DE NOTRE-SEIGNEUR
Ayez pitié de nous, Seigneur, Père, Fils, Saint- Esprit, Dieu unique en trois personnes égales, ayez pitié de nous.
O Jésus, Verbe de Dieu, descendu sur la terre pour notre rédemption, ayez, etc.
O Jésus, qui avez voulu naître de celle que vous avez créée, ayez, etc.
O Jésus, Dieu de Dieu qui vous êtes fait chair, afin que l’homme jusque dans sa chair fût immortel, ayez, etc.
PRIÈRES
O Jésus, qui des ténèbres du sein de votre mère, illuminiez saint Jean, ayez, etc.
O Jésus, trésor de nos âmes, qui avez voulu naître pauvre pour nous enseigner la vraie richesse, ayez, etc.
O Jésus, qui appelez à vous les bergers avant les rois, ayez, etc.
O Jésus, qui ne prîtes l’adorable nom de Sauveur que le jour où votre sang scella votre première douleur, ayez, etc.
O Jésus, qui sous la robe de l’enfance confondez la stérile science d’Israël, ayez, etc.
O Jésus, palmier de Cadès, cèdre du Liban, jeune saule des eaux vives, qui croissez en grâce et en majesté, ayez, etc.
O Jésus, qui marchez par une vie d’obéissance et de retraite à la plénitude d’une autorité avant vous inconnue à la terre, ayez, etc.
O Jésus, par qui seul nous possédons, et qui voulez dans votre baptême recevoir avant que de donner, ayez, etc.
O Jésus, fils bien-aimé du Père éternel, objet de ses complaisances, qui vous êtes complu vousmême à devenir le fils de l’homme, ayez, etc.
O Jésus, qui vous soumîtes à la tentation du désert pour nous armer au bon combat, ayez, etc.
O Jésus, qui appelez à vous vos premiers dis-
PRIÈRES
ciples que vous avez aimés le premier, ayez, etc.
O Jésus, dont la voix souveraine est obéie par l’enfer, qui croit et qui hait, ayez, etc.
O Jésus, qui n’avez voulu sur cette terre pour reposer votre tête que le sein d’un ami, ayez, etc.
O Jésus, qui nous enseignez sur la montagne les seules félicités qui ne passent pas, ayez, etc.
O Jésus, qui imposez vos préceptes et faites goûter vos conseils, ayez, etc.
O Jésus, qui avez divinisé le bonheur comme la souffrance et repoussé les plaisirs, ayez, etc.
O Jésus, qui, dans votre premier miracle, avez en vue le profond mystère de la nature humaine réintégrée dans ses titres divins, ayez, etc.
O Jésus, qui, dans les flots irrités, calmez nos troubles et nos inquiétudes, ayez, etc."
O Jésus, qui, dans l’enfant prodigue et la brebis égarée, laissez votre miséricorde trahir votre justice, ayez, etc.
O Jésus, qui livrez votre divinité à la foi de la Samaritaine, parce qu’avant elle-même, vous lisez dans son âme les prodiges de la grâce, ayez, etc.
O Jésus, qui envoyez vos apôtres semer la vérité et qui seul en faites lever la semence, ayez, etc.
O Jésus, qui, en rendant un fils à sa mère, épargnez en elle et la mère et la veuve délaissées, ayez, etc.
PRIÈRES
O Jésus, qui n’avez repoussé ni l’humble pécheresse, ni ses larmes, ni ses parfums, ayez, etc,
O Jésus, qui dans votre transfiguration, manifestez visiblement et votre gloire et ces rapides éclairs de joie et de possession divine qui nous font entrevoir la patrie, ayez, etc.
O Jésus, qui rendez la vue aux aveugles, que nos yeux ne s’ouvrent plus qu’à vos clartés infinies, ayez, etc.
O Jésus, faites-nous semblables à ces petits enfants qui reçurent vos préférences et vos caresses, ayez, etc.
O Jésus, qui avez permis à vos regrets et à vos larmes de rappeler Lazare à la vie, ayez, etc.
O Jésus, qui nous enseignez la prière et mettez sur nos lèvres le tendre nom de Père, afin que d’esclaves nous devenions enfants de la promesse, vos frères et vos co-héritiers, ayez, etc.
O Jésus, qui voulez que nous priions sans cesse, afin que cette douce et puissante aspiration de l’âme retombe incessamment sur elle comme une céleste rosée, ayez, etc.
O Jésus, qui nous avez révélé par quel nom, sur la terre et dans le ciel, nous étions certains de tout obtenir, ayez, etc.
O Jésus, qui ne recevez les acclamations des
TRIÈRES
hommes que pour en constater le néant et l'inconstance, ayez, etc.
0 Jésus, qui, dans l’endurcissement de Jérusalem, pleurez le mépris et la profanation de vos grâces dans tous les siècles, ayez, etc.
0 Jésus, hôte divin de nos âmes, usez des droits, dictez-nous les saints devoirs de l’hospitalité que mendie votre amour, ayez, etc.
O Jésus, qui avez voulu rester avec nous sur nos autels, afin qu’il n’y ait dans ce peuple chrétien béni, vivifié, sanctifié, consolé par vous, ni mères désolées, ni veuves, ni orphelins, ayez, etc.
0 Jésus, qui, après la manne eucharistique, appauvri de vous-même, n’avez plus que votre gloire et le ciel à donner, ayez, etc.
0 Jésus, qui détournez vos lèvres du calice d’amertume parce que nous devons le boire après vous, ayez, etc.
0 Jésus, qui ne pouvez arracher vos disciples au sommeil, faites que notre vie soit une courte veille et une longue prière, ayez, etc.
0 Jésus, qui ne contestez rien à vos juges, afin de nous rendre faciles sur les droits de quiconque nous fait souffrir, ayez, etc.
O Jésus, qui souffrez d’indignes liens pour les montrer compatibles avec la vraie liberté du fidèle, ayez, etc.
TRIÈRES
O Jésus, qui ne revêtez la pourpre des rois que pour accepter les outrages, ayez, etc.
O Jésus, dont la tête est ceinte d’une couronne d’épines, seule couronne qui ne se flétrisse pas, ayez, etc.
O Jésus, qui, dans l’horrible cruàfige, entendez le cri de la rébellion, plus ancien que le monde, ayez, etc.
O Jésus, qui, par le regard qui punit et ramène Pierre, lui rendez l’impression de son amour mais n’effacez pas sa tristesse, ayez, etc.
O Jésus, qui, sous le symbole de l’ignominieuse et pesante croix, portez le monde déchu, ses crimes et sa bassesse, ayez, etc.
O Jésus, qui, dans les blasphèmes des méchants, nous montrez le sceau de la vérité et de la vertu, ayez, etc.
O Jésus, qui avez prié pour vos ennemis, apprenez-nous à les plaindre comme les vrais infortunés d’un monde de misères, ayez, etc.
O Jésus, qui, élevé sur la croix, faites du retour du bon larron comme le lien de vos miséricordes passées et futures, ayez, etc.
O Jésus, qui donnez un fils à votre Mère et une mère à votre ami, ayez, etc.
O Jésus, qui avez eu soif afin que nous nous désaltérions un jour, ayez, etc.
PRIÈRES
0 Jésus, dont le cœur transpercé verse l’eau avec le sang pour épancher à la fois la vertu purifiante et la vertu régénératrice, ayez, etc.
O Jésus, que la terre, premier témoin de votre mort, confesse par ses déchirements et ses lugubres prodiges, ayez, etc.
0 Jésus, ma victime avant d’être mon rédempteur, ayez, etc.
0 Jésus, qui, par votre résurrection, faites cesser le miracle de votre mort afin de rendre à la vie son maître, ayez, etc.
0 Jésus, qui, chaque jour encore, dessillez nos yeux dans la fraction du pain, ayez, etc.
0 Jésus, qui- donnez la paix à vos disciples pour leur apprendre à mépriser le repos, ayez, etc.
0 Jésus, qui confondez l’incrédulité, laisseznous, ah 1 laissez notre ardente foi plaindre ceux qui ont vu, ayez, etc.
0 Jésus, qui tardez pendant quarante jours à quitter cette terre si chère à votre divin cœur, ayez, etc.
0 Jésus, assis à la droite de votre Père, que votre gloire soit toujours votre amour, ayez, etc.
0 Jésus, qui par la descente de l’Esprit-Saint sur la tête de vos apôtres, consommez dans l’unité votre union avec nous, ayez, etc.
0 Jésus, qui donnez à Pierre les clefs de votre
PRIÈRES
royaume, qui liez et déliez ce qu’il lie et délie, soumettez les nations à sa sainte houlette, afin que dans l’étreinte d’une charité parfaite, il n’y ait plus qu’un pasteur et qu’un troupeau, ayez, etc.
O Jésus, qui par l’indestructible hiérarchie de votre Église et la perpétuité du sacerdoce chrétien, éternisez vos bienfaits sur la terre, ayez, etc.
O Jésus, qui nous avez légués à l’Église, notre mère chérie, fécondez son sein pour tous les lieux et pour tous les temps, ayez, etc.
0 Jésus, qui remuez de vos mains la couche du malade, veillez à notre chevet, ayez, etc.
O Jésus, qui voulez que l’espérance soutienne notre charité au jour suprême et redoutable que la foi signale à nos trop justes craintes, ayez, etc.
O Jésus, qui ainsi qu’un doux et précieux parfum mêlé à toutes vos grâces, nous avez donné Marie reine des anges et des hommes, laissez-nous dans nos cantiques d’amour et d’allégresse célébrer Marie qui nous a donné Jésus, ayez, etc.
0 Jésus, qui avez rompu nos liens, guidez et arrêtez nos pas dans vos saints parvis, et que nos gémissements pénètrent jusqu’à vous.
TRIÈRES
PRIÈRE
Seigneur, rappeler vos promesses, vos enseignements, vos merveilles, c’est se nourrir de vos miséricordes. Vous avez tout fait pour les hommes et particulièrement pour les pécheurs ; ils sont les premiers-nés de votre amour; qu’ils se repentent et qu’ils vivent. C’est vous, Seigneur, qui l’avez dit et qui après nous avoir appris la céleste confiance, avez voulu qu’elle nous ouvrît l’éternité heureuse. Cette vie du ciel, cette vie d’ineffables délices dont vous êtes le premier terme, commence au fond d’un cœur touché. Qu’elle croisse, Seigneur, cette vie toujours nouvelle, qu’elle s’épanouisse à la douce chaleur de votre grâce, que la vertu du Saint-Esprit « la couvre de son ombre », et qu’à nos âmes aussi il soit fait selon votre parole, et pour le temps et pour l’éternité. Amen.
Saint-Pétersbourg, 14/26 septembre 1834.
En composant le chapelet de la bonne mort, M mo Swetchine, arrêtée par quelques scrupules de rédaction, soumit son projet de travail au père Lacordaire et à Dom Guéranger. L’un et l’autre l’encouragèrent, tout en lui soumettant des observations de détail. Ces points de controverse avaient peu d’importance, mais ce qui me semble conserver aujourd’hui un prix réel, c’est le témoignage irrécusable du sentimentintimesous l’inspiration duquel écrivait M me Swetchine. A ce titre, je crois devoir placer avant le chapelet de la bonne mort, le fragment suivant d’une lettre adressée au révérend abbé de Solesmes. On y découvrira réunis, comme toujours, dans un admirable équilibre, l’esprit d’indépendance et l’esprit de soumission. On y verra, en même temps, cette sincérité profonde qui permet de prendre dans leur sens absolument littéral, les expressions les plus pieuses.
Lettre de Madame Swetchine à Dom Guéranger .
.... Jamais critique n’honorera plus que la vôtre mon travail, et pour toutes les objections de détail, je me soumets en plein. Quant aux omissions que vous notez,
PRIÈRES
quant à la manière générale de traiter ce sujet, si je l’avais fait comme vous dites, ce ne serait pas le véritable moi qui J’aurais fait, et tout en reconnaissant que je pourrais en faire un autre sur votre plan, je sens que je ne pourrais refaire celui-là. Rien n’est si fidèle, si sincère que cette impression sur moi de la mort. Je n’ai point prétendu tracer une manière universelle de la considérer, mais peindre ce que je sentais, ce que je m’en figurais; manifester enfin l’idée dont elle me fait vivre et que je retrouve dans le recueillement d’àme le plus intime dont je sois capable. Aussi, en appelant la mort, la plus haute des dilections humaines, il me serait impossible de trouver, de chercher même quelque chose qui résumât mieux mon impression.
-nck3x*<