GAZOMÈTRE
avec eux les frottements des poulies et des guides de la cloche souvent oxydés dans les laboratoires ; en outre, ils ne sont pas portatifs.
Il est cependant bien nécessaire de pouvoir disposer, pour certaines expériences, d'un gazomètre portatif dont la constance du débit assurée n'exige pas la présence permanente de Topérateur et lui donne, en même temps qu'une pression toujours suffisante, la faculté de continuer, au besoin, ses expériences durant la nuit. Le gazomètre que je viens de faire établir réalise ces conditions et quelques autres encore que Ton ne rencontre pas dans les modèles en usage ; l'opérateur y dispose, point essentiel, de pressions hydrostatiques très constantes, susceptibles d'être graduées à sa volonté et même mesurables.
Ce nouveau gazomètre {fig. 1 en élévation et fig, 2 en coupe) rappelle sensiblement par son aspect extérieur les modèles usuels. Il en diffère essentiellement en ce que son réservoir de gaz est divisé en deux parties très inégales par une cloison conique, de manière à constituer une petite cuvette interne c [fig, 2) munie d'un tube de trop-plein i. Il diffère encore en ce que la cuvette supérieure externe C est mobile et peut glisser sur trois tringles verticales TTT et y être arrêtée à telle hauteur que l'on désire, au moyen de vis de pression. L'eau s'écoulera de la cuvette externe C (au moyen d'un tube en caoutchouc fixé sur le robinet R') dans la cuvette interne e, et de là, par le tube de trop-plein t^ dans le corps G du gazomètre, jusqu'à ce que la force élastique du gaz fasse équilibre à la pression exercée par une colonne d'eau de hauteur h. Cette pression se maintiendra désormais rigoureusement invariable si l'on fait arriver un courant d'eau dans la cuvette supérieure C munie elle-même d'un tube de trop-plein e. Sous cette pression hydrostatique constante, le gaz du corps du gazomètre passera par le tube i' aboutissant à 2 centimètres environ au-dessous du robinet R, qui sert au débit du gaz. Ainsi se trouve réalisée la constance des débits sous des pressions suffisantes et variables au gré de l'opérateur.
Le gazomètre porte deux tubes de niveau, l'un N indiquant le volume du gaz dont on dispose dans le corps du gazomètre, l'autre n plus court, en communication avec la cuvette interne et dans lequel l'eau s'arrête en un point fixe à l'instant précis où, l'eau de la cuvette se déversant par le tube de trop-plein t^ le gaz a acquis la pression désirée et constante sous laquelle il va désormais être débité. Remarquons, en outre, que cette pression pourrait être
i. de Phys., 3* série, t. IX. (Juin 1900.) 23