I. En ce qui est de Tintérêt de mon Père. (Luc, II
moi que de péchés de toute sorte, de pensée et d'action, tant de fois répétés, pendant sî longtemps!... Confusion d'autant plus grande, si j'ai du cœur, que Jésus m'a pardonné toujours, que toujours il m'a fait de nouvelles grâces, qu'il a semblé se plaire à m'accorder d'autant plus de bienfaits que j'étais plus coupable envers lui, tandis que moi je semblais abuser, profiter de ces grâces, de ce pardon pour l'offenser encore et toujours. Et cependant je prêchais aux autres la fidélité à Jésus... c'est-à-dire je me condamnais moi-même et je ne changeais pas. C'était Jésus qui se tenait luimême devant moi, par exemple, au jardin des olives, dans la confusion que j'aurais dû sentir. Ah ! générosité de Jésus !.. Et moi, prêtre, religieux, que Jésus appelle unanîmis^ nourri de sa chair, favorisé de ses secrets, lié à lui par tant de serments, quelle n^est pas mon ingratitude ! Ah ! quel contraste entre son Cœur si tendre, si droit, si préoccupé de mes intérêts, si désireux de me combler de ses grâces, de me confier ses secrets, de me soutenir dans mes difficultés et mes œuvres, et mon cœur souvent si fatigué, si inquiet, si sec, si partagé, si égoïste, si peu occupé de Jésus!...
LE SACRÉ COaUR. 17}
Encore une fois, quelle ingratitude, quelle lâcheté de ma part ! Mais quelle patience de la part de Jésus!...
C'est comme un duel entre lui et moi.
Q4d quid venisti? Pour lequel de mes bienfaits me persécutes-tu ? Et si hœc sunt pauca^ adjiciam multo majora^. — En vérité, si quelqu'un s'était conduit ainsi envers moi, je ne pourrais plus même supporter sa vue; si je m'étais ainsi conduit envers un autre homme, je ne me supporterais pas moi-même. Et voilà comme j'ai traité Jésus! Et Jésus me supporte!...
TROISIÈME JOUR