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ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE

perdront toute leur charge négative et resteront électrisées positivement.

UétcU neutre ou négatif des cirrus est instable ; tout cirrus éclairé par le soleil devient positif,

4. — L'expérience a d'ailleurs montré que Tair ainsi éclairé reste isolant (contrairement à ce qui arrive pour les rayons Rôntgen). Dans les expériences de laboratoire, où le conducteur positif est peu distant du conducteur négatif, le transport de Télectricité par mouvement de Tair est rapide ; dans Tatmosphëre, il en sera autrement.

L'électricité négative perdue par les aiguilles de glace est déposée dans tair environnant (hypothèse) . L'ensemble du nuage apparaît comme positif lorsque les aiguilles se séparent de Vair environnant.

L'état neutre de Tair est instable. L'air qui traverse une région de formation de cirrus éclairés est négatif. L'air neutre dans lequel s'est évaporé un cirrus positif est devenu positif.

Dans la formation des cirrus par mélange ('), les mouvements indépendants de masses d'air voisines, les unes nuageuses, les autres limpides, sont fréquents. L'air négatif se séparera alors du cirrus positif. Si la masse d'air négative descend, et si, toujours négative (car l'électricité ne peut disparaître), elle atteint le sol cultivé, les innombrables pointes d'herbes ou de feuilles rendront facile réchange d'électricité entre le sol et Tair. Le sol continental est chargé négativement par V échange avec Vair,

A la surface des mers, rien de semblable ne se produit : l'air reste négatif ; il se charge de vapeur ; mais, quand, par détente, cette vapeur se condense en fines gouttelettes, celles-ci comme des pointes fines empruntent à l'air sa charge. Les cumulus de détente des régions océaniques sont négatifs^

Au niveau du sol, aucune action directe des radiations uUra-violetles ne se fait sentir, parce que ces radiations n'y parviennent presque pas, et parce que Teau n'y est pas sensible.

5. — Il paraît inutile d'insister sur les caractères de la variation diurne, et sur la complication que le transport de l'air électrisé peut lui donner.

L'influence sur les orages est évidente ; le même coup de vent •donne de la pluie et des averses la nuit, des orages à la fin du jour, lorsque l'action solaire a électrisé les cirrus, et que la convection a

(') Vents et Suages^M, Brillouix {Ann,du Bur. cenlr, m'^l., 1898).

94 BRILLOUIN. — ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE^

éloigné Tair négatif. La lenteur de cette convection explique également les deux ou trois journées de temps à apparence orageuse, qui précèdent ordinairement le véritable orage dans nos climats.

Dans les régions ou les saisons, où Tair est à peu près calme, comme à la limite du cône d'ombre circumpolaire de la saison froide, le cirrus électrisé positivement dans toute sa masse pendant le jour, reste environné de Tair négatif. Dès la nuit venue, Tétat stable change; entre Taîr négatif et les aiguilles de glace positives, des effluves s'étendent, dans toute l'épaisseur du nuage. Cette explication cadre parfaitement avec toutes les particularités des aurores polaires; elle convient aussi pour les nuages lumineu^t observés quelquefois dans nos régions, et pour les lueurs diffuses des soirs d'été, dites éclairs de chaleur.

6. — Enfin le mécanisme de l'action des taches solaires devient très simple. Toute variation d'éclat ultra-violet du soleil a une action immédiate sur les aurores polaires, et l'électricité atmosphérique, là où existent des cirrus, sur les orages, une action qui peut être retardée de quelques jours, là où les cumulus sous-jacents aux cirrus étaient neutres ou à peu près. La nécessité des cirrus préexistants ou en formation, et des cumulus, localise l'action des radiations d'une manière variable avec l'ensemble des circonstances météorologiques.

L'importance des troubles provoqués est sans relation avec l'importance visuelle des facules, mais dépend exclusivement de l'intensité de la partie ultra-violette transmissible à travers l'atmosphère. A ce titre, les facules et surtout les taches observées à l'œil nu ne sont que des indices défectueux, et il est grandement à désirer que les observations de M. Deslandres soient régulièrement organisées et publiées.

7. — D'autres actions, la pulvérisation des gouttelettes d'eau tombant sur un obstacle, ont été indiquées depuis quelques années comme jouant un rôle dans la production de l'électricité atmosphérique. Je crois qu'elles ne jouaient qu'un rôle secondaire et perturbateur, et que le rôle fondamental est celui que j'invoque.

L'électricité atmosphérique est entretenue par faction des radia^ tions solaires ultra-violettes sur les aiguilles de glace des cirrus; elle est due à la même cause^ le champ initial nécessaire s'étant produit inévitablement dans les déplacements relatifs des hautes régions atmosphériques par rapport au globe tetrestre aimanté.

ROTHÉ. — INTERRUPTEUR WEHNELT 95

SUR L'IUTEBRUPTEUR WEHNELT. EXISTENCE D'UN RÉGIME STABLE. — INFLUENCE SUR L'ÉCLAIRAGE DES LAMPES ;

Par M. Edmond ROTHÉ.

L'interrupteur de M. Wehnelt peut fonctionner sous trois régimes bien distincts : un régime continu et deux régimes variables, Tun à faible intensité moyenne, l'autre à grande intensité moyenne.

On peut facilement observer ces différents régimes en opérant de la façon suivante :

Les deux électrodes de la cuve électrolytique sont mises en communication avec les deux pôles du secteur delà Sorbonne (113 volts), par rintermédiaire d'une résistance liquide variable formée simplement d'une dissolution très étendue de sulfate de cuivre (1* à 2** Baume), dans laquelle plongent deux lames de cuivre. Une mani- . velle permet de déplacer une des lames le long d'une vis. Un ampèremètre, placé dans le circuit, indique l'intensité du courant. L'anode de l'interrupteur est constituée par un fil de platine de 0"",55 de diamètre et de 2 centimètres de long. Le liquide est de l'eau acidulée par l'acide sulfurique (5® Baume).

Dans ces conditions, lorsque, la force électromotrice restant cons^ tante, on fait varier la résistance du circuit, voici ce que l'on constate : pour une grande valeur de la résistance, l'intensité du courant est faible (4 ampères environ) ; mais l'aiguille de l'ampèremètre, pour une valeur donnée de la résistance, reste fixe. Le courant est alors continu et sensiblement constant. C'est le régime le plus simple pendant lequel Téleclrolyse a lieu. Dans ces conditions, l'appareil ne peut fonctionner comme interrupteur; aussi, si on introduit dans le circuit une bobine d'induction sans trembleur, on ne constate aux bornes de l'induit aucune étincelle, si petite qu'elle soit.

Si on diminue la résistance, on voit que l'intensité croît ; elle croît ainsi jusqu'à un maximum, puis subitement tombe à une très faible valeur 2""p,5 environ. Ce nouveau régime, à faible intensité, est un régime variable. L'aiguille de l'ampèremètre indique des variations d'intensité; mais, ce qui est surtout remarquable, c'est qu'une fois ce régime atteint on peut, tant ce régime est stable, augmenter ou diminuer considérablement la résistance sans qu'il soit modifié.

11 est ainsi possible de donner à la résistance une très grande

96 ROTHÉ

valeur, de se placer dans les conditions où normalement le circuit devrait être parcouru par un courant d'une dizaine d'ampères, sans que rintensité dépasse sensiblement 2"™p,5.

On peut donc dire qu'il existe pour chaque interrupteur et pour une force électromotrice donnée^ une résistance limite^ telle que pour toute résistance inférieure le rég\me variable est seul possible. Pour toutes les résistances supérieures on peut avoir soit le régime variable^ soit le régime continu^ et cela suivant la façon dont on a établi le courant,

11 n'est donc pas indifférent de fermer le circuit directement sur une grande résistance ou de le fermer sur une résistance très faible, que l'on augmente ensuite pendant que le courant circule.

Le régime variable ne diffère pas seulement du précédent par l'intensité : le dégagement des gaz n'est pas le même dans chacun de ces deux cas. 11 n'y a plus, sous le régime variable, comme dans l'électrolyse, de nombreuses bulles partant de tous les points du fil de platine. Les bulles ne se dégagent plus qu'une à une et d'une façon très régulière. Le fil de platine étant vertical, c'est au point où le fil est soudé dans le verre, que se forme une bulle unique, assez volumineuse, qui de temps en temps laisse échapper une bulle plus petite qui vient éclater à la surface ; les gaz qui s'en échappent sont très chauds et fument à l'air. Le dégagement très régulier des bulles produit une sorte de gazouillement. L'aiguille de l'ampèremètre oscille chaque fois qu'une bulle se dégage.

Si on regarde le fil de platine à l'aide d'un microscope, voici ce que l'on observe : autour du fil et de chaque côté se trouvent deux ombres indiquant que le liquide ne touche pas le fil. On peut ainsi examiner au microscope la gaine de gaz dont l'existence a permis d'expliquer le fonctionnement de l'interrupteur. On voit celte gaine se rétrécir ou s'élargir suivant que la bulle se forme ou éclate. Si l'on place en dérivation, sur les bornes de l'interrupteur, une lampe de 110 volts, on constate qu'elle ne brille pas, tant que le régime est continu.

Elle ne doit commencer à briller qu'au moment où s'introduit dans l'interrupteur, autour de l'anode, une résistance supplémentaire. Or c'est précisément ce que l'on constate ; car c'est au moment du changement de régime que le filament commence à rougir : c'est donc précisément au moment du changement de régime que se forme la gaine de gaz.

INTERRUPTEUR WEHNELT 97

Cette gaine doit prendre naissance pour une certaine température du fil de platine et, par suite, se former toujours pour une même valeur de l'intensité du courant : on peut vérifier en effet, en faisant varier la force électromotrice, qu'à chaque valeur de cette force électromotrice correspond une résistance limite, et l'intensité du courant, au moment du changement de régime, a toujours la même valeur.

Une fois la gaine formée, l'interrupteur conserve longtemps son régime discontinu à faible intensité; la stabilité de ce régime est uniquement due à une cause calorifique, à la température du fil de platine. Il est en effet très facile de constater qu'on peut détruire le régime stable en abaissant cette température : un bloc de glace est creusé en forme de puits de glace ; c'est ce bloc qui servira de vase électrolytique ; la cathode et l'anode plongent dans l'eau acidulée placée dans la cavité.

On règle alors la résistance de façon à obtenir l'état stable, puis on la diminue de façon à se placer dans les conditions où, normalement, l'électrolyse devrait avoir lieu, sans pour cela changer le régime. Mais si à ce moment, à l'aide d'un agitateur à air, on envoie du liquide froid sur le fil, on entend un bruit analogue à celui du fer rouge plongé dans l'eau, le régime stable est détruit, et l'électrolyse a lieu.

On peut réaliser l'expérience inverse : le fil de platine est préalablement chauffé au rouge par un bec Bunsen. Si on ferme le circuit en immergeant brusquement le fil dans l'eau acidulée, le régime à faible intensité s'établit jusqu'au moment où, le platine s'étant refroidi, le contact avec le liquide a lieu et l'électrolyse commence.

On peut rapprocher de cette expérience le fait observé par plusieurs expérimentateurs : si on enfonce très doucement le fil, en ne produisant d'abord le contact que par un point et en enfonçant ensuite graduellement, la résistance étant très grande, il y a aussi échauffement du fil; la gaine de gaz se forme et, dès lors, le régime stable s'établit. Au contraire, si, la résistance étant supérieure à la résistance limite, on enfonce le fil d'un seul coup, le régime stable ne s'établit pas.

La stabilité s'explique donc très naturellement : une fois le fil de platine suffisamment chaud, la gaîne se forme; dès lors on peut augmenter la résistance sans la détruire, car on sait que le platine chaud absorbe les gaz et que, grâce à cette absorption, sa température reste élevée.

/. de Phys., 3' série, t. IX. (FéTricr 1900.) 7

98 ROTHÉ. — INTERHUPTELH WEHNELT

Ainsi seuls les effets calorifiques sont cause de la stabilité du régime à faible intensité. Ce régime est variable ; mais les variations d'intensité du courant, produites par les changements d'épaisseur de la gaine de gaz, sont trop faibles et trop lentes pour que, sous ce régime, Tanode de platine puisse constituer un interrupteur de courant.

Grâce à la stabilité de ce régime, on peut, sans la modifier, introduire une self-induction dans le circuit, par exemple le primaire d'une bobine d'induction sans trembleur. On ne constate dans ces conditions, aux bornes de l'induit, aucune étincelle appréciable, comme l'a déjà démontré M. Pellat(*).

Si on veut qu(» la bobine fonctionne, il faut, au contraire, la placer dans le circuit avant de fermer le courant. Dans ces conditions, l'intensité moyenne dans le primaire peut atteindre une très grande valeur (30 ampères environ) (M. Pellat) (*), C'est ce troisième régime, variable à grande intensité moyenne, qui est le plus intéressant par ses propriétés nombreuses.

Ce qui esl particulièrement remarquable, c'est l'influence qu'a, dans ces conditions, l'interrupteur sur l'éclairage fourni par les lampes du secteur. Non seulement au Laboratoire de Physique où est placé l'interrupteur, mais encore à la Sorbonne, dans les Laboratoires voisins, les lampes brillent d'un éclat beaucoup plus grand pendant le fonctionnement de l'interrupteur. L'effet est surtout remarquable le soir, où la lumière devient éblouissante, et peut s'observer même sur un assez grand nombre de lampes brillant à la fois.

Cette action sur les lampes est due aux forces électromotrices de self-induction produites par les interruptions rapides du courant; l'intensité variable du courant dans la lampe passe alternativement par des niaxima et des minima ; mais l'on peut constater que l'intensité moyenne du courant est plus faible que sous le régime normal. Si en effet on intercale dans le circuit de la lampe un galvanomètre à mercure de M. Lippmann, on observe nettement, au moment où la lampe brille davantage, une dénivellation du mercure indiquant une diminution d'intensité moyenne.

Au contraire, comme on devait s'y attendre, l'intensité efficace du

' Comptes Rendus, t. CXXIX, p. Siri.

{'^) Comptes Rendus, t. CXXVIII, p. m.

courant, mesurée à Taide d'un ampèremètre Cardew, est considérablement augmentée.

Voici les résultats numériques des mesures faites dans diverses conditions :

La source employée étant une batterie de âO accumulateurs, une lampe à incandescence de 55 volts mise directement en communication avec les pôles de la batterie était parcourue par un courant de 0'"',73; dans ces conditions, elle éclairait faiblement. Placée en dérivation sur les bornes de l'interrupteur, la lampe prenait au contraire un éclat éblouissant, pendant que Tinterrupteur actionnait une petite bobine d'induction, les tiges de l'induit étant complètement écartées. L'intensité moyenne n'était plus que 0'"',60; mais l'intensité efficace pour le maximum d'éclat devenait l'"'',05.

Avec le secteur comme source, la différence était encore plus marquée : l'intensité du courant étant sous le régime normal 0'"'*,55, l'intensité efficace dépassait l'"'%2.

En résumé, ces nombres montrent que Tinfluence de l'interrupteur Wehnelt sur les circuits d'éclairage n'est nullement négligeable; c'est là une propriété curieuse du régime variable à grande intensité moyenne.

Le régime variable à faible intensité moyenne est surtout intéressant par sa très grande stabilité.

IL NUOVO GIMElfTO; T. IX ; l*-^ semestre 1899.

BATTELLl et SÏEFANINl. — Ricerche crioscopiche ed ebuUioscopiche (Recherches cryoscopiques et ébullioscopiques). — P. 5-66.

A l'occasion de la publication, dans le Zeitschrifl fur physikaUsche Chemie^ d'un mémoire de M. Kaoult sur la cryoscopie de précision, les auteurs font connaître, avec grand détail, leurs propres expériences. Ils décrivent un appareil qui diffère peu de celui de Raoult et qui n'est certainement pas plus parfait. De même, ils décrivent leur ébullioscope. Ils concluent de leurs expériences à la constance du poids moléculaire de l'émétique dans des solutions de concentrations

variées; lears nombres variant de 287 à 329, ils admettent que ces

différences ne dépassent pas les erreurs inhérentes à leurs expériences.

MIOR. — Suli'assorbiraento dell'idrogeno nel piatino (Absorption de l'hydrogène par le platine). — P. 67-76.

Un appareil, tout à fait comparable à un thermomètre à air à volume constant, contient dans son réservoir des lames de platine très minces et de Thydrogène. On maintient le réservoir à la température ordinaire; on peut laisser Faction se continuer durant plusieurs mois ; ou bien on peut le porter à une température quelconque au moyen d'un bain d'eau ou de paraffine.

L'absorption est plus rapide à 100** qu'à 20*» et 30<», et à 300^* qu'à 100° ;

mais le phénomène est irréversible, au moins jusqu'aux températures

étudiées par l'auteur. L'absorption se produit même à 10° ou 20**, à

condition d'attendre longtemps. Dans une série d'expériences, la

limite obtenue correspond à un volume d'hydrogène absorbé égal

à 9 fois le volume du platine ; dans une autre, à 7 fois. On parait

arriver, en tous les cas, à un état de saturation.

P. GAMBA. — Variazione deUe proprietà elastiche del marmo imbevuto di alcune sostanze (Variations des propriétés élastiques du marbre imprégné de diverses substances). — P. 117.

A la suite d'anomalies qui se sont présentées dans ses expériences, faites antérieurement sur les propriétés élastiques du marbre (*), M. Gamba a étudié l'inlluence des substances qui peuvent imprégner les lames de marbre; ses recherches ont porté sur l'eau, Thuile, la glycérine, le pétrole et la paraffine dissoute dans le pétrole.

Les expériences faites avec l'eau ont cet avantage que, par une dessiccation assez lente, on peut ramener la lame humide à l'état dans lequel elle se trouvait avant son immersion dans l'eau. Les courbes de déformation que l'on obtient ainsi, avant et après, sont identiques ; tandis que la déformation correspondant à un même poids est plus grande pour la lame humide que si elle est sèche; la déformation résiduelle est aussi plus grande; il y a donc accroissement dans la flexibilité pour le marbre humide.

(>) // Nuovo Cimento. novembre 1898; — 7. de Pfn/f!., t. VIII; p. 69.3; 1899.

IL NLOVO CIMENTO iOl

L'huile, la glycérine et la paraftine dissoute dans le pétrole ont donné des résultats analogues, quoique Ton ne puisse alors débarrasser le marbre du liquide qui Timprègne, elle ramener è l'état primitif, comme lorsqu'il s'agit d'une simple humidité. Avec le pétrole, on n'observe pas de variations appréciables dans la flexibilité.

Si l'on prend le rapport de la déformation à sec à la différence des déformations éprouvées par la lame lorsqu'elle est sèche et lorsqu'elle est imprégnée, on obtient u»^ nombre constant pour chaque liquide.

Le maximum d'action est dû à la glycérine ; viennent ensuite

l'huile et l'eau.

G. GoisoT.

C. GUGLIELMO. — Sui ra^'gi catodici, sui raggi Rôntgen e sulla graadezza et la deDsità degli atomi (Sur les rayons cathodiques, sur Jes rayons de Rôntgen et sur la grandeur et la densité des atomes). — P. 131.

Le mémoire de M. Guglielmo est un commentaire des travaux de Lenard(*); l'auteur a déduit de ces expériences quelques conséquences intéressantes. Il en conclut que les rayons de Rôntgen sont dus à une perturbation de l'éther, et l'absence de diffraction et d'interférence dénote un manque de périodicité dans cette perturbation.

Les rayons cathodiques sont constitués par des particules extrêmement petites, douées d'une vitesse considérable ; leur passage à travers les corps sans réfraclion et sans diminution de vitesse est une preuve de la constitution atomique de la matière. M. Guglielmo déduit de là une manière directe et simple de déterminer une limite supérieure de la grandeur des atomes avec plus d'approximation que

par les autres méthodes.

G. GoisoT.

P. BACCEI. — Sullo spettro di assorbimento dei gas (Sur le spectre d'absorption • des gaz). — P. 177. — SuJIo speltro di assorbimento délie niescolanze gasose (Sur le spectre d'absorption des mélanges gazeux). — P. 241.

Les gaz étant généralement peu absorbants, il faut les étudier sous de grandes épaisseurs et à des pressions assez élevées pour obtenir

(») Wied. Ann„ t. LIV, p. 253.

des effets sensibles; aussi les résultats obtenus jusqu'ici ne sont-ils pas tous bien concordants.

L'oxygène est le seul gaz qui ait été bien étudié. M. P. Baccei s'est proposé de reprendre en les complétant les recherches diverses qui ont été faites sur l'absorption des gaz ; il a étudié successivement l'anhydride carbonique, l'azote, l'acétylène, l'oxygène, l'hydrogène sulfuré et l'oxyde de carbone.

L'anhydride carbonique, l'azote et l'oxyde de carbone ne présentent pas d'absorption sensible, même pour une épaisseur de gaz traversé de 70 mètres, les pressions étant poussées jusqu'à 22 atmosphères pour l'anhydride carbonique, 15 atmosphères pour l'azote et 10 atmosphères pour l'oxyde de carbone.

Pour les trois autres gaz, le spectre d'absorption est naturellement d'autant plus complexe que la pression est plus élevée. Aussi, pour une épaisseur de 25 mètres et une pression de 16 atmosphères, le spectre de l'acétylène présente une large bande dans le rouge, s'étendant de X = 0,6842 [x à X = 0,6815 jx, plus intense du cAté de l'orangé et se fondant du côté du rouge ; une raie étroite et bien nette dans l'orangé, X = 0,6421 (x; une seconde raie étroite très voisine de la précédente, X = 0,6417 [x ; une grosse raie bien marquée dans Torangé, très intense, X = 0,6395 jx ; une raie dans le jaune, X = 0,5707 ; une raie dans le vert, X = 0,5419 et, tout à côté, une raie à peine visible X = 0,5435.

Lorsqu'on diminue la pression, les bandes d'absorption disparaissent successivement ; à 10 atmosphères, la raie du jaune a disparu; à 9 atmosphères, ce sont les raies de l'orangé, 0,6421, et du vert, 0,5435.

Pour une épaisseur de 70 mètres de gaz et à 16 atmosphères, on observe, en outre, que les trois raies dans l'orangé font partie d'une bande obscure qui s'étend de X = 0,6426 à 0,6395, et qu'il y a une raie très pâle située dans le violet, X = 0,4062. La pression diminuant, la raie du violet disparaît à 14 atmosphères.

L'oxygène présente une raie très pâle dans le bleu, une dans le jaune près de D, et deux groupes de raies en A et B. Elles disparaissent successivement et dans cet ordre quand la pression diminue.

L'hydrogène sulfuré, sous 12 atmosphères et avec une épaisseur de 70 mètres, présente une bande dans le rouge s'étendant de 0,6735 à 0,6781 a, et qui disparait vers 7 atmosphères.

IL NUOVO CIMENÏO 103

On admet généralement qu'un mélange de gaz exerce une absorption égale à la somme des absorptions qu'aurait chacun des gaz, s'il se trouvait seul ; quoique cette loi soit assez vraisemblable, M. Baccei s'est proposé de l'établir expérimentalement. 11 a aussi vérifié, pour racétylène et Toxygène mélangés à parties égales, ou dans le rapport de 1 à 3, que, pour obtenir une raie d'absorption dans le spectre du mélange, il fallait une quantité du gaz absorbant suffisante pour produire cette raie, si ce gaz était seul. Les expériences avec les autres mélanges gazeux ont donné des résultats concordants.

L'auteur a aussi vérifié que le spectre d'absorption de l'air sec est le même que celui de l'oxygène à une pression cinq fois moindre.

G. GoisoT.

E. ALMÂNSL — Influenza délie deformazioni elastiche sul movimento di un pendolo elastico a reversione (Influence des déformations élastiques sur le mouvement d'un pendule à réversion). — P. 260, et t. X, p. 85.

Le principe d'où part M. Almansi, pour obtenir une solution approchée du problème ne diffère pas de celui qui a servi de base aux travaux de Helmert sur la même question {*) ; mais la méthode suivie pour déterminer l'inflexion du pendule n'est pas la même.

La formule complète écrite par Almansi, se réduit à celle d'Helmert, si l'effort de cisaillement est le même pour toutes les sections, comme cela a lieu si le cylindre est seulement sollicité aux bases. Mais l'erreur qui résulte de l'application de la formule simplifiée peut influer notablement sur les résultats.

G. GoisoT.

R. FEDERICO. — Polarizzazione delPacqua disaerata (Polarisation de l'eau privée d'air). — P. 191.

L'eau pure est préparée, suivant la méthode de MM. Battelli et Stefanini(*), par distillation dans le vide de l'eau de cristallisation du carbonate de sodium. La méthode employée pour la mesure de la force électromotrice maœima de polarisation est celle dont

(^) Helmert, Beitrâge zur Théorie des Reversions-pendelSj Postdam, 1898; — J. de Phyê,, t. VIII, p. 691 ; 1899.

(«} // Nuovo Cimento, t. VIII, p. 145 et 409; 1898; — /. de Phys., t. VIII, p. 695;

M. Federico s'est déjà servi dans ses recherches sur l'influence de la

pression (*).

La force électromotrice de polarisation est d'abord mesurée en faisant le vide dans le voltamètre, puis en laissant agir la pression atmosphérique et enfin, de quart en quart d'heure, en faisant barboter le gaz dans l'eau. Au momentoùl'on fait agir la pression intérieure, on observe toujours une brusque augmentation de la force électromotrice.

D'une manière générale, la force électromotrice est plus faible, pour l'eau contenant des gaz en dissolution, que pour l'eau privée de gaz ; la force électromotrice semble diminuer à mesure que la quantité de gaz augmente.

Des trois gaz étudiés, c'est l'oxygène qui a l'action la plus nette (variation de 0,02 volt, environ); l'action de l'hydrogène est moindre; celle de l'azote n'est pas sensible. L'action de l'air semble due principalement à l'oxygène qu'il contient.

G.GoisoT.

V. BOCCARA et M. PANDOLFl. — Sul potere induttore specifico dei mezzi dielettro-magnetici constituti da ferro e paraffina (Sur le pouvoir inducteur spécifique des milieux diéleciro- magnétiques constitués par du fer et delà paraffine). -- P. 254.

MM. Boccara et Pandolfi ont complété les recherches entreprises par Tun d'eux avec M. Gandolfi, à propos de la relation de Maxwell VV7* V^ — ^y sur la variation, avec la 'proportion de fer, de la constante diélectrique des mélanges de fer et de paraffine.

Après avoir mélangé les deux constituants aussi intimement que possible, ils en formaient des plaquettes qui étaient ensuite travaillées au tour pour donner des disques de 18 centimètres de diamètre environ, et à faces bien parallèles. En les disposant en série, dans un circuit à HO volts avec un galvanomètre Ayrton et Mather shunté, ils ont constaté que les mélanges ù 50 0/0 ne présentaient aucune conductibilité, tandis qu'à 55 0/0 de fer on observait une faible déviation, qui devenait très sensible à 60 0/0.

Aussi ont-ils limité leurs recherches aux proportions inférieures à 50 0/0. Il est à remarquer que le travail de la surface d'un corps

(») // Nuovo Cimenlo, t. IX, p. 194; 1899; — J. de Hhys,, t. VllI, p. 690 ; 1899.

IL NUOVO CÏMENTO i05

hétérogène produit une modification importante dans l'état superficiel, de sorte que la couche externe présente une conductibilité très différente de celle de la masse centrale; les deux physiciens ne semblent pas avoir tenu compte de cette cause perturbatrice.

Le pouvoir inducteur était mesuré par la méthode de Gordon.

Il résulte de ces recherches que le pouvoir inducteur spécifique augmente plus rapidement que la proportion de fer dans le mélange :

Fe 0/0 K

G. GoisoT.

BATTELLI et PANDOLFI. — Suiniluminazione dei liquidi (Sur nilumination des liquides). — P. 321-236.

Ni Teau, ni Talcool éthylique, ni Talcool amylique purs (distillés dans le vide) ne s'illuminent sur le trajet d'un faisceau lumineux. L'illumination paraît toujours due à des impuretés, telles que des poussières.

MATHIAS. — Osservazioni su una memoria del Professer Battelli (Observation sur un mémoire du professeur Battelli). — P. 327-334.

Si, avec les nombres de M. Battelli, on calcule la densité critique comme la limite de la demi-somme des deux sortes de densités, les résultats expérimentaux obtenus par lui concordent très bien avec la formide de Mathias.

ERCOLINI ; MARTINI ; et ERCOLINI. - Calore svolto vel bagnare le pol veri (Chaleur développée dans Thumectation des courbes). — P. 110, 3:{4 et i46.

M. Ercolini n'obtient pas un maximum ; il obtient une chaleur constante en noyant une poudre donnée dans un excès de liquide, quel que soit cet excès. 11 attribue à une erreur de raisonnement les résultats de Martini.

L. LOMBARDI. — Suirimpiego dei condensât orî nelle trasmissioni di energia elettrica a correnti alternate, e loro costruzione industriale (Sur l'emploi des condensateurs dans les transmissions d'énergie électrique a courants alternatifs, et leur construction industrielle). — P. 354.

Le mémoire de M. Lombard! a été couronné par Tlnstitut Lombard, au concours du prix Kramer en 1897 ; c'est une étude systématique des circuits à courants alternatifs contenant une capacité électrostatique ; le sujet est d'ailleurs d'un intérêt tout particulier, par suite de la généralisation qui se produit actuellement dans remploi des condensateurs sur les réseaux de distribution à courant alternatif.

L'auteur fait suivre la discussion théorique d'une étude sur la construction des condensateurs industriels et donne toute une série de chiffres utiles sur les tensions disruptives. La conclusion de cette étude expérimentale est que les meilleurs diélectriques à employer pour les condensateurs sont le mica, l'éboniteet la paraffine ; l'ébonite s'obtient difficilement en lames d'une certaine épaisseur ; le prix du mica le fait écarter pour les grandes capacités destinées aux tensions élevées; reste donc la paraffine. L'auteur a d'ailleurs montré, au récent Congrès de Come, des échantillons de plaques de paraffine d'une pureté et d'une homogénéité remarquables, qu'il prépare par un procédé spécial ; ces lames sont susceptibles de rendre de grands services dans les recherches de laboratoire.

G. GoisoT.

A. STDANINI. — Sulla distribuzione delUnduzione magnetica attomo ad un nucleo di ferro (Sur la distribution de Tinduction magnétique autour d'un noyau de fer). — P. 417.

MM. Scarpa et Baldo(*) ont construit une bobine de RuhmkorfT avec induit sectionné en trois parties, de manière que, avec un courant inducteur donné par 3 Bunsen, ils aient 6 centimètres d'étincelles; en enlevant du circuit la section médiane, ils obtenaient 6,5 ; 8 centimètres quand le fil de la section ainsi enlevée était enroulé sur les deux autres, et 12,5 quand ils intervertissaient les communications, de façon à relier ensemble les extrémités des spires

(») EletlHcilà. t. IX.

voisines du noyau et à laisser libres les extrémités des spires situées à la périphérie.

M. Stefanini, en voulant répéter l'expérience, n'a rien obtenu de semblable avec un champ magnétisant de 9 C. G. S. et un noyau de fer dont le rapport du diamètre à la longueur était X = 31 ; en particulier, en enlevant la section médiane, la longueur d'étincelles a été . abaissée de 3,1 centimètres à 2.

L'auteur a étudié, à Taide de bobines exploratrices, la distribution du magnétisme autour d'un noyau de fer entouré d'une hélice magnétisante. Pour éliminer les causes pcrtubatrices provenant entre autres de la variation de l'intensité du courant magnétisant et de la durée de la fermeture du circuit, M. Stefanini emploie deux bobines identiques, en opposition dans le circuit du galvanomètre ; Tune est maintenue au centre du noyau, l'autre est déplacée tout le long de celui-ci.

Au dehors de l'hélice magnétisante, on peut observer un maximum d'induction entre le centre et l'extrémité, si Ton reste au voisinage de l'hélice ; au delà il n'y a qu'une diminution continue du centre à l'extrémité. Le maximum semble se produire toujours à l'intérieur de rhclice magnétisante ; tandis qu'à l'extérieur il n'a lieu que pour de petites valeurs deX (rapport du diamètre à la longueur du noyau).

Lorsque l'on fait varier la longueur du noyau qui émerge de la bobine magnétisante, on observe que l'induction au centre est d'autant plus forte que le noyau dépasse moins la bobine ; pour l'induction aux extrémités de la bobine, il semble y avoir un maximum pour une certaine longueur de saillie ; mats ce résultat n'est pas définitif.

G. GoisoT.

SPADAVECCHIA. — Influenza del magnetismo sulle propriété termoelettriche dei bisrouto e délie sue leghe (Influence du magnétisme sur les propriétés thermoélectriques du bismuth et de ses alliages). — P. 432-445.

On a étudié, dans des champs magnétiques de 2.000 à 4.000 unités, des couples thermoélectriques dont un métal est le cuivre, et l'autre un alliage bismuth-étain, dont la teneur en étain varie de Oà 100 0/0. Les deux soudures sont maintenues l'une à 0**, Tautre au voisinage de20«.

La force électromotrice du couple, en l'absence de champ, entre 0*et 20% est 0,00136 volt pour du bismuth pur; devient 0,00488 volt

i08 IL NUOVO CIMENTO

pour un alliage de bismuth avec 0,056 0/0 d'éiain; retourne à 0,00129 pour un alliage contenant 0,1 13 0/0 d'étain, et diminue ensuite régulièrement, à mesure que la proportion d'élain augmente.

L'augmentation relative de force électromotrice, û = ^ — ?

' quand on fait agir un champ magnétique. H, n'est pas rigoureusement proportionnelle au champ. Elle paraît même^ parfois, dépendre du sens du champ; mais ce dernier résultat^ que V auteur donne comme règle générale^ n'a été constaté nettement par lui que dans le cas des alliages très pauvres en étain, ayant de 0,056 0/0 à 0,237 0/0. II convient donc de faire des réserves sur ce point.

Voici quelques valeurs de Û pour divers alliages et pour diverses valeurs du champ :

Bi pur + 0,029 + 0,09

Alliage à 0,237 0/0 d'Sn. . . — 0,05 à — 0,01 — 0,09 à — 0,15

Alliage à 2 0/0 d'Sn + 0,06 + 0,21

Alliage à 25 0/0 d'Sn + 0,004 + 0,016

Alliage à 83 0/0 d'Sn — 0,009 — 0,02

POCHETTINO. — SuUa dissociazioae delFipoazotide (Sur la dissociation de l'acide hypoazotique). — P. 150.

L'auteur a cherché à voir si, conformément à la théorie de Gibbs, les variations de densité de Thypoazotide AzO* peuvent s'expliquer par une dissociation de la molécule Az^O* en deux molécules AzO*.

11 a mesuré à diverses températures, de 4° à 150**, les valeurs de —

pour l'acide hypoazotique, par la méthode de la vitesse du son sous la forme que lui a donnée Kundt. Un tube de verre, plongé dans un bain d'huile, est rempli du gaz à étudier pur. On emploie, comme poussière destinée à mettre en évidence les nœuds, de la silice insoluble desséchée. On produit les vibrations à l'aide d'une tige de verre qui traverse le bouchon, et a laquelle on imprime des vibrations longitudinales.

Les valeurs obtenues varient régulièrement avec la température, de 1,17 (aux basses températures) à 1,30 (de 130^ à 150*).

Les valeurs observées concordent bien avec les valeurs calculées, en admettant qu'à une température intermédiaire on a un mélange

IL NUOVO CIMENTO iOO

de AzO* et Az'O^, en proportions données par la densité à cette température.

Les valeurs 1,17 et 1,30 sont bien celles qui correspondent, dans la théorie cinétique, aux compositions atomiques Az^O* et AzO*.

GNESOTTD. — SuIF impiego del microsismografo adue componente perlo studio dei movimenti lenti del suolo (Sur remploi du microsismographe à deux composants pour Tétude des mouvements lents du sol). — Atti del R. Ist, Veneto, t. LVII; et Nuovo Cimento, p. 454-76.

G. VICENTINI et G. PACHER. — Microsismografo per la componente verticale (Microsismographe pour la composante verticale). — Atli del R. ht. VenetOy t. LVII; 1898-1899.

On a donné, dans ce «/bMrnaZ('), la description du microsismographe à deux composantes, destiné à enregistrer les lents mouvements sismiques qui s'effectuent dans le sens horizontal. M. Gnesotto donne quelques indications complémentaires sur Temploi de cet appareil.

MM. Vicentini et Pacher se sont préoccupés d'adjoindre à leur appareil un microsismographe destiné à enregistrer la composante verticale des mouvements sismiques. L'appareil se compose essentiellement d'une masse de plomb (de 45 kilogrammes), fixée àTextrémilé d'une lame de fer de 3 mètres de long et de 1 centimètre d'épaisseur; cette lame est encastrée par une de ses extrémités; le poids de plomb tend à la plier, et elle s'incurve ; la partie encastrée s'implante obliquement dans le mur de manière que l'extrémité libre soit tangente à l'horizontale. Contre la masse de plomb qui a la forme d'un cylindre à arêtes horizontales, appuie l'extrémité d'un levier coudé, dont le grand bras inscrit sur un cylindre enfumé les déplacements horizontaux de la masse de plomb. De brusques oscillations verticales du sol donneraient, à cause de la grande inertie de la masse de plomb, des mouvements inverses de cette masse, qui s'inscrivent sur le cylindre.

En comparant le tracé de ce microsismographe vertical avec celui du microsismographe à deux composantes horizontales, on peut reconstituer le mouvement sismique réel qui s'est produit à un moment donné. La remarque générale la plus intéressante qui se

(») /. dePhys., 3- série, t. VI, pp. 266, 592; 1897.

dégage de Tétude de divers tracés est qu'un tremblement de terre commence toujours par des secousses verticales, les ondulations horizontales étant plus faibles au début; la période des vibratfons, au début des secousses, parait être assez constante et égale à 0**,2.

B. Brunhes.

DINA. — Determinazione della conductibilita terniica deirebonlte et dcl velro (Détermination de la conductibilité thermique de Tébonile et du vovre). P. 461-465.

On a fait la mesure par une méthc*\* qui conduit à des calculs analytiques fort compliqués. Un parallélipipède rectangle de la substance étudiée estd*abord chauffé ù une température déterminée; on Texpose un temps connu à un jet d'eau qui tombe perpendiculairement à une face, puis on détermine la quantité de chaleur qu'il possède encore. On a trouvé ainsi, pour le coefficient de conductibilité du verre; k = 0151 ; pourTébonite, k = 0,022 (pour le cuivre, k = 66).

PHILOSOPHICAL MAGASlfE;

T. XLVIll; novembre et décembre 1899.

CHATTOCK. — Oa the Velocity and raass of the Ions in the Electric Wind in Air (Sur la vitesse et la masse des ions dans le souffle électrique dans Tair). — P. 401.

Soit une pointe placée en face d'une plaque à une distance z, Entro les deux il existe une différence de potentiel, et il passe un courant C, de Tune à l'autre. D'après M. Chattock, le passage de l'électricité se fait par des ions qui frottent sur le gaz.

Si V est la vitesse de ces ions dans un cîi - p électrostatique produit par une différence de potentiel de 1 unité électrostatique C G. S. par centime lie, on établit alors que :

P où p est le frottement total sur les gaz dû aux forces électriques

PHILOSOPHICAL MAGAZINE Jll

seules, p = P — it ; P = pression totale due au courant, et ir, pression due à rinertie des ions.

Cette formule permet de calculer V. On mesure C avec un galvanomètre; p se détermine en mesurant, en chaque point de la plaque, quelle est la pression dp produite par le souffle électrique. Pour cela, la plaque est percée d'un trou relié à une branche d'un tube en U contenant de Teau. En déplaçant la pointe par rapport au trou, on détermine la répartition de dp sur la plaque et, en intégrant, on obtient p. On fait cette mesure pour différentes valeurs de z.

On a fait aussi des mesures en remplaçant la plaque par un anneau. La pointe et Tanneau sont placés dans un tube en verre, dont deux tubulures latérales, placées de chaque côté du système, sont reliées aux deux branches du tube en U. #

P s'ol^tient alors en multipliant par la section du tube de verre la différence de pression mesurée par le tube en U. A cause de la forme de Tanneau, on peut négliger l'effet de sa section.

Les résultats obtenus donnent :

V 4- z=r 413 centimètres par seconde,

V — -=z 540 centimètres par seconde, Somme = 953. Rapport : i,31.

Rutherford donne 960 pour la même somme, pour les ions produits par les rayons Rôntgen. Zeleny donne i,2«5 pour le rapport.

En supposant que les ions perdent par le frottement tout leur mouvement avant d'atteindre la plaque, on a une limite supérieure de la vitesse v de Tair dans le souffle par la relation :

t?^ X densité de Tair = -t-

aire du courant On a:

t + = 120 centimètres par seconde, V — = 95 centimètres par seconde.

Si e est le rapport de la masse à la charge d'un ion, et F le champ électrique puissant dans lequel il se déplace, on a :

kr. =:z CeVF, où:

^ =:^ 1 si les ions marchent tous dans la direction où on mesure la pression, = 2 s'ils rayonnent uniformément dans une surface hémisphérique, > 2 s'ils i:ayonnent de tous côtés.

On a pris A =: 1,5, les autres valeurs étant :

t: — 0,7 dyne,

Vz=4(3,

F = 4.870 u. E. S. pour un point de 0,0055 centimètre de diamètre.

On a obtenu :

erzr l,y X iO-<OE. S.

On a essayé aussFde déterminer tt en plaçant la pointe au centre d'un anneau de grand diamètre formé d'un fil mince. L'excès de pression, dans ce cas, doit être tt. Mais les résultats sont un peu sujets à caution, à cause de Tirrégularité de la décharge.

Pbrreau.

BRACE. — Description of a New spectrophotometer and an Optical Method of Calibration (Description d*un nouveau Spectrophotomètre et d'une méthode optique de calibrage). — P. 420.

L'appareil est analogue au photomètre de Lummer-Brodhun. Il se compose d'un prisme équilatéral ABC, poli sur les trois faces, obtenu en accolant avec du baume de Canada ou de l'a-mononobromonaphtaline deux prismes rectangles ADC, ABD, polis sur les trois faces.

On a argenté auparavant une des faces en contact et enlevé l'argenture, en réservant une bande rectangulaire, perpendiculaire à l'arête du prisme.

Deux collimateurs, également inclinés sur le plan de symétrie AO, envoient deux faisceaux de lumière parallèle, dont l'un passe à travers la partie non argentée de AD et dont l'autre est réfléchi sur la face argentée. A la sortie, ces deux faisceaux se superposent, sont reçus dans une lunette astronomique, dans laquelle on voit deux spectres exactement superposés, l'un au milieu des deux portions de l'autre.

La bande argentée ayant des bords bien nets, il n'y a pas de ligne de séparation horizontale. On se trouve dans de bonnes conditions pour apprécier l'égalité d'éclairement. On limite la partie des spectres à comparer avec une fente oculaire de 0,5 à 1 millimètre de largeur.

On fait varier réclairement d'un des spectres en faisant varier la

PHILOSOPHICAL MAGAZINE li3

largeur de la fente d'un collimateur. Mais, comme on ne peut pas dire

que cet éclairement est proportionnel à la largeur de la fente, il faut

un calibrage préalable. On l'effectue à l'aide d'un disque tournant,

échancré suivant un secteur, et dont on peut placer le centre deVant

la fente à des hauteurs variables, de manière à l'éclairer pendant

une fraction variable de la période de rotation.

Pbrrbau.

R.-A. LEHFELDT. — On the Theory of the Electrolytic Solution-Presâure (Sur la théorie de la tension de dissolution électrolytique). — P. 430-433.

On sait que Nernst a adopté, pour représenter la force électromotrice au contact d'un métal et d'un électrolyte, l'expression :

(.) e = «^lQ(').

où R désigne la constante des gaz ; T, la température ; s, la quantité d'électriicité unie à un équivalent-gramme, P, la pression osmotique due aux ions métalliques en solution; et, enfin. II, une quantité que Nernst considère comme la « tension de dissolution électrolytique » du métal. D'après lui, il y a dissolution d'une petite quantité du métal au moment de l'immersion, quand la pression osmotique est moindre que cette tension hypothétique; les âouveaux ions métalliques ainsi formés rendent la solution positive par rapport au métal, d'où une couche double à la surface de contact et une attraction de ces ions par le métal, laquelle, jointe à la pression osmotique, contrebalance, dans l'état d'équilibre, la tension de dissolution.

M. Lehfeldt fait diverses objections à cette hypothèse. Il fait remarquer d'abord que cette tension II, calculée par Le Blanc d'après la force électromotrice observée et la relation (1), est, pour certains métaux, d'un ordre de grandeur inadmissible ; on obtient, en effet, pour le zinc, 9,9 X 10'* atmosphères et, pour le palladium, 1,5 X lO"*^'* atmosphères. 11 montre ensuite qu'en calculant la masse de zinc qui passerait en solution par centimètre carré, sous l'action d'une telle tension de dissolution, on arrive à un résultat qui est en désaccord manifeste avec la réalité.

H. Bagard.

(1) Celte formule permet de retrouver la formule de Nernst relative à la force éiectromotrice au contact de deux solutions d*un même électrolyte. Pour cette derniers formule, voir /. de Pays,, 3* série, t. VIII, p. 222 ; 1899.

/. de Phyê., 3* série, t. IX. (Février 1900.) 8

lU PHILOSOPHICAL MaGAZINE

R.-S. WILLO WS. — On the Variation of the résistance of certain amalgams ' with température (Sur la variation de la résistance de certains amalgames avec la température). — P. 433-456.

Quand de Tamalgame de zinc est chauffé, puis refroidi lentement jusqu'à la température initiale, la résistance devient plus grande qu'auparavant; si Ton répète la même opération plusieurs fois, la résistance subit chaque fois une augmentation déplus en plua faible, et elle finit par ne plus changer après six cycles environ ; elle est alors beaucoup plus élevée qu'avant d'avoir subi cette série d'échauffements. Enfin l'amalgame ainsi traité étant ensuite maintenu pendant plusieurs semaines à la température du laboratoire, on trouve que sa résistance baisse graduellement; il faut six semaines quelquefois pour atteindre une valeur définitive.

Le coefficient de dilatation éprouve des modifications analogues dans les mêmes conditions.

Les amalgames d'étain et de cadmium présentent, dans un certain intervalle de température, une variation très rapide de la résistance avec la température ; il semble y avoir en même temps quelque changement d'état. La résistance de l'amalgame de cadmium devient plus grande après un échauffement, et plus grande encore après un refroidissement.

L'amalgame de magnésium a une résistance qui croit proportion- . nellement à la température jusqu'à 110° et un peu plus vite au delà. Pas plus que l'amalgame d'étain, il ne présente de particularité analogue à celles qui sont relatées plus haut pour les amalgames de

zinc et de cadmium.

H. Bagard.

W.-G.-D. WHETHAM. — Tlie Coaguiative Power of Eiectroiytes (Le pouvoir coagulant des eiectroiytes). — P. 474-477.

Les eiectroiytes ont la propriété de coaguler des solutions de substances colloïdales, telles que l'albumine et le sulfure d'arsenic. On peut définir le pouvoir coagulant d'une substance comme inversement proportionnel au nombre d'équivalents qui doivent être ajoutés à une solution définfe d'un colloïde, pour que la coagulation ait lieu immédiatement. Ce pouvoir coagulant semble présenter une relation. remarquable. avccla valence de l'ion métallique. •

Ainsi, d'après les expériences de Linder et Piclon sur la coagulation du sulfure d'arsenic par les sulfates, les pouvoirs coagulants seraient respectivement, pour lésions mono, di et trivalents, comme les nombres 1 ; 35 ; et 1023. Schulze trouve de même, pour les solutions, de chlorures, des pouvoirs coagulants qui sont, pour les trois valences, comme les nombres 1; 30; et 1650.

M. Whetham, partant de cette idée que la coagulation doit exiger Faction d'une certaine charge électrique minimum sur chaque particule du colloïde et, d'autre part, de ce fait que la charge d'un ion est proportionnelle à sa valence, établit que les pouvoirs coagulants de trois solutions de même concentration contenant des ions respectivement mono, di et trivalents, doivent être entre eux comme 1 ; 0? ; et 0?*, en appelant^a? un nombre à déterminer. Cette loi semble bien conforme aux faits ; si Ton fait œ = 32, on obtient les nombres 1 ; 32 ; et 1024, ce qui se rapproche des résultats de Linder et Picton ; de même, pourâî=i40, on aura 1; 40; et 1600, c'est-à-dire des nombres voisins de ceux de Schulze.

Enfin on n'a pas encore opéré sur les ions tétravalents ; si la loi entrevue par M. Whetham est exacte, le pouvoir coagulant relatif à un ion tétravalent serait œ^ dans le système précédent.

H. Bagakd.

F.-J. JERVIS-SMITU. — The Effect of Heat on the discharge of an Inductluu-coil, inwhich the primary circuit is interrupted by an eleclrolylic break (Effet de la chaleur sur la décharge d'une bobine d'induction dont le circuit primaire est muni d'un interrupteur électroly tique). — P. 477-478.

La distance des extrémités en pointe du secondaire étant réglée de façon qu'il n'y ait plus qu'une faible aigrette, si l'on vient à approcher de la cathode la flamme d'une lampe à alcool, on voit jaillir des étincelles entre les pointes; on n'obtient aucun effet en approchant la flamme de la pointe anode, ou en employant des boules au lieu de pointes. I/auteur pense que l'effet est dû à la projection par la cathode de particules qui, étant échauffées par la Hamme, augmentent la conductibilité de l'intervalle entre les pointes.

H. Bagard.

Ji STRUTT.— The Dispersion of Ihe Cathode Rays by magnetic Force (Dispersion des rayons cathodiques par une force magnétique). — P. 478.

M. Strutt a obtenu un faisceau de rayons cathodiques au moyen d'une batterie d'accumulateurs de 800 éléments. Le faisceau, émané d'un disque plan, traversait un tube anode dont le fond était percé d'une fente et venait tomber sur la surface sphérique du tube de verre. Dans ces conditions, un champ magnétique dévie le faisceau de rayons cathodiques sans produire de dispersion. On obtient, au contraire, une déviation avec dispersion, si ou emploie, au lieu de la batterie d'accumulateurs une bobine de Ruhmkorff.

Perreau.

Walter STEWART. — On the Disintegration of Platinum and Palladium Wires at high Températures (Désagrégation des fiis de platine et de palladium à haute température). — P. 481.

Un fil de platine ou de palladium, placé dans un tube de verre contenant de TH, de TAz ou de TO, était porté à Tincandescence par un courant électrique. On faisait en sorte que la résistance électrique du fil, par suite sa température, fût toujours la même.

Le fil avait 25 millimètres de diamètre, 170 centimètres de long. On mesurait la diminution de poids après deux heures d'incandescence.

Il résulte des expériences faites avec Fair, l'hydrogène, l'azote, que la désagrégation des fils de Pt ou de Pa est due à l'oxygène.

Perreau.

Bruce- V. lULL. — On Accidentai Double refraction in Liquids (Double réfraction accidentelle des liquides). — P. 485.

L'appareil employé était celui de M. Almy(^), où le faisceau lumineux passe entre deux cylindres tournant en sens inverse dans une cave remplie de liquide... Les solutions étudiées possédant le pouvoir rotatoire, on employait de la lumière homogène, obtenue en faisant traverser à un faisceau de lumière solaire des solutions absorbantes de Landolt. Le rouge fut surtout utilisé.

Colloïdes, — Avec une dissolution de gomme arabique dans Teau,

(I) J. de Phys,, 3- série, t. VU, p. 170; 1898.

la double réfraction AX variait proportionnellement à la vitesse de rotation des cylindres, et avec la concentration, mais pas proportionnellement. Il y a, d'ailleurs, une dépolarisation de la lumière qui gène beaucoup les mesures, surtout à grande vitesse.

L*étude a surtout porté sur des dissolutions de gélatine pure dans Teau, bouillies et refroidies.

Influence de la vitesse de rotation des cylindres, — Avec des solutions concentrées (100 grammes par litre), la double réfraction croissait d'abord proportionnellement à la vitesse, passait par un maximum, puis décroissait et, finalement, changeait de sens.

Avec des solutions diluées (i gramme par litre), on n'obtenait qu'une diminution de A, quand la vitesse augmentait.

Cette diminution est moins rapide à haute température.

La double réfraction est proportionnelle à la concentration, varie avec la température et, pour chaque température, dépend de la manière dont la solution y a été amenée. Elle dépend aussi de l'âge de la solution (avec 3 grammes par litre, on avait 0,00016 X au début, 0,000'à24X après quatre heures, 0,000355 X après vingt-quatre heures).

Elle dépend aussi de la manière dont la solution a été faite. Avec des gelées (20 grammes pour 100 centimètres cubes d'eau à 0,2 gramme pour 100 centimètres cubes d'eau) on obtient des solides suffisamment rigides pour pouvoir les presser. La double réfraction était, dans le premier cas, de 0,28 X, dans le second de 0,0028 X. Elle ne disparaît pas instantanément, quand la compression cesse. Des solutions plus étendues ont aussi donné ce même résultat.

Cristalloîdes, — L'eau ne donna aucune double réfraction avec une sensibilité de l'appareil de 0,000012X. Une dissolution récente d'hyposulfite de soude ne donna rien non plus avec une sensibilité de 0,000025X. Après quelques heures, cette dissolution donnait une faible double réfraction; mais cela doit tenir à la formation d'un sulfure de nickel à un état colloïdal.

Des dissolutions de sucre ne donnèrent non plus aucune double réfraction. Cette conduite particulière des colloïdes s'accorde bien avec ce qu'on sait de leur grand poids moléculaire, de la coloration de la lumière qui les a traversés, et amène à conclure que, même quand la concentration est faible, une dissolution de gélatine ne forme pas une solution proprement dite, mais plutôt une masse élastique solide. Perreau.

Arthur-W. WARRINGTON. — Hydrometeri of Total ImmersioB (Aréomètres à immersion totale). — P. 498.

Ce sont des aréomètres à volume constant qu'au lieu de faire affleurer à un repère on fait immerger totalement dans le liquide, de manière qu'ils n'aient aucune tendance à monter ni à descendre.

L'aréomètre a sensiblement la forme d'un aréomètre ordinaire^ Pour déterminer la masse spécifique d'un liquide, on le surcharge de petits poids formés d'anneaux de Pt. Pour les solides, l'aréomètre est immergé dans l'eau, surchargé soit avec le corps et du mercure, soit avec du mercure seulement.

Pour parfaire l'équilibre, on fait varier la température, d'ailleurs bien uniforme, du liquide.

Pour cela, le vase contenant le liquide se trouve dans une enceinte au milieu d'un vase à double enveloppe contenant de l'eau et pouvant être chauffé. Des ouvertures permettent l'introduction de thermomètres, d'agitateur, d'un support qui permet de libérer ou non l'aréomètre.

Perreau.

CALLENDAR. — On a Practical Thermometric Standard (Sur un thermomètre étalon pratique}. — P. 5i9.

En 1887, on a choisi, au Bureau international de Sèvres, le thermomètre à hydrogène à volume constant comme étalon théorique. En même temps, à cause des difficultés de son emploi, on a construit, comme étalons pratiques, un certain nombre de thermomètres à mercure, qui, malheureusement, ne peuvent servir que dans des limites assez étroites. De plus, à haute température, les difficultés d'emploi du thermomètre à gaz sont telles, à cause de lenveloppe, que les résultats obtenus pour une même température (point de fusion de l'A g ou point d'ébullition du Zn) sont très différents,

M. Callendar propose, après avoir rappelé les conditions à remplir par un thermomètre étalon, et passé en revue les diverses méthodes thermométriques, le thermomètre étudié par lui, fondé sur la variation de résistance d'un fil de platine. La question est soumise d'ailleurs à « the Electrical Standards Committee of the British Association », pour décider :

PHILOSOPHICAL MAGAZINE i19[

4* Qu'un échantillon particulier de Pi sera choisi ei que des thermomètres fondés sur la résistance du Pt seront construits^ afin de; servir d'étalons pour Téchélle de tempéra ture-platine.

Cette température Ptest obtenue en écrivant que les températures^, sodt proportionnelles aux variations de résistance :

100 R|O0 — Rft

Les points fixes 0 et 100 sont les points habituels ;

V Que Téchelle i déterminée par la formule parabolique :

'-^'='*(ii-')"î^-

qui est très voisine de l'échelle thermodynamique» sera adoptée comme étalon pratique et s'appellera échelle de température de la British Association ;

3° et 4* Que la valeur de d s'obtiendra en prenant, comme troisième point fixe, le point d'ébullition du soufre, qui sera pris égal à 444^,53, sous la pression d'une colonne de mercure de 760 millimètres Q^ et sous la. latitude de 45® au niveau de la mer.

Ce thermomètre de M. Callendar paraît bien remplir les conditions exigées pour un étalon pratique et pouvoir s'adapter facilement aux à circonstances diverses.

M. Callendar donne quelques renseignements sur la construction de 0 à 500**; le fil peut être placé dans un tube de verre et doit avoir une résistance de 5 à 10 ohms.

De 500 à l.iOO®, le fil doit être enroulé toujours sur une mon^. ture en mica, doit être placé dans un tube en porcelaine et avoir . une résistance de i à2 ohms. Chauffé au-dessus de 1.100*^, il y a un déplacement de 0; mais, comme il est permanent, il est facile d'en tenir compte.

Au-dessus de 1.100°, il vaut mieux prendre un fil de résistance plus faible et se dispenser de monture en mica, et placer le fil dans un tube en silice fondu.

On peut comparer facilement différents échantillons de fil de Pt et déterminer d pour chacun d'eux.

Le point d'ébullition du soufre, choisi comme point fixe, a été trouvé égal à 444^,53 par MM. Callendar et Griffiths, avec un thermomètre àazoteetpression constante, et à 4I5'*,27, par M. Chappuis etH^ker,

120 PHILOSOPHIGAL MAGAZINE

avec un thermomètre à azote à volume constant. M. Callendar compare la pression que peuvent donner ces deux thermomètres à celle avec laquelle on a pu déterminer la dilatation du ballon contenant le gaz, et concluten constatant que rien ne permet de préférer Tun des deux nombres à Tautre, et propose, par suite, le sien 444*^,53, qui a déjà été utilisé. Perreau.

J.-J. THOMSON. ~ On the Masses of the Ions in Gases at Low Pressures (Sur les masses des ions dans les gaz aux basses pressions). — P. 547-561 (i).

J.-J. Thomson a déjà donné une mesure du rapport — de la masse m

d*un ion à sa charge électrique e^ dans le cas du rayonnement cathodique (') ; il a trouvé que ce rapport, indépendant de la nature du gaz et de celle des électrodes, est beaucoup plus petit que le rapport correspondant pour Fanion dans Télectrolyse des solutions ; mais il n*a pas pu faire de mesure directe de m ou de e pour décider si, comme tout le lui faisait présumer, la masse m du charrieur de Télectricité négative est une fraction seulement de celle de Tatome. Le mémoire actuel contient un ensemble de mesures du rapport

— et de la charge même e, dans le cas des ions charriant Téleclricité

négative produite par la lumière ultra-violette.

Voici d'abord le principe de la méthode de mesure de — •

La déperdition de Télectricité négative aux basses pressions est très réduite, quand on fait agir un champ magnétique perpendiculairement aux lignes de force électrique(Elster et Geitel). J.-J. Thomson calcule TeiTet d*une force magnétique H uniforme et parallèle à Oz sur le mouvement d'une particule électrisée négativement, de masse m, de charge «, soumise à la force électrique X, uniforme et parallèle à Ox. Pour faire ce calcul, il faut supposer la pression assez faible pour que le chemin moyen parcouru librement par une particule soit assez long pour qu'on puisse négliger Teffet des collisions. On arrive alors aux équations suivantes du mouvement :

»=iU"'-"»fe«')| -f.!'-°"fe»')i

(') Ce mémoire a été lu au Congrès de rAssociation britannique, à Douvres. (*) Voir, dans ce Journal, 3» série, t. VU, p. 39 ; 1898.

La particule décrit une cycloïde définie par le roulement d'un

âXm cercle de diamètre égal à -rjj- sur la droite a? = o.

Supposons qu'on expose une lame métallique  à Taction de la lumière ultra-violette, passant à travers une toile métallique B, parallèle à A et portée à un potentiel plus élevé que A. En faisant agir la force magnétique H perpendiculairement à la force électrique, le calcul précédent indique que, si la distance entre A et B est supé-

neuve à „^i toute particule issue de A y reviendra sans atteindre B,

d'où une diminution de la déperdition. J.-J. Thomson observe cette diminution et mesure la distance entre A et B, pour Ic^quelle elle commence; écrivant que cette distance est égale à — tjj» il en déduit —

II trouve ainsi, comme valeur moyenne de — ? 7,3 X 10^ alors que,

dans le cas des rayons cathodiques, il a trouvé 5 X 10^, et Lenard, 6,4xi0«.

Il a étudié aussi la déperdition pour un filament de charbon chargé négativement dans une atmosphère d'hydrogène. Elster et Geitel ayant aussi reconnu que cette déperdition, aux basses prèsaions, est réduite par l'action d'un champ magnétiqiie, J.-J. Thomson a déduit de ces expériences un nouveau moyen d'évaluer lerap-

port — > qu'il trouve T^al à 8,7 . lO*.

En résumé, la valeur de — est du même ordre de grandeur dans le

cas du rayonnement cathodique, dans le cas de la convection produite par la lumière ultra-violette et dans le cas de la déperdition par un filament de charbon dans l'hydrogène ; elle diffère notable-

ment, dans chacun de ces trois cas, de la valeur de — correspondant

aux ions d'hydrogène, lors de l'électrolyse ordinaire, qui est 10' (*).

(0 La déperdition unipolaire d'électricité positive, qui a lieu sur un fil de platine incandescent dans l'air, n'est pas affectée par un champ magnétique de l'ordre de celui qui est employé ici (Elsteret Geitel). J.-J. Thomson conclut d'expériences

g en cours, faites avec des champs très intenses, que la valeur de — pour les ions

positifs ainsi produits, doit être au moins 1.000 fois plus grande que pour les ions négatifs, des expériences citées plus haut.

J22 PHILOSOPHICAL MAGA^INET

J.-J. Thomson a easaite détermiaé la chargé e A'xïvl vdiï. produit sous Taction de la lumière ultra- violette sur une plaque de zinc. La méthode employée est identique à celle qu'il avait imaginée pour mesurer la charge des ions produits par les rayons Rôntgen (^). - Les ions produits par la lumière ultra-violette forment aussi des noyaux sur lesquels Teau se condense dans Tair exempt de poussières, quand la eursaturation dépasse une certaine limite (Wilson)(*). L'observation de la vitesse de chute dû nuage et de la charge totale des ions donne les éléments du calcul de. la charge e de chaque ion. J.-J. Thomson a réussi à faire cette mesure en employant une source peu intense de lumière ultra-violette et a trouvé, comme valeur moyenne, c= 6,8 X 10 ^^ unités électrostatiques. Or il avaii précéctemment trouvé, pour lésions produits par les rayons Rôptgen,

La charge e est donc la même pour un ion ainsi chargé négativement dans deux cas très différents et, de plus, elle est égale à la charge positive charriée par un atome d'hydrogène dans l'électrolyse ordinaire, d'après Townsend.

Quant à la masse de l'ion négatif dans les gaz à basses pressions,

il résulte de la valeur de — qu'elle est excessivement faible, soit

environ 1,4 x 10"^ fois celle de l'ion hydrogène dans l'électrolyse, alors que la masse de ce dernier ion est la plus petite qu'on reconnaisse aujourd'hui capable d'être isolée.

L'électricité positive semble, au contraire, d'après tout ce qu'on sait jusqu'ici, toujours associée à des masses comparables à celles des atomes ordinaires. Enfin, dans les gaz dont la pression est comparable à la pression atmosphérique, les charges négatives ellesmêmes semblent charriées par des masses du même ordre.

J.-J. Thomson termine cet important mémoire en précisant davantage les idées théoriques qu'il a déjà émises sur l'ionisation des gaz. Cette ionisation consiste, pense-t-il, en ce que l'atome perd une très petite partie définie de sa masse, un corpuscule qui constitue l'ion négatif. Selon lui, ce corpuscule jouerait un rôle fondamental dans tous les phénomènes électriques. L'atome contiendrait un grand nombre de ces corpuscules, égaux entre eux, la masse de chacuA

(») Voir, dans ce Journal, 3* série, t. VIH, p. 228; 1899. (î*) Voir, dans ce Journal, 3- série, t. Vil, p. 626; 1898.

étant celle de Fion négatif qui existe dans un gaz à basse pression, soit environ 3 X 10-*® grammes.

Bien que tous les corpuscules soient négatifs individuellement, leur assemblage en un atome normal déterminerait, dans Fespace qu'ils occupent, une cliarge positive égale à la somme de leurs charges négatives. L'électrisation du gaz proviendrait de la rupture de quelques-uns des alomes, un corpuscule seulement se détachant de chacun d'eux et constituant Fion négatif, tandis que le reste de Fatome formerait Fioû positif, avec une charge égale en valeur absolue, mais de masse très grande par rapport à Fioa négatif.

Dans Félectrolyse ordinaire elle-même, la libération des anions et des cathions résulterait de la neutralisation de Fion p«ositif par un corpuscule venant de la cathode et de la neutralisation de Fion négatif par le passage d'un corpuscule de celui-ci à Fanode. En somme, ces corpuscules seraient les véhicules de Félectricité d'un atome à un atome, et la masse d*un atome ne serait pas invariable ; ainsi, par exemple, dans la molécule HCl, l'atome hydrogène aurait une masse un peu moindre que la moitié de la masse de la molécule H*, tandis que la masse de Fatome chlore serait un peu supérieure à la moitié de celle de la molécule CP.

Jusqu'ici on n'aurait pu détacher qu'un seul corpuscule de l'atome ; pour pouvoir en détacher deux, il faudrait mettre enjeu des moyens plus puissants que ceux dont on dispose. Le phénomène de Zeeman contribuerait à faire admettre la présence effective de plusieurs corpuscules dans Fatome ; on a expliqué, en effet, ce phénomène par les mouvements de particules chargées négativement et, dans le fait qu'il peut exister dans un spectre un nombre considérable de lignes montrant des effets Zeeman comparables en intensité, J.-J. Thomson voit la preuve de la présence d'un nombre considérable de corpuscules dans Fatome.

H. Bagaiid.

1899 {suite).

J. VERSCHAFFELT. — Measurements on the System of isothermal lines near tl^e plait point; and especially on the processofthe rétrograde condensation of a mixture of carbonic acid and hydrogen (Mesures faites sur les isothermes au voisinage du point de plissement, et particulièrement sur la marche de la condensation rétrograde d'un mélange d*acide carbonique et d'hydrogène). — Communications from the Physical Laboratory of Leiden^ n»* 43 et 47.

— Measurements on the change of pressure by substitution of one component by the otherin mixtures of carbonic acid and hydrogen (Sur la variation de pression par substitution d'un des composants à l'autre dans les mélanges d'acide carbonique et^d'hydrogène). — Communications from the Physical Laboratory ofLeiden, n* 47.

L'auteur a déterminé expérimentalement, entre la température de son laboratoire et une température un peu supérieure à la température critique de Tacide carbonique, les isolhermes'^de trois mélanges d'hydrogène et d'acide carbonique contenant respectivement à peu près 5, 10 et 20 molécules d'hydrogène pour 100 molécules du mélange. L'équilibre des phases était assuré par l'agitateur électromagnétique de Kuenen.

Pour le mélange de titre œ = 0,0494, l'auteur observait la séparation en deux phases aux températures inférieures à 27^,50; pour t > 27*,50 la liquéfaction était impossible, quelle que fût la pression ; 27^,50 est le point critique de contact du mélange. A la température de 27^,10, le ménisque devient de moins en moins distinct, à mesure que le volume diminue, et il disparaît comme un brouillard lorsque la pression atteint 91**'",85 ; on est alors au point de plissement correspondant à a? = 0,0494.

Sur le diagramme représentant les différentes isothermes de ce mélange, les isothermes de 15**,30 et de 21**,50, en particulier, montrent distinctement une discontinuité inclinée résultant de la séparation en deux phases. La courbe qui raccorde les deux portions extrêmes de chaque isotherme coupe Tisotherme réelle en un point, ces deux courbes laissant entre elles des aires équivalentes. Les points où la condensation commence et finit sont réunis par une courbe limite; la tangente commune à cette courbe limite et à l'isotherme critique (27**,50) n'est pas horizontale, comme dans le cas d'un corps unique ; la construction graphique du point de contact de ces

deux courbes fourait la détermination la plus précise du point critique de contact du mélange considéré, dont les éléments sont t = 27%50, /) = 87*»'°,4, t?= 0,0048, Tunité de volume étant le volume qui serait occupé à 0® et sous la pression de i atmosphère par la même quantité du mélange, si celui-ci suivait les lois des gaz parfaits.

En dessous de la température du point de plissement (27^,10), la marche de la condensation était normale, la quantité de liquide allant constamment en croissant, en tendant vers le volume total à mesure que celui-ci décroissait. Entre 27®,10 et le point critique de contact (27**,50) la condensation rétrograde s'observait distinctement. L'auteur a étudié avec le plus grand soin la marche de la condensation au-dessus et au-dessous du point de plissement du mélange X = 0,0494 et il a représenté graphiquement le phénomène et tracé des isothermes en prenant pour abscisse le volume total (liquide -f- gaz), l'ordonnée étant le volume du liquide. On voit ainsi que Tallure jdes isothermes de condensation est extrêmement différente en dessus et en dessous de Tisotherme du point de plissement

M. Verschaffelt a étudié de la même façon les mélanges de titres x=i 0,0995 et 07= 0,1990; mais Tétude n'en put être aussi complète.

Dans un second travail, M. Verschaffelt a déterminé, à des températures voisines de 18* et entre 32 et 115 atmosphères, les isothermes de mélanges contenant des quantités d'hydrogène de plus en plus grandes. Dans les limites de pression où il a opéré, aucun phénomène de condensation ne s'est produit. Par des calculs convenables, l'auteur a obtenu, pour la température idéale de 18<>, les isothermes correspondant à tous les mélanges qu'il a étudiés tant dans ce mémoire que dans le précédent et les a réunies sur un même diagramme.

11 était désirable d'exprimer le volume de chaque mélange avec une unité spéciale, choisie de telle façon qu*un centimètre cube de chacun des mélanges contînt le même nombre de molécules lorsque son volume, exprimé avec cette unité, aurait la même valeur. On y arrive en prenant pour unité le volume que la même quantité de substance occuperait à 0* et sous la pression d'une atmosphère si le mélange se comportait comme un gaz parlait ; c'est ce que l'auteur appelle le volume normal théorique^ qui est égal au volume normal multiplié par un facteur qui exprime la déviation de la loi d'Avogadro et d'Ampère. Cette unité de volume a, d'ailleurs, été proposée dés 1881, dans le cas des corps purs, par le professeur Kamerlingh Onnes.

4à6 TRAVAUX NÉERLANDAIS

Malheureusement il y a un peu d'incertitude dans les valeurs absolues des volumes théoriques normaux de Thydrogène et de Tacide carbonique obtenus en partant de différentes données expérimentales. Mais cela n'affecte en rien le résultat que Fauteur avait eu en vue et qui était de savoir comment varie la pression d'un volume initial de 100 molécules d'acide carbonique lorsque, la température restant constante et égale à 18®, on substitue aux molécules de ce gaz un nombre égal et constamment croissant de molécules d'hydrogène. Ce résultat s'obtient immédiatement par la lecture du diagramme cité plus haut. L'expérience montre aussi que la variation de pression par substitution n'est pas proportionnelle à celle de la composition et qu'elle est toujours plus grande que celle qui résulterait d'une relation linéaire entre la pression et la composition. Chose curieuse, lorsque, en partant de l'hydrogène pur, on substitue aux molécules de ce gaz un nombre égal de molécules d'acide carbonique allant jusqu'à cinq, la pression du mélange demeure invariable.

H. KAMERLINGH ONNES. — A standard open manoraeter of reduced height with transferenre of pressure by means of compressed gaz (Manomètre à air libre étalon de hauteur réduite avec transmission de la pression par Tintermédiaire d'un gaz comprimé), ^Communications from ihe Physical iMbomloii/ of Leiden^ n* 44.

Le professeur Kamerlingh Onnes a installé au Laboratoire de Physique de Leyde un manomètre à air libre, du système Richard, permettant la mesure directe et précise de la pression, allant jusqu'à 60 atmosphères. Au lieu de transmettre la pression d'un tube à l'autre par l'intermédiaire de l'eau, comme à l'Institut physicotechnique de Charlottenbourg, ce qui gène beaucoup le déplacement des ménisques mercuriels, l'auteur emploie la pression d'un gaz comprimé sec.

Le manomètre se compose de quinze manomètres partiels en verre d'un peu plus de 3 mètres de haut et pouvant donner chacun une pression de 4 atmosphères.

Dans le but d'atteindre et de mesurer des pressions supérieures à 60 atmosphères, sept des manomètres partiels peuvent être réunis ensemble et employés comme manomètre différentiel. D'un côté de ce manomètre différentiel on produit une pression de 60 atmosphères qu'on a préalablement mesurée et repérée ; le manomètre introduisant une pression qui peut aller à 28 atmosphères, on peut donc

ÏRAVAUX NÉERLANDAIS i27

mesurer ainsi une pression allant à 68 atmosphères ; cette nouvelle pression, mesurée et repérée, peut de nouveau être exercée à Tauti^ extrémité du manomètre différentiel, de façon à atteindre ainsi en trois fois des pressions allant jusqu'à 116 atmosphères, limite qu'on ne dépasse jamais par raison de sécurité.

Il va sans dire qu'il faut tenir compte du poids des colonnes gazeuses, ce qui entraîne une correction négative importante.

Ch. m. a. HARTMAN. — The composition and the volume of the coexisting vapourand iiquid-pbases of mixtures of Methylchioride and carbonic Acid (Composition et volume des phases coexistantes des mélanges de chlorure de méthyle et d'acide carbonique). — Communications from the physical /MÔoraiory of Leiden^ n* 43.

L'auteur s'est proposé d'étudier à la température de 9*^,5 le pli qui traverse la surface^{/ de l'acide carbonique et du chlorure de méthyle ; à cet effet, il produisait à cette température (ou à une température très voisine) la liquéfaction partielle d'un mélange dont les deux phases étaient amenées à un équilibre parfait par une agitation convenable. Une disposition expérimentale, dans les détails de laquelle je n'entre pas, permettait d'isoler des volumes connus, soit de la phase liquide, soit de la phase gazeuse, et de les analyser séparément. L'auteur mesurait aussi avec le plus grand soin la pression correspondant à l'équilibre des deux phases, constante qui, comme Ton sait (*), détermine, à température constante, toutes les conditions de l'expérience. Il n'a ainsi étudié que dix phases coexistantes, ce qui est suffisant dans ce cas pour montrer le caractère du pli de la surface de Van derWaals. Les données expérimentales étant ramenées à la température fixe de 9**, 5, M. Hartman portait en abscisses les titres œ des phases coexistantes et en ordonnées la pression commune d'équilibre exprimée en atmosphères : oc = Ô et x = i correspondaient évidemment aux pressions de vapeur saturée de l'acide carboniq\ie liquide et du chlorure de méthyle pur et ouvraient les points où la courbé des phases liquides rejoint celle des phases gazeuses. Résultat remarquable, la courbe des phases liquides diffère extrêmement peu d'une droite ; à la température de 9<*,5, il semble donc qu'on puisse' représenter la pression d'équilibre d'ufn mélange dont les phases liquides ont pour titres a? et 1 — x par la formule :

(«) Voir Van Eldik, J, de Phys., 3 série, t. Vil, p. 160; 1898.

p^ et p^ étant les pressions de vapeur saturée des composants du

mélange à la température considérée..

Quant à la courbe des phases gazeuses, elle ressemble à un arc de parabole, dont la courbe des phases liquides serait la corde.

H. KAMERLINGH ONNES. — On the measurement of very low températures (Sur la mesure des très basses températures). — Communications fram the physicdL Laboratoty of Leyden, n* 27.

On utilise depuis plusieurs années au Laboratoire de physique de Leyde, pour la mesure des basses températures, deux thermomètres construits par Tauteur et reposant sur la dilatation de Thydrogène à volume constant.

Le petit modèle a un réservoir en verre d'Iéna de 30 centimètres cubes, soufflé sur un tube capillaire de â'^^fS de diamètre intérieur; le tout est soigneusement jaugé, et la variation du volume du réservoir sous l'influence de la pression mesurée. Un tube capillaire d'acier de 0"""*,8 de diamètre et de 180 centimètres de longueur relie ce qui précède à un tube manométrique de 9 millimètres de diamètre intérieur et parfaitement cylindrique ; celui-ci est continué par une ampoule (que l'on remplit de mercure pur et sec à un certain moment), et communique par l'intermédiaire d'un robinet à trois voies et d'un caoutchouc à vide avec un manomètre à air libre. La constance du volume intérieur du thermomètre est réalisée, comme dans les expériences classiques de M. P. Chappuis, par l'affleurement du mercure à une petite pointe axiale très courte occupant la partie supérieure du tube manométrique. L'ampoule à hydrogène a des dimensions telles que ce gaz, ramené à son volume constant, ait une pression mesurée, à — 200« par 300 millimètres, à 0^ par l.iOO millimètres, à -j- 100» par 1.500 millimètres de mercure.

Le grand modèle ne diffère du petit qu'en ce que son réservoir, de même diamètre, atteint 90 centimètres cubes.

Le tube manométrique, l'ampoule et le manomètre à air libre sont fixés sur un même support, et le réservoir sur un autre ; chacun de ces supports peut être tenu d'une main, et l'ensemble aisément transporté d'un endroit à l'autre.

L'hydrogène pur est obtenu par Télectrolyse d'une solution aqueuse d'acide chlorhydrique à 20 0/0.

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