‹ Journal de sa conversionChapitre 34 sur 59 · CEUX QUI PLEURENT · texte numérisé non relu

CEUX QUI PLEURENT

« Heureux ceux qui pleurent, parce qu’ils seront consolés. » Mais par qui donc, ô mon Dieu, seront-ils consolés, si ce n’est par vous? Si c’était par d’autres, j’aimerais mieux pleurer toujours.

Heureux ceux qui pleurent ! Tout sur cette terre ne mérite-t-il pas d’être pleuré, et nos folles joies et nos plus folles larmes ! Les premières larmes versées dans le sein de Dieu, nous remettent dans l’ordre; elles nous placent comme nous devons l’être vis-à-vis de Dieu, du monde extérieur et de nous-mêmes. Ce sont elles qui forment notre première expiation, qui nous séparent du monde et

DE LA PIÉTÉ

qui attirent la miséricorde. Plus tard la pénitence les fait couler toujours plus amères, et c’est enfin une traînée de larmes qui trace, tout le long de notre vie, la route invisible à l’œil humain qui nous conduit au ciel. Nos larmes, c’est le breuvage qui avec le pain de la parole, suffit à nos nécessités de chaque jour; nos larmes versées dans le sein de Dieu ! Que serions-nous sans elles ? C’est à la fois l’eau du baptême de douleur et la piscine régénératrice. Heureux ceux qui pleurent, heureux quand le regard du Seigneur vient traverser leur œil inondé, heureux quand sa main vient l’essuyer. O mon Dieu, quelles sont vos consolations, quand les douleurs mêmes auxquelles vous vous mêlez ont tant de douceur! C’est dans le ciel que vous placez la consolation parfaite, accordez-la nous, ô mon Dieu, sur cette terre, dans la mesure que comportent notre misère et notre faiblesse. Consolez-nous déjà ; donnez à mon esprit un rayon de votre lumière, à mon âme la paix, et à mon cœur, chaque jour l’hostie.

DANS LE CHRISTIANISME

HEUREUX

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