V. le Père Balthazar Alvarez. (Note du R. P. OHvaint
cette nature déchue, perdue par la triple concupiscence, c'est-à-dire par l'amour des richesses, des honneurs, des plaisirs, qui semble constituer la déchéance de la nature et la nature même. De là cette nécessité qu'il choisit, d'aimer la pauvreté, l'humiliation et la souffrance.
Parce que Jésus-Christ est venu pour sauver la nature en expiant ses péchés. Pauvreté, humiliation, souffrance, c'est l'expiation même.
Parce qu'il est venu pour sauver la nature en l'affranchissant de la triple concupiscence. Pauvreté, humiliation , souffrance, c'est la vraie liberté.
Parce qu'il est venu pour enseigner aux hommes affranchis la vraie manière d'aimer et de glorifier son Père. Pauvreté, humiliation, souffrance, c'est la vraie preuve et même la mesure de l'amour de Dieu, et par là de la gloire qu'on lui procure.
Parce qu'il est venu pour rendre le bonheur à l'homme condamné depuis le péché. Le bonheur, il est nécessairement dans la gloire de Dieu, dans l'amour de Dieu, dans la liberté... Donc pauvreté, humiliation, souf-
france, c'est le vrai bonheur de l'homme1.
3° Et nous, pourquoi devons-nous les aimer? — Parce que nous devons nous assurer autant qu'il est en nous le bénéfice de la mission de Jésus-Christ;
Parce que nous devons prouver à Jésus- Christ, en les aimant, que nous l'aimons luimême ;
Parce que nos progrès dans notre amour pour lui dépendent de notre amour pour elles.
Mais si nous prétendons nous unir plus intimement encore à Jésus-Christ, si nous prétendons le suivre dans l'apostolat, pour travailler comme lui au salut des âmes, nous devons les aimer bien davantage encore.
4° Comment Jésus-Christ les a-t-il aimées?
Il les a tant aimées,
Qu'il est descendu du ciel pour elles ;
Qu'il a voulu être reçu par elles dans son berceau ;
Qu'il les a choisies pour sœurs ou plutôt pour mères, bien plus pour épouses;
i. V. dans cette Retraite la dernière méditation du sixième jour. (Note du R. P. Olivaint.)
Qu'elles ont été ses compagnes à jamais inséparables ;
Qu'il s'est identifié avec elles, de telle sorte qu'il a pris tous leurs traits et qu'il leur a donné les siens;
Qu'il a vécu toute sa vie parmi leurs enfants, les petits, les souffrants et les pauvres;
Qu'il a dit malheur aux riches, aux superbes, aux voluptueux ;
Qu'il a écrit son Evangile pour elles ;
Qu'il a rassemblé ses disciples pour être leurs disciples;
Qu'en se les attachant par les trois vœux de religion il les a associés inséparablement à ses trois compagnes;
Qu'il a embrassé la croix pour elles ;
Qu'il leur a permis de s'en approcher plus près que les saintes femmes ;
Qu'il les a- reçues avec lui sur la croix, grâce qui ne fut pas faite à Marie elle-même ;
Qu'il leur a confié Marie sa mère en même temps qu'à saint Jean ;
Qu'il a voulu mourir daus leurs bras et dans leur linceul ;
Qu'il les a glorifiées, qu'il les a réhabilitées à jamais par sa mort;
LE SACRÉ COUR DE JÉSUS. ioj
Qu'il leur a laissé la postérité généreuse des saints, des religieux, des âmes les plus ferventes jusqu'à la fin des temps;
Qu'il a mis sous leur sauvegarde les destinées de son Église.
5° Comment Saint Ignace les a-t-il aimées?
Il les a tant aimées,
Qu'il y eut excès en quelque sorte dans son amour ' ;
Qu'elles furent aussi pour lui des compagnes inséparables;
Qu'il s'y attacha d'autant plus qu'il faisait plus de progrès dans la sainteté ;
Qu'il leur confia pour ainsi dire les destinées de la Compagnie en lui donnant le nom de Jésus, synonyme, pour ainsi dire des noms réunis de ses trois compagnes, représentées par les trois clous au-dessous de son nom ;
Qu'il appela sur elles les persécutions comme la grâce des grâces;
Qu'il fit du troisième degré d'humilité qui les renferme toutes les trois, le moule d'où sortent ses enfants ;
i. Quand il pense à l'apostolat, il est contraint de n'en faire plus autant qu'à Manrèse. (Note du R. P. Olivaint.)
Qu'elles furent pour lui l'expression vraie de la vertu, de la sainteté, de l'apostolat, de la gloire de Dieu, du salut des âmes ;
Qu'il les aima du même amour que toutes ces saintes choses, du même amour que Jésus, autant que Jésus.
6° Comment devons -nous les aimer? — Comme saint Ignace, notre bienheureux Père ; comme Jésus, avec Jésus, en Jésus, par Jésus, pour Jésus.
HUITIÈME JOUR