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SPECÏHES DES DÉCHARGES OSCILLANTES

l'étincelle intermittente (il faut remarquer que le temps de pose pour

ces spectres était cinq fois plus long que pour les autres) est dû seu-

444 TURPAIN

lement à rabaissement considérable de la température. L'étincelle oscillante au contraire donne un spectre d'un éclat frappant et qui présente des particularités nouvelles. La température est abaissée aussi un peu, mais la cause déterminante, c'est le caractère oscillatoire. J*ai montré aussi qu'un noyau de fer détruit les oscillations, et par conséquent Thalén n'a jamais observé un spectre d'une étincelle oscillante lorsqu'il se servait d'un électro-aimant à noyau de fer puissant.

APPUGATION DES ONDES ÉLECTRIQUES A QUELQUES PBOBLÈMES SIMPLES DE TÉLÉGRAPHIE. - TRARSMISSIOll DUPLEX. — TÉLÉPHONIE ET TÉLÉGRAPHIE SIMULTANÉES;

Par M. A. TLRPAIN.

Les expériences nombreuses de télégraphie sans fil entreprises au cours de ces dernières années ont montré que les ondes électriques étaient susceptibles d'être utilisées avec succès dans le domaine des applications pratiques.

Toutefois l'emploi des ondes électriques pour communiquer sans conducteur interposé entre deux points doit évidemment être limité aux communications à petite distance. Aussi les expériences entreprises ne doivent-elles pas être considérées comme l'essor d'une nouvelle télégraphie, mais bien plutôt obmme permettant de résoudre d'une manière complète l'important problème des communications à petite distance (communication des bateaux phares avec la côte, des navires entre eux, des convois qui se croisent sur les voies ferrées, etc.).

Si la télégraphie sans fil doit se borner à résoudre ces divers problèmes et ne peut espérer détrôner la télégraphie avec conducteur, il ne s'ensuit pas que les ondes électriques ne puissent pas être utilisées avec fruit dans la télégraphie avec conducteur. Bien au contraire, leur emploi permet alors de réaliser de notables simplifications dans les dispositifs divers qu'utilise la télégraphie ordinaire pour résoudre les problèmes qui se présentent dans la pratique.

Laissant de côté l'application des ondes électriques au problème général de la multi-communication télégraphique, dont nous avons

récemment (*) indiquer le principe, principe basé sur l'utilisation des champs interférents, nous nous bornerons dans cette note à montrer comment les ondes électriques peuvent être employées à résoudre deux problèmes simples de télégraphie : le problème des transmissions duplex et diplex et le problème de la téléphonie et de la télégraphie simultanées. Nous indiquerons en quoi la solution basée sur Femploi des ondes électriques est plus simple que les solutions diverses réalisées dans la télégraphie par courants continus, et quel degré de généralité comporte la nouvelle solution proposée.

Transmission duplbx par ondes blkctriques. — Le problème de la transmission duplex consiste à envoyer deux télégrammes à la fois par un même fil en sens inverse. Un fil unique relie deux stations A et B ; il s'agit de permettre simultanément la transmission de A vers B et celle de B vers A.

Indépendamment des deux méthodes classiques utilisées pour résoudre ce problème dans la télégraphie par courants continus, la méthode différentielle et la méthode du pont de Wheatstone, un grand nombre de méthodes particulières ont été indiquées par les télégraphistes (Mance, Edison, Vianisi, Muirhead, Ailhaud, etc.).

Toutes ces méthodes nécessitent la réalisation en A et en B d une ligne factice équivalente à la ligne réelle en ce qui concerne la capacité et la résistance. La construction de cette ligne factice est parfois assez coûteuse, par exemple lorsqu'il s'agit de transmettre en duplex au moyen d'un câble sous-niarin ou souterrain. On ne peut alors équilibrer la capacité du câble par l'emploi d'un seul condensateur de même capacité. Il faut poursuivre l'assimilation du câble et de la ligne artificielle en constituant toute une série de résistances et de capacités, c'est-à-dire faire pour chaque élément de la ligne factice une reproduction aussi exacte que possible de la capacité et de la résistance de l'élément correspondant du câble.

De plus ces méthodes ne permettent pas en général de transmettre de A vers B, avec un appareil télégraphique donné, un appareil imprimeur Hughes par exemple, alors que pour la transmission de B vers A on emploie un appareil différent du premier, un appareil de Morse.

{^) Recherches expérimentales sur les oscillations électriques^ ch. vu; Paris; A. Hermann, 1899. — La Multicommunication en télégraphie au moyen des oncles électriques^ Revue scientifique^ 3 mars 1900

446 * TUHPAIN

La solution basée sur l'emploi des ondes électriques ne nécessite pas la construction de lignes factices, elle permet l'emploi de deux appareils télégraphiques différents.

Cette solution consiste à utiliser le courant d'une pile pour assurer la transmission des signaux de A vers B, alors qu'on emploie les ondes électriques pour transmettre de B vers A. Un excitateur est disposé en B ; une clef de Morse permet d'envoyer les ondes qu'il émet sur la ligne. A l'arrivée en A, ces ondes influencent un résonnateur à coupure. On intercale dans la coupure du résonateur le circuit d'une pile locale comprenant un appareil télégraphique récepteur. On peut employer un appareil quelconque, il suffit que le mécanisme transmetteur disposé en B se trouve invariablement lié à la clef de Morse qui commande l'émission des ondes sur la ligne.

Quelques précautions doivent être prises pour assurer le bon fonctionnement du dispositif.

Comme le montre la /î^. 1, les ondes produites en B par l'excitateur E peuvent se propager non seulement sur la ligne, mais aussi à travers le circuit du récepteur télégraphique r destiné à enregistrer les signaux qui lui sont transmis de A par courants continus. En dehors de la déperdition qui se produirait de ce chef, les ondes, en traversant Télectro-aimant de r, sautent de spires en spires et risquent d'endommager l'isolant. Pour opposer un obstacle aux ondes, il suffit de disposer avant le récepteur r soit une bobine en fil de fer isolé à la paraffine, soit plus simplement une cuve d'eau rendue légèrement conductrice. Pour protéger l'électro-aimant de r contre les

actions des ondes, on renferme dans une petite enceinte métallique e constituée par du papier d'étain, mise en communication avec le fil qui vient de c, et que le conducteur qui se rend à la terre traverse sans la toucher. On soustrait ainsi Télectro-aimant à Faction des ondes, en utilisant le fait démontré par Hertz, que la propagation des ondes n'intéresse que la surface des conducteurs qui les concentrent.

Nous avons expérimenté ce dispositif de transmission duplex utilisant concurremment le courant continu et les ondes électriques à Fentretien de transmissions entre deux postes distants de 350 mètres. Chacun des postes étaient munis d'appareils de Morse. Pour rendre plus sensible le résonateur à coupure utilisé R, on disposait entre les deux pôles de son micromètre fx un cohéreur. On n'a pas en effet à craindre dans le cas actuel que le cohéreur fonctionne sous Finfluence d'ondes qui ne lui soient pas destinées, puisque les ondes ne sont utilisées que pour la transmission dans un sens.

Les signaux purent être échangés simultanément, et ils furent enregistrés par les récepteurs Morse sans que la transmission par courant continu influât sur celle par ondes électriques, et sans qu'il se produisit d'influence inverse.

Les postes étaient situés, l'un dans la salle des machines de la Station centrale d'Electricité de Bordeaux-les-Chartrons, l'autre dans une dépendance de la station située à 350 mètres du premier poste et reliée à ce poste par un des fils qui servent comme fil protecteur du réseau du secteur. Ce fil était isolé au moyen de cloches de porcelaine sans autre soin d'isolement que ceux en usage dans la disposition des lignei^ télégraphiques ordinaires. Supporté par les mômes poteaux qui soutiennent les fils de distribution du réseau, le fil utilisé était donc, tout le long de son parcours, au voisinage des premiers ; malgré cette proximité, il n'en permit pas moins l'échange simultanée de signaux entre les deux postes qu'il reliait.

Généralité de la solution proposée, — En dehors des atantages que présente la solution précédente sur celles habituellement usitées en télégraphie, elle est aussi plus générale. Elle permet, en effet, d'échanger des télégrammes entre deux postes A, B en employant le courant continu, en même temps que d'échanger des signaux entre deux autres postes C et D disposés sur la même ligne et utilisant pour leur échange des ondes électriques. Les dispositifs associés

448 ÏUHPAIN

se trouvent en effet complètement indépendants; ils ne se compensent

pas mutuellement et peuvent être séparés Fun de Tautre, ce que ne

rendent pas possible les méthodes utilisées dans la télégraphie

usuelle.

Tansmission diplex. — Le problème de la transmission diplex consiste à envoyer deux télégrammes simultanément dans le même sens. Il suffît évidemment, pour utiliser la méthode précédente à la solution de ce problème, de placer au même poste A les deux dispositifs transmetteurs, et au même poste B les deux dispositifs récepteurs. Les ondes électriques et le courant continu assurent alors concurremment la transmission simultanée de deux télégrammes de A vers B.

Nous avons également réalisé ce dispositif de transmission diplex sur la ligne de 350 mètres, qui a été gracieusement mise à notre disposition par M. Renous, directeur de la Station centrale d'Electricité de Bordeaux-les-Chartrons.

Téléphonie ordinaire et télégraphie par ondes électriques SIMULTANÉES. — Nous avous chcrché si la télégraphie par ondes électriques pourrait être pratiquée sur un fil servant à l'échange de transmissions téléphoniques.

On éprouve quelques difficultés à soustraire d'une manière complète un téléphone à l'action des ondes électriques. Elles y produisent un briiit de friture qui rend l'usage de l'appareil des plus désagréables. Il ne suffit pas d'enfermer les appareils téléphoniques dans une enceinte métallique e, à la manière du récepteur r de la /î^. 1. Le bruit de friture se trouve diminué, mais non supprimé.

Nous sommes parvenus à soustraire d'une manière complète le téléphone à l'action des ondes en disposant les appareils de la manière suivante.

Les dispositifs téléphoniques T sont enfermés dans une enceinte métallique qu'il est facile de réaliser à peu de frais en tapissant de feuilles d'étain une cabine téléphonique ordinaire.

Le fil de ligne traverse la paroi de la cabine et est relié au téléphone et au microphone qui y sont contenus. Au lieu d'être en contact direct avec la tapisserie métallique, ce fil traverse une ampoule à air raréfié a [fig, 2) dans une direction perpendiculaire au plan d'un anneau conducteur également contenu dans l'ampoule et qui entoure le fil sans le toucher. Cet anneau est mis extérieurement en

contact avec la tapisserie métallique. Grâce à ce dispositif, les ondes électriques sont captées par Fenceinte métallique et transmises aux appareils télégraphiques qu'elles doivent actionner, tandis que le courant téléphonique parvient au téléphone débarrassé des ondes qui en troublerait le fonctionnement.

Les relations des divers appareils sont indiquées dans la fig, % dans laquelle le dispositif a a été agrandi pour plus de clarté.

Ce dispositif présente sur ceux utilisés jusqu'à présent en télégraphie ordinaire (système van Rysselberge, système Cailho) Tavantage de permettre la disposition des appareils télégraphiques i en uu lieu A, alors que les appareils téléphoniques T sont placés à une autre station C. Il permet donc d'échanger par un même fil des transmissions télégraphiques entre deux postes A, B, en même tefmps que des conversations téléphoniques sont échangées entre deux postes C et D intermédiaires desservis par la même ligne.

Nous nous sommes bornés,jusqu'à aujourd'hui, à réaliser ce dispositif sur une petite longueur (15 à :20 mètres) ; nous nous proposons de l'utiliser en employant la ligne de 350 mètres, que nous avons actuellement à notre disposition.

i. de Phys., 3« série, t. IX. (Août lUDO.)

4bO 1)KUDE s ANNALEN DËH PHYSIK

DRQDë'S ANNALEJ!! D£a PdYSiK; T. 1, n» 3 ; 1900.

C. HEINKE. — Ueber Wellenstromerreger (Sur les oscillateurs). — P. 326 350; 441-462.

Dans ce mémoire, surtout consacré à Tétude des interrupteurs électrolyliques, Fauteur compare Téleclrode active de Tinterrupteur de Wehnelt à une double dérivation, dont les deux branches porteraient, Tune : une résistance variable entre certaines limites ; Tautre, une capacité C, qui dépendrait surtout de l'épaisseur de la couche de gaz ou de vapeur qui se forme autour du fil de platine. Cette capacité serait d'ailleurs d'un ordre de grandeur qui ne permettrait pas de la comparer à celle d'un condensateur, mais qui suggérerait plutôt une comparaison avec les capacités de polarisation.

Par le passage du courant, la surface de l'électrode se diviserait en deux parties, dont l'une conserverait toujours le contact avec le liquide, tandis que l'autre serait périodiquement séparée du liquide par une couche gazeuse. En ces instants, il se produirait un rapide accroissement de la résistance R, comprise entre les deux pôles de l'interrupteur et par suite un accroissement considérable de la force

électromotrice de self-induction — L— • Et, si l'on remarque : 1** que,

la résistance R^ ayant augmenté (tandis que la résistance ohmique du reste du circuit est restée invariable), il en résulte une augmentation de différence de potentiel sur lé fil du platine; 2** que le courant self-induit est dirigé dans le sens du courant affaibli, on voit que ces deux effets concourent à augmenter la différence de potentiel sur les deux faces de la couche gazeuse; et cela, dans d'assez fortes proportions, pour qu'il en résulte une décharge disruptive, — D'autre part, on conçoit que des valeurs convenables de la capacité C et de la self-induction L du circuit permettront de satisfaire aux conditions de résonance électrique. La différence essentielle que présenterait ce phénomène de résonance avec celui que l'on peut obtenir avec les dynamos consisterait en ce que la condition de possibilité

z ^= a I/t^ — r est ici beaucoup plus élastique, puisque z (fréquence

bnlTDE'S ANNALEN bER PhYSlk 451

des oscillations) el C (capacité de la couche gazeuse) peuvent varier tous les deux, dans de larges limites, avec les conditions de Texpérience.

L'auteur discute les résultats numériques de nombreuses mesures qui confirment des résultats déjà connus (^). — D'autre part, certaines particularités (telles que la compensation mutuelle de la force élec-^ tromotrice de self-induction et de la force électromotrîce qui rentrerait en jeu dans la charge de la capacité C — le renversement souvent observé du sens du courant — le caractère instable du phénomène) ne lui paraissent pas suffisamment expliquées dansThypothèse jusqu'ici admise d'une simple rupture de courant, et, d'après lui, s'interpréteraient facilement, avec sa manière de voir.

Mathias CAXTOR. — Versuch uber die Absorption des Lichtes io elektrisch leuchtenden Gasen (Recherche sur l'absorption de la lumière par les gaz électriquement incandescents). — P. 462-466,

Des expériences directes de comparaison n'ont permis de constater aucune diminution appréciable de l'intensité d'un faisceau lumineux, auquel on faisait traverser une colonne gazeuse, portée à l'incandescence par des décharges électriques.

D'autr^^rt, Wiedemann (^) avait constaté que les gaz traversés par des décharges électriques sont portés à des températures peu élevées.

Ces deux résultats, rapprochés l'un de l'autre, confirment que la loi de Kirchhoff est inapplicable au cas actuel.

MORRIS-AIREY. — Ein Versuch zur Hypothèse der elektrolytischen Leitung in Geisslerrohren (Expérience relative à l'hypothèse d'une conduclibllité électrolytique dans les tubes de Geissier). — P. 466-468.

L'observation spectroscopique d'un tube de Geissier à hydrogène avec faible proportion de chlore avait conduit J.-J. Thomson à admettre un transport du chlore vers l'anode.

M. Morris-Airey recommence l'expérience avec un appareil formé de deux tubes de Geissier, réunis par un tube capillaire intermédiaire, f/un des tubes fonctionnant comme anode et l'autre comme

(•) Voir J. de phys.. 1899, p. 206, 438, 563, 639; — 1900, p. 9:3. (^) Wied. Anu., 1879, p. 298.

452 DRUDE^S ANNALEN DER PHYSIK

cathode, on retrouve bien le phénomène décrit par Thomson; mais les deux tubes de Geissler étant alors séparés par fusion du tube intermédiaire, chacun d'eux redonne séparément le phénomène de Thomson, d'une façon identique.

L'explication du phénomène ne doit donc pas être cherchée dans une convection du chlore vers l'anode, mais plus probablement dans un effet de la différence de température des deux électrodes.

F. RICHARZ et W. ZIEGLER. — Analyse oscillirender Flaschenentladungen vermitteist der Braun'schen Rohre (Analyse des décharges oscillantes des condensateurs à l'aide du tube de Braun). — P. 468-474.

Expérience de cours, fondée sur l'observation, par la méthode du miroir tournant, du phénomène de fluorescence présenté par le tube de Braun (').

K. BURKER. — UebereinDreipiilvergemisch zur Darstellung eleklrischer Staubflguren (Figures électriques obtenues avec un mélange de trois poudres). — P. 474-483.

De toutes les poudres soumises à l'expérience, celle que l'on obtient en mélangeant d'abord 5 volumes de fleur de soufre avec 1 volume de carmin, et en triturant ensuite le tout avec 3 volumes de lycopode, est celle qui donne les meilleurs résultats : mobilité des grains (le poussière, netteté des tracés, vive opposition des couleurs.

F. Carrb.

T. CALVERT. — Die Dielekiricitatsconstanle des Wasserstoffsuperoxyds (Constante diélectrique de l'eau oxygénée). — P. 483-485.

L'auteur a opéré sur un liquide contenant 45,9 0/0 d'eau oxygénée; l'absorption des ondes électriques par cette solution est très faible, c'est-à-dire a la valeur qu'on pouvait attendre, étant donnée sa conductibilité; la constante diélectrique est 84,7; si on admet la loi de mélange et qu'on prenne 8i comme constante diélectrique de l'eau, on déduit du nombre précédent 92,8 pour celle de l'eau oxygénée pure.

Cu. Maurain.

>) J. de Phys., 1897, p. 298.

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P. LENARD. — Ueber Wirkungen desultravioletten Lichtes auf gaBfôrmige Kôr per (Action des radiations ultra- violettes sur les gaz). — P. 486-507.

Plusieurs sortes de radiations récemment étudiées communiquent à Tair un état particulier : il devient conducteur ; son oxygène est partiellement transformé en ozone ; il s'y forme des noyaux de condensation pour la vapeur. Le travail de M. Lénard montre que certaines radiations ultra-violettes produisent le même effet.

Condensation de la vapeur. — MM. Lenard et Wolf ont montré antérieurement que si, dans un espace primitivement soustrait à la lumière, on fait tomber sur un jet de vapeur le rayonnement émis par les étincelles (par une fenêtre garnie d'une lame de quartz), ce rayonnement produit une action de condensation sur le jet de vapeur. Ils avaient attribué cet effet à Tarracliement de particules de quartz. Mais les expériences actuelles ne permettent plus cette interprétation : si on éloigne le jet de vapeur de la lame de quartz, on constate qu'à une distance de quelques centimètres l'action disparaît; si on éloigne, de l'autre côté, le micromètre à étincelles, placé d'abord très près de la lame, et qu'on cherche, en éloignant progressivement le jet à partir de la lame, à quelle distance Faction disparaît, on trouve que ce qui reste constant,* c'est la distance entre la position du jet où disparaît l'action et la position correspondante du micromètre. Le phénomène dépend donc de l'épaisseur d'air traversée, et non de la position de la lame de quartz. Ce ne sont pas les rayons visibles qui produisent l'action, car des lames ;ninces de verre ou de mica l'interceptent complètement, ni les rayons ultraviolets ordinaires, car une épaisseur d'air de quelques cenliinèlres n'arrête aucunement l'action bien connue de ceux-ci sur un conducteur électrisé (ceci a d'ailleurs été vérifié par M. Lénard avec sa dis- . position même). M. Lénard a étudié un grand nombre de corps au point de vue de leur transparence pour cette action condensante et trouvé les mômes résultats qualitatifs que ceux qui correspondent aux rayons de Schumann.

Pour étudier avec précision la propagation des rayons actifs, il était désirable d'obtenir une action à plus de quelques centimètres; en faisant jaillir des étincelles entre des conducteurs de différents

(1) Lenard et Wolf, Wied. Ann., t. XXXVll, p. 441-451; 1889,

4n4 DRLDE'S ANNAI.EN DEU PIIYSIK

métaux, et en disposant convenablement Tappareil, M. Lénard a pu obtenir, comme distance limite (élincelles de 2"*™) :

AI Co Sn Pb Tn Mg

Il a alors constaté que le rayonnement actif se propage en ligne droite à partir des étincelles qui le produisent; ce rayonnement forme un faisceau limité par les bords de la fenêtre et produit dans l'air des centres de condensation qui, une fois formés, peuvent sortir du faisceau géométrique, par exemple être entraînés par un courant d'air.

M. Lénard a étudié ensuite la réfraction des rayons utiles dans des lentilles de différentes substances : le micromètre à étincelles constituant l'objet, on cherche le point où se produit l'image pour les rayons actifs, c'est-à-dire où l'action condensante est la plus intense. On mesure, d'autre part, les distances à la lentille, en prenant comme lumière celle du sodium, d'un objet et de son image. Des nombres trouvés on peut déduire l'indice de réfraction des rayons utiles, connaissant celui qui correspond à la raie D. Enfin de l'indice on déduit leur longueur d'onde par l'application des formules de dispersion. Voici quelques-uns des résultats :

Quartz ,... 1,68 0^i8

Sol gemme 1,90 01^,17

Spath I,ri2 0^18

L'accord des différents résultats montre la précision des expériences.

En remplaçant sur le trajet des rayons l'air par l'oxygène ou le gaz carbonique. Faction est peu modifiée; elle est un peu plus faible avec le gaz d'éclairage, et beaucoup plus faible avec l'hydrogène ; ce n'est qu'à quelques millimètres de la lame de quartz qu'on peut l'observer.

Action elecirique. — On sait que les rayons ultra-violets tombant sur une lame métallique chargée ncgafivement la déchargent, plus ou moins vite, suivant la nature du métal et l'état de la surface ; dans les expériences actuelles, on obtient une action toute différente, car une charge positive disparaît aussi bien qu'une charge négative ; de plus, l'état de la surface n'exerce pas l'action qu'il exerce sur le .phénomène ordinaire de décharge par les rayons ultra- violets ; enfin l'ensemble des expériences de M. Lénard montre que l'air qui a été

DRUDE^S ANNALEN DER PHYSIK 455

traversé par le rayonnement actif est devenu conducteur; il n'y a plus besoin, pour que la décharge s'accomplisse, que le rayonnement tombe sur le conducteur.

Formation 'Vozone, — Elle a été étudiée chimiquement et est très notable.

Autres sources actives. — Un grand nombre de sources ont été substituées aux étincelles : Tare électrique seul a donné la même action, qui est plus intense, si on substitue au charbon positif une tige d'aluminium. M. Lénard pense que le rayonnement solaire doit comprendre des rayons actifs; mais l'absorption de l'air fait qu'ils ne doivent exercer leur action qu'aux hautes altitudes; cette action semble bien être intervenue dans des expériences faites par M. Lénard sur les Alpes, et dans lesquelles il avait obtenu la décharge de corps positifs ou négatifs; enfin elle doit intervenir aussi dans les

phénomènes électriques de l'atmosphère.

Ch. Maurain.

J.-L. ALMY. — Ueber die Punkenpotentiale in festen und tropfbarflussigen Dieiektricis (Sur le potentiel explosif dans les diélectriques solides et liquides). — P. 508-529.

Solides, — Les électrodes sont un plan métallique relié au sol et reposant sur la lame plane du diélectrique à étudier et une sphère ou une pointe appuyant sur la face intérieure de cette lame; celte deuxième électrode est mise en communication avec une machine électrostatique ; elle est contenue dans un tube de verre et noyée dans de la cire, sauf au point de contact avec la lame à étudier. Le potentiel est mesuré par un électromètre à plateau mobile, à anneau de garde.

Le potentiel explosif, dans le cas où les électrodes sont le plan et la pointe, est plus grand quand la pointe est négative que quand elle est positive ; la différence varie, avec la plaque diélectrique, de 5 à 8 0/0; quand les électrodes sont une sphère et un plan, aucune dîssymétrie systématique de ce genre n'apparaît.

Le potentiel explosif est plus grand pour les électrodes sphère et plan que pour les électrodes pointe et plan, la différence étant variable, mais supérieure, en tout cas, à 5 0/0.

Des expériences faites ^ 100<» (après avoir noyé tout l'appareil dans du soufre) n'ont pas donné de résultats différant notablement de ceux qu'on obtient à la température ordinaire.

456 DRLIDE'S ANNALEN DEH PHYSIK

Le potentiel explosif est plus grand si on fait croître lentement une différence de potentiel de sens constant que si on augmente progressivement Tamplitude d'un potentiel oscillant (avec sphère et plan) ; la différence varie de 20 à 40 0/0.

Les expériences qui ont révélé les particularités précédentes ont été faites avec des lames de verre ou de mica : pour les mesures concernant les autres diélectriques, on s'est placé dans les conditions les plus simples . sphère et plan comme électrodes et potentiel de sens conslant.

Voici quelques résultats :

nut.noA Potentiel explosif Substances .,'1 '^î! («" «o*"*

explosive éleclrosUtiquesC. G. S.)

Verres (différenU) u^ 1 j J'"'jJJ JJ»^

— nMl 0 ,041 138

Mica \ ^ '^^- ^^^^

Quartz pp. à l'axe 0 ,02 77,5

— parallèle 0 ,02 101

Paraffine \ ^ '^^^^ '^^'^

Ebonile 0 ,015 > 140

Liquides, — La grande difficulté est d'éviter la présence de particules étrangères, qui viennent se placer au maximum du champ, c'est-à-dire entre les électrodes; des expériences préalables ont montré l'influence de ces particules, dont on s'est débarrassé en remplissant le vase où se trouvent les électrodes par l'intermédiaire d'un vase poreux ; une pompe aspirante déterminait le passage du liquide à travers le vase poreux.

Substances Dislance explosive J*otenUel explosif

Térébenthine.... 1 T'^*^* *^

Pétrole « '"26 '2

'^^ jO 'o675 131,3

Benzine J» •»« ^

Ch. Maurain.

DRUDE'S ANNALEN DER PHYSIK 457

L. CHOETZ. — Ueber die Quincke'schen Rotationen in elektrischen Feid (Sur les rotations dans un champ électrique observées par Quincke). — P. 330-541.

Ces rotations sont celles qu'éprouvent, dans un champ électrique, des diélectriques solides plongés dans un fluide faiblement conducteur. Quincke les observait en suspendant le diélectrique à un fil de cocon ; mais la tension du fil cause une perturbation complexe. L'auteur se sert de sphères mobiles autour d'un axe ; le frottement des pointes diamétrales dans les cavités et du fluide sur la sphère peut être connu par des expériences préalables, et il est facile d'en tenir compte. On peut alors, des mesures de vitesses, déduire un contrôle de la théorie : d'après celle-ci, le mouvement provient de la répulsion entre les parties chargées de la sphère solide et les électrodes électriques de même signe ; la conductibilité du liquide intervient ainsi dans les formules et peut être déduite de la vitesse de rotation. — Les expériences faites avec une sphère de souîre dans l'éther et la benzine, et une débonite dans l'éther, ayant donné, pour la conductibilité de ces liquides, des nombres qui s'accordent suffisamment avec les valeurs connues, l'auteur a appliqué le procédé à plusieurs questions importantes :

Il a d'abord mesuré la conductibilité d'air soumis aux rayons de Rôntgen et trouvé, par rapport à celle du mercure, 0,244.10-^®, ce qui s'accorde avec les déterminations directes, autant que le permettent les différences d'intensité du rayonnement ; puis il a repris les expériences faites avec une sphère de soufre dans la benzine et trouvé une augmentation de conductibilité, dans le rapport de 0,73 à 0,6, quand on soumet la benzine aux rayons de Rôntgen ; il a obtenu un résultat analogue avec l'éther. Ainsi Veœposition aux rayons de Rôntgen augmente la conductibilité de liquides peu conducteurs : l'action de la lumière ou des corps radio-actifs a été négative (pour l'ordre de précision des expériences).

Ch. Maubaix.

F.-J. MlCRELl. — Ueber den Einfluss von Oberflacbenschictenauf das Kerr'sche magneto-optischen Phânonien (Sur linCuence des (ouchcs superficielles sur le phénomène magnéto-optique de Kerr). —P. 542-563.

M. Micheli a fait des observations sur l'acier, le nickel et le cobalt. Pour l'acier, certaines théories, celles de Goldhamer, par exemple.

458 DRUDE'S ANNALEN DER PHYSIK

sufTisamment d'accord avec les observations, fait intervenir une seule constante. Au contraire, pour le nickel et le cobalt, on ne peut rendre compte des observations qu'avec des théories comportant au moins deux constantes. L'auteur s'est demandé si la différence ne tenait pas à des impuretés des surfaces, et il a opéré avec des surfaces de nickel et de cobalt de plus en plus polies et propres. Les valeurs de l'incidence critique sont notablement modifiées par l'état de la surface ; mais on n'arrive pas, même avec le nickel et le cobalt très purs et à surfaces parfaitement propres, à des phénomènes qu'on puisse représenter par une théorie qui comporte une seule constante. L'auteur donne une théorie complète qui est une modification de celle de Drude; mais en faisant intervenir une couche de passage, elle représente bien les observations.

P. DRUDE. — Zur Elektronen Théorie der Metaile (Contribution à la théorie électronique des métaux).

W. Weber et Giese sont les premiers qui ont eu l'idée de rapprocher la conductibilité métallique de la conductibilité électrolytique, en imaginant que le courant électrique résulte du transport de particules électrisées. M. Drude reprend ce mode de représentation et donne à ces particules électrisées le nom dVieclrons, Il peut y avoir plusieurs sortes d'électrons portant des charges différentes l^,l^J /j,... (mesurées dans le système électrostatique). Les charges peuvent différer non seulement par leur signe, mais encore par leur valeur absolue. L'auteur suppose que, dans ce dernier cas, les charges /^ /j, sont des multiples d'une même quantité L

M. Drude applique à ces électrons en mouvement les principes de la théorie cinétique des gaz. Désignons par u/ la vitesse de tous les électrons du type e; par T, leur température absolue, par // leur trajectoire moyenne ; l'énergie cinétique d'un électron i sera - rutm^^

mi étant un coefficient que nous appellerons la masse fictive de l'électron. D'après un théorème de Boltzmann, si l'équilibre de température est établi, on a :

y m/ll/2 =: aï,

a étant une constante indépendante de la nature de l'électron.

DRUDE'S ANNALEN DER PHYSIK 459

M. Drude admet que cette constante a la même valeur que celle qui est déterminée dans la théorie cinétique des gaz de la manière suivante : soit jo, la pression qui est exercée à la température T par N molécules par centimètre cube, chacune de ces molécules ayant une masse m et une vitesse ti, on a :

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