I. Q^mour de Dieu polir moi
1° Voir Jésus en croix... repasser toutes ses douleurs... sic Deus dilexit mundum,.. Dilexit me et tradidit semetipsum pro me *. — Amour excessif, folie d'amour... un Dieu seul pouvait aimer ainsi.
2° Mais la croix en moi, mes épreuves de toute espèce sont une preuve aussi de Tamour de Dieu pour moi.
Que ces épreuves me manquent, et bientôt entraîné par les jouissances de ce monde, je vais à la perte éternelle, comme si Dieu n'était pas mort pour moi.
Et supposé que, même au milieu de ces jouissances il n'y ait pas de danger pour le salut, comme au paradis terrestre, comment ? Je vois Jésus au milieu des horreurs de sa passion pour moi... Et moi, mon Dieu!... ne me laisserezvous rien souffrir pour vous ? Ah ! si vous
Ainsi Dieu a aimé le monde... Il m'a aimé et s'est livré lui-même pour moi. (Joan. m^ 16. — Galat., 11, 20.)
LE SACRE CCBUR. 203
m'aimiez davantage, vous ne refuseriez pas cette grâce à mon amour I
Ou partagez mes jouissances, ou que je partage vos douleurs I Et Jésus répond au besoin de mon cœur.
Mais encore, par amour, il veut m'élever jusqu'à lui, m'unir à lui plus intimement, me rendre plus semblable à lui, plus saint, plus parfait... Il cultive Tâme comme un jardin pour qu'elle produise les fruits des vertus, et c'est par la croix qu'il cultive.
2° Et moi pressé de V amour de Jêsus^ du besoin de perfection, de ressemblance, d'union, je sens qu'il faut donc en moi l'amour de la croix.
D'autant plus que j^ai plus d'ingratitudes à expier : la croix, c'est l'expiation de l'amour.
Comme je ne comprendrais pas mon amour pour ma mère, par exemple, si je n'étais tout prêt à souffrir pour elle !... Et je prétendrais sans la souffrance prouver mon amour à Dieu?
J'ai des rapports si intimes avec lui ! — Mais Tamour doit être d'autant plus grand de ma part, que la vocation est plus haute, que je suis religieux, que je suis Jésuite. — La vocation, Tamour du religieux^ du Jésuite, c'est la croix.
L'obligation est d'autant plus étroite pour
moi, que je suis supérieur, oimas me ? Pascé. La houlette c'est la croix.
Ma voie spéciale, mes besoins intérieurs, c'est le zèle, c'est le dévouement, le désir de me distinguer au service de Jésus. — Donc la croix, toujours la croix !
La croix est le critérium de l'amour.
La croix est la mesure de l'amour.
Mais aussi la croix est le triomphe et la récompense de l'amour.
O crux ave!
HUITIÈME JOUR