupé de périodes normales (Senator). La difficulté brusque dans l'écoulement des urines provoque d'abord un abaissement du travail sécrétoire des reins, et ensuite une atrophie
NÉPHRECTOMIE ET LIGATURE DES URETÈRES 1025
du tissu rénal. Mais cette observation n'est pas toujours juste. Les nouvelles recherches expérimentales d'Anzilotti et de Fabrini démontrent que la ligature des uretères est toujours suivie d'une hydronéphrose plus ou moins considérable. Dans l'évolution d'une hydronéphrose, on peut toujours distinguer, d'après ces expérimentateurs, trois périodes : la première se manifeste par une stase dans les tubes contournés et une dégénérescence des epitheliums; dans la seconde, la distension des canaux urinifères et de la capsule de Bowman aboutit à la formation de véritables cavités kystiques; dans la troisième, les éléments nobles disparaissent et la sclérose atrophique se développe. Les processus dont nous parlons se manifestent assez lentement j et, plusieurs semaines après l'opération, on peut encore trouver l'épithélium rénal et les glomérules sans changements histologiques considérables. Aussi est-il possible que le rein continue son travail sécrétoire quelque temps après l'opération. L'augmentation du rein en poids et en volume immédiatement après l'opération est la démonstration de cette hypothèse.
Cette augmentation dure jusqu'à la seconde semaine, puis le poids du rein commence à diminuer, mais le volume augmente encore. Ce fait est la preuve que dans le rein dont on a lié l'uretère deux processus ont lieu : la sécrétion qui diminue, d'une part, et la désagrégation du tissu rénal infiltré de l'autre. Déjà en l'espace d'un mois après l'opération la couche médullaire disparaît, et, à la place des bassinets distendus, se forme une cavité. La couche corticale, à ce moment, est encore conservée; 13 mois après l'opc^ration, au lieu d'un rein, nous n'avons plus qu'une capsule épaissie (Bertenson).
Les produits de la désagrégation du tissu rénal et du travail sécrétoire du rein passent dans la circulation sanguine et ne peuvent rester sans influence sur l'organisme. En effet, 6 des 15 lapins de Castaigne et Rathery qui ont subi la ligature unilatérale sont morts entre le 2* et le 15* jour après cette opération. Les observations de Castaigne et Rathery nous montrent une grande mortalité (40 0/0). Les jeunes lapins supportent mieux cette opération que les adultes, et néanmoins leur poids, qui augmente d'ordinaire très vite parallèlement à leur accroissement, subit une grande diminution après l'opération et redevient normal très lentement. Vingt-six jours après l'opération, on remarque encore une diminution de poids.
On indique, dans les travaux sur la question, une série de modifications de l'organisme qui sont mises en rapport avec la ligature unilatérale de l'uretère. La modification la plus importante est l'hypertrophie du cœur. Nous avons déjà parlé de ce phénomène et nous pouvons seulement ajouter que dans ce cas elle est plus fréquente qu'après la néphrectomie unilatérale.
La modification la plus fréquente, l'hypertrophie du rein opposé^ a été constatée par tous les auteurs. Mais, en examinant le rein hypertrophié, les auteurs n'ont pas été d'accord. Les uns ne trouvaient aucune modification, sauf rhyperplasie (Straus, Albarran et Bernard). Perl est de cet avis (il a examiné les reins dans 2 cas d'hydronéphrose chez l'homme). Bertenson décrit dans le rein opposé des modifications prolifératives (hyperplasia des cellules, néoformation de glomérules)^ ainsi que des lésions de dégénérescence. Enfin Castaigne et Rathery ont trouvé de la cytolyse protoplasmique. Pour confirmer leurs données expérimentales, Castaigne et Rathery communiquent quelques observations cliniques sur des malades jeunes suivis pendant long-