‹ Journal de ses retraites annuelles de 1860 à 1870 (volume 2)Chapitre 58 sur 124 · AGONIE DE MARIE · texte numérisé non relu

AGONIE DE MARIE

I. Quelle est la mesure de sa douleur? Elle est impossible à comprendre, à décrire.

Elle est d'autant plus grande, cette douleur, que Marie est mère : La douleur d'une mère est au-dessus de tout; — qu'elle est viergemère, plus tendre, plus délicate encore; — qu'elle a le cœur maternel, même naturellement le plus parfait que Dieu ait formé ; — qu'elle a donné davantage à cet enfant qui n'a pas de père sur la terre; — qu'elle est plus

sit crucifixus vitîe nostrse ratio nos esse postulat. [Summu et sco jus Constitutionum Societatis Jesu.)

élevée au-dessus de la nature par la grâce toujours croissante en son cœur ; — que l'amour qu'elle a pour ce Fils de Dieu vient aussi du cœur même de Dieu; — que ce fils est plus parfait; — que ce fils est Dieu; — qu'elle l'aime comme son Dieu et comme son enfant, ce qui donne à son amour un caractère incomparable ; — qu'elle a eu, pendant tant d'années, des rapports plus intimes et plus doux avec lui; — qu'elle a plus reçu de lui, qu'elle a été transformée en lui, identifiée en lui; — que depuis Siméon le glaive est dans son cœur ; — qu'il a subi une mort plus affreuse; — qu'elle a tout suivi du regard ; — qu'elle a été arrosée de son sang ; — qu'elle a été plus impuissante à le délivrer de ses bourreaux; — qu'elle a été percée des mêmes traits ; — qu'elle a dû consentir à son supplice, en disant le fiât de la rédemption ; — qu'elle est corédemptrice par ses souffrances ; — qu'elle est forcée, par cette nouvelle maternité qui descend dans son cœur du haut de la croix, d'aimer ses bourreaux eux-mêmes, d'immoler Jésus par amour pour eux. Dilèxit me et tradidit... 1 ; — que le coup

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