‹ Journal de ses retraites annuelles de 1860 à 1870 (volume 3)Chapitre 33 sur 124 · LE SACRE CCBUR DE JESUS · texte numérisé non relu

LE SACRE CCBUR DE JESUS

Prière à Marie.

O Marie ! que Jésus soit dans mon cœur, et que je sois indifférent comme vous.

Prière au Cœur de Jésus.

Donnez- moi seulement votre amour avec votre grâce...

J'ai beaucoup prié ; je me suis senti porté à lûvoquer le père Rabeau , Ms' Borgniet (missionnaires morts à cette époque en Chine), nos saints,... à me cacher parmi ceux qui prient pour moi. La lecture de Dieu seul dans le Manuel du père Grou m'a éclairé sur mes propres difficultés. — J'ai été heureux de trouver ma volonté prête à tout sacrifice.

DEUXIÈME JOUR

LE PÏCH^.

Je m'étonne que les anges soient plongés en enfer pour un seul péché. Qu'est-ce donc que le péché et sa malice? Qu'est-ce donc que la grandeur de Dieu offensé par le péché? En

8o RETRAITE DE i86a.

sondant cet abîme de la grandeur de Dieu et de la malice du péché, je ne m'étonne plus de la sentence. Bien plutôt ce qui m'étonne, c'est qu'elle n'ait pas encore été portée contre moi, souillé de tant de péchés; c'est que ce grand Dieu ait eu pour une telle ingratitude une telle patience.

Je m'étonne que la peine de l'enfer, pour être remise à nos premiers parents, coupables d'un seul péché, exige une telle compensation: 900 ans de pénitence; héritage de douleur pour toute leur postérité ; sang d'un Dieu coulant sur le Calvaire. Sans le sacrifice du Calvaire, jamais la commutation n'eût eu lieu.

Qu'est-ce donc que le péché? Qu'est-ce donc que la majesté de Dieu ? Quoi ! il faut le sang d'un Dieu !

Ah! ce qui m'étonne bien plus en sondant ce mystère de la malice du péché et de la majesté de Dieu, c'est que ce sang ait coulé, et que nos premiers parents n'aient pas été précipités dans l'enfer.

Ce qui m'étonne bien plus, c'est de n'y être pas tombé, moi, souillé de tant de péchés.

J'ai éprouvé un grand sentiment de confusion, dans cette méditation :

LE SACRÉ C(Z3UR DE JÉSUS. 8i

De trouver en moi le péché si odieux à la majesté divine;

D'avoir commis tant de fois le péché ;

D'avoir tant de fois mérité Tenfer ;

De me reconnaître plus coupable, plus mauvais que le démon ;

D'être nécessairement par mes péchés un objet d'horreur pour Dieu ;

De ne vivre que par grâce : Dieu se fait violence pour me laisser vivre ;

D'avoir coûté le sang d'un Dieu ;

D'avoir tant de fois renouvelé de ma main parricide la passion d'un Dieu ;

D'être .après cela si insensible, si indifférent à l'offense de Dieu, au souvenir de mes péchés ;

De si peu craindre le sort de l'ange rebelle si je pèche encore : Dieu ne m'attend-il pas au premier péché?

D'abuser si obstinément de sa patience ;

D'être si insensé, si ingrat, si parjure, si lâche, si hypocrite, si pervers !

J'ai beaucoup prié pour obtenir la contrition.

O mon Dieu, si mon cœur est dur comme le rocher, frappez-le de votre croix pour en faire jaillir la contrition.

RETRAITE DE i86:

J'ai lu avec consolation au Missel les oraisons pro petitione lacrymarum^ pour demander les larmes.

TROISIEME JOUR

J'ai continué de prier beaucoup pour la contrition.

Méditation de l'enfer, peu d'efièt. . .

Celle du jugement particulier m'a fait beaucoup de bien.

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