‹ Journal de ses retraites annuelles de 1860 à 1870 (volume 2)Chapitre 74 sur 124 · Et si cela est peu, j'y ajouterai bien davantage · texte numérisé non relu

Et si cela est peu, j'y ajouterai bien davantage

pu consentir à cette supposition que je maudirais Dieu jamais, quels que soient les tourments qu'il lui plaise de m'infliger. — Consolation de trouver cette disposition dans mon cœur.

Je me suis représenté à mon lit de mort. J'ai vu mon juge au-dessus de moi, le tombeau et l'enfer au-dessous, les démons à côté, l'éternité en face, mes péchés derrière et tant de grâces méconnues... Au dedans j'ai sondé ma conscience. Que je suis coupable ! et cependant je n'ai pu concevoir aucune inquiétude. C'est que au-dessus, au-dessous, à côté, en avant, en arrière, au dedans de moi, je n'ai pu voir que Jésus. In te, Domine, speravi, non confundar in œtermim1.

Mais tant de saints ont tremblé ! Comment est-ce que je ne tremble pas, moi qui suis si loin de leur ressembler ? — In te, Domine, speravi. non confundar in œternum.

Mais, si j'étais devant mon juge, penseraisje encore ainsi? Et je me suis représenté le juge, à la mort. Ah! je mérite mille fois d'être

1. En vous j'ai espéré, Seigneur; je ne serai pas confondu éternellement. (Ps. XXX, 2.)

condamné. — Mais, in te, Domine, speravi, non confundar in œtermim.

N'ai-je pas à craindre qu'après la retraite ce sentiment de confiance ne me porte à abuser de la bonté de Dieu pour l'offenser encore ? Ne vaudrait-il pas mieux imiter ce serviteur infidèle qui, par crainte, devient si sage et qui prévient sa condamnatir en se faisant des amis? — Non, ce n'est pas par crainte, mais par amour que je servirai mieux mon souverain maître et seigneur. Non, sa bonté ne sera pas pour moi un encouragement à mal faire. Sa bonté, si j'ai du cœur, ne me presse-t-elle pas, pour la glorifier, de me convertir? De tout cœur je veux mieux servir Jésus après cette retraite. Mais comment sans l'union à Jésus? In te. Domine, speravi , non confundar in œternum.

QUATRIEME JOUR

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