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RETARD DE DECHARGE

inférieure à celle qu'elle aurait à percer si l'excitateur était poli.

Le potentiel explosif de l'excitateur terni est donc un peu plus petit que le potentiel explosif de l'excitateur poli, ce que montrent certaines expériences.

Je crois que les résultats observés par M. Warburg sont dus on grande partie à l'emploi de pôles en fer, que l'on ne peut maintenir suffisamment polis par un frottement léger à la toile d'émeri. 11 faut un frottement excessivement énergique avec une toile d'émeri à grains pins gros, pour maintenir les pôles dans un état de propieté suffisante v').

J'ai parfois constaté, avec des excitateurs bien polis, une légère différence entre le potentiel explosif statique et le potentiel explosif dynamique. La dilTérencc était due à un mauvais contact du frotteur avec le cercle évidé, et je crois qu'une autre partie des résultats de M. Warburg sont dus à cette cause; c'est pour assurer un meilleur contact que j'ai employé deux frotteurs/'et f diamétralement opposés.

Certaines fois je trouvais une différence appréciable de ~ environ

entre les potentiels explosifs obtenus avec les deux modes de charge; mais je pense que des cas holvs ne suffisent pas pour poser une loi générale. Je rC ai jamais constaté dC écarts notables ei surtout jamais d'écarts analogues à ceux que signale M. Warburg. Si à tair libre les excitateurs polis convenablement noffrent pas de retard de décharge^ on conçoit cependant quen vase clos ce relard puisse exister; en effet, à cause de l'imparfait isolement des parois du vase qui contient l'excitateur, le champ électrique se modifie d'une façon continue avec le temps de charge : les parois tendent à se couvrir d'une couche électrique de plus en plus étendue et de plus en plus dense, de sorte que dans la charge statique le champ électrique de l'excitateur n'est pas le même que dans la charge brève.

Expériences à la lumière ultra-violette, — Les expériences de M. Warburg avec la lumière ultra-violette peuvent s'interpréter à l'aide de la proposition suivante que nous avons établie antérieurement (*) : Sous faction des rayons ultra-violets rabaissement du potentiel explosif est une fonction croissante de la vitesse de variation du potentiel entre les pôles de V excitateur. Nous pouvons remarquer en effet que la vitesse de variation du potentiel est beau-

(<) Thèse, Paris, 1897, n* 904, p. 16. (2) Comptes Rendus, 11 moi 1896.

i'»2 S\VYN(;Kl)ArW. — HETAHD DE I)Kr.HAK<;E

coup plus grande dans la charge brève que dans la charge statique, car, si le potentiel est maintenu pendant un temps très court 0, il a été ctahli en un temps r bien plus court encore, et en effet dans les expériences de M. Warburg comme dans les miennes, on rétablit par une étincelle.

Ainsi, d'après notre interprétation, la lumière ultra-violette n'agirait qu'au moment même où lexcitateur se charge, où son potentiel croit. D'après M. Warburg, elle agit avec une efficacité au moins aussi grande après la charge, quand le potentiel final est atteint. Pour décider entre ces deux interprétations, même en admettant un <'ertain retard dv décharge, nous avons opéré de la façon suivante :

On plai e une lampe à arc avec condensateur à quartz de l'autre <ôlé de la planchette mobile, par rapport à l'excitateur. 1** On coni-entre la lumière de la lampe à arc sur l'excitateur placé en une position telle que la lumière est interceptée par la planchette au moment où la charge de l'excitateur se produit et que Téclairemenl n'a lieu (ju'après la charge, quand la planchette se trouve entre les deux languettes; i** on place la lampe dans une position telle que TexcilaUnir soit éclairé au moment où l'excitateur se charge.

Dans le premier cas on a constaté que le potentiel explosif était le même que si la charge avait été faite par une machine éle«trostatique. Dans le second cas, il était nettement plus petit.

Enfin, pour obtenir des abaissements de potentiel plus grands, on éclairait l'excitateur par une étin<'elle auxiliaire d'une machine de Wlmshurst, munie de ses condensateurs. On faisait éclater cette étincelle à 4 ou 5 centimètres de l'excitateur. Pour cela, on plaçait un excitateur secondaire dans le voisinage du premi«»r, et on réunissait l'un des pôles de cet excitateur à l'un des pôles de la machine de Wimshnrst; l'autre pôle était uni à une petite plaque métallique tn , portée par la planchette à l'opposé de la sphère s, par l'intermédiaire de fils frotteurs convenables, analogues aux précédents ; et, d'autre part, une lame de clinquant recourbée, L, placée sur la plaque de paraffine tt, était unie au deuxième pôle de l'excitateur secondaire, et cette lame L pouvait se placer entre des positions telles que, la machine de Wimshnrst éteint en activité, une étin- <elle éclatait entre cette lame L et la petite plaque P, pendant que l'excitateur principal était chargé et provoquait ainsi une étincelle à l'excitateur secondaire.

Le potentiel explosif observé est le même que dans la charge

VAN ArBI':L. — CnALELHS SPKCIUUILS DKS ALLIAGKS il» f statique et cela quel que soit le point où la lame était placée peudant la charge ; comme la lame n'était pas munie de vis micr(»mêtriques, on n'a pas pu faire éclater l'étincelle secondaire pendant la durée excessivement courte de la charge.

On a tourné cette dernière difficulté en éclairant l'excitateur principal par l'étincelle qui éclate entre la sphère et la lame L, au moment du conta<*t, étincelle qui sert à charger l'excitateur principal lui-même. Pour rendre cette étincelle plus lumineuse, on avait réuni les pôles de l'excitateur principal aux armatures d'un petit (condensateur plan, de capacité de 1/io environ de la jarre employée dans la charge. On aconstatéque cette étincelle diminue le potentiel explosif dynamique dans des proportions plus fortes que le potentiel explosif statique, ce qui est conforme à notre interprétation.

En résumé : les excitateurs polis placés à Vair libre ne présentent pas de retard de décharfje. On n'observe les résultats deM.Warburgà la lumière ultra-violette que si on éclaire Texcitateur pendant le^ temps de charge r. L'interprétation decesavantdoitc^lre abandonnée; ses expériences apportent une nouvelle confirmation de la ])roposition que nous avions énoncée.

SUR LES CHALEORS SPÉCinOUES DES ALUA6ES ( ^ : I^r Ki)M. VAN AUBFI..

Regnault(^y a trouvé que l'on peut déterminer la chaleur spécifiquf^ d'un alliage au moyen des chaleurs spécifiques tles constituants, pourvu que l'on considère une température suffisamment éloignée du point de fusion de l'alliage. Si un alliage se compose d'un poids y>, d'un métal de chaleur spécifique ^^ et d'un poids p^' d'un métal de chaleur spécifique c^, la chaleur sj)écifique de l'alliage sera :

,, ^Ml+£2!j.

L. Schuz î^' a mesure les chaleurs spécifiques entre — 80'' et + 20**

(') Nous n'examinerons pas dans ce Iravail les mémoires qui ont été publit'-s sur les amalgames.

(*) Pogffendoi'ffs Annalen der P/n/sik, t. LUI, p. 80; 1841. (•'») Wiedemanns Annalen der Ph/sik, t. XLVI. p. 171: 18«i-2.

494 VAN AUBEL

de quelques alliages fusibles, notamment ceux de Rose et de d'Arcet; il a vérifié Texactitude de la formule de Regnault.

W. Spring(*) a étudié les alliages de plomb et d'étain. II a observé que, pour ces alliages à l'état liquide, la règle ci-dessus est encore applicable, pourvu que les chaleurs spécifiques soient prises assez loin au-dessus du point de fiision. Toutefois, pour les alliages les plus riches en plomb, PbjSn et Pb^Sn, la chaleur spécifique observée était beaucoup plus forte que celle obtenue par le calcul.

J. Laborde (*^) a mesuré les chaleurs spécifiques moyennes entre 0» et 100<* des alliages de fer et d'antimoine, renfermant de 18,48 à 81,20 0/0 de fer. Les nombres trouvés pour les chaleurs spécifiques sont tous plus grands que ceux fournis par la règle des mélanges, et les différences les plus importantes sont de beaucoup supérieures aux erreurs d'expérience. L'écart le plus grand a lieu pour Talliage renfermant 39.20 0/0 de fer, dont la chaleur spécifique est 0,0779, alors que le calcul donne 0,0754. La composition de cet alliage est voisine de celle qui est représentée par la formule Fe3Sb4. U. Behn(') a déterminé les chaleurs spécifiques moyennes de trois alliages de plomb et d'élain et.celledu laiton, entre -j- l^ et -f- 18% -f- 18<» et — 79®, — 79° et — 186*'. Ses mesures montrent que Ton peut considérer la règle des mélanges comme donnant des résultats assez satisfaisants.

En 1875, W. Spring a publié, dans \qs Bulletins de V Académie des Sciences de Belgique (^), un travail sur la dilatation et la chaleur spécifique des alliages fusibles. Ce mémoire, qui parait ne pas avoir été suffisamment remarqué (*), renferme plusieurs conclusions importantes, sur lesquelles je vais présenter quelques observations.

Les alliages de Rose, de Darcet, de Lipowitz et de Wood ont été étudiés. Il convient de reproduire ici quelques chaleurs spécifiques obtenues.

(>) Bulletins de V Académie des Sciences de Belgique, 3* série, t. XI, p. 391-392 ;

(«) J. de Phys., 3- série, t. V, p. 547 ; 1896.

(8) Drude-8 Annalen der Physik, t. I, p. 262 ; 1900.

(*) Bulletins de l Académie des Sciences de Belgique, 2* série, t. XXXIX, p. 548;

(^) Ea effets ce travail n est pas cité dans la plupart des ouvrages où la question des chaleurs spécifiques des alliages est traitée.

CHALEUKS SPECIFIQUES DES ALLIAGES 495

aturea. Chaleurs spécifi

ToDipé ratures. Chaleurs spécifiques.

Aliiofîe de Darcet ; *^

Alliage de Lipowitz { 50° 0 0,055i

Remarquons que la chaleur spécifique de lalliage de Darcet diminue très notiblemant de 29\0 à 41^,5 et qu'il en est de môme pour lalliage de Lipowitz, de 28°,0 à 50%0. Ce fait est très remarquable, car, dans tous les traités cla^^siques, on ne signale que le mercure dont la chaleur spécifique diminue par une élévation de la température.

D'après L. Schfiz (^), la chaleur spécifique du cadmium entre

— 78*» et + 20*» serait plus grande quVntre + 20*» et + iOO\ L. Pebal et H. Jahn (*) ont trouvé que la chaleur spécifique de

Tanlimoine est :

0,0*99 entre - 76« et — ai»

0,0486 — — 2lo et 0° 0,0495 — 0« et -i- 33«

Mais les récentes mesures de U. Behn (^), faites de + '^^ ^

— 186*», ont montré que la chaleur spécifique de Tantimoine et celle du cadmium diminuent toujours, lorsque la température s'abaisse. L'importance théorique de cette étude justifierait un contrôle des résultats de W. Spring, qui conclut (*) de ses recherches que « les variations de la chaleur spécifique suivent les variations du volume des corps par la chaleur >^.

. « On a cru voir », dit-il, « dans l'élévation de la température, la cause de l'augmentation de la chaleur spécifique, sans attacher trop d'importance au phénomène de la dilatation ; cependant, puisque la chaleur spécifique d*uD corps peut diminuer quand sa température augmente, à condition que son volume diminue, ne serait-on pas plus près de la vérité en disant que la chaleur spécifique est une

(') Wiedemann'8 AnnaUn der Physik, t. XLVI, p. 184-185 ; 1892. («) WiedemanrCs Annalen der Physik, t. XXVII, p. 584; 1886. (») Drude's Annalen der Physik, t. I, p. 261; 1900.

(*) Bulletin de l'Académie des Sciences de Belgique, 2r série, t. XXXIX, p. 599 ;

'm VAN ALHKr.. — CHALELU SPKCH'IQIE DES ALLIAIJES

fonction première du volume et seulement une fonction secondaire de la température, si tant est que celle-ci ait réellement une influence? *y

Cependant la chaleur spécifique du mercure liquide diminue quand la température s*élève, alors que ce corps se dilate, au contraire, dans ces conditions.

W. Spring a déterminé par la méthode du refroidissement 1rs chaleurs spécifiques de Talliage de Lipowitz, à diverses températures, e*. D. Mazzotto * a mesuré la même constante physique pour un alliage de Lipowitz de composition voisine. Le tableau ci-dessouspermet de comparer leurs résultats. *

Alliage de TApowitz,

Compositions.

Observateurs. Ilii^niuth. Elain. IMomb. r^diniuià. Chaleui:» spéciûque*.

( 0,063 i à 28° 0 \V. Spring 't9,î»8 12,7G 20,88 10,38 0,0554 à tO» 0

( 0,0625 à 90« 5 I). Mazzotto 50,00 14,24 24,1»7 10,13 0,0354 entre 5« vi 50-

La plus faible valeur trouvée par W. Spring s'écarte encore beaucoup du résultat de D. Mazzotto, (jui est relatif à une température^ moyenne de 27^,5.

11 nous a paru intéressant, après les conclusions de I^. Schûz el r. Behn, rappelées plus haut, d'examiner si les résultats ci-dessus, obtenus par W. Spring et D. Mazzotto, se rapprochaient des valeursauxquelles conduit l'application de la règle des mélanges.

A cet eiïet, nous avons pris pour chaleurs spécifiques :

Du hismulh 0,0305, entre 20« el 84*', d apprs Kopp ^^;

he l'élain 0,0'>n04, onlre 20" environ et lOO", d'après Sehii/ *

Du plomb 0,03168, — — - — i

Du cadmium 0,05'*8, enln* 0'* et 100", d'après Huusen i'^ .

lia valeur calculée pour Talliage de Lipowitz, étudié par 1). Mazzotlo, est : 0,03683, qui ne s'écarte pas tant de la chaleur spécifique observée. Au contraire, pour l'alliage de Lipowitz examiné par W. Spring, on obtient par le calcul : 0,03655, alors que les mesures ont donné pour la plus faible chaleur spécifique r 0,0551.'

;>) HeibUil/er zù ilen Annalen der l'ht/sik, t. VI, p. 858; 1882; — Laudoi.t et UoRNSTEiN, Physlkaliach'^jhemisclie Tuhellen, 2' édition, p. 32i ; 1894.

'*) Lanuoi.t et BùKNSTEi.N. l*/iysikafisrh-chemische Tabellen, :*•' (édition, p. -M*'. ISîH.

MOREAU. — PHÉNOMÈNES THERMOMA(.NÉTIQLES 497 Que faul-il conclure de celte divergence à laquelle conduisent les résultats des deux physiciens, sur un alliage dont les compositions ^ - " ne sont pas tellement différentes? TT'

D'autre part, Talliage de Darcet, étudié par W. Spring, avait la composition suivante :

Bismuth 49,247

Élain 21,210

Plomb 27,55:{

Si l'on calcule encore la chaleur spécifique de cet alliage, au moyen de la règle de RegnauU et des chaleurs spécifiques du bismuth, de Tétain et du plomb admises plus haut, on trouve 0,0355, valeur beaucoup plus petite que toutes celles obtenues parW. Spring.

Je me propose de revenir sur cette question dans la seconde partie de mon travail, dans laquelle j'examinerai également si la règle des mélanges se vérifie pour l'alliage d'aluminium et d'antimoine, répondant à la formule. AlSb. J'ai établi, dans une autre note, que le point de fusion de cet alliage est bien supérieur à ceux de ses constituants (*).

SUR LES PHÉNOMÈNES THERMOMAGNËTIQUES ; Par M. G. MOREAU.

Une plaquv métallique mince disposée dans un champ magnétique, normalement aux lignes de force, et traversée par un courant électrique ou calorifique, est le siège d'effets électriques et calorifiques transversaux, c'est-à-dire perpendiculaires au courant et au champ (2).

Avec un courant électrique primaire I, on observe :

!•* Un effet électrique ou force électromotrice de Hall ;

2** Un effet thermique, défini par la différence de température

(i) /. de Phf/s., 3- série, t. VII, p. 223 ; 1898.

(2) J'ai laissé décote les effets thermiques et électriques longitudinaux dus au champ magnétique, tels que la variation de conductibilité électrique où thermique, ainsi que la dilTérence de température suivant les lignes de flux électrique ou la force électromotrice suivant les lignes du flux calorifique primaire (Nemst, Wied Ann., 1887). Les premiers suivent des lois assez mal connues, au moins pour les métaux autres que le bismuth, et les derniers sont très irréguliers. J. de Vhys,, a- série, t. IX. (Septembre 1900.) 25

WJ8 M OH K AU

(jalvanomagnclif/fie, découverte par von Ettingshtiiisen If'/Vf/. Ann., \HH1),

Avec un courant calorifique primaire J, on observe :

1'* Un effet électrique ou force éierlromofrire thermomagavlique^ «lécouverle par Nernst et von Eltingshausen Wied. Ann,^ 1887 ;

2** Tn effet thermique analogue au phénomène de Hall, et qui se traduit par une rotation des isothermes du courant J. 11 a été découvert par M. Leduc (\ R, de r Académie, 1887).

f.es effets précédents sont proportionnels au champ, au moins pour les faibles intensités, et proportionnels au flux calorifique ou l'iectrique. H n'y a pas entre eux de caractère de réciprocité, c'està-dire que la différence de température galvanomagnétique n'est pas inverse de l'effet thermomagnétique. Ils ont tous été observés très nettement chez le bismuth. Chez les autres métaux étudiés, TefTet Hall et l'effet thermomagnétique de Nernst sont les seuls bien définis. Si on veut alors chercher entre eux une relation, il est avantageux de s'adresser à un de ces derniers corps plutôt qu'au bismuth, où tous les phénomènes sont superposés et, par suite, l'étude de chacun d'eux plus délicate.

Dans le présent mémoire, je me propose de montrer que la force èlectromotrice thermomagnétique, ou effet Nernst, est un effet Hall <respèce particulière. Les observations de Nernst et von Kttingshaiisen m'ont permis d'établir approximativement cette relation et mes expériences sur les métaux magnétiques définitivement.

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