Jerem., xlviii
vulgairement, pour V amour de Dieu. — Saint Ignace reprit sévèrement un frère qui, travaillant avec négligence, prétendait agir pour Dieu... L'état de tiédeur est bien figuré par un autel mal entretenu où tout serait couvert de poussière.
Que de gloire de moins pour Dieu ! C'est déjà agir avec fraude, fraudulenter. Il y a fraude encore, quand le temps de la prière, le temps de Dieu, le temps destiné à l'œuvre de Dieu lui est en partie enlevé : Particula boni doni non te prœtereat l} là surtout.
Fraudulenter. . . , c'est aussi quand nous reprenons quelque chose de l'holocauste2, et que la volonté propre se retrouve ; quand nous faisons de l'œuvre de Dieu notre œuvre propre. — Les hommes peuvent être trompés par les apparences, mais non Dieu. Il sait bien que nous lui volons sa gloire et ses âmes.
Les signes de la tiédeur se retrouvent en tout cela, et la principale cause est indiquée dans la seconde partie du texte : Et prohibet gla-
1. Ne perds pas une parcelle du don excellent. (Eccl., X, 10.)
2. Ego Dominus... 0.U0 habens rapinam in holocausto. (Isaïe., lxi, 8.)
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dium suum a sanguine; c'est le manque de vigueur, de générosité, de mortification.
Maudit ! Maledictus !... Nous chasserions ce serviteur négligent, trompeur et lâche s'il était à notre service ; Dieu le maudit, il lui retire ses grâces.
Comment recouvrer la bénédiction du Seigneur? — Par la prière, la fidélité même dans les plus petites choses, la probité qui consiste à tout lui rendre, la mortification en s'armant du glaive contre soi-même, usque ad ejfusionem sanguinis1.
QUATRIEME JOUR
l'appel.
Comment cet exercice sert-il de préparation à la contemplation de la vie de Notre-Seigneur qui va suivre } — C'est que, à chaque trait de Sa vie que nous méditons, Notre-Seigneur nous appelle à l'imiter.
A l'invitation du roi temporel ma réponse serait bien simple. Avec mon caractère, quand
z. Jusqu'à l'effusion du sang.
j'étais jeune, je me serais élancé même au premier rang, pour me distinguer entre tous. — Donc, à plus forte raison le dois-je faire, pour répondre à l'appel du Roi éternel, du Fils de Dieu, du Seigneur de qui tous les rois dépendent, à qui toutes les nations ont été données en héritage, de ce Maître si humain par condescendance, si libéral par amour, que le roi temporel ne lui est en rien comparable.
Autant le Roi éternel l'emporte par là même sur le roi temporel, autant ses droits sont plus sacrés, l'obéissance qu'on lui rend plus auguste, son appel plus digne de tout notre dévouement.
Et le roi éternel s'adresse encore à moi en particulier : Unumquemque in particulari. Mais comme Clovis frappant le soldat perfide dans une revue (Te souviens-tu du vase de Sois>sons ?), Jésus devrait me frapper en punition de mes perfidies. Loin de là, dans sa bonté, dans sa miséricorde, dans sa délicatesse, il me traite comme Jéhu traita le brave fils de Rechab : Numquid est cor tuum rectum, sicut cor meum cum corde tuo1 ?... Et il me fait monter de nouveau sur son char.