I. Elle m'a aimé et elle Va livré. (Galat. II, 20.) 1. x
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de lance atteint son àme ; — qu'elle voit dans Favenir pour une multitude d'âmes Finutilité de ce sang divin répandu à flots; — qu'elle est laissée seule.. «
II. Comment suis-je si insensible en présence d'une si grande douleur? Conunent ai-je besoin en quelque sorte d'exciter mon cœur pour compatir aux douleurs de Marie? Comment tant de chrétiens en sont-ils là?
1° Ce n'est pas que je ne sois point la cause de ces douleurs; Jésus a souffert pour moi, et
toutes les fois que je suis retombé dans le péché, j'ai renouvelé la passion de Jésus, les douleurs de Marie.
2° Mais ces douleurs dépassent tellement la portée de mon cœur et de mon esprit!... La nature grossière, qui juge presque en tout par les sens, ne peut atteindre que bien difficilement, en quelque manière, ces douleurs surnaturelles.
3** Que d'âmes cependant sont pénétrées des souffrances de Marie, comme si le drame du Calvaire se passait sous leurs yeux. Mais elles ont une foi vive, une foi nourrie dès l'enfance Malheur de ma première éducation et regrets
qu'elle me laisse !.. . La foi n'est pas entrée dans ma vie d'assez bonne heure...
4° C'est encore une tentation, une erreur sur la foi, de penser que Marie n'a pas dû tant souffrir. — Comme si Jésus, étant Dieu, ne souffrait pas ! Comme si la certitude de le voir bientôt ressuscité, empêchait la douleur! Mais le Fils de Dieu souffrait réellement dans $on humanité, et Marie était mère.
5° Il est une autre disposition qui consiste à prendre la religion par les principes, par les idées, plutôt que par les personnes : erreur funeste ! La religion n'est pas une philosophie. Il faut entrer en esprit de famille avec Marie et Jésus.
6*^ Mais la Passion est si loin derrière nous, les faits sont passés depuis si longtemps ! — Ils sont passés et ils durent. Jésus continue de s'immoler sur l'autel en renouvelant sa passion ; et Marie renouvelle sa compassion. S'il est sur l'autel en état de mort, Marie est mourante au pied de la croix. Aussi bien, les péchés de chaque jour renouvellent le sacrifice d'une autre manière. Nous ne pouvons sans émotion penser à quelque grande peine que nous avons, dans notre enfance, peut-être par notre légè-
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reté, causée à notre mère, aux larmes que nous lui avons vu verser; et nous considérons sans émotion les angoisses de Celle dont chaque jour encore nous déchirons le cœur en perçant celui de son divin Fils !
;/** C'est que le mouvement de la vie, les distr2 étions du monde matériel nous emportent, et les souillures de chaque jour émoussent la ddicatesse de notre cœur. Nous ne sommes pas sine affectione^ comme les païens, mais notre alFection diminue par l'agitation de la vie et l'influence du péché.
III. Combien cependant ne devrais-je pas, moi surtout, prendre part aux douleurs de Marie !
Non- seulement comme chrétien, comme pécheur repentant; mais comme jésuite, appelé par ma vocation à devenir un autre Jésus, un autre Jésus par elle ; mais comme prêtre appelé à immoler Jésus sur l'autel où Marie ellemême m'assiste dans cet auguste ministère; comme supérieur, comme confesseur, appelé à former Jésus dans tant d'âmes, à sauver, dans