MALRAIN. — CICATRISATION DES CRISTAUX
nus avec chaque corps en observant au microscope la formation des cristaux (^).
Azotate de potasse. — Par évaporation de la solution aqueuse, on obtient, sur le bord de la goutte, des prismes très allongés ; ceux qui se forment à Tintérieur sont plus ramassés. Si on ajoute à Teau de la glycérine, les cristaux sont de même forme, mais très nets. La solution dans Talcool laisse une ceinture de plaques cristallines en parallélogrammes peu allongés, et dans la partie centrale des filaments non rectilignes, formés par l'assemblage de petits cristaux plats. La solution dans Téther donne des plaques cristallines à arêtes nettes, peu allongées, et aussi des bâtonnets prismatiques peu différents de ceux qu'on obtient avec Teau.
Chlorure de sodium (j'ai choisi ce corps et le précédent parce .que leurs cristaux sont anhydres, ce qui simplifie le rôle de l'eau de dissolution). — Les solutions dans l'alcool et l'éther donnent des plaques où apparaissent les arêtes de l'octaèdre, alors que la solution aqueuse donne des cubes.
Camphre. — Les cristaux obtenus par sublimation se présentent sous forme de plaques brillantes, à arêtes nettes et bien rectilignes, mais s'émoussant promptement par évaporation. L'évaporation de la solution alcoolique donne de grandes étoiles dentelées, à symétrie hexagonale ; au moment où ces étoiles se forment, le centre apparaît d'abord, puis aussitôt les six arêtes rectilignes s'allongent en même temps, enfin les dentelures se forment autour de ces rayons.
Blchlorure de mercure. — La sublimation donne des houppes de bâtonnets prismatiques très brillants ; dans l'évaporation de la solution aqueuse, il se forme à la surface des prismes allongés et, au fond, des prismes bien plus ramassés.
Remarque 1. — Il y a presque toujours une différence marquée entre les cristaux qui se forment, dans l'évaporation d'une goutte de solution déposée sur une lamelle de verre, sur le bord de la goutte et dans l'intérieur.
Remarque 2. — Les cristaux formés par sublimation s'arrondissent et se déchiquètent par évaporation, à peu près comme les cristaux réguliers qu'on place dans un dissolvant pur.
tions : densité du liquide, viscosité, solubilité plus ou moins grande du corps, rapidité d'évaporation, etc.
(») Une note plus étendue paraîtra dans le Bulletin de la Société scienlifigue et médicale de V Ouest. •
PHILOSOPHIGAL MAGAZINE ; T. XLIX ; Janvier 1900.
RUTHERFORD. — A radioactive Substance emitted from Thorium Compounds (Substance radioactive émise par les composés du thorium). — P. 1.
L'oxyde de thorium en couche très mince est radioactif, avec une intensité qui décroît en progression géométrique, quand l'épaisseur d'une feuille de papier qui le recouvre croit en progression arithmétique. En couche épaisse (i gramme par 25 centimètres carrés) l'intensité est la même, quel que soit le nombre de feuilles de papier après la première, et indépendante du champ électrique. Elle est très diminuée par un courant d'air, même faible. M. Rutherford, pour expliquer ces faits, émet l'hypothèse que l'oxyde de thorium émet une substance traversant le papier et rendant le gaz conducteur dans son voisinage. Pour mesurer la durée de la radioactivité de cette « émanation », il fait passer un courant d'air privé de poussières au-dessus d'oxyde de thorium enveloppé dans du papier. Cet air vient ensuite dans un cylindre métallique C au potentiel de 100 volts, contenant, à son intérieur, une plaque D. C et D communiquent avec les deux paires de quadrants d'un électromètre. On a un courant de décharge qui va décroissant, quand on arrête le courant d'air, mais qui est appréciable pendant dix minutes encore, tandis qu'avec l'uranium il n'aurait duré qu'une fraction de seconde. On obtient aussi la même durée en déterminant la vitesse du courant d'air, qui donne un courant permanent.
On voit aussi, par d'autres expériences, que cette « émanation » ne possède aucune charge électrique et qu'elle n'est pas modifiée par le champ électrique.
Cette « émanation » traverse le coton de verre, l'eau, l'acide sulfurique ; elle a des actions photographiques et électriques semblables à celles de l'uranium. Elle traverse les métaux en feuilles très minces.
On explique la variation du courant au début, quand on apporte la source d'émanation, et à la fin, quand on l'enlève, par ce fait que les particules ne sont radioactives que pendant un certain temps.
La nature du gaz, la pression, la vapeur d'eau ne modifient pas la quantité d'émanation.
Les faits ci-dessus, ainsi que la non-formation de nuages au-dessus d'une surface d'eau, quand on produit de faibles expansions de Tair en présence d'oxyde de thorium, ne sont pas favorables à cette idée que cette « émanation » serait une poussière.
Serait-ce une vapeur? Le vide d'un tube de Geissler n'est pas modifié quand on le fait communiquer avec un ballon à la même pression contenant de l'oxyde de thorium.
En outre, M. Rutherford signale que l'ion positif produit dans un gaz par cette « émanation » rend radioactifs les corps sur lesquels il tombe, cela pendant plusieurs jours.
Le nitrate, Toxalate, le sulfate possèdent la même propriété que Toxyde.
Perreau.
Osoooo PEÏRGE. — On the thermal Conductivity of Vulcanite (Conductibilité thermique du caoutchouc). — P. 15.
Emploi de la méthode du mur. La lame étudiée sépare une chamb re de vapeur à 100^, d'un vase dont elle forme le fond, et qu'on remplit de glace. On mesure directement le nombre de calories qui ont traversé la lame par le poids de glace fondu.
On a trouvé, suivant les échantillons, des valeurs variant de
SPIERS. — On Contact Electricity (Sur réiectricité de contact). — P. 70.
La différence de potentiel au contact de deux métaux est-elle due en tout ou en partie à la couche gazeuse qui se trouve à la surface des métaux? M. Spiers a essayé de résoudre ce problème. Il a employé plusieurs dispositifs. Voici le dernier : Dans l'intérieur d'un tube de verre de 4 centimètres de diamètre se trouve une plaque de platine isolée A (18 millimètres sur 143 millimètres), suspendue à un tube de verre B. Une seconde plaque C (d'abord en Al, ensuite en acier) est suspendue à deux fils d'aluminium, D et E, soudés en haut du tube de verre, de sorte que la plaque C pend librement; elle est parallèle et très rapprochée de A. Elle porte trois taquets qui viennent heurter à ce moment un tube L en aluminium relié à la terre en
PHILOSOPHIGAL MAGAZINE 215
portant une feuille d'aluminium entourant à moitié la plaque A, qui se trouve ainsi entourée par un écran communiquant avec le sol.
La mesure se fait par la méthode de compensation bien connue. Pour cela, la plaque C pouvait être écartée de A au moyen d'un électro-aimant placé en dehors du tube. Si C était en aluminium, elle portait, pour cela, une plaque en fer par derrière.
Pour pouvoir porter les plaques k une température élevée, le tube de verre est, en réalité, formé de deux parties dont l'inférieure est un tube à combustion en verre dur. Elles sont reliées au moyen d'un rodage très soigné plongeant dans du mercure contenu dans un tube concentrique.
On peut faire le vide dans le tube et y laisser rentrer le gaz désiré.
Donnons simplement les résultats obtenus avec une plaque C en aluminium :
C polie au papier d'émeri, difFérence de potentiel initiale D = i,4r> volt
D décroît» devient, 1,20 après une heure et demie et se fixe à la valeur 1,02 volt.
Tube chaufTé avec vide — — de millimètre, puis,
après refroidissement, avec une pression de -— de
millimètre ; on avait D = 0,28 —
Après ir» heures, avec une pression de — millimètre. . D nz 0,31 —
Après 15 heures, avec une pression de — r- millimètre.. D — 0,3! —
Le tube ouvert à Tair pendant 3 jours D = 0,02 —
La plaque retirée et polie a donné ensuite D = 0,72 —
Avec le tube chauffé en plein air, la plaque a donné. D -^ 0,31 —
Repolie ensuite, elle donnait I) =: 1,10 —
Dans une seconde expérience on fit le vide sous l'hydrogène. Au début, on avait D = 0,98 volt. On obtient des valeurs voisines pour des vides divers d*H, même en chauffant. Mais, en chauffant plus fort
avec un vide de ■ ^ ^^. de millimètre, on obtient D = 0,09 volt, 10.000
puis, après rentrée d'air sec, D = — 0,15 volt.
La plaque d'aluminium présentait alors une légère coloration.
Polie, elle redonnait D = 1,20 volt.
Ceci semble donner comme conclusion que, même dans un vide
d'hydrogène de ■ ^^. de millimètre, il y aura encore, après quatre
lavages avec ce gaz, assez d'oxygène pour oxyder la surface de la plaque d'aluminium portée à une assez haute température.
M. Spiers conclut en disant que ces faits plaident plutôt pour la théorie que l'effet Volta est dû à quelque action électrolytique du milieu ou des milieux qui entourent les deux métaux.
Perreau.
T.-G. BEDFORD. — Expansion of Porcelain with Rise of température (Dilatation de la porcelaine). — P. 90.
Méthode du comparateur à dilatation, appliquée à un tube de 1 mètre en porcelaine de Bayeux. On a trouvé :
'Lord BAYLEIGII. — La loi de répartition de l'énergie cinétique. — P. 98-118.
1. L'auteur revient sur la célèbre objection de lord Kelvin à la loi de répartition de Maxwell (*). Il donne une réponse un peu différente de celle de M. Poincaré.
Supposons que la force répulsive F à laquelle est soumise la boule A soit limitée à une couche très mince en H, de telle sorte que, quand A a traversé cette couche, il n'est plus soumis à aucune nouvelle force, jusqu'à ce qu'il ait atteint la borne K. Comparons les deux cas suivants :
l"* F est assez fort pour que, quelle que soit pratiquement la vitesse de A, A soit réfléchi sur H, qui agit comme une barrière rigide; 2** F est juste assez fort pour produire ce résultat, sauf quand A arrive avec une énergie cinétique à peu près égale à l'énergie totale du système. A pénètre alors dans H, se meut lentement de H en K, revient de K en H, étant ainsi restée un temps relativement long entre H et K. Le raisonnement de lord Kelvin suppose que l'énergie totale moyenne de A serait la même dans les deux cas ; il n'en est
('j Kelvin, Conférences scientifiques el Allocutions; trad. française, p. Soi. — Poincaré, liev. gén. îles Se, 1894, p. 513 (Voyez la figure dans lord Kelvin, p. 335).
rien. Car, durant les pénétrations occasionnelles au-delà de H, dans le second cas, A possède à peu près l'énergie totale du système, et il la conserve durant une période prolongée parla pénétration. Donc, dans le cas 2**, A possède une énergie totale moyenne supérieure à celle qu'il possède dans le cas i** ; rien n'empêche les énergies cinétiques d'être les mêmes dans les deux cas.
2. Lord Rayleigh étudie un système particulier : Un point mobile dans un espace k deux dimensions (telle une bille de billard) a deux coordonnées x, y, et deux vitesses m, v. Il cherche la condition pour la loi de distribution stationnaire, et Tégale répartition de l'énergie qui en est une conséquence. On trouve, conformément à la pensée de Maxwell, « que la seule supposition nécessaire pour la preuve directe est que le système abandonné à lui-même dans son état actuel de mouvement doive passer tôt ou tard par toute phase compatible avec l'équation de l'énergie ». La loi de l'égale répartition, dont il est ici question, s'applique à un grand nombre de particules à un moment donné, non à la moyenne des valeurs de l'énergie pour une même particule prise à une série de moments.
La loi de la moyenne dans le temps apparaît à l'auteur ne rien impliquer de plus que le postulat de Maxwell, sans lequel la loi de distribution elle-même n'est qu'un arrangement artificiel, suffisant, mais non nécessaire, pour l'état stationnaire.
3. L'auteur terminé par quelques considérations sur la théorie cinétique en général et sur la seconde loi de la thermodynamique. 11 considère les conséquences qu'on en tire quelquefois comme seulement probables. « De petites valeurs de l'énergie utilisable sont à coup sûr plus probables que de grandes ; mais il y a un degré de petitesse au-dessous duquel il est improbable que la valeur tombe. »
La difficulté fondamentale que rencontrera, non seulement toute théorie cinétique des gaz, mais toute dynamique générale, est la suivante : Toute condition dont la violation entraînerait une large dépense d'énergie potentielle peut être traitée comme une contrainte. C'est ainsi que des solides sont regardés comme rigides, des fils comme inextensibles, etc. C'est sur la reconnaissance de telles contraintes qu'est fondée la méthode de Lagrange. Mais la loi de l'égale répartition ignore l'énergie potentielle. Quelque grande que soit Ténergie requise pour altérer la distance de deux atomes dans une molécule diatomique, pratiquement la rigidité n'est pas assurée, et l'énergie cinétique du mouvement relatif sur la ligne de jonction est la même
que si rattraclion était très faible. 2 atomes restent un système ayante^ de liberté.
Ce qui semblerait nécessaire, ce serait de trouver quelque moyen d'échapper à la simplicité inexorable de la loi générale de répartition de 1 énergie cinétique, par lequel l'énergie des mouvements qui mettent en jeu une quantité énorme d'énergie potentielle pourrait être diminuée en importance. Si l'argument, tel que nous l'avons donné d'après Maxwell, est valide, un tel moyen d'y échapper devrait impliquer le rejet du postulat fondamental de Maxwell, en tant que pratiquement applicable aux systèmes qui ont un nombre immense de degrés de liberté. B. B.
RICHARDSON. — The magneiic Properties of the AUoys of Iron and Aluminium (Propriétés magnétiques des alliages de fer et d'aluminium). — P. 121.
On constata d'abord que des alliages contenant plus de 30 0/0 d'Al se désagrègent facilement en poussière fine avec production d'acétylène. On a étudié les alliages contenant 3,64, 5,44, 9,87 et 18,47 0/0 d'Al. Le premier était relativement doux, les autres très durs. On construisit des anneaux en fondant un disque et forant un trou central avec un tube en cuivre tournant rempli de poudre d'émeri et d'huile.
Chaque anneau est recouvert d'une bobine primaire Pj et d'une bobine secondaire Sg. P^ est en série avec une batterie d'accumulateurs, un commutateur, xiû ampèremètre Weston, un rhéostat R et la bobine primaire P| d'un étalon d'inductance mutuelle y. Sj est en série avec la bobine secondaire S, de l'étalon d'inductance et deux rhéostats sans induction, R^ et R^,. Le galvanomètre G est relié au point a compris entre R, et R^, et au point p opposé du pont. On règle R^ et Rj jusqu'à ce qu'aucune quantité d'électricité no passe dans le galvanomètre, quand on renverse le courant. On voit facilement qu'on a alors pour l'induction B de l'anneau :
aN H, + r, '
pour le champ :
Il . !" I.
M == inductance mutuelle y, a = section moyenne de l'anneau,
N = nombre de tours de S^, n m nombre de tours de P2,
r2= résistance de 83, r^ = résistance de S|,
d = diamètre moyen de l'anneau, I =:: intensité du courant.
Dans la pratique, pour augmenter la sensibilité, un secohmètre était intercalé dans le circuit primaire.
Le galvanomètre avait 7(o de résistance. On avait trois étalons d'inductance, égaux à 9,04 XiO^, 7,014x10% 4,536 xlO\ Cette méthode donne, d'ailleurs, les mêmes résultats que la méthode balistique.
On a opéré à des températures variant de — 83* à 900**. La température était donnée par la résistance de la bobine secondaire, qui était en fil de platine et enroulée près de l'anneau.
L'isolement des bobines était fait avec du papier d'amiante Bell and Sons, avec lequel on entourait également le fil pendant l'enroulement.
L'anneau était placé dans une boîte en cuivre munie d'un tube en cuivre. Pour les hautes températures, la boîte était placée dans un fourneau à moufle muni d'un régulateur pour l'arrivée du gaz ; de Oà 50*, dans un baind*eau; et pour les températures inférieures, dans un bain d'éther dont 1 evaporation était activée au moyen d'une trompe à eau et qui était entouré par un mélange réfrigérant (glace et sel ou acide carbonique solide) .
Voici les résultats obtenus :
. 1* Les alliages se comportent comme s'ils étaient formés de deux milieux distincts suparposés ;
2* L'allure générale des courbes et l'absence de point anguleux près du point critique semble indiquer qu'ils sont "hétérogènes (Hopkinson a vu la même chose pour les alliages de fer et de nickel) ;
3* La perméabilité décroît quand la température s'élève, vers le point critique, jusqu'à une valeur minimum. Une élévation ultérieure de température produit une faible diminution, s'il y en a une ;
4* La valeur maximum de la perméabilité pour l'alliage à 10 0 0 d'Al semble avoir lieu à — 90** ;
5* L'alliage à 18,47 0/0 d'aluminium a un point critique à 25° et ne donne pas d'hystérésis de température. La perméabilité semble / être maximum à une température bien inférieure à — 90**. ' Perreau.
220 ANNALEN DER PHYSIK
DRUDE'S ANNALEN DER PHYSIK (i);
T. I, n* 1 ; janvier 1900.