I. Me voici, envoyez-moi. (Ttsaïe, VI
VIE SURNATURELLE. aûj
ment de lui donner mon âme , mais des âmes.
Je passe, il est vrai, pour avoir cette flamme, et si je n'en avais point quelque chose, comment s'expliqueraient cette activité, toutes ces œuvres?
Mais si c'était un vrai zèle, comme il serait plus béni , plus surnaturel ! Si c'était un vrai zèle, je n'aurais ni inquiétude du succès, ni recherche de moi-même, ni acception de personnes. Si c'était un vrai zèle, je suivrais mieux les âmes, je ne verrais que les âmes, je les porterais plus à Dieu, ne cherchant que Dieu seul.
Hélas ! que d'imperfections ! J'en viens à redouter les emplois du zèle, à n'oser presque plus dire : Mitte me. Comment expliquer cela? — C'est que le principe intérieur, le moteur est en souffrance en moi. Quand le feu est devenu languissant , comment la flamme seraitelle aussi vive?
C'est aussi que je manque de la vraie préparation à ces emplois du zèle. Jésus, comme il prie avant, comme il s'humilie devant son Père, comme il va se fortifier pour la tentation au désert! Mais moi, comme je suis peu fortifié contre la tentation , peu maître de moi , peu
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vainqueur de la concupiscence et de l'orgueil, cherchant à croître plutôt qu'à diminuer! Combien de négligences dans la prière, dans tous ces exercices qiiœ conjungunt instrumentum cum Domino suo^.
Je ne m'étonne plus de cet affaiblissement du zèle, du découragement même.
C'est à ce point que j'ai besoin de me secouer pour retrouver le désir du mitte me, le désir du dévouement aux âmes, pour ressaisir les motifs qui me pressent de m'élancer.
Je serais tenté de dire comme quelques-uns : Que faisons-nous ? Il n'y a rien à faire... (blutant vaut rester tranquille!...
Ah! si on avait le vrai zèle, la vraie flamme, l'amour surnaturel des âmes et de la gloire de Dieu, quel bien on ferait encore!
III. Prière fervente pour obtenir ce zèle, ce feu qui s'embrase jusqu'à la flamme; mais d'abord cet esprit de prière, d'humilité, de victoire sur moi-même qui sont les préparations du zèle. Et j'aurai cette^ victoire, cette humilité, cet esprit de prière, si j'ai ce feu. Ce feu, encore une fois, ce principe intérieur de grâce,