PASSION
Je l'ai méditée pour confirmer mes résolutions. — Pour combattre l'orgueil, il faut voir Jésus devant Hérode. Comme il applique la devise de l'étendard : Pauvreté y humilité /.,. Comme il combat l'orgueil, comme il condamne l'esprit du monde ! Comme il savoure l'humiliation ! quelle est sa joie de confondre ainsi l'orgueil humain, d'offrir cette réparation à son Père! Comme il fortifie ma résolution de tendre à l'humilité, à l'amour pratique des mépris et des opprobres qui me sont si bien dusl Dilexit me...
Pour lutter contre la sensualité, la faiblesse de cœur, il faut voir Jésus à la colonne. Comme il souffre,... et dans sa soufirance comme il met sa devise en pratique I Comme il combat contre la sensualité, et conmie il réhabilite par la péni- ' tence la chair humiliée de l'homme! Mais on prétend réhabiliter la chair en écartant la pénitence pour glorifier le péché. C'est la pénitence qui relève et glorifie la chair. Jésus-Christ savoure cette pénitence qui répare tant de
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crimes commis contre la sainte vertu qui lui est si chère... pas une pensée mauvaise qu'il n'ait expiée par le sang de la. flagellation.
Comme il fortifie ma résolution! Cutn scorpionibus habitas... Un Jésus fla^Ué ! t. . quoi ! je voudrais flageller Celui que j'ai porté ce matin entre mes mains, que j'ai reçu dans mon cœur? Que je me flagelle pour lui éviter l'outrage de cette flagellation, pour me prémunir contre tout danger !
Pour lutter aussi contre la mollesse, il faut voir Jésus portant sa croix, aidé par Simon le Cyrénéen. Jésus succombe, mais la force ne manque pas à son cœur. Il permet que Simon lui soit donné comme auxiliaire pour me montrer ce que c'est qu'un homme qui porte la croix lâchement. Toutefois Simon est excusable : il ne connaît pas Jésus. Citoyen d'une ville étrangère, il est injustement choisi pour rendre cet office à un criminel. Mais pour moi Jésus est le juste et le saint, mon Seigneur et mon Dieu; c'est pour moi qu'il est condamné; il expie ainsi mes péchés, et je suis aussi lâche que Simon sans avoir son excuse, moi qui suis cependant engagé sous la bannière de Jîésus, moi qui connais les fruits de sa croix. Que la
faiblesse de Simon me rende la force et le courage : Dilexit me. Que je ne me laisse pas entraîner par ces préoccupations de santé qui me r&iiàT2S^,^Stéi^%^Maledictus qui facit opus Domini neglîgenter^ et qui impedit gladium suum a sanguine. Avec quel soin Jésus dans sa passion accomplit tout ce qupi a été dit de lui : Nonfacit opus Domini negligenter^ non impedit gladium a sanguine. Et quand il se livre ainsi pour moi, je me ménagerais encore ! Nonfaciam rèm hanc... Vivit Dominus!
HUITIÈME JOUR