‹ Journal de ses retraites annuelles de 1860 à 1870 (volume 3)Chapitre 80 sur 124 · LE SACRÉ COUR · texte numérisé non relu

LE SACRÉ COUR

condamné. — Mais, in te^ Domine^ speravi, non confundar in œternutn.

N'ai-je pas à craindre qu'après la retraite ce sentiment de confiance ne me porte à abuser de la bonté de Dieu pour TofFenser encore ?

Ne vaudrait-il pas mieux imiter ce serviteur infidèle qui, par crainte, devient si sage et qui prévient sa condamnatir - en se faisant des amis? — Non, ce n'est pas par crainte, mais par amour que je servirai mieux mon souverain maître et seigneur. Non, sa bonté ne sera pas pour moi un encouragement à mal faire. Sa bonté, si j'ai du cœur, ne me presse-t-elle pas, pour la glorifier, de me convertir? De tout cœur je veux mieux servir Jésus après cette retraite. Mais comment sans l'union à Jésus?

In tCj Domine^ speravi, non confundar in œtemum,

QUATRIÈME JOUR

l'appel.

Qu'aurais-je répondu, mon caractère étant donni, à un roi temporel? — Ecce egOy me voici ! je me serais regardé comme un lâche si

j'avais reculé, si j'avais seulement hésité. Je n'aurais même pas demandé les conditions qu'il propose ici : même nourriture, mêmes dangers... Non, non, à moi les dangers, à moi les privations! Bien plus, j'aurais voulu me distin-| guer à son service, compter parmi ses fidèles... fortune, sang, tout eût été à lui.

Et je ferais moins pour Jésus-Christ I

Mais le simple bon sens nous enjoint de nous offrir tout ^ entiers à la fatigue pour répondre à l'appel de Jésus-Christ. Comment cela?

1° Ne pas répondre à cet appel, c'est renoncer à la gloire qu'il promet, c'est-à-dire au salut éternel ; — contre bon sens !

2° C'est y renoncer , car il n'est pas d'autre nom par lequel nous puissions être sauvés *.

Jésus-Christ est le guide unique. — Le fuir, contre bon sens !

3° Je suis au pouvoir de ses ennemis qui sont les miens : délivrance impossible, si je ne m'unis à lui contre eux; refiiser, c'est affermir ma captivité ; — contre bon sens !

4® Craindre plus les peines que 2a grâce de

j. Act. IV) la.

LE SACRÉ C(aUR. 177

la délivrance entraîne, que celles de la captivité, et refuser à cause de cela; — contre bon sens !

Mais je n'ai pas seulement du bon sens; j'ai du cœur aussi. Que dois-je donc faire?

M'attacher à Jésus-Christ, n'avoir avec lui qu'une même âme, me signaler pour lui :

unanimiSy msignis;

Faire une guerre acharnée à ses ennemis, une guerre offensive et non pas seulement défensive.

Mais SQS ennemis sont en moi ; c'est la triple concupiscence. Donc agir contre eux en moi.

En moi est la concupiscence de la chair, des yeux y V orgueil de la vie; donc qu'il 7 ait en moi chasteté, pauvreté, obéissance; donc qu'il y ait en moi mortification, détachement, abnégation : abnégation, c'est-à-dire la volonté de Jésus en moi; détachement, c'est-à-dire le trésor de Jésus en moi ; mortification, c'està-dire la pureté de Jésus en moi. Donc, pour cette guerre, être unanimis par Tunion à Jésus,

C'est ma volonté bien arrêtée...

Dummodo^, plus de conditions de mon coté; dummodo, il suffit qu'il daigne me recevoir.

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