CONTEMPLATION DE L'AMOUR DIVIN
Duel d'amour avec Dieu, pour ainsi dire, comme autrefois Israël luttant avec Dieu.
Premier point. Dieu me fait don de tnoi^ même à moi-même dans la création, la conservation de mon être, et d'unfe manière plus excellente dans la rédemption, dans la conservation de cette vie nouvelle de la rédemption,, dans la sanctification de mon être;... et tou cela en préparant le don éternel de la glorification.
Mais que d'autres dons renfermés dans c don de moi-même ; si je contemple les merveilles de la création, tous ces êtres occupés de moi, la sainte Église, tant de grâces!...
Que rendrai-je au Seigneur, quid rétribuant? -^ Tout moi-même. Sume^ suscipe, prenez, recevez sans réserve et sans partage.
Deuxième point. Mais Dieu ne s'en tient pas là. Don que Dieu me fait de lui-même dans tous les biens que j'ai reçus de lui, car il est présent en tous et en moi-même. En me donnant moi-même à moi-même, il se donne lui-même à moi.
Mais surtout, présence de Dieu dans l'Eucharistie. Oui, par TEucharistie Dieu vient encore en moi ; et sa grâce] en moi, c'est luimême encore. Et tout cela par amour ; présence d'amour.
Quid rétribuant? Sume^ suscipe.
Si je pouvais, en efFet, me rendre présent à Dieu en toute créature pour lui témoigner mon amour ! Si du moins mes pensées pouvaient être constamment devant lui comme les lampes devant le Saint-Sacrement ! Si je savais bien garder sa sainte présence, me souvenir qu'il est là toujours , le sentir autour de moi et en moi !
Que je combatte donc bien ces préoccupations du monde et cette activité naturelle qui, même après tant d'années de vie religieuse, me
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rend encore la pratique de la présence de Dieu si difficile.
Ah! si je pouvais pratiquer non-seulement la présence de Dieu, mais l'union à Jésus I Jésus en moi, présent à son Père et moi avec lui. — Que cette présence d'amour serait agréable au Seigneur ! Je commencerais à soutenir dignement cette lutte d'amour engagée entre lui et moi.
Troisième point. — Dieu fait bien plus en-^ core; non-seulement il est présent partout, mais je le retrouve présent dans chacun de ses bienfaits par amour pour moi; je le vois, par amour pour moi, agissant lui-même dans chacun de ses bienfaits, agissant en moi-même pour moi, continuant pour moi l'œuvre même de la rédemption, non-seulement dans le Tabernacle, mais en moi-même, comme si ce n'était pas assez que sur la croix il eût donné tout son sang pour moi. O Bonitas!
Quid rétribuant ? — Besoin de dévouement...
sume^ suscipe.
Mais au lieu de dévouement et de reconnaissance, que d'ingratitudes à réparer dans ma vie ! Quand je donnerais tout mon sang, quand j'offrirais toutes les souffrances, que serait-ce pour acquitter ma dette?
Mon cœur ne suffit pas; il est besoin de gagner d'autres cœurs : sentiment du zèle.
Ah ! si je pouvais dans cette œuvre du zèle être bien uni à Jésus, si Jésus en moi agissait, faisait lui-même toutes mes œuvres avec moi, pour Tamour de son Père, je soutiendrais le combat; car si Jésus est venu pour nous témoigner Tamour de son Père, il est venu aussi pour nous aider à lui témoigner notre amour.
Quatrième point. — Encore un effort pour lutter d'amour contre Dieu : Amour pur.
Quand même par impossible je n'aurais rien reçu de Dieu^ quand je pourrais le contempler en faisant abstraction de tout ce que j'ai reçu de lui, considérant ses perfections adorables et comment tout ce qui dans les créatures est aimable n'est qu'une émanation imparfaite de son amabilité infinie, laissant là toute créature etm'oubliant moi-même, je m'écrierais encore: sume^ suscipe!
Israël resta boiteux après le combat*..,