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envisage les clioscs tout autrement, en admettant la simple intervention des conductions intérieures à travers les diélectriques hétérogènes ; en développant la théorie si connue do Maxwell, Hess, par remploi d'un assemblage de condensateurs groupés d'une certaine façon, arrive à une sorte d'imitation des principaux phénomènes observés dans les diélectriques hétérogènes, tels que, par exemple, l'existence du résidu électrique, etc. Un diélectrique hétérogène est constitué par des corpuscules conducteurs, ayant un pouvoir inducteur spécifique fini, disséminés à l'intérieur d'un isolant parfait; il en résulte qu'une tranche d'un pareil isolant peut être assimilée, schématiquement, à un ensemble de deux condensateurs en cascade, l'un de capacité C et de résistance infinie, l'autre de capacité C shunté sur une résistance p. Dans cet ordre d'idées, réchauffement du diélectrique s'explique tout naturellement par le courant dérivé à travers le condensateur C, et la théorie de Hess, pour laquelle je renvoie au mémoire original (*) montre que la quantité d'énergie absorbée, à peu près indépendante du temps, dans le cas d'une force électromotrice constante E appliquée aux bornes du système CC, augmente au contraire rapidement avec la fréquence w, dans le cas d'une force électromotrice alternative Esin<o<, pour diminuer ensuite; de telle sorte que l'énergie dissipée en chaleur atteint un maximum pour une certaine fréquence ; elle est, en outre, proportionnelle au carré E^ de la force électromotrice maxima. On voit qu'en définitive M. Hess nie l'hystérésis et la viscosité et ne conserve que l'idée des conductions intérieures; voici sur quels faits expérimentaux ce physicien fonde sa manière de voir : tout d'abord l'hystérésis doit être écartée : il résulte, en effet, des recherches de M. J. Curie ('), que lorsqu'on passe lentement d'une force électromotrice à une autre, il y a proportionnalité rigoureuse entre les intensités du courant de charge aux diverses époques et la force éleclromotrice correspondante appliquée au condensateur; ensuite Thypothèse d'une viscosité n'est, à son tour, guère probable : il parait en effet bien difficile d'admettre, d'après le résultat bien connu, que les diélectriques homogènes ne donnent pas de résidus électriques ('), que deux iso-

(') Hess.IJÇc/. é/cc/r., t. 111,210; 1895.

(2) J. Cl RIE, Ann. de chim. et de pfiys., T série, t. XVII et XVIII ; 1889.

( «) KowLAND et NiCBOLS, Ph. Mag., (5), II, p. 44 ; 1881 ; — Hbrtz, Ann. Wi>rf., t. XX, p. 279; 1883; — Dieterici, Afin, Wied.. t. XXV, p. 543; 1885 ; — Arons, Ann. Wied., t. XXXV, p. 290 ; 1888 ; — Mihakoa, Ann, Wied., t. XL, p. 329; 1890.

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lants purs, séparément sans viscosité, puissent constituer un diélectrique complexe doué de viscosité réelle ; il ne peut évidemment être ici question que d'une viscosité apparenle (c'est du moins l'opinion de M. Hess) et non d'une propriété moléculaire des corps, cette viscosité apparente ayant son origine dans l'hétérogénéité de la substance et non dans une sorte d'inertie de la matière.

Cette conception de la dissipation de l'énergie à travers les particules conductrices du diélectrique solide a été également émise par M. Ch. Borel (^), à la suite d'observations faites sur la rotation d'un disque de papier paraffiné, placé dans un champ électrostatique

alternatif, à variaticms lentes (zrr: de seconde environ )•

Il est assez difficile de vérifier si l'hypothèse des conductions intérieures de Hess, qui rend théoriquement compte des phénomènes observés, correspond à la réalité expérimentale, tandis qu'il est au contraire relativement facile de trancher la question entre la viscosité et l'hystérésis, puisqu'il s'agit en définitive de chercher si la perte d'énergie dépend ou ne dépend pas de la vitesse de variation du cycle parcouru ; en cherchant en particulier la loi de variation de l'énergie dissipée dans le diélectrique en fonction de la fréquence du champ alternatif employé, on pourra séparer l'effet dû aux propriétés hystérésiques de l'effet provenant de la viscosité, en considérant le cas limite d'une vitesse cyclique nulle, qui exclut tout phénomène possible de viscosité.

C'est dans cet ordre d'idées qu'ont été instituées les expériences de MM. A.-W. Porter et D.-K. Morris (^); ces physiciens ont expérimenté avec un condensateur à lame de paraffine, dont les armatures, d'abord au même potentiel, étaient portées lentement à une différence de potentiel V, au moyen d'une dérivation à contact glissant, prise sur le circuit d'une pile ; après quoi le condensateur était déchargé dans un galvanomètre balistique, et mis ensuite en court circuit ; dans une autre expérience ou portait le condensateur à un potentiel V > V, puis, sans le décharger, par un mouvement rétrograde du contact glissant, on revenait de nouveau au potentiel primitif V, et on effectuait alors la décharge dans le balistique ; ce dis-

(i)Ch. BoHEL, C. R. Ac. Sciences, t. CXVl, p. 1192; — Arch. de Genève, t. XXX, p. 45; 1893.

(«) A.-W. PoHTER et D.-K. Morris, The Electrician, 12 avrii 1895 ; — Proc. Roy. Soc, t. LVII, p. iC9, 1895 ; — J. de Phys,, 3- série, t. V, p. 34; 1896.

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positif permettait, par suite, d'effectuer la charge, à un potentiel donné, soit par des variations croissantes, soit par des variations décroissantes ; or Texpérience, dans les deux cas, donnant la même déviation galvanométrique, il n'y a pas lieu d'admettre l'existence d'une hystérésis; cependant, d'après les physiciens anglais, un pareil condensateur n'est point exempt de ce qu'ils nomment Feffet visqueux, et ils appuient leur opinion sur celte observation qui fut

faite, que la charge qui devrait être complète ( à j-rr près j en stjtjjt^

de seconde, si le circuit extérieur était seul le siège d'une dissipation d'énergie, se poursuit encore au bout de cinq secondes ; ce qui doit s'expliquer évidemment par le phénomène de la pénétration des charges, ou de l'absorption électrique; dans tous les cas, le papier paraffiné est dénué d'hystérésis, ainsi que le prouve l'égalité des déviations galvanométriques, observées à potentiel croissant ou décroissant. M. Eister(*) est arrivé, de son coté, à une conclusion identique ; en étudiant un condensateur à papier parafliné, soumis aux charges périodiquement" variables d'un alternateur, ce physicien constata que la perte d'énergie dépend manifestement de la fréquence du courant alternatif ; c'est ainsi qu'elle est égale à zéro, pour une vitesse cyclique nulle ou infinie; atteint un maximum pour une fréquence donnée, et se montre, du reste, proportionnelle au carré de la force électromotrice : tout cela est, en définitive, conforme à la théorie des conductions intérieures de M. Hess, dont il a été question plus haut (^).

11 nous reste, pour épuiser l'historique du sujet, à mentionner les recherches de M. Schaufel berger (^), qui, prenant comme point de

(ï) EiSTER, Electrolecknische Zeiischrifl^ 15 juin 1895 ; — Ed. électnque^ t. IV, p. 210; p. 210, août 1895.

(') He88, article sur l'hystérisis: Ed. élect., t. IV, p. 205; août 1895 ; — Eister est cité dans cet article ; je n'ai pu avoir son mémoire original.

(3) W. ScHALFELBERr.EK, Ann. Wied., t. LXV, p. 635; 1898, et t. LXVIII, p. 301; 1899; —J. de Pht^s.^ 3» série, t. VII, p. 683; 1898. Dans son mémoire, l'auteur cite dans Thistorique du sujet MM. Lombardi {Estrallo dall Electnd.sta.p. 5, 1896) et H.-F. Weber {Siizunffsberichle der Sckv:eiz. naturf. gessellsch.; 1896) comme ayant employé la même méthode de recherche basée sur l'emploi du wattmètre. Je n'ai pu me procurer leurs mémoires ; j*ai seulement trouvé, dans les Archives des sdences de Genève {4* période, t. II, p 519 ; 1896), une note très concise ; d'après cette analyse, M. II. -E. Weber aurait employé un procédé sensible pour mesurer le retard dû à l'hystérésis (6 à 1.600 millièmes de seconde) et mis en œuvre une méthode ingénieuse pour mesurer l'énergie absorbée dans le diélectrique par suite de ce retard. Cette énergie est si faible que réchauffement comporte quelque

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départ une observation de Quincke, relative à l'amortissement des oscillations d'une sphère isolante dans un champ électrique constant^ a mesuré la perte d'énergie dans un diélectrique soumisàune polarisation de direction variable, et non sousla forme mécanique d'un travail d'amortissement; après amortissement, la méthode employée consiste à faire osciller un ellipsoïde de la substance isolante, dans le champ d'un condensateur chargé et non chargé; pendant le mouvement oscillatoire, la direction constante de la polarisation rencontre des régions différentes de l'ellipsoïde, et dans le cas d'une hystérésis visqueuse, l'orientation du champ polarisant présente un retard t sur l'orientation du champ polarisant. La quantité d'énergie absorbée par hystérésis pendant la durée d'une oscillation se déduit de la connaissance du décrément logarithmique, au moyen de formules théoriques établies par M. Schaufelberger; dans le cas de la paraffine, la perte par hystérésis est faible; elle est proportionnelle au carré du champ polarisant.

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