THE ORIE
Le démon n'a rien à faire là où l'amour de Dieu est plus que tout, au-dessus de tout, où il n'y a rien que l'amour de Dieu, où l'amour de Dieu va jusqu'au mépris du monde et de soi.
Mais que cet homme aime autre chose que Dieu, même une chose bonne en elle-même, richesses, honneurs; pour le religieux, tel
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emploi, tel lien, telle relation, telle idée... bientôt, à cause de la concupiscence déréglée, il en viendra à aimer cette chose pour soi et non pour Dieu , c'est-à-dire à s'aimer soimême dans cette chose.
Cela suffit pour rendre l'espoir au démon. C'est le cheveu qui, dans ses mains, deviendra bientôt câble ; c'est l'étincelle qui sera bientôt l'incendie.
Que l'amour de cette chose croisse dans le cœur, l*amour de Dieu diminue d'autant, tantum quantum.
Et le démon n'a de cesse que quand cet amour de soi en est venu jusqu'au mépris de Dieu, c'est-à-dire à l'orgueil.
Oui, l'orgueil est l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu, tandis que l'humilité, comme l'entend saint Ignace dans les Exercices, est l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi. Tantum quantum.
Donc l'humilité et l'amour de Dieu sont une seule et même chose. Donc l'amour de Dieu et la haine des biens, des honneurs, des richesses, ou l'amour du mépris, des souffrances, des privations, sont une seule et même chose : tantum quantum.
La croix est ainsi l'équation de l'amour de Dieu ; car la croix, c'est le dépouillement de tous les biens, de tous les honneurs, de toutes les jouissances.
Qâmorem tui solum cum gratta tua mihi dones. Donnez votre amour, c'est-à-dire l'humilité, c'est-à-dire l'amour des mépris, des souffrances,... c'est-à-dire l'amour de la croix.
Quel besoin de suivre Jésus sur la montagne pour être transfiguré par sa grâce, afin d'arriver à cet amour !