IV. — Étude spéciale du fer
L'inaltérabilité du fer ionoplastique est tout à fait remarquable. Alors que les cathodes qui servent à le produire s'oxydent au bout de quelques jours, les pellicules transparentes de fer peuvent être conservées pendant des années sans aucune précaution. J'ai déjà indiqué que les mêmes pellicules ne s'altèrent pas dans les sels de cuivre ou d'argent ; j'ajouterai qu'elles se dissolvent très lentement dans l'acide chlorhydrique et même dans l'eau régale ; cette faible altérabilité tient sans doute à l'extrême pureté de ces lamelles de fer ; on ne la rencontre pas dans les lames minces obtenues par vaporisation dans le vide (procédé Belloc].
En raison de ces propriétés singulières, j'ai cru nécessaire de procéder à un examen spectroscopique du fer ionoplastique : le fer de 8 lamelles, pesant en tout 4 milligrammes, a été dissous dans l'eau régale et placé dans un tube Delachanal et Mermet. L'examen du spectre d'étincelles jaillissant au contact de la solution a montré les /. de Phys., 4* série, t. IV. (Juin 1905.) 28
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radiations caractéristiques du fer. Il n'y a donc aucun doute à avoir sur ridantité chimique du produit , déposé par la méthode ionoplastique;
Biréfringence. — Kundt a constaté une double réfraction notable dans les Qouches de différents métaux, fer, platine, etc., obtenus par projection cathodique. Aucune des lames métalliques que j'ai préparées de mon côté n'ayant paru posséder de biréfringence appréciable, j'ai soumis les lamelles de fer à l'épreuve du procédé très délicat décrit par M. Cotton (') et fondé sur l'emploi d*un bilame de Bravais!
L'appareil avait una Mnsibilité^ suffisante pour manifester par ua dédoublement très net de la bande observée au spectroscope la légère biréfringence produite par une lame de verre pressée entre deux doigts. Or, dans ces conditions, trois lames de fer, d'épaisseur 22 |jLa, 42 [AU. et 58 \l\l^ n'ont donné aucun effet appréciable. L'appareil permettait de meitre en évidence une différence de marche
—— z= Gt^i«',58; dès lors^ em appelant n et n' les- deux indioes, on
lUUU
aurait pqur la lame de 38 [j^j. :
(n' — n) 58 < 0,58, d'où:
Si donc il y a biréfringence du fer, la différence des indices est certainement inférieure à 0,01, tandis que Kundt conclut de ses expériences n — n > 0,5.
Je ne puis expliquer cette différence entre les résultats de Kundt et les miens qu'en l'attribuant à la différence des pellicules métalliques elles-mêmes; en effet, Kundt opérait non sur des lames uniformes, mais sur des dépôts coniques présentant les anneaux des lames minces; j'ai préparé de mon côté des dépôts analogues en employant des cathodes de petites dimensions ; je n'ai pas constaté leur biréfringence (-), mais j'ai pu me rendre compte que leur matière ne présentait pas les mêmes caractères que les pellicules
(') Absorption et Dispersion de la lumière par les milieux doués du fwuvorr rolaloire (thèse) ; 1896.
(-') Braun, après plus d'une année d'essais, n'a retrouvé cette biréfringence que dans deux pellicules, et encore seulement dans des régions bien localisées.
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VRÎformes préparées comme je Tai dit ; en les observant en lumière Jaune, (m observe des anneaux qui constituent les surfaces de niveau de la pellicule ; d'après le diamètre de ces anneaux, on peut, con- -Baissant Tindice de réfraction (n = 2,06 pour le platine, d'après Drude), tracer le gabarit de la pellicule et en déduire son volume et -son poids. Or trois mesures de cette nature, effécUiées sur des dépôts de platine, ont donné des poids de 3 à 10 fois plus grands que le •poids réel, déterminé par double pesée ; il est très probable, diaprés •cela, que la densité de ces dépôts est très inférieure à la densité normale du métal.
Je crois donc pouvoir conclure en disant que la biréfringence observée par Kundt est une propriété accidentelle, due au mode de préparation de ses dépôts, et nullement une propriété spécifique du fer ionoplastique.
Pouvoir roiatoire magnétique, — J'ai pu confirmer, pour le fer ionoplastique, Texistence du pouvoir rotatoire magnétique découvert *par Kundt pour le fer obtenu par voie galvanique : une lame d'épaisseur voisine de 40 ^lu, placée normalement dans un champ de 6 200 unités, a donné, après renversement du courant, une rotation totale égale à 1* 18', défalcation faite de la rotation propre due au Terre qui servait de support; d'après cela, une lame de fer d'épaisseur égale à i centimètre, placée dans un champ de 6 000 unités, produirait une rotation voisine de 165 000^. J'ai retrouvé aussi le Insultât, indiqué par Kundt, que cette rotation n'était pas proportionnelle au champ, mais tendait vers un maximum ; autrement dit, la -constante de Verdet n'a aucune signification pour le fer.