‹ Journal de physiologieChapitre 8 sur 578 · LUCIEN BECO ET LÉON PLUMIER · texte numérisé non relu

LUCIEN BECO ET LÉON PLUMIER

Cette expérience a pu être reproduite chez Tanimal complet, en opérant de la façon suivante :

Chez un grand chien anesthésié par le chloroforme, nous mettons un manomètre à mercure en rapport avec une carotide. Une canule est placée dans

la trachée et Tanimal est soumis à la respiration arliflcielle en prenant la précaution de chauffer Tair insufflé. L'abdomen est ouvert et le rein gauche est placé dans un oncomètre de Roy. Une canule est placée dans l'uretère gauche et un aide compte les gouttes d'urine s*écoulant par la canule. Les indications manomélriques et pléthysmographiques, ainsi que les gouttes d'urine, sont inscrites sur l'appareil enregistreur de Hering. Les nerfs rénaux sont isolés

ACTION GARDIO-VASGULAIRE DES DÉRIVÉS XANTHIQUES 17

après leur sortie du ganglion mésentérique supérieur et placés sur des électrodes de Ludwigpour nerfs profonds.

Comme il arrive généralement que Tanimal urine très peu, on lui injecte daos la veine jugulaire 500 à 1000 ce. de liquide physiologique, ce qui a pour résultat d'augmenter considérablement sa diurèse.

Si Ton excite alors les nerfs au moyen d'un courant interrompu, facilement supportable sur la langue, on voit, comme il est représenté figure 8, la pression carotidienne rester constante et le volume du rein diminuer notablement. Après la cessation de l'excitation, le rein reprend peu à peu son volume normal. Comme il est facile de le voir sur la figure 8, la diminution de volume du rein s'accompagne d'une sérieuse diminution de la diurèse.

Ainsi, en une minute avant l'excitation, il s'est écoulé 32 gouttes d'urine, pendant l'excitation 15 et après 24.

Les résultats fournis par les expériences décrites jusqu'à présent nous montrent que, la pression restant la même, chaque fois que nous avons déterminé une dilatation des vaisseaux rénaux, nous avons observé une augmentation de la diurèse; chaque fois que nous avons provoqué une constriction des vaisseaux rénaux, il en est résulté une diminution de la diurèse.

Nous sommes donc en droit de conclure que la diurèse est étroitement liée à la quantité de sang traversant le rein pendant T unité de temps.

IV. — Action de la caféine, de la théocine, de l'acétate de théocinb sodique

ET de l'aGURINE SUR LA PAROI DES VAISSEAUX DE LA PATTE.

Après avoir montré que les médicaments diurétiques que nous avons étudiés déterminent une dilatation des vaisseaux rénaux en agissant directement sur la paroi de ces vaisseaux, il nous a paru intéressant de rechercher si ces médicaments jouissaient de la môme propriété vis-à-vis des autres vaisseaux de la grande circulation et notamment des vaisseaux des membres.

Nous a9ons rappelé, dans l'historique, que Lœvvi a constaté que la caféine ne détermine pas de changement de volume de l'intestin. Mais cet auteur a employé dans ses recherches les méthodes plélhysmograpliiques. Or, il admet lui même, à la suite d'expériences faites sur le rein et la glande salivaire placés dans le plâtre, que l'on peut obtenir un agrandissement de la lumière des vaisseaux d'un organe sans que le volume de cet organe se modifie. Il explique ces faits en admettant que les cellules endothéliales vasculaires peuvent diminuer de volume en exprimant à l'intérieur du vaisseau une partie de leur contenu.

Nos expériences de circulation artificielle avec mesure des variations du débit de la veine, ont cet avantage qu'elles nous renseignent sur les varialions de la lumière des vaisseaux, que ces variations soient ou non accompagnées de modification du calibre extérieur de ces vaisseaux.

Nous avons réalisé des circulations artificielles de sang défibriné dilué au moyen de liquide de Locke, en employant le même procédé que celui qui nous a servi dans nos expériences sur le rein. Le sang défibriné dilué et chauffe à une température constante, était injecté dans l'artère crurale et le liquide s'écoulant de la veine crurale était recueilli dans l'appareil décrit plus haut.

Journal de phtsiol. kt de pathol. oenér., 1906. 2

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