‹ Journal de physiologieChapitre 483 sur 578 · I. — PRINCIPES GÉNÉRAUX ET TECHNIQUE · texte numérisé non relu

I. — PRINCIPES GÉNÉRAUX ET TECHNIQUE

Quand on place, dans un liquide toxique (eau alcoolisée ou additionnée d'essences, urine, sérosités, etc.)^ un certain nombre de poissons de même espèce et de mêmes dimensions, la plupart présentent les mêmes symptômes (paralysie avec les alcools^ convulsions avec les essences, phénomènes -variables avec les urines) et meurent à peu près en même temps (plus ou moins vite suivant la toxicité du liquide, mesurée par l'injection comparative dans le sang du lapin).

Il importe de choisir, pour cette expérience^ des poissons de même espèce, et de s'adresser de préférence enxgoujotiy dont la résistance est moyenne; les véronSj les tanches surtout soilt moins sensibles ; les ablettes, les perches le sont davantage ; les gardons, les cyprins le sont à peu près autant, mais il est plus facile de se procurer des goujons.

Il importe aussi^ pour éviter toute erreur, de choisir toujours des goujons bien vifs et de même âge, c'est-à-dire de même poids, de mentes dimensions et de dimensions moyennes de préférence (quatre travers de doigt environ).

Il est bon de faire porter chaque expérience en même temps sur plusieurs goujons (une demi-douzaine)^ — pour n'avoir pas à compter avec la résistance individuelle, — et de ne tenir compte que de la survie de la majorité d'entre eux.

Lorsqu'on opère sur des urines, il faut les prendre fraîches (les urines devenues alcalines sont deux fois plus toxiques) et refroidies à la température ambiante (les urines chaudes sont toujours hypertoxiques) ; et si Ton ne peut opérer commodément, comme en été, sur celles de 24 heures,* on doit les recueillir toujours à la même heure de la journée (10 heures du matin de préférence, au moment habituel de la visite médicale dans les salles d'hôpital).

Dans l'interprétation des résultats, on ne doit pas s'arrêter à certaines objections qui peuvent se présenter à l'esprit. Ainsi^ la toxicité des urines sur les poissons ne dépend pas surtout de leur teneur en chlorures^ comme on pourrait être tenté de le croire : celle d'une solution aqueuse de chlorure dans les mêmes proportions est bien différente ; les chiffres obtenus par notre technique sont à peu près indépendants de A et de NaCl.

D'ailleurs, la toxicité des urines est due à l'ensemble des produits qu'elles contiennent (NaCl y compris), et le fait important est que ses variations pour le poisson sont superposables à ses variations pour les autres animaux de laboratoire (lapin).

Page 1